AIDA - 06/12/2022 - seule la version publiée au journal officiel fait foi

Décret n° 2020-1482 du 30/11/20 portant publication des mesures 1 à 7 (2017) relatives aux zones spécialement protégées de l'Antarctique, adoptées à Pékin le 1er juin 2017, lors de la XLe réunion consultative du traité sur l'Antarctique (RCTA) (1)

(JO n° 291 du 2 décembre 2020)
NOR : EAEJ2029063D

Vus

Le Président de la République,

Sur le rapport du Premier ministre et du ministre de l'Europe et des affaires étrangères,

Vu la Constitution, notamment ses articles 52 à 55 ;

Vu le décret n° 53-192 du 14 mars 1953 modifié relatif à la ratification et à la publication des engagements internationaux souscrits par la France ;

Vu le décret n° 61-1300 du 30 novembre 1961 portant publication du traité sur l'Antarctique, signé le 1er décembre 1959 ;

Vu le décret n° 98-861 du 18 septembre 1998 portant publication du protocole au traité sur l'Antarctique, relatif à la protection de l'environnement, signé à Madrid le 4 octobre 1991 ;

Vu le décret n° 2005-1075 du 23 août 2005 portant publication de l'annexe V au protocole au traité de l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, protection et gestion des zones, adoptée à Bonn le 18 octobre 1991,

Décrète :

Article 1er du décret du 30 novembre 2020

Les mesures 1 à 7 (2017) relative aux zones spécialement protégées de l'Antarctique, adoptées à Pékin le 1er juin 2017 lors de la XLe réunion consultative du traité sur l'Antarctique (RCTA), seront publiées au Journal officiel de la République française :

- Mesure 1 (2017) Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 109 (île Moe, îles Orcades du Sud) : plan de gestion révisé (ensemble une annexe) ;

- Mesure 2 (2017) Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 110 (île Lynch, îles Orcades du Sud) : plan de gestion révisé (ensemble une annexe) ;

- Mesure 3 (2017) Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 111 (île Powell du Sud et îles adjacentes, îles Orcades du Sud) : plan de gestion révisé (ensemble une annexe) ;

- Mesure 4 (2017) Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 115 (île Lagotellerie, baie Marguerite, terre de Graham) : plan de gestion révisé (ensemble une annexe) ;

- Mesure 5 (2017) Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 129 (pointe Rothera, île Adelaïde) : plan de gestion révisé (ensemble une annexe) ;

- Mesure 6 (2017) Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 140 (parties de l'île de la Déception, îles Shetland du Sud) : plan de gestion révisé (ensemble quatre annexes) ;

- Mesure 7 (2017) Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 165 (pointe Edmonson, baie de Wood, mer de Ross) : plan de gestion révisé (ensemble trois annexes).

Article 2 du décret du 30 novembre 2020

Le Premier ministre et le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait le 30 novembre 2020.

Emmanuel Macron

Par le Président de la République :

Le Premier ministre,

Jean Castex

Le ministre de l'Europe et des affaires étrangères,
Jean-Yves Le Drian

(1) Entrée en vigueur : 30 août 2017.

Mesure 1 (2017)

Zone spécialement protégée de l'Antarctique N° 109 (île Moe, îles Orcades du Sud) : plan de gestion révisé (ensemble une annexe)

Les Représentants,

Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement (« le Protocole ») qui disposent de la désignation des zones spécialement protégées de l'Antarctique (« ZSPA ») et de l'adoption des plans de gestion pour ces zones ;

Rappelant :

- la recommandation IV-13 (1966) qui a désigné l'île Moe, îles Orcades du Sud comme zones spécialement protégées (« ZSP ») n° 13 et a annexé la carte de la zone ;

- la recommandation XVI-6 (1991), qui a annexé une description révisée de la ZSP n° 13 et un plan de gestion de la zone ;

- la mesure 1 (1995), qui a annexé une description révisée et un plan de gestion révisé pour la ZSP n° 13 ;

- la décision 1 (2002) qui a renommé et renuméroté la ZSP n° 13 en ZSPA n° 109 ;

- la mesure 1 (2007) et la mesure 1 (2012) qui ont adopté des plans de gestion révisés pour la ZSPA n° 109 ;

Rappelant que la recommandation IV-13 (1966) a été désignée comme caduque par la décision 1 (2011), que la résolution 9 (1995) a été désignée comme n'étant plus en vigueur par la résolution 1 (2008), que la recommandation XVI-6 (1991) n'est pas entrée en vigueur et a été retirée par la décision (D) (2017) et la mesure 1 (1995) n'est pas entrée en vigueur et a été retirée par la mesure 3 (2012) ;

Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a approuvé un plan de gestion révisé pour la ZSPA n° 109 ;

Souhaitant remplacer le plan de gestion actuel pour la ZSPA n° 109 par le plan de gestion révisé ;

Recommandent à leurs Gouvernements d'approuver la mesure suivante conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement :

Que :

1. Le plan de gestion révisé pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 109 (île Moe, îles Orcades du Sud), qui figure en annexe à la présente mesure, soit approuvé ; et

2. Le plan de gestion pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 109 qui figure en annexe à la mesure 1 (2012) soit abrogé.

Annexe

Plan de gestion révisé pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique (ZSPA) n° 109

Île Moe, îles Orcades du Sud

Introduction

La zone spécialement protégée de l'Antarctique (ZSPA) n° 109 île Moe, îles Orcades du Sud (60°44' de latitude sud, 45°41' de longitude ouest) a été désignée principalement pour protéger les valeurs environnementales qu'elle abrite, et plus particulièrement la faune et la flore terrestres présentes dans la zone.

Cette zone a été pour la première fois désignée dans la Recommandation IV-13 (1966, ZSP n° 3) sur proposition du Royaume-Uni, qui considérait que la zone constituait un échantillon représentatif de l'écosystème maritime Antarctique, que la recherche expérimentale intensive menée sur l'île Signy voisine était susceptible de perturber cet écosystème, et que l'île Moe devait être spécialement protégée en tant que zone de référence en vue de comparaisons ultérieures.

Les raisons invoquées à l'époque restent d'actualité. Bien qu'il ne soit pas prouvé que les activités de recherche sur l'île Signy aient perturbé de façon significative les écosystèmes locaux, le système terrestre de basse altitude a été profondément modifié en raison de l'expansion rapide de la population d'otaries Antarctiques à fourrure (Arctocephalus gazella). Les communautés végétales de la proche île Signy ont été physiquement perturbées par les piétinements des otaries à fourrure, tandis que l'enrichissement en azote provenant des excréments des otaries a provoqué le remplacement des bryophytes et des lichens par la macroalgue Prasiola crispa. Les lacs de basse altitude ont été fortement perturbés par le ruissellement enrichi provenant de leur environnement immédiat. L'île Moe a pour l'instant été relativement peu envahie par les otaries à fourrure, et il est peu probable que celles-ci pénètrent dans les espaces plus sensibles de l'intérieur de l'île du fait de sa topographie. L'île Moe ne fut visitée qu'en de rares occasions, et les lieux ne furent jamais investis pour des durées dépassant quelques heures.

La résolution 3 (2008) recommandait d'utiliser l'« Analyse des domaines environnementaux du continent Antarctique » en tant que modèle dynamique pour l'identification de zones susceptibles d'être désignées comme zones spécialement protégées de l'Antarctique dans le cadre environnemental et géographique systématisé mentionné dans l'article 3 (2) de l'annexe V du Protocole (consulter également Morgan et al. 2007). Selon ce modèle, la ZSPA n° 109 relève du domaine environnemental G (géologie des îles au large des côtes de la péninsule Antarctique). La rareté du domaine environnemental G par rapport aux autres domaines d'environnement a incité la mise en œuvre d'efforts importants pour conserver les valeurs de cet environnement présentes dans d'autres zones : les autres zones protégées où l'on retrouve le domaine G sont les ZSPA 111, 112, 125, 126, 128, 145, 149, 150, et 152 et les ZSGA 1 et 4.

La résolution 6 (2012) recommandait que les régions de conservation biogéographiques de l'Antarctique (RCBA) servent à « identifier les zones pouvant être désignées en tant que zones spécialement protégées de l'Antarctique dans le cadre environnemental et géographique systématisé visé à l'article 3 (2) de l'annexe V du Protocole sur l'environnement. La ZSPA n° 109 se trouve dans la région de conservation biogéographique de l'Antarctique (RCBA) 2 îles Orcades du Sud.

Dans la résolution 5 (2015), les Parties ont reconnu l'intérêt des zones importantes pour la conservation des oiseaux de l'Antarctique (ZICO) dans la planification et le déploiement d'activités en Antarctique. La ZSPA n° 109 comprend la ZICO ANT020 île Moe, laquelle fut désignée pour ses grandes colonies de manchots à jugulaire, de damiers du Cap et de prions de l'Antarctique.

Les deux autres ZSPA présentes dans les îles Orcades du Sud (à savoir la ZSPA n° 110, île Lynch et la ZSPA n° 111, île Powell du Sud et îles adjacentes) ont été désignées dans le but principal de protéger la végétation terrestre et les communautés d'oiseaux. L'île Moe complète le réseau local de ZSPA en ceci qu'elle abrite un échantillon représentatif de l'écosystème maritime en Antarctique, y compris les communautés terrestres et côtières dominées par les cryptogames.

1. Description des valeurs à protéger

A la suite d'une visite de la ZSPA en février 2016, les valeurs énoncées dans la désignation antérieure ont été réaffirmées. Ces valeurs sont exposées comme suit :

- la zone présente des valeurs environnementales exceptionnelles liées à la composition et à la diversité biologique d'un type d'écosystème littoral et terrestre Antarctique pratiquement vierge ;

- l'île Moe contient les plus grandes étendues continues de tourbes de mousse Chorisodontium-Polytrichum connues en Antarctique.

2. Buts et objectifs

La gestion de l'île Moe poursuit les buts et objectifs suivants :

- éviter toute modification majeure de la structure et de la composition de la végétation terrestre, en particulier les bancs de tourbes de mousses ;

- prévenir toute perturbation inutile par l'homme dans la zone ;

- éviter ou réduire au maximum l'introduction de plantes, d'animaux et de microorganismes non indigènes dans la zone ;

- permettre la recherche scientifique dans la zone, sous réserve qu'elle obéisse à des raisons impérieuses qui ne prévalent pas ailleurs, et qu'elle ne mette en péril le système écologique naturel de cette zone ;

- permettre des visites pour des besoins de gestion en soutien aux objectifs du plan de gestion ;

- réduire au maximum les risques d'introduction d'agents pathogènes susceptibles de provoquer des maladies parmi les populations aviaires dans la zone.

3. Activités de gestion

Les activités de gestion suivantes devraient être entreprises dans le but de protéger les valeurs de la zone :

- des visites seront effectuées selon que de besoin pour déterminer si la ZSPA continue de répondre aux objectifs pour lesquels elle a été désignée et pour veiller à ce que les mesures de gestion et d'entretien soient appropriées ;

- le plan de gestion doit être réexaminé au moins une fois tous les cinq ans et mis à jour en conséquence ;

- les balises, panneaux ou autres structures érigés dans la zone pour des besoins de recherche scientifique ou de gestion devront être solidement fixés, maintenus en bon état et retirés lorsqu'ils ne seront plus d'utilité ;

- conformément aux dispositions de l'annexe III du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, les équipements ou matériels abandonnés seront enlevés dans toute la mesure du possible, à condition que leur enlèvement n'ait un impact préjudiciable sur l'environnement et les valeurs de la zone ;

- un exemplaire de ce plan de gestion sera mis à la disposition de la station de recherche de Signy (Royaume-Uni, 60°42′30″ S, 045°36′30″ O) et de la station Orcadas (Argentine, 60°44′15″ S, 044°44′20″ O).

- le cas échéant, les programmes Antarctiques nationaux sont invités à agir en étroite collaboration afin de s'assurer de la mise en œuvre des activités de gestion. Ils sont notamment conviés à communiquer entre eux de manière à éviter l'échantillonnage excessif de matières biologiques à l'intérieur de la zone. De plus, les programmes Antarctiques nationaux sont encouragés à envisager la mise en œuvre conjointe de lignes directrices visant à minimiser l'introduction et la dispersion d'espèces non indigènes dans la zone ;

- toutes les activités scientifiques et de gestion entreprises au sein de la zone devraient faire l'objet d'une évaluation d'impact sur l'environnement conformément à ce que requiert l'annexe I du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement.

4. Durée de désignation

La zone est désignée pour une période indéterminée.

5. Cartes et photographies

Figure 1. Carte de l'emplacement de l'île Moe par rapport aux îles Orcades du Sud et aux autres zones protégées dans la région. Encart : emplacement de l'archipel des Orcades du Sud en Antarctique. Spécifications de la carte : Projection : WGS84 Stéréographique polaire Antarctique. Parallèles de référence : 71° S. Méridien central 45° O.

Figure 2. Carte plus détaillée de l'île Moe. Spécifications de la carte : Projection : WGS84 Stéréographique polaire Antarctique. Parallèles de référence : 71° S. Méridien central 45° O.

6. Description de la zone

6 (i) Coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques du milieu naturel

Limites et coordonnées

Les coordonnées des limites de la zone, à partir du point le plus au nord-ouest et dans le sens des aiguilles d'une montre, sont indiquées dans le tableau 1.

Nombre

Latitude

Longitude

1

60°43'40” S

045°42'15” O

2

60°43'40” S

045°40'30” O

3

60°43'55” S

045°40'10” O

4

60°44'40” S

045°40'10'' O

5

60°44'40” S

045°42'15'' O

La zone comprend l'île Moe dans son ensemble ainsi que les îles et îlots adjacents sans nom. La zone englobe tout le terrain libre de glace, la glace éternelle et la glace semi-éternelle qui se trouvent dans ses limites, à l'exclusion de l'environnement marin qui s'étend au-delà de 10 mètres au large à partir de la laisse de basse mer (figure 2). Aucune borne n'a été installée.

Description générale de la zone

L'île Moe, îles Orcades du Sud, est une petite île aux contours irréguliers située à 300 mètres de l'extrémité sud-ouest de l'île Signy, dont elle est séparée par le chenal Fyr. Elle mesure 1,3 km environ du nord-est au sud-est, et 1 km environ du nord-ouest au sud-est (1,22 km2). Il convient de signaler que la position de l'île Moe sur la carte de l'Amirauté n° 1775 (60°44'S, 45°45'O), ne correspond pas exactement aux données plus précises présentées sur la figure 2 (60°44'S, 45°41'O).

Le relief de l'île présente une pente abrupte sur ses versants nord-est et sud-est jusqu'au pic Snipe (226 m d'altitude). Il existe un sommet secondaire sur la pointe South (102 m d'altitude) ainsi que des collines s'élevant sur chacun des trois promontoires du versant occidental au niveau de la pointe Corral (92 m), de la pointe Conroy (39 m) et de la pointe Spaull (56 m). Il existe de petites zones de glace permanente sur les versants orientés au sud et à l'est, avec de la neige tardive sur les pentes raides qui plongent côté occidental. Il n'y a pas de cours d'eau ou de mares permanents.

Géologie

Les roches sont métamorphiques, principalement des schistes de quartz et de mica, avec une présence occasionnelle de biotite et de lits riches en quartz. Il existe un lit épais d'amphibolite indiférenciée sur la côte nord-est. La plus grande partie de l'île est recouverte de dépôts glaciaires et de pierriers. Les sols sont principalement de jeunes dépôts d'argiles et de sables fins à grossiers mélangés à du gravier, des pierres et des blocs rocheux. Dans les sites exposés ou d'altitude, ces dépôts sont fréquemment modelés par l'alternance gel-dégel en petits cercles, polygones, rayures ou lobes. On trouve de profondes accumulations de tourbe (jusqu'à 2 m d'épaisseur sur les versants occidentaux), dont une large portion de la surface est à nu et érodée.

Communautés biologiques terrestres

Les communautés végétales dominantes sont l'espèce Andreaea-Usnea sur des terres nues ainsi que des bancs de tourbes de mousse Chorisodontium-Polytrichum (le plus grand exemple de ce type de communauté connu en Antarctique). L'utilisation de techniques de télédétection (Indice différentiel normalisé de végétation) a révélé une surface de végétation verte de 0,58 km2 au sein de la ZSPA (soit 48 % de la superficie de la ZSPA ; figures 3 et 4). Ces bancs de mousse ont une valeur biologique de premier ordre et constituent l'un des motifs de désignation de la zone. La flore cryptogamique est variée. La plupart de ces bancs de mousse ont été peu endommagés par les otaries à fourrure et présentent très peu de signes de dégradation. Les bancs les plus septentrionaux situés autour de la pointe Spaull sont cependant une exception à cette observation. Tout en restant étendue, il a été estimé lors d'une étude en janvier 2016 que la tourbe de mousse aurait ici diminué de 50 % suite aux dégâts provoqués par les activités des otaries Antarctiques à fourrure (Arctocephallus gazella) ; de telles observations ont été confirmées en février 2016. Une otarie Antarctique à fourrure mâle juvénile était présente sur cet espace de tourbe de mousse lors de l'étude conduite en janvier 2016. Il est pratiquement établi que les otaries à fourrure accèdent à cette communauté végétale par une pente douce conduisant à l'intérieur des terres depuis la petite plage de galets située à l'angle nord-est de l'anse Landing.

Les acariens Gamasellus racovitzai et Stereotydeus villosus ainsi que le collembole Cryptopygus antarcticus sont communs sous les pierres.

Faune vertébrée

On dénombrait en 1978-1979 cinq colonies de manchots à jugulaire (Pygoscelis antarctica), pour un total de 11 000 couples environ. Une visite menée en février 1994 observa moins de 100 couples sur le versant nord de l'anse Landing, et plus d'un millier sur le versant sud. Une visite menée en février 2011 observa environ 75 couples sur le versant nord de l'anse Landing, et environ 750 sur le versant sud. Près de 100 couples en phase de reproduction furent observés sur la pointe Spaull lors d'une visite en janvier 2006. De nombreux autres oiseaux se reproduisent sur l'île, en particulier environ 2 000 damiers du Cap (Daption capensis) répartis en 14 colonies (1966), de même qu'un grand nombre de prions de l'Antarctique (Pachyptila desolata). Des pétrels des neiges (Pagodroma nivea) ont été observés en phase de reproduction sur l'île Moe en 1957-1958, alors que la colonie comprenait 34 couples en phase de reproduction (Croxall et al., 1995) ; ils furent confirmés en phase de reproduction lors d'une étude menée en 2005-2006 (R. Fijn, communication personnelle, 2015, cité dans Harris et al., 2015).

Des phoques de Weddell (Leptonychotes weddellii), des phoques crabiers (Lobodon carcinophagus) et des phoques léopards (Hydrurga Leptonyx) et des petits groupes d'éléphants de mer du sud (Mirounga leonina) peuvent être observés dans les baies de la partie occidentale de l'île. Un nombre croissant d'otaries à fourrure (Arctocephalus gazella), principalement des mâles juvéniles, viennent à terre sur le versant nord de l'anse Landing, ce qui a provoqué certains dégâts sur la végétation de cette zone (25 otaries y furent dénombrées en février 2016). Il est possible que la nature du terrain contraigne ces animaux sur ce petit promontoire, qui connaîtrait dès lors des dégâts plus marqués.

6 (ii) Accès à la zone

L'accès s'effectuera par petite embarcation, dans la mesure du possible. Il n'y a aucune restriction particulière sur les débarquements de bateaux depuis la mer. Les débarquements sont généralement le plus sûr à l'angle nord-est de l'anse Landing (60°43'55”de lat. sud, 45°41'06”de long. ouest ; figure 2). Si les conditions de glace interdisent l'accès à l'anse Landing, le point le plus à l'ouest de la pointe Spaull, (60°43'54” de lat. sud, 45°41'15” de long. ouest), juste en face d'un rocher émergeant des eaux à 26 m d'altitude, offre un site de débarquement alternatif.

Dans des circonstances exceptionnelles s'inscrivant dans les objectifs du plan de gestion, les hélicoptères peuvent atterrir à l'intérieur de la zone.

Les hélicoptères ne peuvent se poser que sur le col situé entre la colline de 89 m et le versant occidental du pic Snipe (60°44'09” de lat. sud, 45°41'23” de long. ouest, figure 2). L'atterrissage sur la végétation de ce col doit être évité au maximum, dans la mesure du possible. Afin d'éviter le survol de colonies d'oiseaux, l'approche se fera de préférence depuis le sud, bien qu'une approche par le nord soit autorisée.

A l'intérieur de la zone, le pilotage d'aéronefs doit s'effectuer au minimum conformément aux Lignes directrices pour les aéronefs à proximité des concentrations d'oiseaux énoncées dans la résolution 2 (2004). Lorsque les conditions imposent aux aéronefs de voler à des altitudes inférieures à celles qui sont recommandées dans les directives, les aéronefs doivent voler à la plus haute altitude possible et réduire au minimum le temps nécessaire pour traverser la zone.

L'utilisation de grenades fumigènes par les hélicoptères est interdite dans la zone, sauf en cas de nécessité absolue pour des raisons de sécurité. En cas d'utilisation de fumigènes, les grenades doivent être récupérées.

6 (iii) Emplacement des structures à l'intérieur de la zone et adjacentes à celle-ci

Un tableau de marquage est placé derrière la petite plage de galets à l'angle nord-est de l'anse Landing, au-delà de la zone d'embruns, fixé sur un rocher plat (60°43'55” de lat. sud, 45°41'05” de long. ouest). Lors des périodes de fortes chutes de neige, le tableau de marquage peut être enfoui et difficile à localiser.

Il existe un cairn ainsi que les vestiges d'un pylône d'étude érigé en 1965-1966 sur la pointe Spaull (60°43'49” de lat.sud, 45°41'05” de long. ouest). Ce pylône est utile aux études lichenométriques ; il ne faut pas le retirer. Il n'existe aucune autre structure sur l'île Moe.

6 (iv) Emplacement d'autres zones protégées à proximité de la zone

La ZSPA n° 110, île Lynch, se trouve à 10 km environ au nord-nord-est de l'île Moe. La ZSPA n° 111, île Powell du Sud et îles adjacentes, se trouve à 41 km environ à l'est (figure 1).

6 (v) Aires spéciales à l'intérieur de la zone

Aucune.

7. Critères de délivrance des permis

7 (i) Critères généraux

L'accès à la zone n'est autorisé que sur présentation d'un permis délivré par une autorité compétente en vertu de l'article 7 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement.

Les critères de délivrance d'un permis pour entrer dans la zone sont les suivants :

- le permis est délivré pour des motifs scientifiques impérieux qu'il n'est pas possible de servir ailleurs ; ou

- pour des raisons impérieuses de gestion, telles que des activités d'inspection, d'entretien ou d'examen ;

- les actions autorisées ne doivent pas mettre en péril l'écosystème naturel de la zone ;

- toutes les activités de gestion soutiennent la réalisation des buts et objectifs du présent plan de gestion ;

- les activités autorisées sont conformes au présent plan de gestion ;

- le permis, ou une copie certifiée conforme, doit être conservé durant toute la visite dans la zone ;

- les permis seront délivrés pour une période déterminée ;

- un ou plusieurs rapports doivent être soumis à l'autorité ou aux autorités compétentes ayant délivré le permis ;

- les autorités compétentes doivent être informées de toute activité ou mesure qui ne serait pas autorisée par le permis.

7 (ii) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur et au-dessus de celle-ci

Les véhicules terrestres sont interdits dans la zone.

Les déplacements dans la zone devront se faire à pied.

Les pilotes, les équipages des hélicoptères et des bateaux ou d'autres personnes à bord des hélicoptères ou des bateaux ne sont pas autorisés à s'éloigner à pied de la proximité immédiate des sites prévus pour l'atterrissage ou l'accostage, sauf autorisation expresse stipulée dans le permis.

Le trafic pédestre doit être limité au minimum nécessaire pour atteindre les objectifs de toute activité autorisée, et tout doit être raisonnablement mis en œuvre pour minimiser les effets d'éventuels piétinements. En d'autres termes, tous les déplacements doivent se faire avec précaution, afin de réduire au minimum les perturbations du sol et des surfaces revêtues de végétation, en marchant, si possible, sur un terrain rocheux.

Le survol de colonies d'oiseaux dans la zone par des systèmes d'aéronef télépiloté (RPAS) n'est pas autorisé, sauf à des fins scientifiques ou opérationnelles, et en vertu d'un permis émis par une autorité nationale compétente.

7 (iii) Activités pouvant être menées dans la zone

Des travaux de recherche scientifique indispensables qui ne peuvent être entrepris ailleurs et ne risquent pas de mettre en péril l'écosystème de la zone.

Les activités de gestion essentielles, notamment le suivi.

7 (iv) Installation, modification ou démantèlement de structures

Aucune nouvelle structure ne sera installée dans la zone, ni aucun équipement scientifique, sauf en cas de raison scientifique ou de gestion impérative et uniquement pour une période prédéfinie, ainsi que le précisera un permis. L'installation (y compris le choix du site), l'entretien, la modification ou l'enlèvement des structures ou équipements doivent être menés de façon à limiter autant que possible les perturbations apportées aux valeurs de la zone. Toutes les structures ou les équipements scientifiques installés dans la zone doivent identifier clairement le pays, le nom du responsable de l'équipe de recherche et l'année d'installation. Tous ces objets ne peuvent contenir aucun organisme, propagule (semence, œufs) ou terre non stérile, et doivent être composés de matériaux résistants aux conditions environnementales et présenter un risque de contamination minime pour la zone. Le retrait de structures ou d'équipements spécifiques pour lesquels le permis a expiré devra figurer parmi les critères du permis. Les structures ou installations permanentes sont interdites.

7 (v) Emplacement des camps

Il n'est normalement pas permis de camper dans la zone. S'il est essentiel de camper pour des raisons de sécurité, les tentes devront être montées en s'efforçant de causer le moins de dégâts possible à la végétation, et de perturber le moins possible la faune.

7 (vi) Restrictions sur les matériaux et les organismes pouvant être introduits dans la zone

L'introduction délibérée dans la zone d'animaux, de végétaux ou de micro-organismes vivants est interdite. Pour garantir le maintien des valeurs floristiques et écologiques de la zone, des précautions spéciales devront être prises pour prévenir toute introduction accidentelle de microbes, d'invertébrés ou de plantes provenant d'autres sites Antarctiques, y compris des stations, ou d'autres régions. Tout le matériel d'échantillonnage et les balises introduits dans la zone doivent être nettoyés et stérilisés. Dans la mesure du possible, les chaussures et autres équipements utilisés ou introduits dans la zone (y compris les sacs et les sacs à dos) doivent être minutieusement nettoyés avant d'entrer dans la zone. D'autres conseils sont disponibles dans le Manuel des espèces exotiques du CPE (édition 2011) et les listes de contrôle du COMNAP/SCAR pour les responsables logistiques des programmes Antarctiques nationaux en vue de réduire les risques de transfert d'espèces exotiques. Compte tenu de la présence de colonies d'oiseaux nicheurs dans la zone, aucun produit provenant ou dérivé d'espèces avicoles - notamment les déchets, les produits contenant des œufs en poudre non pasteurisés - ne doit être introduit dans la zone ou déversé dans la mer au large ou à proximité de la zone.

Aucun herbicide ni pesticide ne devra être introduit dans la zone. Tout autre produit chimique, y compris les radionucléides ou les isotopes stables, susceptibles d'être introduits pour des raisons scientifiques ou de gestion visées dans le permis, sera retiré de la zone au plus tard à la fin de l'activité pour laquelle le permis a été délivré. La libération directement dans l'environnement de radionucléides ou d'isotopes stables par une méteo les rendant irrécupérables doit être évitée. Le carburant ni tout autre matériau chimique ne peut être entreposé dans la zone, à moins que le permis ne l'autorise spécifiquement. Auquel cas, ces matériaux doivent être entreposés et manipulés de façon à limiter les risques d'introduction accidentelle dans l'environnement. Tous les matériaux sont introduits dans la zone pour une période déterminée uniquement ; ils doivent être enlevés lorsque cette période est échue. En cas de déversement susceptible de mettre en péril les valeurs de la zone, leur retrait est encouragé à condition que l'impact de celui-ci ne soit pas susceptible d'être supérieur à celui consistant à laisser les substances in situ. L'autorité compétente doit être informée de tout élément introduit et non retiré qui ne figurait pas dans le permis agréé.

7 (vii) Prélèvement de végétaux et capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore

Tout prélèvement de plante ou capture d'animaux, ainsi que toute perturbation nuisible à la faune ou à la flore indigène, sont interdits, sauf en possession d'un permis délivré conformément à l'annexe II du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement. Dans le cas de captures ou de perturbations nuisibles d'animaux, le Code de conduite du SCAR pour l'utilisation d'animaux à des fins scientifiques dans l'Antarctique doit être utilisé comme norme minimale.

7 (viii) Prélèvement ou retrait de matériaux non introduits dans la zone par le titulaire du permis

Le prélèvement ou le retrait de tout élément qui n'a pas été apporté dans la zone par le détenteur du permis ne devra se produire que dans le cadre d'un permis et devra se limiter au strict nécessaire pour répondre aux besoins scientifiques et de gestion.

Les autres matériaux d'origine humaine susceptibles de mettre en péril les valeurs de la zone, et qui n'ont pas été introduits dans la zone par le titulaire d'un permis (ou au moyen d'une autre autorisation), peuvent être retirés de la zone, à moins que l'impact environnemental du retrait soit susceptible d'être plus important que de laisser le matériau sur place ; si tel est le cas, l'autorité compétente doit en être informée et une approbation doit être obtenue.

7 (ix) Elimination des déchets

A titre de norme minimale, tous les déchets devront être éliminés conformément à l'annexe III du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement. Tous les déchets seront en outre retirés de la zone. Les déchets humains liquides peuvent être évacués dans la mer. En revanche, les déchets humains solides ne doivent pas être jetés à la mer et ils seront retirés de la zone. Les déchets humains solides ou liquides ne doivent en aucun cas être jetés à l'intérieur des terres.

7 (x) Mesures éventuellement nécessaires pour assurer la poursuite de la réalisation des buts et objectifs du plan de gestion

Des permis peuvent être délivrés pour entrer dans la zone afin d'y faire des travaux de recherche scientifique, de surveillance et d'inspection de site, qui font intervenir le prélèvement d'un petit nombre d'échantillons à des fins d'analyse, pour ériger ou entretenir des panneaux ou pour appliquer des mesures de protection.

Tous les sites de suivi de longue durée doivent être signalés par des bornes ou des panneaux dûment entretenus.

Les activités de nature scientifique seront menées conformément au Code de conduite environnemental du SCAR pour la recherche scientifique terrestre en Antarctique.

7 (xi) Exigences liées aux rapports

Pour chaque visite dans la zone, le titulaire principal d'un permis devra soumettre un rapport à l'autorité nationale compétente, dès que possible et au plus tard six mois après la fin de la visite. Ces rapports doivent contenir, le cas échéant, les informations identifiées dans le formulaire de rapport de visite du Guide pour l'élaboration des plans de gestion des zones spécialement protégées de l'Antarctique. Le cas échéant, l'autorité nationale doit également transmettre une copie du rapport de visite à la Partie qui a proposé le plan de gestion afin de contribuer à la gestion de la zone et à la révision du plan de gestion. Dans la mesure du possible, les Parties doivent déposer des originaux ou des copies des rapports de visite originaux dans un dossier accessible au public afin de conserver des archives d'usage, pour toute révision du plan de gestion et pour l'organisation de l'utilisation scientifique de la zone.

8. Bibliographie

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Figure 1. Map showing the location of Moe Island in relation to the South Orkney Islands and the other protected areas in the region. Inset : the location of the South Orkney Islands in Antarctica.

Figure 1. Carte de l'emplacement de l'île Moe par rapport aux îles Orcades du Sud et aux autres zones protégées dans la région. Encart : emplacement de l'archipel des Orcades du Sud en Antarctique.

Figure 2. Carte plus détaillée de l'île Moe.

Figure 3. Image satellite en fausses couleurs de la ZSPA n° 109, île Moe, îles Orcades du Sud, sur laquelle la végétation apparaît en rouge.

Figure 4. Indice différentiel normalisé de végétation (NDVI), provenant d'images satellites, pour la ZSPA n° 109, île Moe, îles Orcades du Sud. La couverture végétale est indiquée par une échelle de couleur allant du blanc au rouge en passant par l'orange, le rouge représentant les valeurs les plus élevées du NDVI.

Mesure 2 (2017)

Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 110 (île Lynch, îles Orcades du Sud) : plan de gestion révisé (ensemble une annexe)

Les Représentants,

Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement (« le Protocole ») qui disposent de la désignation des zones spécialement protégées de l'Antarctique (« ZSPA ») et de l'adoption des plans de gestion pour ces zones ;

Rappelant :

- la recommandation IV-14 (1966) qui a désigné l'île Lynch, îles Orcades du Sud comme zone spécialement protégées (« ZSP ») n° 14 et a annexé la carte de la zone ;

- la recommandation XVI-6 (1991), qui a annexé le plan de gestion de la zone ;

- la mesure 1 (2000), qui a annexé un plan de gestion révisé pour la ZSP n° 14 ;

- la décision 1 (2002) qui a renommé et renuméroté la ZSP n° 14 en ZSPA n° 110 ;

- la mesure 2 (2012) par laquelle était adopté le plan de gestion révisé de la ZSPA n° 110 ;

Rappelant que la recommandation XVI-6 (1991) et la mesure 1 (2000) ne sont pas entrées en vigueur et ont été retirées par la décision (D) (2017) ;

Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a approuvé un plan de gestion révisé pour la ZSPA n° 110 ;

Souhaitant remplacer le plan de gestion actuel pour la ZSPA n° 110 par le plan de gestion révisé ;

Recommandent à leurs Gouvernements d'approuver la mesure suivante conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement :

Que :

1. Le plan de gestion révisé pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 110 (île Lynch, îles Orcades du Sud), qui figure en annexe de la présente mesure, soit approuvé ; et

2. Le plan de gestion pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 110 qui figure en annexe de la mesure 2 (2012) soit abrogé.

Annexe

Plan de gestion pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 110

Île Lynch, îles Orcades du Sud

Introduction

La raison principale de la désignation de l'île Lynch, îles Orcades du Sud (Latitude 60°39'10” S, Longitude 045°36'25″ O ; 0,14 km2) en tant que zone spécialement protégée de l'Antarctique (ZSPA) 110 est la protection de ses valeurs environnementales, et en particulier sa flore terrestre.

L'île Lynch, dans la baie Marshall, îles Orcades du Sud, avait été désignée à l'origine comme zone spécialement protégée dans la recommandation IV-14 (1966, ZSP N° 14) sur une proposition du Royaume-Uni. Elle avait été désignée au motif qu'elle « possède l'une des régions les plus étendues et denses de pacage (Deschampsia antarctica) connue dans la zone du Traité et que cette région constitue un exemple magnifique d'un système écologique peu commun ». Ces valeurs ont gagné en importance et ont été développées par la recommandation XVI-6 (1991), lors de l'adoption d'un plan de gestion pour le site.

L'île Lynch se situe à 2,4 km de l'île Signy, où se trouve la station de recherche Signy (R.-U.), et à 200 mètres environ de l'île Coronation, la plus large des îles Orcades du Sud. La zone jouit d'une protection spéciale depuis le quasi début de l'ère moderne des activités scientifiques dans la région, les permis d'accès ayant été uniquement délivrés à des fins scientifiques indispensables. L'île a donc été peu visitée, et le nombre d'études scientifiques ou d'échantillonnages a été limité. Depuis 1983, le nombre d'otaries à fourrure Antarctiques a augmenté considérablement dans les îles Orcades du Sud, ce qui a pour conséquence la destruction des surfaces de végétation accessibles qu'elles occupent. Certaines aires de végétation sur l'île Lynch ont été endommagées, comme des surfaces accessibles de mousses Polytrichum et Chorisodontium et de canche Deschampsia sur les parties nord-est et est de l'île, qui ont été lourdement touchées à certains endroits. Lors d'une visite en février 2011, des otaries à fourrure ont été repérées vers le versant est de l'île (à peu près entre le débarcadère [Lat. 60°39'05” S, Long. 045°36'12” O ; figure 2] et le sommet de l'île [Lat. 60°39'05” S, Long. 045°36'12” O] ). Des otaries ont été observées au point le plus élevé de l'île, avec une trentaine d'individus sur le sommet. Malgré cela, les herbes Antarctiques Deschampsia Antarctica et Colobanthus quitensis semblaient prospérer. La surface couverte de Deschampsia, tel qu'indiquée dans le rapport de février 2011, est plus vaste que lors du rapport précédent (février 1999). L'herbe est maintenant plus abondante et mieux répartie dans l'est de l'île, et s'étend à l'ouest vers le point le plus élevé, et recouvre une bonne partie du sommet et de la zone autour du cairn du sommet (figure 3). Il a été observé lors d'une visite en 1999 que les zones herbeuses les plus luxuriantes sur les pentes nord et nord-ouest n'avaient pas encore été affectées, et la visite de février 2011 a confirmé cette observation. Nonobstant quelques dommages localisés, et comme indiqué plus haut, les valeurs principales de l'île n'ont pas été compromises par la présence de l'homme ou des otaries à ce jour.

La résolution 3 (2008) recommandait que l'« Analyse des domaines environnementaux pour le continent Antarctique » serve de modèle dynamique pour l'identification des zones spécialement protégées de l'Antarctique dans le cadre environnemental et géographique systématisé visé à l'article 3 (2) de l'annexe V du Protocole (voir également Morgan et al., 2007). La ZSPA 110 n'est pas catégorisée dans Morgan et al., mais elle devrait être incluse dans le domaine environnemental G (îles au large des côtes de la péninsule Antarctique). La relative rareté du domaine environnemental G par rapport aux autres domaines signifie que des efforts conséquents doivent être fournis pour conserver les valeurs de ce type d'environnement à d'autres endroits : d'autres zones protégées comprennent des domaines G, notamment les ZSPA nos 109, 111, 112, 125, 126, 128, 145, 149, 150, et 152, ainsi que les ZGSA nos 1 et 4.

La résolution 6 (2012) recommandait que les régions de conservation biogéographique de l'Antarctique (RCBA) soient employées pour l'identification de zones pouvant être désignées comme zones spécialement protégées de l'Antarctique dans le cadre environnemental et géographique systématisé visé à l'article 3 (2) de l'annexe V du Protocole. La ZSPA n° 110 se trouve dans la région de conservation biogéographique de l'Antarctique (RCBA) 2 : îles Orcades du Sud.

Les deux autres ZSPA des îles Orcades du Sud (ZSPA 109 île Moe et ZSPA 111 île Powell du Sud et îles adjacentes) ont été désignées principalement pour protéger leur végétation terrestre et leurs communautés d'oiseaux. La ZSPA n° 110 île Lynch complète le réseau local de ZSPA en protégeant un échantillon représentatif de l'écosystème marin de l'Antarctique incluant des communautés terrestres dominées par les phanérogrames.

1. Description des valeurs à protéger

A la suite d'une visite de la ZSPA en février 2016, les valeurs spécifiées dans la désignation précédentes ont été réévaluées. La zone présente les valeurs suivantes :

La zone contient des tapis luxuriants de canche Antarctique Deschampsia antarctica, ainsi qu'une grande quantité de l'unique autre espèce de plante à fleur d'Antarctique, la sagine Antarctique (Colobanthus quitensis). Il s'agit également de l'un des seuls sites où la Deschampsia est connue pour pousser directement sur les surfaces de mousse Polytrichum-Chorisodontium.

La végétation cryptogamique est typique de la région, mais plusieurs espèces de mousses de l'île (Polytrichastrum alpinum [=Polytrichum alpinum] et Muelleriella crassifolia) sont exceptionnellement fertiles pour leur emplacement au sud. Il est aussi probable que ce soit le seul lieu connu en Antarctique où la Polytrichastrum alpinum développe des sporophytes en grande quantité chaque année. En outre, la Polytrichum strictum (=Polytrichum alpestre) produit ponctuellement des inflorescences mâles en abondance au niveau local, ce qui est rare pour cette espèce en Antarctique. On observe également une espèce rare de mousse, la Plagiothecium ovalifolium, dans les crevasses de rochers humides ombragés à proximité de la côte.

Le sol limoneux peu profond, associé aux tapis d'herbe, abrite une riche faune d'invertébrés. La densité de population des communautés d'arthropodes, associée à la Deschampsia sur l'île Lynch, est exceptionnellement élevée ; certaines mesures suggèrent qu'il s'agit de l'une des plus fortes au monde. Le site offre également une diversité rare pour l'Antarctique. Une espèce rare de ver Enchytraeidae a également été trouvée dans des mousses humides dans des crevasses rocheuses dans la partie nord de l'île. Une espèce d'arthropode (Globoppia loxolineata) se trouve à l'extrême limite septentrionale de sa répartition connue, et des spécimens collectés sur l'île Lynch ont montré des caractéristiques morphologiques inhabituelles, comparés à ceux observés ailleurs dans la région des îles Orcades du Sud-péninsule Antarctique.

On trouve des bactéries Chromobacterium, des levures et des champignons en densité plus élevée que sur l'île Signy, qui semblent associées à l'acidité moins élevée des sols combinée à la Deschampsia et au micro-climat plus favorable sur l'île Lynch.

Le sol limoneux et graveleux peu profond situé sous les tapis denses de Deschampsia représente probablement l'un des types de sols les plus riches en Antarctique.

2. Buts et objectifs

La gestion de l'île Lynch poursuit les buts et objectifs suivants :

- éviter tout changement majeur de la structure et de la composition de la végétation terrestre ;

- éviter toute perturbation humaine inutile dans la zone ;

- éviter ou minimiser l'introduction de plantes, d'animaux et de micro-organismes non indigènes dans la zone ;

- permettre d'effectuer des recherches scientifiques dans la zone, pour autant qu'elles soient indispensables, qu'elles ne puissent être menées ailleurs et qu'elles ne portent pas atteinte à l'écosystème naturel de la zone ;

- assurer que la flore et la faune ne soient pas mises en péril par l'échantillonnage excessif dans la zone ;

- autoriser des visites à des fins de gestion en vue d'appuyer la réalisation des buts du plan de gestion ;

- minimiser les risques d'introduction d'agents pathogènes susceptibles de provoquer des maladies parmi les populations vertébrés dans la zone.

3. Activités de gestion

Les activités de gestion suivantes seront entreprises pour protéger les valeurs de la zone :

Des visites seront organisées le cas échéant afin de déterminer si la zone répond toujours aux objectifs pour lesquels elle a été désignée et de s'assurer que les mesures de gestion et d'entretien sont adéquates.

Le plan de gestion sera réexaminé au moins tous les cinq ans et mis à jour en conséquence.

Les bornes, les panneaux ou autres structures érigés dans la zone à des fins scientifiques et de gestion seront attachés et maintenus en bon état, puis enlevés lorsqu'ils ne sont plus nécessaires.

Tout matériel ou équipement abandonné sera enlevé dans toute la mesure du possible, à condition que cela ne nuise pas à l'environnement et aux valeurs de la zone, conformément à l'annexe III du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement.

Un exemplaire de ce plan d'action sera mis à disposition de la station de recherche Signy (R.-U. ; 60°42'30" S, 045°36'30" O) et à la station Orcadas (Argentine ; 60°44'15" S, 044°44'20" O).

Le cas échéant, les programmes nationaux Antarctiques sont encouragés à collaborer étroitement pour s'assurer que des activités de gestion soient mises en œuvre. Ils sont particulièrement encouragés à se consulter les uns les autres afin d'éviter tout échantillonnage excessif de matériaux biologiques dans la zone. En outre, ils sont invités à envisager la mise en œuvre conjointe des lignes directrices visant à limiter l'introduction et la dispersion d'espèces non indigènes dans la zone.

Toutes les activités scientifiques et de gestion conduites dans la zone doivent faire l'objet d'une Etude d'impact environnemental, conformément à l'annexe I du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement.

4. Durée de désignation

La zone est désignée pour une période indéterminée.

5. Carte et illustrations

Figure 1. Emplacement de l'île Lynch par rapport aux îles Orcades du Sud et aux autres zones protégées de la région. En médaillon : emplacement des îles Orcades du Sud en Antarctique. Spécifications de la carte : Projection : WGS84 Projection stéréographique polaire Antarctique. Parallèles d'échelle conservée : 71 °S. Méridien central 45 °O.

Figure 2. ZSPA n° 110, île Lynch, îles Orcades du Sud, carte topographique. Projection : Conique conforme de Lambert : Parallèles d'échelle conservée : 1er 60°40'00" O ; 2e 63°20'00" S. Méridien central : 045°26'20" O. Latitude d'origine : 63°20'00" S. Sphéroïde : WGS84. Ligne de référence : niveau moyen de la mer. Précision horizontale des points de contrôle : ± 1 mètre.

Figure 3. Indice différentiel normalisé de végétation (IDNV), dérivé de l'imagerie satellite, pour la ZSPA n° 110 île Lynch, îles Orcades du Sud, montrant une couverture de végétation verte à l'aide d'une gamme de couleurs jaune → orange → rouge, le rouge indiquant les valeurs IDNV les plus élevées.

6. Description de la zone

6 (i) Coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques du milieu naturel

Frontières et coordonnées

La zone comprend la totalité de l'île Lynch mais exclut toutes les îles et îlots adjacents sans noms. La zone comprend également tous les sols libres de glace, la glace permanente et semi-permanente de l'île Lynch, mais exclut les environnements marins au-delà de 10 mètres au large à partir de la ligne de flottaison en marée basse. (carte 2). Il n'y a pas de bornes délimitant les limites de la zone, étant donné que la côte délimite la zone d'une façon évidente et visible.

Description générale

L'île Lynch (Latitude 60°39'10" S, Longitude 045°36'25" O ; zone) est une petite île située à l'extrémité est de la baie Marshall, dans les îles Orcades du Sud, à environ 200 mètres au sud de l'île Coronation et à 2,4 km au nord de l'île Signy (carte 1). L'île mesure 500 × 300 mètres, avec des petites falaises atteignant 20 mètres de haut dans les parties sud, est et ouest, découpées par des ravines remplies de roches. Le versant nord contient une petite falaise en dessous d'une terrasse rocheuse située à 5-8 mètres d'altitude, au-dessus de laquelle des pentes modérées montent vers un plateau large à une altitude de 40-50 mètres environ, avec une altitude maximum de 57 mètres. Une plage située à l'extrémité orientale de la côte nord offre un accès facile à des pentes relativement faibles menant à la zone de plateau centrale. Les falaises du littoral rendent l'accès à la partie haute de l'île difficile par les autres itinéraires, bien que possible via des ravines sur les flancs est et nord. De petits ruisseaux issus de glace fondue peuvent apparaître en été, mais il n'existe pas de ruisseaux ou de bassins permanents et peu de parcelles de neige non fondue subsistent dans la partie sud de l'île. Aucune donnée météorologique n'est disponible pour l'île Lynch, mais on estime que les conditions y sont similaires à celles de la station de recherche Signy. Cependant, des observations anecdotiques suggèrent des différences significatives dans le microclimat de l'île Lynch, comme semble l'attester la croissance plus prolifique de communautés de végétaux. L'île est exposée au sud-ouest au vent catabatique et au fœhn descendant de l'île Coronation située au nord. Cependant, l'île est relativement bien protégée des vents régionaux du nord, de l'est et du sud par l'île Coronation, le cap Hansen et l'île Signy respectivement. L'effet du fœhn peut augmenter brièvement la température de l'air de 10° C sur l'île Signy. L'île Lynch est souvent baignée de soleil alors que la région environnante est voilée de nuages bas. L'angle d'incidence du rayonnement solaire est aussi relativement élevé sur le côté nord de l'île en raison de ses pentes et de ses formes. Les facteurs évoqués ci-dessus peuvent fournir une bonne explication à la croissance des deux plantes à fleur sur l'île.

Géologie

Le substrat rocheux de l'île Lynch est constitué de roches quartzo-feldspathiques et de schistes micacés du complexe métamorphique Scotia, mais il est mal exposé ; des roches équivalentes sont mieux exposées dans la zone du cap Hansen, à l'est de l'île Coronation.

Pédologie

Trois types de sols ont été identifiés sur l'île Lynch :

(i) Un sol de tourbe acide (pH 3,8 - 4,5), formé par les mousses hautes propices à la croissance du couvert végétal Chorisodontium aciphyllum et Polytrichum strictum (= Polytrichum alpestre), est présent surtout à l'extrémité nord-est de l'île. Cette tourbe peut atteindre une épaisseur de 50 cm et est semblable à la tourbe trouvée sur l'île Signy, où elle peut avoir 2 mètres de profondeur. On trouve un pergélisol là où la tourbe excède 30 cm de profondeur. A certains endroits où le substrat est humide, des sols tourbeux de 10-15 cm (pH 4,8 - 5,5) se sont accumulés sous les espèces de mousses en tapis Warnstorfia laculosa (= Calliergidium austro-stramineum) et Sanionia uncinata (= Drepanocladus uncinatus).

(ii) Un sol limoneux et graveleux, peu profond, semblable aux sols bruns de toundra, est présent sous des tapis denses de canche Deschampsia antarctica. Sa profondeur n'excède que rarement les 30 cm (pH 5,0 - 5,8) et il représente sans doute l'un des types de sol les plus riches en Antarctique.

(iii) Un till glaciaire avec des roches variées allant de l'argile fin (pH 5,2 - 6,0) et du sable au gravier et aux pierres de plus grande taille. Ce till recouvre le plateau au sommet et on le trouve dans des dépressions rocheuses dans l'ensemble de l'île, ainsi qu'à certains endroits de la terrasse de roche. Sur le plateau, la cryoturbation a travaillé la surface jusqu'à lui donner des motifs de petits cercles pierreux et de polygones sur terrain plat et des bandes sur les pentes. A l'extrémité nord-est de l'île, les dépôts de coquilles de patelles (Nacella concinna) par des goélands (Larus dominicanus) ont rendu les minéraux des sols plus calcaires dans des dépressions rocheuses avec un pH de 6,5 - 6,8.

Flore Terrestre

La végétation cryptogamique et phanérogamique typique des milieux marins en Antarctique est présente sur la majorité de l'île (figure 3). Les techniques de télédétection par satellite (indice différentiel normalisé de végétation) ont révélé que la surface de végétation verte dans ZSPA est de 35 000 mètres2 (soit 25 % de la surface totale de la ZSPA). La caractéristique la plus significative de la végétation est l'abondance et la prolifération de deux plantes à fleurs Antarctiques indigènes, la canche Antarctique (Deschampsia antarctica) et la sagine Antarctique (Colobanthus quitensis), qu'on trouve principalement sur les pentes septentrionales (carte 3). Les deux espèces fleurissent généreusement et la viabilité de leurs graines semble être très supérieure à celles de l'île Signy. L'île Lynch comporte les plus vastes étendues de Deschampsia et la plus grande quantité de Colobanthus connues dans les îles Orcades du Sud, et l'une des plus importantes dans toute la zone du Traité sur l'Antarctique. Sur la terrasse rocheuse et la pente humide grimpant au-dessus de la côte nord, l'herbe s'exprime en de vastes tapis, jusqu'à 15 × 50 mètres. Ces tapis peuvent être des étendues végétales luxuriantes continues sur les sites et les corniches humides, ou des végétaux jaunâtres, plus isolés sur les terrains plus secs, plus rocailleux et plus exposés. On trouve généralement la Colobanthus avec la canche, mais ici les deux espèces ne se regroupent pas en parcelles d'herbe fermées. Il s'agit d'un des rares sites où la Deschampsia est connue pour pousser directement sur les mousses Polytrichum-Chorisodontium. A d'autres endroits de l'île, la canche et, à un degré moindre, la sagine, s'associent fréquemment à d'autres communautés, en particulier dans des étendues plus denses de végétation de zone pierreuse, où elles prolifèrent à l'aide d'espèces variées de mousses et de lichens (surtout en direction de la pointe ouest de la terrasse nord).

Des surfaces peu profondes mais parfois vastes (environ 50 m2) de Chorisodontium aciphyllum et de Polytrichum strictum sont fréquentes à l'extrémité nord-est de l'île, et, dans une proportion moindre, dans la partie sud. Ces caractéristiques sont typiques des surfaces de mousses présentes sur l'île Signy et ailleurs dans l'Antarctique maritime du nord, avec plusieurs espèces de lichens encroûtants et fruticuleux qui poussent de manière épiphyte sur les surfaces de mousse. Dans de petites dépressions humides, on trouve des tapis de Warnstorfia laculosa et de Sanionia uncinata, avec quelques Warnstorfia sarmentosa (= Calliergon sarmentosum) et des Cephaloziella varians (= C. exiliflora). La mousse Brachythecium austro-salebrosum est fréquente sur les sols humides et les corniches de pierre. Sur les sols plus secs, plus balayés par le vent, plus rocailleux et sur les surfaces pierreuses (notamment dans la zone du plateau), une communauté typique de végétation de roches, composée de nombreux taxons de bryophyte et de lichens, dessine une mosaïque complexe. Les espèces dominantes à cet endroit sont les lichens Usnea antarctica et U. aurantiaco-atra (= U. fasciata) et la mousse Andreaea depressinervis. Le lichen Sphaerophorus globosus et d'autres espèces (Alectoria, Andreaea, Cladonia, et Stereocaulon) sont également fréquents, alors que les espèces Himantormia lugubris et Umbilicaria antarctica sont rares. Le lichen encroûtant est abondant sur toutes les surfaces de roches. Les mousses et les macrolichens de cette zone ont une attache fragile, et ils sont facilement endommagés. De grands thalles d'Usnea spp. et de Umbilicaria antarctica sont présents sur des blocs de roche et des faces de rochers humides et abrités, en particulier dans la partie sud de l'île.

On trouve des communautés de lichen encroûtant dans les falaises situées au-dessus de la ligne des hautes eaux, notamment là où les roches sont affectées par les oiseaux qui se reproduisent ou qui se perchent. La répartition de plusieurs espèces délimite des zones distinctes, liées aux inondations par les embruns et à l'exposition au vent. Les communautés les plus développées du taxon ornithocoprophile aux couleurs vives se trouvent à l'extrémité occidentale de l'île, où les espèces Caloplaca spp., Haematomma erythromma, Mastodia tesselata, Physcia caesia, Xanthoria candelaria, X. elegans, ainsi que des espèces de Buellia et de Verrucaria sont fréquentes. L'espèce moins commune de mousse halophile Muelleriella crassifolia est aussi présente dans la zone des embruns autour de l'île.

La seule espèce de mousse rare enregistrée sur l'île Lynch est Plagiothecium ovalifolium, qu'on trouve dans des crevasses humides et ombragées près de la côte. Cependant, l'île est le seul site connu en Antarctique maritime où la mousse Polytrichastrum alpinum développe un grand nombre de sporophytes chaque année. Cela se produit parmi les populations de Deschampsia, de Colobanthus et de cryptogames dans la partie septentrionale de l'île. Les sporophytes sont très rares certaines années dans d'autres parties de l'Antarctique. De plus, la Polytrichum strictum produit des inflorescences mâles, phénomène rare pour cette espèce en Antarctique. Alors que l'hépatique thalloïde Marchantia berteroana est commune sur l'île Signy, l'île Lynch est l'un des rares sites où elle a été observée dans les îles Orcades du Sud. Plusieurs espèces cryptogamiques ayant une distribution très restreinte en Antarctique, mais qui sont communes sur l'île Signy et l'île Coronation à quelques centaines de mètres de distance, n'ont pas été observées sur l'île Lynch.

Invertébrés terrestres

La faune de micro-invertébrés conjuguée aux riches tapis de Deschampsia décrits jusqu'à présent comporte 13 taxons : trois collemboles (Cryptopygus antarcticus, Friesea woyciechowskii et Isotoma (Folsomotoma) octooculata (=Parisotoma octooculata) ), un acarien mésostigmate (Gamasellus racovitzai), deux acariens cryptostigmates (Alaskozetes antarcticus et Globoppia loxolineata), et sept acariens prostigmates (Apotriophtydeus sp., Ereynetes macquariensis, Nanorchestes berryi, Stereotydeus villosus, et trois espèces d'Eupodes). Il est probable que le nombre de taxons identifiés augmente avec de plus amples échantillonnages. La communauté est dominée par la collembole, et particulièrement la Cryptopygus antarcticus (84 % de tous les arthropodes extraits), avec un nombre relativement important de I. octooculata. L'acarien dominant était une espèce non déterminée d'Eupodes. L'acarien Globoppia loxolineata se trouve à la limite nord de sa distribution connue. En général, la densité de population des communautés d'arthropodes vivant dans les herbes sur l'île Lynch semble être exceptionnellement élevée, certaines mesures suggèrent qu'il s'agit de l'une de plus hautes au monde. Elle montre également une diversité importante pour un site Antarctique, bien que ces observations se basent sur un nombre restreint de répliques d'échantillons. Il serait nécessaire de mener plus d'échantillonnages pour déterminer les densités de manière plus fiable, ce qui est difficile à mettre en œuvre sur l'île Lynch étant donnée la rareté des communautés disponibles pour l'échantillonnage.

L'île Lynch est le premier site Antarctique où un enchytraeidae terrestre a été découvert (sous un sol de mousse Hennediella antarctica, sur une corniche rocheuse au-dessus de la côte nord). Ces vers ont été observés dans quelques sites des îles Orcades du Sud seulement, bien que quelques échantillons aient été prélevés et que les espèces doivent encore être identifiées. Parmi la faune tardigrade, la plupart des 16 individus isolés d'un échantillon de Brachythecium étaient des Hypsibius alpinus et des H. pinguis avec quelques H. dujardini, alors que parmi les 27 individus isolés d'un échantillon de Prasiola crispa, une grande majorité étaient de l'espèce H. dujardini et quelques-uns étaient des autres espèces d'Hypsibius.

Micro-organismes

Les sols minéraux et organiques de l'île Lynch ont un pH un peu plus élevé que ceux de l'île Signy aux alentours. Sa composition plus basique et plus riche en nutriments, conjuguée au micro-climat plus favorable, engendre un nombre plus élevé de bactéries (incluant la Chromobacterium), de levures et de champignons que dans des sols semblables sur l'île Signy. Le nombre de bactéries présentes dans les tourbes Polytrichum et Warnstorfia sur l'île Lynch est respectivement huit fois et six fois plus élevé que dans les tourbes similaires de l'île Signy, alors que la quantité de levures et de champignons est comparable. Le sol, associé aux deux plantes à fleur, contient plusieurs espèces de champignons nématophages : Acrostalagmus goniodes, Cephalosporium balanoides et Dactylaria gracilis dans les sols de Deschampsia ; Cephalosporium balanoides, Dactylaria gracilis, Dactylella stenobrocha et Harposporium anguillulae dans les sols de Colobanthus. Les champignons basidiomycètes Galerina antarctica et G. longinqua sont présents sur les mousses humides.

Vertébrés

L'île n'abrite pas de colonies de manchots ou de colonies reproductrices importantes d'autres espèces d'oiseaux. Des groupes de manchots à jugulaire (Pygoscelis antarctica), de manchots Adélie (P. adeliae) et de manchots papous (P. papua), et parfois des cormorans impériaux Phalacrocorax atriceps), se rassemblent aux extrémités nord-est et ouest de l'île. Plusieurs couples de labbes Antarctiques (Catharacta lonnbergii) et au moins deux couples de goélands dominicains (Larus dominicanus) nicheurs ont été observés au début des années 1980 dans le coin nord-est de l'île. Une petite colonie de sternes couronnées (Sterna vittata) peut également se trouver dans les environs, bien qu'aucun comportement de reproduction n'ait été observé en février 1994. Les damiers du Cap (Daption capense) et les pétrels des neiges (Pagodroma nivea) se reproduisent sur des falaises plus élevées à l'extrémité est et le long de la côte nord-ouest de l'île. Quelques couples de pétrels des neiges et d'océanites de Wilson (Oceanites oceanicus) nichent sur des corniches et sous des rochers dans la partie sud de l'île.

Des phoques de Wedell (Leptonychotes weddellii), des phoques crabiers (Lobodon carcinophgus), occasionnellement des léopards de mer (Hydrurga leptonyx) et de petits groupes d'éléphants de mer (Mirounga leonina) sont régulièrement observés sur la côte et sur des blocs de glace dans les environs. Aucun d'entre eux n'est connu pour ses comportements de reproduction sur l'île Lynch. Depuis le début des années 1980, un nombre croissant d'otaries à fourrure Antarctique (Arctocephalus gazella), tous probablement des individus mâles non reproducteurs, ont été observés sur l'île Lynch. Certains d'entre eux s'aventurent vers les zones de végétation offrant des pentes plus faibles au nord-est, et ont causé des dommages localisés mais importants aux surfaces de mousse Polytrichum-Chorisodontium et à d'autres communautés.

Les phoques accèdent à l'île principalement par une plage de la côte nord-est. Une fois que les phoques ont atteint l'île, il n'existe pas d'obstacle géographique d'envergure qui les empêcherait de se mouvoir à travers l'île. Des groupes de phoques ont été observés à proximité du sommet. La destruction de tapis de Deschampsia a été signalée pour la première fois en 1988. Au moment de la dernière inspection de l'île (en février 2016), il a été observé que les zones les plus luxuriantes de Deschampsia et de Colobanthus sur les pentes nord et nord-ouest n'avaient pas encore été affectées. Les zones de végétation accessibles sur les versants est et nord-est de l'île, et notamment les surfaces de mousses Polytrichum et Chorisodontium, ont subi de graves dégâts causés par les otaries à fourrure Antarctiques. Dans certaines zones à l'est et au nord-est qui ont été particulièrement affectées par la présence des otaries à fourrure, des parcelles de Deschampsia et de Colobanthus ont été endommagées ou détruites, mais elles continuent leur croissance et leur expansion dans d'autres parties moins fréquentées à des altitudes plus élevées, augmentant ainsi leur répartition au sein de l'île (voir carte 3).

6 (ii) Accès à la zone

Dans la mesure du possible, l'accès à la zone se fera par de petites embarcations. Les débarquements par la mer doivent se faire sur la plage située à l'extrémité est de la côte nord de l'île (Lat. 60°39'05” S, Long. 045°36'12” O ; carte 2), sauf en cas d'autorisation spéciale délivrée dans un permis, ou si le débarquement est impossible à cet endroit en raison de conditions défavorables.

Dans des circonstances exceptionnelles, et si celles-ci entrent dans le cadre des objectifs du plan d'action, des hélicoptères peuvent être autorisés à atterrir dans la zone.

Les hélicoptères doivent atterrir au site d'atterrissage désigné sur la plateforme rocheuse (à 8 m) à l'extrémité nord-ouest de l'île (Lat. 60°39'04.5” S, Long. 45°36'12” O ; carte 2).

Les opérations de survol de la zone doivent, comme condition minimum, être réalisées conformément aux « Lignes directrices pour l'exploitation d'aéronefs à proximité des concentrations d'oiseaux dans l'Antarctique », inscrites dans la résolution 2 (2004). Si les conditions requièrent un survol à une altitude inférieure à celle recommandée dans les lignes directrices, l'aéronef doit se maintenir à l'altitude la plus élevée possible et réduire au maximum son temps de trajet.

L'utilisation des grenades fumigènes des hélicoptères est interdite, sauf pour des raisons de sécurité. En cas d'utilisation, toute grenade fumigène doit être récupérée.

6 (iii) Emplacement des structures à l'intérieur de la zone et adjacentes à elle

Il n'y a aucune structure à l'intérieur de la zone, à l'exception de plusieurs cairns qui identifient les sites utilisés pour les relevés topographiques. Le cairn au sommet de l'île est situé à Lat. 60°39'05” S, Long. 045°36'12” O. Un panneau notifiant le statut protégé de l'île Lynch a été érigé en 1994 sur un affleurement rocheux en saillie au-dessus de la plage de débarquement recommandée, mais a été détruit par des vents violents.

La station de recherche Signy (R.-U.) se situe à 6,4 km au sud, dans la crique Factory, baie Borge, sur l'île Signy.

6 (iv) Emplacement d'autres zones protégées à proximité directe de la zone

Les zones protégées les plus proches de l'île Lynch sont l'île Moe (ZSPA n° 109), à environ 10 km au sud/sud-ouest, et l'île Powell du Sud et ses îles adjacentes (ZSPA n° 111), située à environ 35 km à l'est (voir carte 1).

6 (v) Aires spéciales à l'intérieur de la zone

Aucune.

7. Critères de délivrance des permis7 (i) Critères généraux

L'accès à la zone n'est autorisé que sur présentation d'un permis délivré par une autorité compétente en vertu de l'article 7 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement.

Les critères de délivrance d'un permis pour entrer dans la zone sont les suivants :

- il est délivré pour un objectif scientifique impérieux qui ne peut être mené ailleurs ;

- il est délivré à des fins de gestion essentielles comme l'inspection, l'entretien et la révision ;

- les activités autorisées ne mettront pas en péril l'écosystème naturel de la zone ;

- toutes les activités de gestion entreprises le seront à l'appui des objectifs du présent plan de gestion ;

- les activités autorisées sont conformes au présent plan de gestion ;

- le permis, ou une copie autorisée, sera emporté à l'intérieur de la zone ;

- les permis seront délivrés pour une période donnée ;

- un ou plusieurs rapports de visites devront être soumis à l'autorité ou aux autorités nommées dans le permis ;

- les autorités compétentes doivent être informées de toute activité ou mesure qui ne serait pas autorisée par le permis.

7 (ii) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur ou au-dessus de celle-ci

Les véhicules terrestres sont interdits dans la zone.

Les déplacements à l'intérieur de la zone doivent se faire à pied.

Il est strictement interdit aux pilotes, à l'équipage des embarcations et des hélicoptères ou à toute autre personne à bord, de se déplacer à pied au-delà des alentours immédiats du site de débarquement, sauf avis contraire stipulé dans le permis.

La circulation piétonnière doit être réduite au minimum, conformément aux objectifs de toute activité autorisée, et toutes les dispositions raisonnables doivent être prises pour éviter les effets de piétinement, c'est-à-dire que tout déplacement doit être mesuré afin de ne pas perturber les sols et les surfaces de végétation, et qu'il est préférable de marcher sur les terrains rocheux quand c'est possible.

Le survol de colonies d'oiseaux dans la zone par des systèmes d'aéronef télépiloté (RPAS) n'est pas autorisé, sauf à des fins scientifiques ou opérationnelles, et en vertu d'un permis émis par une autorité nationale compétente.

7 (iii) Activités pouvant être menées dans la zone

Des travaux de recherche scientifique indispensables qui ne peuvent être entrepris ailleurs et ne risquent pas de mettre en péril l'écosystème de la zone.

Les activités de gestion essentielles, notamment le suivi.

7 (iv) Installation, modification ou démantèlement de structures

Aucune nouvelle structure ne sera installée dans la zone, ni aucun équipement scientifique, sauf en cas de raison scientifique ou de gestion impérative et uniquement pour une période prédéfinie, ainsi que le précisera un permis. L'installation (y compris le choix du site), l'entretien, la modification ou l'enlèvement des structures ou équipements doivent être menés de façon à limiter autant que possible les perturbations infligées aux valeurs de la zone. Toutes les structures et tout le matériel scientifique installés dans la zone doivent être clairement identifiés par pays, nom du principal chercheur et année d'installation. Tous ces objets ne doivent contenir aucun organisme, propagule (semence, œufs) ou terre non stérile (voir section 7 [vi] ), et doivent être composés de matériaux résistants aux conditions environnementales et présenter un risque de contamination minime pour la zone. L'enlèvement d'un équipement ou structure spécifique pour lequel le permis est arrivé à expiration sera l'un des critères de délivrance du permis. Les structures ou installations permanentes sont interdites.

7 (v) Emplacement des camps

Tout campement doit être évité dans la zone. Cependant, lorsque c'est nécessaire pour remplir des objectifs qui entrent dans le cadre d'un permis, le campement est autorisé au site désigné à l'extrémité nord-ouest de l'île (Lat. 60°39'04” S, Long. 045°36'37” O ; carte 2).

7 (vi) Restrictions concernant les matériaux et organismes pouvant être introduits dans la zone

Aucun animal vivant, aucune forme de végétation et aucun micro-organisme ne seront introduits délibérément dans la zone. Pour garantir la préservation des valeurs de la flore et de l'écologie de la zone, des précautions spéciales devront être prises par les visiteurs pour prévenir toute introduction accidentelle de microbes, d'invertébrés ou de végétaux provenant d'autres sites Antarctiques ou de régions hors de l'Antarctique. Tout le matériel d'échantillonnage et les balises introduits dans la zone doivent être nettoyés et stérilisés. Dans la mesure du possible, les chaussures et autres équipements utilisés ou introduits dans la zone (y compris les sacs et les sacs à dos) doivent être minutieusement nettoyés avant d'entrer dans la zone. D'autres directives sont présentées dans le Manuel du CPE sur les espèces non indigènes (CPE, 2016) et le Code de conduite environnemental pour les recherches scientifiques terrestres sur le terrain en Antarctique (SCAR, 2009).

Aucun herbicide ou pesticide ne doit être introduit dans la zone. Tout autre produit chimique, y compris les radionucléides ou les isotopes stables, qui peuvent être introduits pour des raisons scientifiques ou raisons de gestion visées dans le permis, seront enlevés de la zone au plus tard à la fin de l'activité pour laquelle le permis a été délivré. La libération directe de radionucléides ou d'isotopes stables dans l'environnement, qui les rendrait irrécupérable, est à éviter. Le carburant ou tout autre matériau chimique ne peut être entreposé dans la zone, à moins que le permis ne l'autorise spécifiquement. Auquel cas, ces matériaux doivent être entreposés et manipulés de sorte à limiter les risques d'introduction accidentelle dans l'environnement. Tous les matériaux sont introduits dans la zone pour une période déterminée uniquement, et doivent être enlevés lorsque cette période est échue. En cas de déversement susceptible de mettre en péril les valeurs de la zone, leur enlèvement est encouragé à condition que l'impact de celui-ci ne soit pas susceptible d'être supérieur à celui consistant à laisser le matériel sur le site. L'autorité compétente doit être notifiée de tout élément libéré dans la zone et qui n'en a pas enlevé, à moins que cela soit autorisé par le permis.

7 (vii) Prélèvement de végétaux et capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore

Le prélèvement de végétaux et la capture d'animaux, ou les interférences nuisibles avec la faune et la flore sont interdits, hormis sur délivrance d'un permis conformément à l'annexe II du Protocole au Traité sur l'Antarctique Protocole relatif à la protection de l'environnement. Dans le cas de captures ou de perturbations nuisibles d'animaux, le Code de conduite du SCAR pour l'utilisation d'animaux à des fins scientifiques dans l'Antarctique doit être utilisé comme norme minimale.

7 (viii) Prélèvement ou enlèvement de matériel non introduit dans la zone par le détenteur de permis

Le prélèvement ou l'enlèvement de tout élément qui n'a pas été apporté dans la zone par le détenteur du permis ne devra se produire que dans le cadre d'un permis et devra se limiter au strict nécessaire pour répondre aux besoins scientifiques et de gestion.

Un permis ne sera pas délivré s'il y a lieu de croire que l'échantillonnage envisagé impliquerait de prélever, de retirer ou d'endommager des quantités de sol et de faune et de flore indigènes telles que leur distribution ou leur abondance à l'intérieur de la zone en serait fortement modifiée.

Les matériaux d'origine humaine susceptibles de mettre en péril les valeurs de la zone, qui n'ont pas été introduits dans celle-ci par le détenteur du permis ou qui n'ont pas été autrement autorisés, peuvent être enlevés de la zone à moins que l'impact environnemental de l'enlèvement ne soit plus grand que si les matériaux sont laissés sur le site. Si tel est le cas, l'autorité compétente doit en être informée et son autorisation obtenue.

7 (ix) Elimination des déchets

En tant que norme minimale, tous les déchets doivent être éliminés conformément aux dispositions reprises à l'annexe III du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement. En outre, tous les déchets seront enlevés de la zone. Les déchets liquides d'origine humaine peuvent être jetés à la mer. Les déchets humains solides ne seront pas jetés à la mer, mais seront extraits de la zone. Les déchets humains solides ou liquides ne doivent en aucun cas être éliminés à l'intérieur des terres.

7 (ix) Mesures nécessaires afin de continuer à répondre aux buts et objectifs du plan de gestion

Des permis peuvent être délivrés pour entrer dans la zone afin d'y réaliser des activités de recherche scientifique, de suivi et d'inspection du site, ce qui peut impliquer le prélèvement limité d'échantillons à des fins d'analyse scientifique, ou pour la mise en place et l'entretien de panneaux ou l'application de mesures de protection.

Tous les sites faisant l'objet d'un suivi sur le long terme doivent être signalés de manière adéquate et les panneaux ou les bornes doivent être entretenus.

Les activités scientifiques doivent être menées conformément au Code de conduite du SCAR pour les activités se déroulant en environnement géothermique continental en Antarctique.

7 (xi) Rapports de visite

Le principal détenteur du permis pour chaque visite dans la zone soumet dès que possible et, au plus tard, six mois après que la visite a été effectuée, un rapport à l'autorité nationale compétente. Ces rapports doivent contenir, le cas échéant, les informations identifiées dans le formulaire de rapport de visite du Guide pour l'élaboration des plans de gestion des zones spécialement protégées de l'Antarctique. Le cas échéant, l'autorité nationale doit également transmettre une copie du rapport de visite à la Partie qui a proposé le plan de gestion afin de contribuer à la gestion de la zone et à la révision du plan de gestion. Les Parties doivent, dans la mesure du possible, déposer les originaux ou les copies de ces rapports dans une archive à laquelle le public pourra avoir accès afin de conserver une archive d'usage qui sera utilisée pour toute révision du plan de gestion et pour l'organisation de l'utilisation scientifique de la zone.

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Figure 1. Emplacement de l'île Lynch par rapport aux îles Orcades du Sud et aux autres zones protégées de la région. En médaillon : emplacement des îles Orcades du Sud en Antarctique.

Figure 2. ZSPA n° 110, île Lynch, îles Orcades du Sud, carte topographique.

Figure 3. Indice différentiel normalisé de végétation (IDNV), dérivé de l'imagerie satellite, pour la ZSPA n° 110 île Lynch, îles Orcades du Sud, montrant une couverture de végétation verte à l'aide d'une échelle de couleurs jaune → orange → rouge, le rouge indiquant les valeurs IDNV les plus élevées.

Mesure 3 (2017)

Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 111 (île Powell du Sud et îles adjacentes, îles Orcades du Sud) : plan de gestion révisé (ensemble une annexe)

Les Représentants,

Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement (« le Protocole ») qui disposent de la désignation des zones spécialement protégées de l'Antarctique (« ZSPA ») et de l'adoption des plans de gestion pour ces zones ;

Rappelant :

- la recommandation IV-15 (1966) qui a désigné l'île Powell du Sud et îles adjacentes, îles Orcades du Sud comme zones spécialement protégées (« ZSP ») n° 15 et a annexé la carte de la zone ;

- la recommandation XVI-6 (1991), qui a annexé le plan de gestion révisé de la ZSP n° 15 ;

- la mesure 1 (1995), qui a annexé une description modifiée et un plan de gestion révisé pour la ZSP n° 15 ;

- la décision 1 (2002) qui a renommé et renuméroté la ZSP n° 15 en ZSPA n° 111 ;

- la mesure 3 (2012) par laquelle fut adopté le plan de gestion révisé de la ZSPA n° 111 ;

Rappelant que la recommandation XVI-6 (1991) n'est pas entrée en vigueur et a été retirée par la décision (D) (2017) et que la mesure 1 (1995) n'est pas entrée en vigueur et a été retirée par la mesure 3 (2012) ;

Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a approuvé un plan de gestion révisé pour la ZSPA n° 111 ;

Souhaitant remplacer le plan de gestion actuel pour la ZSPA n° 111 par le plan de gestion révisé ;

Recommandent à leurs gouvernements d'approuver la mesure suivante conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement :

Que :

1. Le plan de gestion révisé pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 111 (île Powell du Sud et îles adjacentes, îles Orcades du Sud), qui figure en annexe de la présente mesure, soit approuvé ; et

2. Le plan de gestion pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 111 qui figure en annexe de la mesure 3 (2012) soit abrogé.

Annexe

Plan de gestion pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 111

Île Powell du Sud et îles adjacentes, îles Orcades du Sud

Introduction

La raison principale de la désignation de l'île Powell du Sud des îles Adjacentes, et des îles Orcades du Sud (Lat. 62°57'S, Long. 60°38'O) en tant que zone spécialement protégée de l'Antarctique (ZSPA) est la protection de ses valeurs environnementales, principalement pour ses populations d'oiseaux et d'otaries reproducteurs, et, dans une moindre mesure, pour la végétation terrestre de la zone.

La zone avait d'abord été désignée dans la recommandation IV-15 (1966, ZSP n° 15), d'après une proposition du Royaume-Uni qui estimait que l'île Powell du Sud et les îles Adjacentes abritent une végétation ainsi qu'une faune aviaire et mammifère importantes. La zone était représentative de l'écologie naturelle des îles Orcades du Sud, et la présence d'une petite colonie d'otaries à fourrure Antarctiques (Arctocephalus gazella) n'a fait qu'accroître son importance.

La valeur scientifique de la zone est également reconnue. Il est maintenant notoire que le changement climatique affecte l'océan Austral, et que des impacts évidents sont observables dans la région entourant la Péninsule Antarctique, la mer de la Scotia et les îles Orcades du Sud. Les températures de l'air et de l'océan ont augmenté, certaines barrières de glace se sont effondrées et la glace marine saisonnière a beaucoup diminué. Cela affecte profondément les communautés biologiques, et les manchots pygoscelis subissent les conséquences directes du changement climatique. Plus particulièrement, on pense que les populations des manchots Adélie, une espèce vivant sur la banquise, sont maintenant en déclin tout au long de la péninsule et dans les îles Orcades du Sud. Le manchot à jugulaire, une espèce présente dans l'océan plus ouvert, serait également en déclin. En conséquence, il est capital de mieux comprendre les comportements de recherche de nourriture des manchots afin de déterminer leur habitat privilégié pour leur alimentation. Il est aussi primordial de bien comprendre comment les manchots pygoscelis évoluent dans leur environnement océanique pour la protection de leurs colonies reproductrices, y compris dans les zones de biodiversité hautement protégées telle que l'île Powell du Sud.

La résolution 3 (2008) recommandait que l'« Analyse des domaines environnementaux pour le continent Antarctique » serve de modèle dynamique pour l'identification des zones spécialement protégées de l'Antarctique dans le cadre environnemental et géographique systématisé visé à l'article 3 (2) de l'annexe V du Protocole (voir également Morgan et al., 2007). En se basant sur ce modèle, la ZSPA 111 est inclue dans le Domaine environnemental G (Iles au large des côtes de la péninsule Antarctique). La relative pauvreté du domaine environnemental G, en comparaison avec les zones des autres domaines environnementaux, traduit les efforts conséquents fournis pour la conservation des valeurs de ce type d'environnement à d'autres endroits : d'autres zones protégées du domaine G dont les ZSPA nos 109, 112, 125, 126, 128, 140, 145, 149, 150, et 152, ainsi que les ZGSA nos 1 et 4. Le domaine environnemental A est également présent (Géologique du nord de la péninsule Antarctique). Le domaine environnemental A comprend d'autres zones protégées, les ZSPA n° s 128, 151 et la ZGSA n° 1.

La résolution 6 (2012) recommande que les régions de conservation biogéographique de l'Antarctique (RCBA) soient employées pour l'indentification de zones pouvant être désignées comme zones spécialement protégées de l'Antarctique dans le cadre environnemental et géographique systématisé visé à l'article 3 (2) de l'annexe V du Protocole. La ZSPA n° 111 se trouve dans la région de conservation biogéographique de l'Antarctique (RCBA) 2 : îles Orcades du Sud.

A travers la résolution 5 (2015), les Parties reconnaissent l'efficacité de la liste des sites importants pour les oiseaux (IBA) en Antarctique pour la planification et la conduite d'activités en Antarctique. Le site important pour les oiseaux ANT015 île Powell du Sud et îles Adjacentes partage ses frontières avec la ZSPA 111, et a été identifié grâce à ses colonies majeures de manchots à jugulaire, de manchots Adélie, de manchots papous, de cormorans impériaux et de pétrels géants Antarctiques.

Les deux autres ZSPA des îles Orcades du Sud (ZSPA 109 île Moe et ZSPA 110 île Lynch) ont été désignées principalement pour la protection de leur végétation terrestre. Par conséquent, la ZSPA 111 île Powell du Sud et îles Adjacentes complète le réseau local de ZSPA en protégeant en priorité les oiseaux nicheurs et les populations d'otaries, mais aussi la végétation terrestre.

1. Description des valeurs à protéger

A la suite d'une visite de la ZSPA en février 2016, les valeurs définies dans la désignation originale ont été confirmées et développées. Ces valeurs sont définies comme suit :

L'avifaune reproductrice dans la zone est très variée, elle inclue jusqu'à quatre espèces de manchots [à jugulaire (Pygoscelis antarctica), papou (P. papua), Adélie (P. adeliae) et gorfou doré (Eudyptes chrysolophus)], l'océanite de Wilson (Oceanites oceanicus), le damier du Cap (Daption capense), le goéland dominicain (Larus dominicanus), le pétrel géant (Macronectes giganteus), l'océanite à ventre noir (Fregetta tropica), le cormoran impérial (Phalacrocorax atriceps), le labbe Antarctique (Catharacta loennbergi), le chionis (Chionis alba), le pétrel des neiges (Pagodroma nivea) et probablement le prion de la Désolation (Pachyptila desolata).

Le premier site reconnu de reproduction d'otaries à fourrure en Antarctique depuis leur quasi-extermination au dix-neuvième siècle se trouve dans cette zone.

La zone présente une flore variée, représentative de la région, incluant des surfaces de mousse recouvrant de la tourbe, des tapis de mousse dans les zones humides, des algues des neiges et la macroalgue nitrophile Prasiola crispa en sus des colonies de manchots.

La zone présente un intérêt scientifique en tant que lieu de collecte des données télémétriques en vue d'analyser les comportements de recherche de nourriture des manchots. Ces informations contribueront au développement de modèles d'habitat qui définiront le rapport entre les comportements de recherche de nourriture des manchots et l'étendue de la glace marine saisonnière.

2. Buts et objectifs

La gestion de l'île Powell du Sud et des îles Adjacentes, îles Orcades du Sud, vise à :

- éviter toute détérioration ou tout risque de détérioration des valeurs de la zone en empêchant toute perturbation humaine inutile de ladite zone ;

- permettre d'effectuer des recherches scientifiques dans la zone, pour autant qu'elles soient indispensables, qu'elles ne puissent être menées ailleurs et qu'elles ne portent pas atteinte à l'écosystème naturel de la zone ;

- éviter ou minimiser l'introduction de plantes, d'animaux et de micro-organismes non indigènes dans la zone ;

- minimiser les risques d'introduction d'agents pathogènes susceptibles de provoquer des maladies parmi les populations aviaires dans la zone ;

- préserver l'écosystème naturel de la zone en tant que zone de référence pour de futures études comparatives et pour la surveillance des changements survenant dans la flore et l'écologie, des processus de colonisation et du développement de communautés ;

- autoriser des visites à des fins de gestion en vue d'appuyer la réalisation des buts du plan de gestion ; et

- permettre la collecte à intervalles réguliers et d'une manière durable des données sur l'évolution démographique des populations de manchots et d'otaries.

3. Activités de gestion

Des visites seront organisées le cas échéant afin de déterminer si la zone répond toujours aux objectifs pour lesquels elle a été désignée et de s'assurer que les mesures de gestion et d'entretien sont adéquates.

Le plan de gestion sera réexaminé au moins tous les cinq ans et mis à jour en conséquence.

Les bornes, les panneaux ou autres structures érigés dans la zone à des fins scientifiques et de gestion seront attachés et maintenus en bon état puis enlevés lorsqu'ils ne sont plus nécessaires.

Conformément à l'annexe III du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, tout matériel abandonné sera enlevé dans toute la mesure du possible à condition que cela ne nuise pas à l'environnement et aux valeurs de la zone.

Un exemplaire de ce plan de gestion sera mis à disposition à la station de recherche Signy (RU ; 60°42'30” S, 045°36'30” O) et la station Orcadas (Argentine ; 60°44'15” S, 044°44'20” O).

Le cas échéant, les programmes Antarctiques nationaux sont encouragés à collaborer étroitement afin de mettre en œuvre les activités de gestion. Ils sont particulièrement encouragés à se consulter les uns les autres afin d'éviter tout échantillonnage excessif de matériaux biologiques dans la zone. En outre, ils sont invités à envisager la mise en œuvre conjointe des lignes directrices visant à limiter l'introduction et la dispersion d'espèces non indigènes dans la zone.

Toutes les activités scientifiques et de gestion conduites dans la région devront être soumises à une Evaluation d'impact sur l'environnement, conformément à l'annexe I du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement.

4. Durée de désignation

La ZSPA n° 111 est désignée pour une durée indéterminée.

5. Cartes

Carte 1.- Position de l'île Powell du Sud et des îles Adjacentes par rapport aux îles Orcades du Sud et aux autres zones protégées de la région. En médaillon : position des îles Orcades du Sud en Antarctique. Spécifications de la carte : Projection : WGS84 stéréographique polaire Antarctique. Parallèle standard : 71 °S. Méridien central 45° O.

Carte 2.- Détail de la zone.

6. Description de la zone

6 (i) Coordonnées géographiques et caractéristiques naturelles

Frontières et coordonnées

Les coordonnées des extrémités de la zone sont présentées dans le tableau 1.

Extrémité

Latitude

Longitude

Nord-ouest

60°42'35” S

45°04'00” O

Nord-est

60°42'35” S

44°58'00” O

Sud-ouest

60°45'30” S

45°04'00” O

Sud-est

60°45'30” S

44°58'00” O

 

La zone comprend la totalité de l'île Powell au sud du sommet méridional des pics John (415 m d'altitude) ainsi que l'ensemble de l'île Fredriksen, l'île Michelsen (une péninsule à la pointe sud de l'île Powell), l'île Christoffersen, l'île Grey et des îles adjacentes sans nom. La zone comprend tous les sols libres de glace, la glace permanente et semi-permanente contenus en son sein, mais exclut les environnements marins au-delà de 10 mètres au large à partir de la ligne de flottaison en marée basse. A l'exception du piémont de glace Crutchley, tous les sols sont libres de glace en été, bien qu'il puisse persister des neiges tardives et des parcelles de neiges semi-permanentes à certains endroits.

Géologie

Les rochers des îles Powell, Michelsen et Christoffersen sont des conglomérats datant de l'âge crétacé-jurassique. Les deux promontoires à l'ouest des pics John sont composés de grauwacke et de schiste du Carbonifère. Certaines roches contiennent des plantes fossilisées dans les dépôts de glace autour du port Falkland. Une grande partie du centre et du sud de l'île Fredriksen est composée de grès et de schiste phylliteux sombre. Le nord-est et probablement une grande partie du nord de l'île est surtout constitué de conglomérats de roches très cisaillées avec de l'argilite stratifiée. La zone comporte un épais manteau de till glaciaire, très affecté par le guano des oiseaux marins.

Communautés biologiques

L'île Michelsen contient peu de végétation terrestre, bien que les rochers abritent d'importantes communautés de lichens dominées par des espèces de lichen encroûtant nitrophile. Elles sont également très présentes sur l'île Fredriksen et ailleurs sur les falaises et les rochers influencés par les oiseaux près des côtes. Les végétations les plus diverses de l'île Powell se trouvent sur les deux promontoires et leurs éboulis à l'ouest du port Falkland. A cet endroit, ainsi que sur l'île Christoffersen et la partie nord de l'île Fredriksen, des surfaces de mousse de tourbe sont observées. Les zones humides sont recouvertes de tapis de mousse. On trouve dans la zone de larges surfaces de macroalgues nitrophiles Prasiola crispa en plus des colonies de manchots. L'algue des neiges est très présente sur le piémont de glace et les parcelles de neige à la fin de l'été. Les techniques de détection à distance via satellite (Indice de différence normalisée de végétation) ont révélé que la surface de végétation verte dans ZSPA était de 0,8 km2 (environ 3 % de la surface de la ZSPA).

Il n'existe pas d'information sur la faune arthropode, mais il est probable qu'elle soit très similaire à celle de l'île Signy. Les collemboles Cryptopygus antarcticus and Parisotoma octoculata et les mites Alaskozetes antarcticus, Stereotydeus villosus et Gamasellus racovitzai sont observés en grand nombre sous les pierres.

Peu d'observations ont été faites sur les invertébrés et le biote marin de la zone, mais il est possible qu'elles soient très semblables à celles de l'île Signy, qui a fait l'objet de nombreuses études. La zone relativement fermée du port Falkland-Ellefsen et la baie sur le flanc est de la péninsule sont hautement influencées par l'écoulement glaciaire du piémont de glace.

Un grand nombre de manchots et de pétrels se reproduisent dans cette zone. On observe plusieurs milliers de manchots à jugulaire (Pygoscelis antarctica), la plupart sur l'île Fredriksen. Un nombre équivalent de manchots Adélie (P. adeliae) se trouve dans la zone des îles Powell du Sud-Michelsen. On y dénombre également plusieurs milliers de couples de manchots papous (P. papua) et quelques couples éparses de gorfous dorés (Eudyptes chrysolophus) se reproduisant parmi les manchots papous (pour plus d'information, voir Harris et al., 2015).

Il y a aussi, parmi les autres oiseaux reproducteurs, le pétrel géant (Macronectes giganteus), le damier du cap (Daption capensis), le pétrel des neiges (Pagodroma nivea), l'océanite de Wilson (Oceanites oceanicus), le cormoran impérial (Phalacrocorax atriceps), le goéland dominicain (Larus dominicanus), le labbe Antarctique (Catharacta loennbergi), le chionis (Chionis alba), et probablement le prion de la Désolation (Pachyptila desolata) et l'océanite à ventre noir (Fregetta tropica).

L'île Michelsen est le premier site reconnu de reproduction d'otaries à fourrure Antarctiques depuis leur quasi-extermination au dix-neuvième siècle. Le nombre de naissance par année a augmenté lentement mais assez régulièrement, passant de 11 en 1956 à une soixantaine en 1989. Trente-quatre jeunes phoques ont été enregistrés en janvier 1994. Cependant, leur nombre est en déclin, quatre seulement ont été enregistrés lors de saisons de reproduction 2013-14 et 2015-16. Néanmoins, de nombreux individus mâles et juvéniles en transit se rendent dans la zone pendant l'été. On trouve fréquemment d'autres espèces de phoques sur les plages, en particulier les éléphants de mer (Mirounga leonina) et les phoques de Weddell (Leptopychotes weddelli). Les léopards de mer (Hydrurga leptonyx) et les phoques crabiers (Lobodon carcinophagus) sont sporadiquement observés sur des blocs de glace.

6 (ii) Accès à la zone

L'accès à la zone se fera par de petites embarcations.

Il n'y a pas de restrictions spéciales pour les débarquements à partir de la mer, ou pour les routes maritimes utilisées pour entrer et sortir de la zone. En raison de l'étendue importante de côte accessible dans la zone, il existe de nombreux débarcadères. Cependant, dans la mesure du possible, la livraison de marchandises et d'équipement scientifique devra se faire près du camp recommandé à 60°43'20”S, 045°01'32”O.

Dans des circonstances exceptionnelles, et si celles-ci entrent dans le cadre des objectifs du plan d'action, des hélicoptères peuvent être autorisés à atterrir au site d'atterrissage désigné situé près du camp recommandé à 60°43'20”S, 045°01'32”O. Les hélicoptères ne sont pas autorisés à atterrir ailleurs dans la zone.

Afin de ne pas perturber l'avifaune reproductrice, les hélicoptères sont interdits dans la zone entre le 1er novembre et le 15 février.

Les opérations de survol de la zone doivent être réalisées conformément aux « Lignes directrices pour l'exploitation d'aéronefs à proximité des concentrations d'oiseaux », inscrites dans la résolution 2 (2004). Si les conditions requièrent un survol à une altitude inférieure à celle recommandée dans les lignes directrices, l'aéronef doit se maintenir à l'altitude la plus élevée possible et réduire son temps de trajet au maximum.

Les hélicoptères en survol doivent éviter les zones contenant des concentrations d'oiseaux (par exemple la zone sud de l'île Powell-Michelsen ou l'île Fredriksen).

L'utilisation des grenades fumigènes des hélicoptères est interdite, sauf pour raison de sécurité. En cas d'utilisation, toute grenade fumigène doit être récupérée.

6 (iii) Emplacement des structures à l'intérieur de la zone et adjacentes à elle

Des panneaux de signalisation désignant les statuts de protection se trouvent aux endroits suivants :

Ile Christoffersen : sur un petit promontoire sur la côte nord-est de l'île, à l'entrée du port Falkland. Le panneau est situé dans le fond de la plage, juste en-dessous d'une petite colonie de manchots Adélie (60°43'36”S, 045°02'08”O).

Ile Fredriksen : à l'extrémité nord de la plage de rochers sur le côté ouest de l'île, en-dessous d'une petite colonie de manchots à jugulaire. Le panneau se situe au fond de la plage au sommet d'un petit affleurement rocheux (60°44'06”S, 044°59'25”O).

Il existe d'autres structures dans la zone, comme une borne de signalisation au sommet d'un petit affleurement rocheux au fond de la plage de galets sur le flanc est du promontoire sud de l'île Powell (60°43'20”S, 045°01'40”O) mais aussi des chaînes de mouillage, des bornes et des anneaux, en conjonction avec l'utilisation des ports Ellefsen et Falkland par les baleiniers-usines flottants situés sur la côte dans les années 1910.

6 (iv) Emplacement d'autres zones protégées dans la zone et à proximité directe de celle-ci

ZSPA n° 109 île Moe et ZSPA n° 110 île Lynch, situés approximativement à 35 km à l'ouest de la zone (voir carte 1).

6 (v) Aires restreintes à l'intérieur de la zone

Aucune.

7. Critères de délivrance des permis

7 (i) Critères généraux

L'accès à la zone n'est autorisé que sur présentation d'un permis délivré par une autorité compétente en vertu de l'article 7 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement.

Les critères de délivrance d'un permis pour entrer dans la zone sont les suivants :

- un projet scientifique indispensable qui ne peut être mené ailleurs ;

- des objectifs essentiels de gestion tels que l'inspection, l'entretien et la révision ;

- les activités autorisées ne mettront pas en péril l'écosystème naturel de la zone ;

- toutes les activités de gestion entreprises le seront à l'appui des objectifs du plan de gestion ;

- les activités autorisées sont conformes au présent plan de gestion ;

- le détenteur du permis doit le porter sur lui à l'intérieur de la zone ;

- les permis seront délivrés pour une période donnée ;

- un ou plusieurs rapports de visite devront être soumis à l'autorité ou aux autorités nommées dans le permis ;

- les autorités compétentes doivent être informées de toute activité ou mesure qui ne serait pas autorisée par le permis.

7 (ii) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur et au-dessus de celle-ci

Les véhicules terrestres sont interdits dans la zone.

Aucune voie de circulation à pied n'est balisée à l'intérieur de la zone, mais les marcheurs qui y circulent doivent éviter le plus possible de piétiner les zones de végétation et de perturber la faune.

Afin de déranger le moins possible les espèces d'oiseaux, il est vivement découragé de mouiller aux ports Ellefsen et Falkland, sauf en cas d'urgence.

Il est strictement interdit aux pilotes, à l'équipage des embarcations et des aéronefs ou à toute autre personne à bord, de se déplacer à pied au-delà des alentours immédiats du site de débarquement sauf avis contraire stipulé dans le permis.

Le survol de colonies d'oiseaux dans la zone par des systèmes d'aéronef télépiloté (RPAS) n'est pas autorisé, sauf à des fins scientifiques ou opérationnelles, et en vertu d'un permis émis par une autorité nationale compétente.

7 (iii) Activités pouvant être menées dans la zone

Les activités incluent :

- les études scientifiques indispensables qui ne peuvent être menées ailleurs ; et

- les activités de gestion et de surveillance indispensables.

7 (iv) Installation, modification ou démantèlement de structures

Aucune nouvelle structure ne sera installée dans la zone, ni aucun équipement scientifique, sauf en cas de raison scientifique ou de gestion impérative et uniquement pour une période prédéfinie, ainsi que le précisera un permis. L'installation (y compris le choix du site), l'entretien, la modification ou l'enlèvement des structures ou équipements doivent être menés de façon à limiter autant que possible les perturbations apportées aux valeurs de la zone. Toutes les structures et tout le matériel scientifique installés dans la zone doivent être clairement identifiés par pays, nom du principal chercheur et année d'installation. Tous ces objets ne doivent contenir aucun organisme, propagule (semence, œufs) ou terre non stérile (voir section 7 [vi] ) ; ils doivent être composés de matériaux résistants aux conditions environnementales et présenter un risque de contamination minime pour la zone. L'enlèvement d'un équipement ou de structures spécifiques pour lesquels le permis est arrivé à expiration sera un des critères de délivrance du permis. Les structures ou installations permanentes sont interdites.

7 (v) Emplacement des camps

Afin de réduire au maximum les impacts sur les sols de la ZSPA dus aux activités menées dans les camps, les tentes doivent être montées sur le site de campement désigné, situé à 60°43'20”S, 045°01'32”O. Si nécessaire, et dans le cadre d'objectifs définis dans un permis, un campement temporaire peut être érigé en dehors du site désigné au sein de la zone. Les camps doivent être situés sur des sites qui ne présentent pas de végétation, comme les parties sèches des plages surélevées ou des surfaces recouvertes d'une épaisse couche de neige (> 0,5 m) lorsque c'est possible, et doivent se tenir à l'écart des oiseaux et mammifères reproducteurs.

7 (vi) Restrictions concernant les matériaux et organismes pouvant être introduits dans la zone

Aucun animal vivant, aucune forme de végétation et aucun micro-organisme ne seront introduits délibérément dans la zone. Pour garantir la préservation des valeurs de la flore et de l'écologie de la zone, des précautions spéciales devront être prises pour prévenir toute introduction accidentelle de microbes, d'invertébrés ou de végétaux provenant d'autres sites Antarctiques ou de régions hors de l'Antarctique. Tout le matériel d'échantillonnage et les balises introduits dans la zone doivent être nettoyés et stérilisés. Dans la mesure du possible, les chaussures et autres équipements utilisés ou introduits dans la zone (y compris les sacs et les sacs à dos) doivent être minutieusement nettoyés avant d'entrer dans la zone. Davantage d'informations sont disponibles dans le manuel sur les espèces non indigènes du CPE (Edition 2011) et la liste du COMNAP/SCAR pour les gestionnaires de la chaîne d'approvisionnement des programmes Antarctiques nationaux de réduction des risques d'acheminement d'espèces non indigènes. Compte tenu de la présence de colonies d'oiseaux reproducteurs dans la zone, aucun produit à base de volaille, y compris des déchets de tels produits et des produits contenant des ovoproduits séchés et non cuits, ne doit être introduit dans la zone ou dans l'espace marin adjacent.

Aucun herbicide ou pesticide ne doit être introduit dans la zone. Tout autre produit chimique, y compris les radionucléides ou les isotopes stables, qui peuvent être introduits pour des raisons scientifiques ou raisons de gestion visées dans le permis, sera enlevé de la zone au plus tard à la fin de l'activité pour laquelle le permis a été délivré. La libération directe de radionucléides ou d'isotopes stables dans l'environnement, qui les rendrait irrécupérable, est à éviter. Le carburant ou tout autre matériau chimique ne peut être entreposé dans la zone, à moins que le permis ne l'autorise spécifiquement. Auquel cas, ces matériaux doivent être entreposés et manipulés de sorte à limiter les risques d'introduction accidentelle dans l'environnement. Tous les matériaux sont introduits dans la zone pour une période déterminée uniquement, et doivent être enlevés lorsque cette période est échue. En cas de déversement susceptible de mettre en péril les valeurs de la zone, leur enlèvement est encouragé à condition que l'impact de celui-ci ne soit pas susceptible d'être supérieur à celui consistant à laisser le matériel in situ. L'autorité compétente doit être notifiée de tout élément libéré dans la zone et qui n'en a pas été enlevé, à moins que cela soit autorisé par le permis.

7 (vii) Prélèvement de végétaux et capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et à la flore indigènes

Le prélèvement de végétaux et la capture d'animaux, ou les interférences nuisibles avec la faune et la flore sont interdits, hormis sur délivrance d'un permis conformément à l'annexe II du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement. Dans le cas de captures ou de perturbations nuisibles d'animaux, le Code de conduite du SCAR pour l'utilisation d'animaux à des fins scientifiques dans l'Antarctique doit être utilisé comme norme minimale.

7 (viii) Ramassage ou enlèvement de matériaux qui n'ont pas été apportés dans la zone par le détenteur du permis

Le prélèvement ou l'enlèvement de tout élément qui n'a pas été apporté dans la zone par le détenteur du permis ne devra se produire que dans le cadre d'un permis, et devra se limiter au strict nécessaire pour répondre aux besoins scientifiques et de gestion.

Les matériaux d'origine humaine susceptibles de mettre en péril les valeurs de la zone, qui n'ont pas été introduits dans celle-ci par le détenteur du permis ou qui n'ont pas été autrement autorisés, peuvent être enlevés de la zone à moins que l'impact environnemental de l'enlèvement ne soit plus grand que si les matériaux sont laissés in situ. Si tel est le cas, l'autorité compétente doit en être informée et son autorisation obtenue.

7 (ix) Elimination des déchets

En tant que norme minimale, tous les déchets doivent être éliminés conformément à l'annexe III du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement. De plus, tous les déchets seront enlevés de la zone. Les déchets liquides d'origine humaine peuvent être jetés à la mer. Les déchets humains solides ne seront pas jetés à la mer, mais seront extraits de la zone. Les déchets humains solides ou liquides ne doivent en aucun cas être éliminés à l'intérieur des terres.

7 (x) Mesures nécessaires afin de continuer à répondre aux buts et objectifs du plan de gestion.

Des permis peuvent être délivrés pour entrer dans la zone afin d'y réaliser des études scientifiques, des activités de suivi et d'inspection du site, ce qui peut impliquer un prélèvement limité d'échantillons à des fins d'analyse, la mise en place et l'entretien de panneaux ou l'application de mesures de protection.

Tous les sites faisant l'objet d'un suivi sur le long terme doivent être signalés de manière adéquate et les panneaux ou les bornes doivent être entretenus.

Les activités scientifiques doivent être menées conformément au Code de conduite du SCAR pour les activités se déroulant en environnement géothermique continental en Antarctique.

7 (xi) Rapports de visite

Le principal détenteur du permis pour chaque visite dans la zone soumet dès que possible et, au plus tard, six mois après que la visite a été effectuée, un rapport à l'autorité nationale compétente. Ces rapports doivent contenir, le cas échéant, les informations identifiées dans le formulaire de rapport de visite du Guide pour l'élaboration des plans de gestion des zones spécialement protégées de l'Antarctique. Le cas échéant, l'autorité nationale doit également transmettre une copie du rapport de visite à la Partie qui a proposé le plan de gestion afin de contribuer à la gestion de la zone et à la révision du plan de gestion. Les Parties doivent, dans la mesure du possible, déposer les originaux ou les copies de ces rapports dans une archive à laquelle le public pourra avoir accès afin de conserver une archive d'usage qui sera utilisée pour toute révision du plan de gestion et pour l'organisation de l'utilisation scientifique de la zone.

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Carte 1. - Position de l'île Powell du Sud et des îles Adjacentes par rapport aux îles Orcades du Sud et aux autres zones protégées de la région. En médaillon : position des îles Orcades du Sud en Antarctique.

Carte 2. - Ile Powell du Sud et îles Adjacentes, zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 111.

Mesure 4 (2017)

Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 115 (île Lagotellerie, Baie Marguerite, Terre de Graham) : plan de gestion révisé (ensemble une annexe)

Les Représentants,

Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement (« le Protocole ») qui disposent de la désignation des zones spécialement protégées de l'Antarctique (« ZSPA ») et de l'adoption des plans de gestion pour ces zones ;

Rappelant :

- la recommandation XIII-11 (1985) qui a désigné l'île Lagotellerie, baie Marguerite, Terre de Graham comme zone spécialement protégée (« ZSP ») n° 19 et a annexé la carte de la zone ;

- la recommandation XVI-6 (1991), qui a annexé le plan de gestion de la zone ;

- la mesure 1 (2000), qui a annexé un plan de gestion révisé pour la ZSP n° 19 ;

- la décision 1 (2002) qui a renommé et renuméroté la ZSP n° 19 en ZSPA n° 115 ;

- la mesure 5 (2012) par laquelle fut adopté le plan de gestion révisé de la ZSPA n° 115 ;

Rappelant que la recommandation XVI-6 (1991) et la mesure 1 (2000) ne sont pas entrées en vigueur et ont été retirées par la décision (D) (2017) ;

Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a approuvé un plan de gestion révisé pour la ZSPA n° 115 ;

Souhaitant remplacer le plan de gestion actuel pour la ZSPA n° 115 par le plan de gestion révisé ;

Recommandent à leurs Gouvernements d'approuver la mesure suivante conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement :

Que :

1. Le plan de gestion révisé pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 115 (île Lagotellerie, baie Marguerite, terre de Graham), qui figure en annexe de la présente mesure, soit approuvé ; et

2. Le plan de gestion pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 115 qui figure en annexe de la mesure 5 (2012) soit abrogé.

Annexe

Plan de gestion pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 115

Île Lagotellerie, Baie Marguerite, Terre de Graham

Introduction

La principale raison qui a motivé la désignation de l'île Lagotellerie, baie Marguerite, terre de Graham (latitude 67 ° 53'20 ”S, longitude 67 ° 25'30” O ; zone 1,58 km2) comme zone spécialement protégée de l'Antarctique (ZSPA) est la protection des valeurs environnementales qu'elle abrite, et plus particulièrement la faune et la flore terrestres, sans oublier la faune aviaire.

L'île Lagotellerie s'étend sur environ 2 km de long et 1,3 km de large et est orientée dans le sens est-ouest. La zone se trouve à 11 km au sud de l'île Porquois et à 3,25 km à l'ouest de l'extrémité méridionale de l'île Horseshoe. La première carte de l'île Lagotellerie a été dressée par Jean-Baptiste Charcot lors de la deuxième expédition Antarctique française en 1908-1910. Ensuite, aucune visite n'a été enregistrée jusque dans les années quarante, lorsque des chercheurs américains, argentins et britanniques des stations de recherche voisines y vinrent occasionnellement. L'île n'a fait l'objet d'aucune activité de recherche majeure, si bien qu'elle est en grande partie vierge de toute perturbation due aux activités humaines.

L'île Lagotellerie a été désignée à l'origine « zone spécialement protégée » dans la recommandation XIII-11 (1985, ZSP n° 19), à la suite d'une proposition émanant du Royaume-Uni. Cette désignation était justifiée par le fait que l'île offre une flore variée et une faune typique de la région du sud de la péninsule Antarctique. Ces valeurs ont été confirmées dans la recommandation XVI-6 (1991) lors de l'adoption d'un Plan de gestion pour la zone et elles sont largement réaffirmées dans le présent Plan de gestion.

La résolution 3 (2008) recommandait que l'« Analyse des domaines environnementaux pour le continent Antarctique » serve de modèle dynamique pour l'identification des zones spécialement protégées de l'Antarctique dans le cadre environnemental et géographique systématisé visé à l'article 3 (2) de l'annexe V du Protocole (voir également Morgan et al., 2007). Selon ce modèle, la ZSPA n° 115 relève du domaine environnemental B (géologie des latitudes moyennes nord de la péninsule Antarctique). Parmi les autres zones protégées contenant le domaine environnemental B, on compte notamment les ZSPA 108, 134, 140 et 153 et la ZGSA 4. La résolution 6 (2012) a recommandé que les régions de conservation biogéographique de l'Antarctique (RCBA) soient utilisées pour l'identification des zones qui pourraient être désignées comme zones spécialement protégées de l'Antarctique dans le cadre environnemental et géographique systématique visé à l'article 3 (2) de l'annexe V au protocole environnemental. La ZSPA 115 île Lagotellerie se trouve dans la RCBA 3, péninsule nord-ouest de l'Antarctique (Terauds et al., 2012). Par le biais de la résolution 5 (2015), les Parties ont reconnu l'utilité de la liste des zones importantes pour la conservation des oiseaux en Antarctique (ZICO) pour planifier et effectuer des activités en Antarctique. La zone importante pour la conservation des oiseaux en Antarctique ANT098 île Lagotellerie a la même limite que la ZSPA 115 et a été identifiée en raison de la présence d'une importante colonie de cormorans aux yeux bleus.

On trouve trois autres ZSPA dans la zone de la baie Marguerite (ZSPA 107, île Empereur, îles Dion ; ZSPA 117, île Avian ; et ZSPA 129, pointe Rothera). La ZSPA 107, île Emperor, et la ZSPA 117, île Avian, ont été désignées dans le but principal de protéger la faune aviaire de la zone alors que la ZSPA 129, pointe Rothera, a été désignée pour surveiller l'impact de la station avoisinante sur un écosystème d'altitude Antarctique. Par conséquent, l'île Lagotellerie complète le réseau local de ZSPA principalement en protégeant les communautés biologiques terrestres.

1. Description des valeurs à protéger

Après une visite à la ZSPA en février 2017, les valeurs précisées dans la désignation antérieure ont été réaffirmées. Ces valeurs sont décrites comme suit :

L'île Lagotellerie offre une flore assez variée typique de la région du sud de la péninsule Antarctique. La présence en abondance des deux seules plantes à fleurs de l'Antarctique (Deschampsia antarctica et Colobanthus quitensis), qui par endroits forment de denses parterres allant jusqu'à 10 m2, est particulièrement intéressante. Il s'agit là d'une des plus grandes communautés connues au sud des îles Shetland du Sud et elles poussent à seulement 90 km au nord de leur limite méridionale. Les deux espèces fleurissent à profusion et la viabilité des graines est supérieure à celle des graines produites dans les îles Orcades du Sud et Shetland du Sud.

De nombreuses communautés de mousses et de lichens poussent sur l'île. Certaines de ces mousses sont fertiles, ce qui est un phénomène rare en Antarctique.

L'île est connue comme étant le lieu où l'on note la présence de Deschampsia antarctica à la plus haute altitude au sud du 56° S : de petites plantes sporadiques y ont été observées jusqu'à une altitude de 275 mètres. L'île a donc un intérêt scientifique particulier pour l'étude future de l'influence de l'altitude sur la viabilité biologique de variétés de plantes représentées sur ce site.

Il y a aussi une faune d'invertébrés assez nombreuse et l'île est un des sites les plus méridionaux pour le moucheron aptère Belgica antarctica.

La couche peu épaisse de terre riche en terreau, qui s'est constituée sous la végétation, ainsi que sa faune invertébrée associée et ses microbiotes sont probablement uniques en leur genre sous cette latitude.

Il y a une colonie de manchots Adélie (Pygoscelis adeliae) et une des colonies les plus méridionales de quelques douzaines de cormorans aux yeux bleus (Phalacrocarax atriceps) à l'extrémité sud-est de l'île. De nombreux couples de stercoraires bruns et du pôle sud (Catharacta lonnbergi et C. maccarmicki) se reproduisent sur l'île.

Les valeurs liées à la présence de colonies de manchots et de stercoraires sont considérées comme leur interrelation écologique avec les autres caractéristiques biologiques d'intérêt exceptionnel évoquées ci-dessus.

Les couches fossilifères à l'extrémité orientale de l'île présentent un intérêt géologique particulier, dans la mesure où de telles formations n'affleurent généralement pas dans le groupe d'îles volcaniques de la péninsule Antarctique.

L'île a connu peu de visites et d'activités de recherche et d'échantillonnage, c'est pourquoi elle est peut-être l'une des zones à végétation dense les plus intactes dans la région.

2. Buts et objectifs

Le Plan de gestion destiné à l'île Lagotellerie vise à :

- éviter toute détérioration ou tout risque important de détérioration des valeurs de la zone, en empêchant toute perturbation injustifiée de l'homme dans la zone ;

- autoriser la recherche scientifique dans la zone, à condition que ce soit pour des motifs impérieux qu'il n'est pas possible de servir ailleurs et qu'elle ne nuise pas au système écologique naturel de la zone ;

- autoriser les visites pour les besoins de la gestion de la zone en vue de la réalisation des buts du Plan de gestion ;

- éviter ou réduire l'introduction de plantes, d'animaux et de microorganismes non-indigènes dans la zone ;

- minimiser la possibilité d'introduction de pathogènes risquant de provoquer des maladies dans les populations d'oiseaux de la zone ;

- préserver l'écosystème naturel de la zone pour servir ultérieurement de zone de référence dans les études.

3. Activités de gestion

Les activités de gestion suivantes doivent être déployées en vue de la protection des valeurs de la zone :

Des visites seront effectuées selon les besoins pour évaluer si la ZSPA continue à être utile aux fins auxquelles elle a été désignée et pour veiller à l'adéquation des mesures de gestion et d'entretien.

Le Plan de gestion sera passé en revue au moins tous les cinq ans et mis à jour tel que requis.

Les balises, panneaux ou structures mis en place dans la zone à des fins de recherche scientifique ou de gestion seront sécurisés et soigneusement entretenus et ils seront enlevés lorsqu'ils cesseront d'être utiles.

Conformément aux termes de l'annexe III du Protocole au Traité sur l'Antarctique concernant la protection de l'environnement, le matériel ou les matériaux abandonnés seront enlevés dans toute la mesure du possible, à condition que cet enlèvement ne porte pas atteinte à l'environnement et aux valeurs de la zone.

Un exemplaire de ce Plan de gestion sera mis à la disposition de la station de recherche de Rothera (Royaume-Uni, Lat. 67° 34'S ; Long. 68° 07'O) et de la station General San Martin (Argentine, Lat. 68° 08'S ; Long. 67° 06'O).

Toutes les activités de nature scientifique ou de gestion menées dans la zone doivent faire l'objet d'une évaluation d'impact sur l'environnement, conformément aux exigences stipulées dans l'annexe I du Protocole au Traité sur l'Antarctique concernant la protection de l'environnement.

4. Durée de désignation

La ZSPA est désignée pour une période indéterminée.

5. Cartes

Figure 1. - La ZSPA n° 115 île Lagotellerie, baie Marguerite, carte de localisation, montrant l'emplacement de la Station General San Martín (Arg.), la station Teniente Luis Carvajal (Chili), île Adélaïde, la station de recherche Rothera (UK) et la ZSPA 129 à proximité sur la pointe Rothera, également sur l'île Adélaïde, et l'emplacement des autres zones protégées dans la région (île Empereur, îles Dion [ZSPA 107] et île Avian [ZSPA 117] ). La carte montre aussi la base Y (Royaume-Uni) (monument historique n° 63) sur l'île Horseshoe. Encart : emplacement de l'île Lagotellerie au large de la péninsule Antarctique.

Figure 2. - Carte 2. Ile Lagotellerie (ZSPA n° 115), carte topographique. Spécifications cartographiques : Projection : conique conforme de Lambert. Parallèles de référence : 1er 63° 20'00" S ; 2e 76° 40'00"S ; Méridien central : 65° 00'00" O ; Latitude d'origine : 70° 00'00" S ; Sphéroïde : WGS84. Ligne de référence : Niveau moyen de la mer intervalles des courbes de niveau : 20 mètres. Précision de l'orthophotographie supérieure à 5 mètres.

Figure 3. - Ile Lagotellerie (ZSPA n° 115), carte géologique à main levée.

Figure 4. - Indice normalisé de différentiation de la végétation (INDV), dérivé d'image satellite, pour la ZSPA n° 115 île Lagotellerie, baie Marguerite, terre de Graham, montrant la couverture de végétation verte en utilisant une gamme de couleurs de jaune → orange → rouge, avec le rouge indiquant les plus hautes valeurs INDV.

6. Description de la zone

6 (i) Coordonnées géographiques et caractéristiques naturelles

Limites et coordonnées

Les coordonnées des extrémités de la zone sont indiquées au tableau 1.

Extrémité

Latitude

Longitude

Nord-ouest

67 ° 52'30 ” S

67 ° 27'00” O

Nord-est

67 ° 52'30 ” S

67 ° 22'00” O

Sud-ouest

67 ° 54'00 ” S

67 ° 27'00” O

Sud-est

67 ° 54'00 ” S

7 ° 22'00” O

La zone comprend l'île Lagotellerie dans son ensemble et les îles et îlots adjacents sans nom. La zone englobe tout le terrain libre de glace, la glace éternelle et la glace semi-éternelle qui se trouvent dans ses limites, à l'exclusion de l'environnement marin qui s'étend au-delà de 10 mètres au large à partir de la laisse de basse mer (figure 2). Il n'a pas été installé de bornage, la côte constituant par elle-même une frontière clairement définie et visuellement incontestable.

L'île Lagotellerie est une île rocheuse escarpée, couverte à 13 % environ de glace permanente, la plupart sur les versants sud. L'île culmine à deux sommets jumeaux de respectivement 268 et 288 mètres, séparés par un large col à environ 200 mètres d'altitude, avec des falaises abruptes jusqu'à cette altitude sur les flancs sud, ouest et est. Les versants nord les plus élevés ont aussi des falaises pentues, entrecoupées de ravines et d'éboulis et traversées par de larges terrasses rocheuses. Les versants nord moins élevés sont plus doux, en particulier dans la moitié est de l'île, avec une large terrasse rocheuse à une altitude de 15 mètres environ, constituée de matériaux détritiques provenant de l'érosion par le gel.

Géologie

La plus grande partie de l'île Lagotellerie est constituée de diorite quartzique d'âge inconnu, entrecoupée de granodiorite rose à gros grains et de nombreux dykes basiques et felsiques (figure 3). A l'extrémité est de l'île, les roches plutoniques sont en contact avec des roches volcaniques plissées du jurassique et du crétacé. Celles-ci sont composées d'agglomérats, de laves et de tufs andésitiques du groupe volcanique de la péninsule Antarctique, avec des résidus végétaux - probablement jurassiques - présents dans des couches schisteuses entrecoupées de couches de tuf. Ces strates fossilifères ne sont pas couramment exposées dans le groupe volcanique de la péninsule Antarctique et sont donc d'une importance géologique particulière.

Des zones parfois étendues de gros sable et de gravier provenant de l'érosion de diorite quartzique s'observent sur les versants, les barres rocheuses, dans les ravines et les dépressions ; les accumulations les plus étendues se trouvent sur le col situé entre les deux sommets, où le sol se compose de polygones, de cercles et de bandes de pierres bien ordonnées. Sur les larges terrasses rocheuses, des étendues compactes de mousse et d'herbe ont développé une couche de terre relativement riche en terreau allant jusqu'à 25 cm d'épaisseur. Les blocs erratiques glaciaires sont nombreux sur l'île.

Communautés biologiques terrestres

L'île possède une flore relativement diversifiée et un développement luxuriant des communautés végétales représentatives de la région Antarctique maritime méridionale. L'utilisation de techniques de télédétection satellite (indice normalisé de différenciation de la végétation) a identifié la zone de végétation verte au sein de la ZSPA à 0,06 km2 (environ 3,7 % de la superficie de la ZSPA) (voir figure 4). La richesse biologique terrestre de l'île Lagotellerie a été observée pour la première fois par Herwil Bryant, un biologiste de la base Est (États-Unis, sur l'île Stonington, aujourd'hui monument historique n° 55), lors d'une visite effectuée en 1940-1941, lorsqu'il nota la présence de mousses, d'une graminée Antarctique Deschampsia antarctica et d'une « petite plante à fleurs » (très certainement la sagine Antarctique Colobanthus quitensis), dans une petite ravine - vraisemblablement celle qui a été trouvée dans l'extrémité nord-est de l'île - qu'il considérait comme étant d'une richesse si inhabituelle pour ces latitudes qu'il en parlait en privé comme de la « vallée d'Eden ». Il n'a pas décrit les communautés moins luxuriantes, mais plus étendues, de Deschampsia antarctica et de Colabanthus quitensis découvertes sur les versants plus élevés orientés au nord de l'île. Ces versants et terrasses présentent aussi des conditions microclimatiques favorables à la croissance, avec une période assez longue sans neige, et portent en abondance des Deschampsia antarctica et des Colobanthus quitensis, la première formant des parterres denses allant jusqu'à 10 m2 sur certaines des terrasses. Il s'agit là des plus grandes communautés de ces plantes connues au sud des îles Shetland du Sud. Ces deux espèces fleurissent à profusion et la viabilité de leurs graines est supérieure à celle des graines produites dans les îles Orcades du Sud et Shetland du Sud, et ce bien qu'on se trouve à une faible distance de leur limite méridionale. L'île Lagotellerie est connue comme étant le lieu où l'on note la présence de Deschampsia antarctica à la plus haute altitude au sud du 56e parallèle Sud, de petites plantes sporadiques y ayant été observées jusqu'à une altitude de 275 mètres. La variété Colobanthus quitensis a été observée jusqu'à une altitude de 120 mètres sur l'île.

L'île Lagotellerie a aussi une riche flore cryptogamique, avec de petits parterres de communautés bien développées comprenant de nombreux lichens et mousses rares sous cette latitude (en particulier les mousses Platydictya jungermannioides et les lichens Caloplaca isidioclada, Fuscaparmelia gerlachei et Usnea trachycarpa). Le nombre de variétés de bryophytes identifiées jusqu'ici comprend 20 mousses et deux eupatoires (Barbilophozia hatcheri et Cephaloziella varians), et il y a au moins 60 variétés de lichens. Il n'existe pas encore d'aperçu complet de la flore de l'île, si bien que de nombreuses espèces, en particulier des lichens crustacés, doivent encore être identifiées avec précision.

La végétation est la plus développée sur une série de terrasses rocheuses situées entre 30 et 50 mètres d'altitude sur le versant nord de l'île. Deschampsia et Colobanthus y poussent à profusion, et de denses parterres d'herbe s'étendent sur des superficies de plusieurs mètres carrés. Sont généralement associées à ces herbes, tout spécialement sur les terrasses les plus humides, les variétés de mousses Brachythecium austro-salebrosum, Bryum spp., Pohlia milans, Polytrichastrum alpinum et Sanionia uncinata, ainsi que les variétés d'eupatoires Barbilophozia hatcheri et Cephaloziella varians. Beaucoup de ces parterres d'herbes sont utilisés comme lieu de nidification par les stercoraires.

Dans les habitats plus secs, en particulier sur les versants à éboulis et rocheux, il y a des parterres denses où dominent les variétés de macrolichens Usnea Sphacelata et U. subantarctica, avec des Pseudephebe minuscula, des Umbilicaria decussata et un grand nombre de taxa crustacés. Divers lichens sont associés aux communautés d'herbes et de mousses (par exemple Cladania spp., Leproloma spp., Leptogium puberulum. Ochrolechia frigida et Psoroma spp.) A côté des manchots et des colonies de cormorants, on trouve de nombreuses espèces de lichens nitrophiles colorés (par exemple Buellia spp., Caloplaca spp. Fuscoparmelia gerlachei et Xanthoria spp.)

De nombreux lichens (notamment Caloplaca isidioclada, Pseudephebe minuscula, Usnea sphacelata, Umbilicaria decussata et beaucoup de taxa crustacés) et quelques lichens (notamment Grimmia reflexidens) poussent près du sommet de l'île, de même que des plants épars de Deschampsia. Quelques bryophytes produisent des sporophytes à des latitudes très méridionales, mais plusieurs mousses sont fertiles sur l'île Lagotellerie elle-même (par exemple Andreaea regularis, Bartramia patens, Bryum amblyodon, B. pseudotriquetrum, Grimmia reflexidens, Hennediella heimii, Pohlia nutans, Schistidium antarctici et la Syntrichia princeps).

Il n'y a pas encore eu d'études spécifiques de la faune invertébrée sur l'île Lagotellerie. Toutefois, six espèces au moins d'arthropodes ont été observées : Alaskozetes antarcticu, Gamasellus racovitza, Globoppia loxolineata (acares), Cryptopygus antarcticus , Friesea grisea (Collembola), et Belgica antarctica (diptères, chironomides). Plusieurs espèces de champignons nématophages ont été isolées dans des sols associés à des mousses et aux Deschampsia sur l'île Lagotellerie (Cephalosporium balanoides, Dactylaria gracilis et Dactylella ellipsaspora), toutes des espèces qui sont largement représentées dans des habitats similaires dans l'Antarctique et que l'on trouve aussi dans des sols tempérés.

Bryant a fait état au début des années quarante de plusieurs petites mares sur l'île, qui sont probablement les mêmes, ou à peu près, que celles observées plus récemment sur la vaste plaine de faible altitude dans la partie nord de l'île. Il y nota la présence de nombreux crustacés phyllopodes, identifiés comme étant Branchinecta granulosa. Dans l'une des mares, des pierres étaient recouvertes d'une algue filamenteuse d'un vert vif, sur laquelle il a observé des acariens du type Alaskozetes antarcticus. On trouvait également ce dernier sous des cailloux au fond de la mare. Bryant a observé la présence de très nombreux autres micro-organismes du type trochelminth vivant dans les algues, avec un rotifère rose identifié comme étant Philodina gregaria. De petites touffes d'une algue gris-vert ont été observées sur de gros cailloux près du fond de la mare. Les algues n'ont pas été décrites de façon plus détaillée, bien que la présence de Prasiola crispa ait été constatée. Des observations plus récentes, datant du début des années quatre-vingt, laissaient penser qu'il n'y a pas d'étendues permanentes d'eau douce sur l'île, mais des ruisseaux non permanents ont été trouvés en été, avec des mares saumâtres dans des dépressions rocheuses près de la côte nord. Les missions d'inspection effectuées en janvier 1989 et plus récemment ont noté la présence de plusieurs petites mares d'eau de fonte d'environ 5 à 10 m2, dont certaines bordées de parterres de mousse humide, et ont conclu qu'il s'agissait probablement de l'habitat de Belgica antarctica.

Faune vertébrée

Une petite colonie de manchots Adélie (Pygoscelis adeliae) occupe le promontoire de l'île (figure 2). Leur nombre varie entre un minimum de 350 à 400 couples selon une estimation faite en décembre 1936 et un maximum de 2 402 couples enregistrés lors d'un comptage précis du nombre de nids effectué en novembre 1955. Le comptage de la colonie datant du 19 février 2011 a recensé environ 1 850 adultes et oisillons (marge d'erreur inférieure à 10 %). La colonie a pourvu en œufs, de 1955 à 1960, le personnel stationné à la base britannique Y toute proche, sur l'île Horseshoe. On rapporte qu'en 1955 quelque 800 œufs ont ainsi été ramassés. Le nombre de couples nicheurs a baissé jusqu'à atteindre le millier en 1959 et en 1960. Les colonies de manchots Adélie sont connues pour leurs grandes variations du nombre d'individus d'une année à l'autre, en fonction de divers facteurs naturels ; en mars 1981, on a constaté la mort de mille poussins de la colonie. Selon des estimations faites suite à un comptage des poussins en février 1983, la colonie devait comprendre approximativement 1 700 couples, compte tenu d'une marge d'erreur de 15 à 25 %.

Une petite colonie de cormorans aux yeux bleus (Phalacrocorax atriceps) a été observée sur le promontoire est de l'île, qui constitue une des zones de nidification les plus méridionales connues de cette espèce. Quelque 200 oiseaux immatures ont été observés à portée de vue de l'île, le 16 janvier 1956. Le 17 février 1983, les chercheurs ont dénombré dix nids. La mission d'inspection de l'île Lagotellerie en janvier 1989 n'a pas vu la colonie. Cependant, environ 250 adultes et poussins ont été observés en février 2011 et de nombreux nids contenaient deux grands poussins.

On trouve aussi, sur l'île, des stercoraires bruns et des stercoraires du pôle Sud (Catharacta lonnbergi et C. maccaormicki) : on en a dénombré douze nids en 1956 et constaté que beaucoup des poussins étaient avec certitude des stercoraires du pôle Sud (C. maccormicki). En 1958, on a estimé à cinq le nombre de couples nichant autour de la colonie de manchots et on a constaté la présence des deux espèces. Un groupe de 59 oiseaux non nicheurs des deux espèces a été observé le 12 janvier 1989 à mi-chemin du côté nord de l'île. Deux nids d'océanites de Wilson (Oceanites aceanicus) ont été notés le 14 janvier 1956. Un nid de goélands (Larus dominicanus), avec des œufs, a été noté dans la « vallée d'Eden » par Bryant en décembre 1940 (pour plus d'information sur la vie aviaire dans la zone, voir Harris et al., 2015).

La mission d'inspection de janvier 1989 a noté la présence de 12 phoques de Weddell (Leptonychotes weddellii) sur une étroite bande littorale au pied d'une pointe rocheuse de la côte nord, mais aucun autre phoque n'a été observé. En revanche, la mission d'inspection de février 2011 a constaté quelque 200 otaries à fourrure du côté nord de l'île et parmi la colonie de manchots Adélie (notamment au sud de la colonie au-dessus des plages de galets). Vingt phoques de Weddell ont également été observés.

Impact de l'homme

L'impact environnemental le plus significatif sur l'île Lagotellerie est dû au ramassage d'œufs pour l'alimentation du personnel des bases des environs dans la période 1955-1960. La mission d'inspection de février 2011 n'a constaté aucun changement physique ou biologique récent sur l'île et elle en a conclu que la zone continuait de répondre aux objectifs pour lesquels elle avait été désignée.

6 (ii) Accès à la zone

L'accès à la zone se fera par embarcation. L'accès à partir de la mer se fera sur la côte nord de l'île (figure 2), sauf autorisation expresse, stipulée dans le permis, d'accoster ailleurs ou sauf si accoster sur cette côte est difficile en raison de conditions défavorables. Le littoral est généralement rocheux et les sites d'accostage recommandés se situent sur la côte nord aux coordonnées suivantes : Lat. 67° 52'57” ; Long. 067° 24'03” et Lat. 67° 53'04” Long. 067° 23'30” (voir figure 2).

L'accès à la zone est interdit sur 100 m de chaque côté de la ravine sur la côte nord-est aux coordonnées Lat. 67° 53'10” ; Long. 067° 23'13” (c'est-à-dire la côte sous-jacente à la vallée officieusement dénommée « vallée d'Eden » par Bryant ; voir figure 2). La vallée qui s'étend à l'intérieur des terres depuis ce littoral contient la végétation la plus riche de l'île et il est déconseillé d'y mener des activités non essentielles, et ce afin de réduire les effets des piétinements (figure 2). Ces restrictions s'appliquent également aux personnes souhaitant accéder à la zone par la glace de mer en hiver.

Dans des circonstances exceptionnelles où un atterrissage s'avérerait nécessaire, dans le respect des objectifs du Plan de gestion, les hélicoptères peuvent atterrir sur l'aire d'atterrissage prévue à cet effet située à côté de l'emplacement recommandé du camp, sur la large plate-forme rocheuse/de neige permanente, environ à mi-chemin le long de la côte nord-ouest, à environ 15 mètres d'altitude et à 200 mètres à l'intérieur des terres à partir de la mer (Lat. 67° 53'04” ; Long. 067° 23'43”). L'atterrissage d'hélicoptères est interdit ailleurs dans la zone, sauf autorisation expresse stipulée dans le permis.

A l'intérieur de la zone, le pilotage d'aéronefs doit s'effectuer au minimum conformément aux « Lignes directrices pour les aéronefs à proximité des concentrations d'oiseaux » énoncées dans la résolution 2 (2004). Lorsque les conditions impliquent un survol plus bas que l'altitude recommandée dans ces lignes directrices, l'aéronef se doit de voler aussi haut que faire se peut et d'écourter au maximum la durée de vol dans la zone.

Le survol, à la pointe orientale de l'île, de la colonie de manchots/cormorans est interdit au-dessous de 610 mètres (2 000 pieds) (figure 2).

L'utilisation de grenades fumigènes des hélicoptères dans la zone est interdite, sauf pour des raisons impérieuses de sécurité. En cas d'utilisation de fumigènes, toutes les grenades doivent être récupérées.

6 (iii) Emplacement des structures dans la zone et à proximité directe

Un cairn ainsi que les restes d'un mât d'observation érigé dans les années 1960 se trouvent au sommet de l'île. Au cours de la mission d'inspection de février 2011, une partie du câblage et les restes d'un drapeau de délimitation noir associés au mât ont été enlevés. Les cinq poteaux en bambou de 8 à 10 mètres de long dont était composé le mât à l'origine ont été rassemblés et rangés en sécurité avec six piquets métalliques à proximité du sommet est de l'île (288 m). En février 2017, tous les poteaux en bambou et les piquets métalliques ont été supprimés.

On trouve un cairn d'environ 1 mètre de haut sur la côte nord de l'île (Lat. 67° 53'16” ; Long. 067° 22'51”) et un amas de pierres de 30 cm de haut dans lequel est planté une courte baguette en bois surmontée d'un disque en métal de 2,5 cm de diamètre avec l'inscription « 10 » est situé sur les falaises à l'ouest de la colonie de manchots (Lat. 67° 53'17” ; Long. 067° 22'46”). Il ne semble pas y avoir d'autres structures sur l'île.

Deux stations de recherche scientifique fonctionnant toute l'année se trouvent à proximité : General San Martín (Argentine ; Lat. 68 ° 08'S, Long. 67 ° 06'O) qui se trouve à 29,5 km au sud-sud-est, et la station britannique de recherche de Rothera (Lat. 67° 34'S ; Long. 68° 07'O), qui se trouve à 46 km au nord-ouest. Une station de recherche ne fonctionnant qu'en été, la station de Teniente Luis Carvajal (Lat. 67° 46'S ; Long.. 68° 55'O) a été mise en service par le Chili en 1985 à la pointe méridionale de l'île Adélaïde.

6 (iv) Emplacement d'autres zones protégées à proximité de la zone

Les zones protégées les plus proches de l'île Lagotellerie sont l'île Empereur, îles Dion (ZSPA n° 107) à environ 55 km à l'ouest, l'île Avian (ZSPA n° 117) à 65 km à l'ouest et la pointe Rothera (ZSPA n° 129) à 46 km au nord-ouest (figure 1). Plusieurs monuments et sites historiques se trouvent à proximité : la base Y (R.-U.) sur l'île Horseshoe (MSH n° 63) ; la base E (R.-U.) (MSH n° 64) et les bâtiments et ouvrages sur et à proximité de la base Est (USA) (MSH n° 55), toutes deux sur l'île de Stonington ; et les installations de la station de recherche de San Martin (Argentine) sur l'île Barry (MSH n° 26).

6 (v) Zone spéciale à l'intérieur de la zone

Aucune.

7. Critères de délivrance du permis

7 (i) Critères de délivrance du permis d'ordre général

L'entrée dans la zone est interdite sauf en conformité avec un permis délivré par une autorité nationale compétente désignée en vertu de l'article 7 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique concernant la protection de l'environnement.

La délivrance du permis est régie par les critères suivants :

- il est émis pour un usage scientifique convaincant qui ne peut pas être signifié ailleurs ;

- il est délivré pour des activités de gestion essentielles telles que l'inspection, la maintenance ou des études ;

- les actions autorisées ne doivent pas nuire au système écologique naturel de la zone ;

- toutes les activités de gestion doivent contribuer aux objectifs du Plan de gestion ;

- les activités autorisées sont conformes au présent Plan de gestion ;

- dans la zone, il faut être muni du permis ;

- le permis est délivré pour une période déterminée ;

- un ou plusieurs rapports doivent être transmis à l'autorité ou aux autorités nommées dans le permis ;

- l'autorité compétente sera informée de toute activité/mesure entreprise qui n'a pas été incluse dans le permis.

7 (ii) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur ou au-dessus de celle-ci

Les véhicules sont interdits à l'intérieur de la zone.

Les déplacements au sein de la zone doivent se faire à pied.

Les pilotes, les équipages des hélicoptères et des bateaux ou d'autres personnes à bord des hélicoptères ou des bateaux, ne sont pas autorisés à s'éloigner à pied de la proximité immédiate des sites prévus pour l'atterrissage ou l'accostage, sauf autorisation expresse stipulée dans le permis.

Le trafic pédestre doit être limité au minimum nécessaire pour atteindre les objectifs de toute activité autorisée et tout doit être raisonnablement mis en œuvre pour minimiser les effets du piétinement. En d'autres termes, tous les déplacements doivent se faire avec précaution, afin de réduire au minimum les perturbations du sol et des surfaces revêtues de végétation, en marchant, si possible, sur un terrain rocheux.

Le survol de colonies d'oiseaux dans la zone par des systèmes d'aéronef télépiloté (RPAS) n'est pas autorisé, sauf à des fins scientifiques ou opérationnelles, et en vertu d'un permis émis par une autorité nationale compétente.

7 (iii) Activités qui peuvent être menées dans la zone

Etudes scientifiques qui ne portent pas atteinte à l'écosystème ou aux valeurs scientifiques de la zone et qu'il n'est pas possible de réaliser ailleurs.

Activités essentielles de gestion, y compris la surveillance.

7 (iv) Installation, modification ou enlèvement de structures

Aucune structure ne peut être construite dans la zone et aucun matériel scientifique ne peut y être installé, sauf s'ils doivent servir aux activités de gestion ou aux recherches scientifiques indispensables conformément aux dispositions stipulées dans le permis pour une période prédéterminée. L'installation (y compris la sélection du site), l'entretien, la modification ou le retrait de structures et de matériel s'effectueront de manière à causer le moins de perturbations possible aux valeurs de la zone. Toutes les structures ou le matériel scientifique installés dans la zone doivent être clairement identifiés, indiquant le pays, le nom du responsable des recherches et l'année d'installation. Ces objets ne devront pas contenir d'organismes, de propagules (par ex. semences, œufs) ou de terre non stérile et ils seront fabriqués à base de matériaux capables de résister aux conditions environnementales et présentant le moins de risque de contamination pour la zone (voir section 7 [vi]). La délivrance du permis sera soumise à la condition que les structures ou le matériel spécifiques pour lequel le permis a expiré soit enlevés. Les structures ou installations permanentes sont formellement interdites.

7 (v) Emplacement des campements

S'ils sont nécessaires aux objectifs énoncés dans le permis, les campements temporaires seront autorisés au site désigné sur la large plate-forme rocheuse/de neige permanente environ à mi-chemin le long de la côte nord-ouest à environ 15 mètres d'altitude et à 200 mètres à l'intérieur des terres à partir de la mer (Lat. 67° 53'04” ; Long. 067° 23'43” O.

7 (vi) Restrictions concernant les matériaux et organismes pouvant être introduits dans la zone

Aucun animal, plante ou micro-organisme vivant ne pourra être délibérément introduit dans la zone. Pour garantir la protection de l'écologie et de la flore de la zone, il conviendra d'être particulièrement vigilant contre l'introduction involontaire de microbes, d'invertébrés ou de plantes issus d'autres sites en Antarctique, y compris les stations, ou d'autres régions hors Antarctique. Tous les matériels d'échantillonnage ou balises introduits dans la zone seront nettoyés ou stérilisés. Dans la mesure du possible, les chaussures et autres équipements utilisés ou introduits dans la zone (y compris les sacoches et sacs à dos) devront être préalablement nettoyés à fond. Le manuel sur les espèces non-indigènes du CPE (édition 2016) et le code de conduite environnementale pour la recherche scientifique sur le terrain en Antarctique (SCAR 2009). Compte tenu de la présence de colonies d'oiseaux nicheurs, aucun produit de basse-cour, y compris les déchets associés à ces produits et les produits contenant des œufs crus en poudre, ne pourra être jeté dans la zone ou dans la mer adjacente.

Aucun herbicide ou pesticide ne pourra être introduit dans la zone. Tous les autres produits chimiques, y compris les radionucléides et les isotopes stables, amenés sur le site aux fins de recherches scientifiques ou d'activités de gestion stipulées dans le permis, devront être retirés de la zone au moment de ou avant la conclusion de l'activité pour laquelle le permis a été délivré. L'émission directe de radionucléides ou d'isotopes stables dans l'environnement d'une manière qui empêche de les récupérer devrait être évitée. Aucun combustible ou autre produit chimique ne sera entreposé dans la zone, sauf autorisation expresse stipulée dans le permis. Les matériaux introduits seront entreposés et manipulés de manière à éviter tout risque d'introduction involontaire dans l'environnement. Les matériaux seront introduits dans la zone pour une période donnée seulement et devront être retirés à l'expiration ou avant l'expiration de cette période. Si des matériaux libérés sont susceptibles de porter atteinte aux valeurs de la zone, l'enlèvement n'est conseillé que s'il ne cause pas plus de dommages que de les laisser sur place. L'autorité compétente devra être informée de tout matériau libéré et non enlevé qui n'était pas inclus dans le permis délivré.

7 (vii) Prise de flore et de faune indigènes ou interférences nuisibles avec celles-ci

Ces activités sont interdites, sauf dispositions contraires stipulées dans le permis conformément à l'annexe II du Protocole au Traité sur l'Antarctique concernant la protection de l'environnement. Dans le cas de prise d'animaux ou d'interférences nuisibles avec des animaux, il convient de respecter au moins les normes du Code de conduite du SCAR relatif à l'utilisation d'animaux à des fins scientifiques en Antarctique.

Afin d'éviter toute perturbation causée par l'homme dans la colonie de cormorans en phase de reproduction et notamment l'envol précipité de leurs oisillons, les visiteurs ne s'approcheront pas à moins de 10 mètres de la colonie de cormorans à l'extrémité est de l'île entre le 15 octobre et le 28 février, sauf autorisation expresse stipulée dans le permis à des fins scientifiques ou de gestion.

7 (viii) Collecte ou enlèvement à l'intérieur de la zone de toute matière n'ayant pas été apportée par le titulaire d'un permis

Toute chose qui n'a pas été apportée dans la zone par le titulaire d'un permis ne peut être collectée et/ou enlevée de la zone que conformément aux dispositions d'un permis ; cette collecte et/ou cet enlèvement doivent être limités au minimum nécessaire pour répondre à des besoins scientifiques ou à des besoins de gestion. Aucun permis ne sera délivré dans les cas où il est proposé de prendre, d'enlever ou d'endommager des quantités de terre, de flore ou de faune indigènes telles que leur répartition ou leur abondance sur l'île Lagotellerie seraient significativement perturbées. Les matières d'origine humaine qui n'ont pas été introduites dans la zone par le titulaire du permis ou avec une autorisation et qui pourraient porter atteinte aux valeurs de la zone doivent être enlevées, à moins que l'impact de l'enlèvement soit supérieur à l'impact qu'aurait le fait de les laisser sur place. Si tel est le cas, l'autorité compétente doit en être informée.

7 (ix) Elimination des déchets

Tous les déchets seront éliminés conformément à l'annexe III du Protocole au Traité sur l'Antarctique concernant la protection de l'environnement, et ce comme norme minimale. De plus, tous les déchets doivent être enlevés de la zone. Les déchets humains liquides peuvent être rejetés en mer. Les déchets humains solides ne doivent pas être jetés à la mer mais retirés de la zone. Les déchets humains solides ou liquides ne doivent en aucun cas être jetés à l'intérieur des terres.

7 (x) Mesures pouvant être nécessaires pour garantir que les buts et objectifs du Plan de gestion soient à tout moment respectés

Des permis peuvent être délivrés pour entrer dans la zone afin d'y réaliser des travaux de recherche scientifique, de surveillance et d'inspection du site, qui peuvent faire intervenir le prélèvement d'un petit nombre d'échantillons à des fins d'analyse, pour installer ou entretenir les panneaux ou autres dispositifs de protection.

Tout site de surveillance à long terme devra être correctement balisé et les balises ou panneaux devront être entretenus de manière satisfaisante.

Les activités de nature scientifique seront menées conformément au Code de conduite environnementale du SCAR pour la recherche scientifique sur le terrain en Antarctique.

7 (xi) Rapports de visite

Pour chaque visite effectuée dans la zone, le principal titulaire du permis délivré soumettra un rapport à l'autorité nationale compétente dans les plus brefs délais et, au plus tard, dans les six mois suivant la visite dans la zone. Ce rapport doit inclure, s'il y a lieu, les renseignements identifiés dans le formulaire de rapport de visite qui figure dans le Guide pour la préparation des plans de gestion des zones spécialement protégées en Antarctique. Le cas échéant, l'autorité nationale transmettra également un exemplaire du rapport de visite à la Partie dont a émané la proposition de Plan de gestion, et ce en vue de contribuer à la gestion de la zone et à la révision du Plan de gestion. Dans la mesure du possible, les Parties doivent déposer les originaux ou des copies des rapports de visite originaux dans une archive à laquelle le public pourra avoir accès, en vue de conserver une archive d'usage, qui sera utilisée dans le réexamen du Plan de gestion et dans l'organisation de l'emploi scientifique de la zone.

8. Documents de référence

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Woehler, E.J. (ed) 1993. The distribution and abundance of Antarctic and sub-Antarctic penguins. SCAR, Cambridge.

Figure 1. - La ZSPA n° 115, île Lagotellerie, baie Marguerite, carte de localisation montrant l'emplacement de la Station General San Martín (Arg.), la station Teniente Luis Carvajal (Chili), île Adélaïde, la station de recherche Rothera (UK) et la ZSPA 129 à proximité sur la pointe Rothera, également sur l'île Adélaïde, l'emplacement des autres zones protégées dans la région [île Empereur, îles Dion (ZSPA 107) ainsi que l'île Avian (ZSPA 117)]. La carte montre aussi la base Y (Royaume-Uni) (monument historique n° 63) sur l'île Horseshoe. Encart : emplacement de l'île Lagotellerie au large de la péninsule Antarctique.

Figure 2. - Carte 2. Ile Lagotellerie (ZSPA n° 115), carte topographique.

Figure 3. - Ile Lagotellerie (ZSPA n° 115), carte géologique à main levée.

Figure 4. - Indice normalisé de différentiation de la végétation (INDV), dérivé d'image satellite, pour la ZSPA n° 115 île Lagotellerie, baie Marguerite, terre de Graham, montrant la couverture de végétation verte en utilisant une gamme de couleurs de jaune → orange → rouge, avec le rouge indiquant les plus hautes valeurs INDV.

Mesure 5 (2017)

Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 129 (Pointe Rothera, île Adelaïde) : plan de gestion révisé (ensemble une annexe)

Les Représentants,

Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement (« le Protocole ») qui disposent de la désignation des zones spécialement protégées de l'Antarctique (« ZSPA ») et de l'adoption des plans de gestion pour ces zones ;

Rappelant :

- la recommandation XIII-8 (1985), qui a désigné la pointe Rothera, île Adélaïde comme site présentant un intérêt scientifique particulier (« SISP ») n° 9 et a annexé le plan de gestion du site ;

- la résolution 7 (1995), qui a prorogé la date d'expiration du SISP n° 9 ;

- la mesure 1 (1996), qui a annexé une description révisée et un plan de gestion révisé pour le SISP n° 9 ;

- la décision 1 (2002), qui a renommé et renuméroté la SISP n° 9 en ZSPA n° 129 ;

- la mesure 1 (2007), qui a adopté un plan de gestion révisé pour la ZSPA n° 129 et a révisé ses limites ;

- la mesure 6 (2012), qui a adopté un plan de gestion révisé pour la ZSPA n° 129 ;

Rappelant que la résolution 7 (1995) a été désignée comme caduque par la décision 1 (2011) et que la mesure 1 (1996) n'est pas entrée en vigueur et a été retirée par la mesure 10 (2008) ;

Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a approuvé un plan de gestion révisé pour la ZSPA n° 129 ;

Souhaitant remplacer le plan de gestion actuel pour la ZSPA n° 129 par le plan de gestion révisé ;

Recommandent à leurs Gouvernements d'approuver la mesure suivante, conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement :

Que :

1. Le plan de gestion révisé pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 129 (pointe Rothera, île Adélaïde), qui figure en annexe de la présente mesure, soit approuvé ; et

2. Le plan de gestion pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 129 qui figure en annexe de la mesure 6 (2012) soit abrogé.

Annexe

Plan de gestion pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique zspa n° 129

Pointe Rothera, île Adelaïde

Introduction

Pointe Rothera, île Adélaïde (Lat. 68°07'S ; Long. 67°34'O), îles Shetland du Sud, a principalement été désignée zone spécialement protégée de l'Antarctique (ZSPA) pour protéger les valeurs scientifiques car elle pouvait servir de zone de référence en fonction de laquelle il était possible de surveiller les effets de l'impact humain associé à la station de recherche adjacente, Rothera (Royaume-Uni), dans un écosystème d'altitude Antarctique. La pointe Rothera a été désignée pour la première fois dans la recommandation XIII-8 (1985, SISP n° 9) après une proposition du Royaume-Uni. La zone en elle-même a peu de valeur au niveau de la conservation de la nature.

La zone est unique en son genre en Antarctique car c'est la seule zone protégée actuellement désignée uniquement pour la valeur qu'elle offre en matière de surveillance de l'impact humain. L'objectif est de l'utiliser comme zone de référence relativement peu affectée par l'impact humain direct dans l'évaluation de l'impact des activités menées sur l'environnement en Antarctique à la station de recherche Rothera. Les études de surveillance continue entreprises par la British Antarctic Survey (BAS) ont commencé à la pointe Rothera en 1976, avant la mise en place de la station plus tard cette même année. Les activités de surveillance continue de l'environnement en cours au sein de la zone et à la pointe Rothera consistent notamment à : (i) déterminer les concentrations de métaux lourds dans les lichens ; (ii) mesurer les concentrations d'hydrocarbures et de métaux lourds dans le gravier et dans le sol ; et (iii) faire une étude des populations d'oiseaux reproducteurs.

Au titre de la résolution 3 (2008) il est recommandé que l'Analyse des Domaines Environnementaux pour le Continent Antarctique serve de modèle dynamique pour l'identification des zones spécialement protégées de l'Antarctique dans le cadre environnemental et géographique systématisé visé à l'article 3 (2) de l'annexe V du Protocole (voir également Morgan et al., 2007). Selon ce modèle, la pointe Rothera relève essentiellement du domaine environnemental E (péninsule Antarctique et principaux champs de glaces de l'île Alexander), que l'on trouve aussi dans les ZSPA 113, 114, 117, 126, 128, 129, 133, 134, 139, 147, 149, 152 et dans les ZGSA 1 et 4. Néanmoins, la pointe Rothera étant majoritairement libre de glace, ce domaine ne représente peut-être pas pleinement le type d'environnement présent dans la zone. Bien qu'elle ne soit pas décrite en tant que telle, il est possible que la pointe Rothera contienne également le domaine environnemental B (géologie des latitudes moyennes nord de la péninsule Antarctique). Parmi les autres zones protégées contenant le domaine environnemental B, on compte notamment les ZSPA 108, 115, 134, 140 et 153 et la ZGSA 4. Au titre de la résolution 6 (2012), il est recommandé d'utiliser le document Régions de conservation biogéographiques de l'Antarctique (RCBAs) pour l'identification des zones qui pourraient être désignées Zones spécialement protégées de l'Antarctique dans le cadre environnemental et géographique systématisé visé à l'article 3 (2) de l'annexe V du Protocole. La ZSPA n° 129 se trouve dans la région de conservation biogéographique de l'Antarctique (RCBA) 3 : nord-ouest de la péninsule Antarctique.

1. Description des valeurs à protéger

La zone en elle-même a peu de valeur au niveau de la conservation de la nature. Cependant, elle possède une valeur scientifique comme zone de référence, au regard de laquelle les effets de l'impact humain associé à la station de recherche adjacente de Rothera (Royaume-Uni) peuvent être surveillés dans un écosystème d'altitude Antarctique.

La zone a également une valeur en tant que lieu de recherche biologique, en particulier pour les scientifiques du Bonner Laboratory (station de recherche Rothera).

2. Buts et objectifs

La gestion de la zone vise à :

- éviter toute détérioration ou tout risque de détérioration des valeurs de la zone en empêchant toute perturbation humaine inutile de ladite zone ;

- éviter que la structure et la composition des écosystèmes terrestres, en particulier l'écosystème d'altitude et les oiseaux reproducteurs, subissent d'importants changements en (i) empêchant un aménagement du territoire à l'intérieur du site ; et (ii) limitant l'accès de l'homme à la zone en vue de préserver sa valeur de zone de référence pour les études de surveillance continue de l'environnement ;

- permettre d'effectuer des recherches scientifiques et des études de suivi dans la zone, pour autant qu'elles soient indispensables, qu'elles ne puissent être menées ailleurs et qu'elles ne portent pas atteinte à l'écosystème naturel de la zone ;

- minimiser dans la mesure du possible l'introduction d'espèces non indigènes, qui pourraient porter atteinte aux valeurs scientifiques de la zone ;

- préserver l'écosystème naturel de la zone pour que celle-ci serve ultérieurement de zone de référence dans les études comparatives ;

- permettre des visites à intervalles réguliers à des fins de gestion pour répondre aux objectifs du plan de gestion.

3. Activités de gestion

Les activités de gestion suivantes devraient être entreprises dans le but de protéger les valeurs de la zone :

- des panneaux indiquant l'emplacement et les limites de la zone et annonçant clairement que la zone fait en matière d'accès l'objet de restrictions seront érigés aux principaux points d'accès et entretenus régulièrement ;

- une carte indiquant l'emplacement et les limites de la zone et annonçant clairement les restrictions liées à l'entrée dans la zone sera placée en un endroit bien visible de la station de recherche Rothera ;

- des visites seront organisées le cas échéant afin de déterminer si la zone répond toujours aux objectifs pour lesquels elle a été désignée et de s'assurer que les mesures de gestion et d'entretien sont adéquates ;

- Le matériel ou les matériaux abandonnés seront enlevés dans la mesure du possible, à condition que cet enlèvement ne porte pas atteinte à l'environnement et aux valeurs de la zone.

4. Durée de désignation

La zone est désignée pour une période indéterminée.

5. Cartes et photographies

Carte 1. - ZSPA n° 129 - pointe Rothera, carte de localisation.

Spécifications de la carte : Projection : WGS84, Projection stéréographique polaire Antarctique.

Parallèles d'échelle conservée : 71°S. Méridien central 67°45'O.

Carte 2. - ZSPA n° 129 - pointe Rothera, carte topographique.

Spécifications de la carte : Projection : WGS84, Projection stéréographique polaire Antarctique.

Parallèles d'échelle conservée : 71°S. Méridien central 67°45'O.

6. Description de la zone

6 (i) Coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques naturelles

Limites et coordonnées

La pointe Rothera (67° 34'S ; 68° 08'O) est située dans la baie Ryder, qui se trouve à l'extrémité sud-est de la péninsule Wright du côté est de l'île Adélaïde, au sud-ouest de la péninsule Antarctique (carte 1). La zone occupe le tiers nord-est de la pointe Rothera (carte 2) et elle est représentative de la zone dans son ensemble. Sa superficie est d'environ 280 mètres d'ouest en est et de 230 mètres du nord au sud. Son altitude maximale est de 36 mètres. A la côte, la limite de la zone correspond à la courbe de niveau des 5 mètres. C'est pourquoi il n'y a pas de rive, de littoral ou de sublittoral supérieurs à l'intérieur de cette zone spécialement protégée de l'Antarctique. La limite méridionale de la zone, qui traverse la pointe Rothera d'un bout à l'autre, est en partie jalonnée d'une série de gabions remplis de roches dans lesquels sont placés les panneaux de démarcation de la ZSPA. L'autre limite n'est pas balisée. Deux panneaux se trouvent juste à l'extérieur du périmètre de la zone, ils sont situés aux points de départ de la voie d'accès piétonnière autour de la pointe Rothera (carte 2). La limite est généralement représentée par les coordonnées suivantes, énumérées dans le sens des aiguilles d'une montre, en commençant par le point le plus septentrional :

Zone

Nombre

Latitude

Longitude

ZSPA n° 129, pointe Rothera

1

67°33'59” S

68°06'47” O

2

67°34'06” S

68°06'48” O

3

67°34'06” S

68°07'00” O

4

67°34'02” S

68°07'08” O

 

La station de recherche Rothera (Royaume-Uni) est située à 250 mètres environ à l'ouest de la limite occidentale de la zone (voir l'encart de la carte 2).

Description générale

On trouve de temps à autre de petites étendues de glace permanente au nord comme au sud du sommet de la ZSPA. Il n'y a pas de cours d'eau ou de mares permanents. Les roches sont essentiellement des intrusions hétérogènes de diorite, de granodiorite et d'adamélitte de la suite intrusive andine de l'ère tertiaire inférieure mi-crétacée. Des veines de minerai de cuivre se dégagent clairement sur la roche sous la forme de taches d'un vert brillant. Le sol se limite à de petites poches de till glaciaire et de sable sur des promontoires rocheux. Des gisements locaux plus profonds produisent de petits cercles et polygones dispersés de diverses matières gelées. Les sols structurés ne sont pas très étendus. Des accumulations de coquilles de moule (Nacella concinna) récentes, ainsi que des coquilles pourrissantes qui forment des plaques de sols calcaires autour de gros affleurements rocheux servent de perchoirs aux goélands dominicains (Larus dominicanus). Il n'y a aucune accumulation de matière organique. La zone ne présente pas de traits géologiques ou géomorphologiques particuliers ou rares.

L'intérêt biologique terrestre restreint à l'intérieur de la zone est limité aux promontoires rocheux où l'on trouve une abondance localisée de lichens. La végétation est représentative de l'écosystème d'altitude Antarctique maritime austral et elle est dominée par les lichens fruticuleux Usnea antarctica, U. sphacelala et Pseudephebe minuscula ainsi que par les lichens foliacés Umbilicaria decussata. On y trouve de nombreux lichens incrustants mais les bryophytes (principalement Andreaea spp.) sont rares. La faune invertébrée est pauvre et comprend uniquement quelques espèces d'acariens et de collemboles, dont les espèces Halozetes belgicae et Cryptopygus antarcticus sont les plus courantes. Il n'y a pas de flore ou de faune terrestre particulière ou rare dans la zone. Aucun collembole indigène n'a été retrouvé dans la zone ou sur la pointe Rothera pendant les activités de gestion menées en janvier 2015.

Les labbes bruns et Antarctiques (Catharacta lonnbergii et C.maccormicki) sont les oiseaux reproducteurs que l'on trouve le plus en abondance dans la zone, jusqu'à cinq couples de labbes y ayant installé leurs nids. Un couple de goélands dominicains (Larus dominicanus) a également fait son nid dans la zone et un nid de pétrels de Wilson (Oceanites oceanicus) y a été trouvé.

6 (ii) Accès à la zone

L'accès à la zone se fera à pied.

L'atterrissage d'hélicoptères est interdit dans la zone.

Le pilotage d'aéronefs doit s'effectuer, dans la mesure du possible, conformément aux Lignes directrices pour les aéronefs à proximité des concentrations d'oiseaux énoncées dans la résolution 2 (2004). Cependant, la zone ne se trouve qu'à 250 mètres environ de la piste d'atterrissage de la station de recherche Rothera et l'on reconnaît qu'il n'est pas toujours possible, pour des raisons de sécurité, de respecter pleinement les lignes directrices.

La limite de la zone s'étend jusqu'à la courbe de niveau des 5 mètres sur la côte. En dessous de la hauteur de cette courbe de niveau autour de la limite de la zone, l'accès des piétons n'est pas soumis à restriction. La voie d'accès piétonnière recommandée suit la laisse moyenne supérieure et apparaît sur la carte 2. Durant les périodes pendant lesquelles le sol est recouvert de neige et où la glace de mer s'est formée, les piétons doivent veiller à se trouver à une distance raisonnable du littoral et à ne pas risquer de s'égarer sur de la glace de mer peu fiable ou dans des fissures de marée.

6 (iii) Emplacement des structures à l'intérieur de la zone et à proximité directe

Un cairn rocheux marque le sommet de la zone (36 m ; Lat. 68°34'01, 5” S ; Long. 68°06'58” O) et, à 35 mètres à l'est-sud-est de ce cairn, on trouve un autre cairn qui indique la présence d'une station de recherche (35,4 m ; Lat. 68°34'02” S 68°06'55” O).

La station de recherche Rothera (Royaume-Uni) est située à 250 mètres environ à l'ouest de la limite occidentale de la zone (voir l'encart de la carte 2). Plusieurs mâts et antennes se trouvent sur la plage surélevée adjacente à la limite méridionale de la zone.

6 (iv) Emplacement d'autres zones protégées à proximité

La ZSPA n° 107, île Emperor, îles Dion, baie Marguerite, se trouve à environ 15 km au sud de l'île Adélaïde. La ZSPA n° 115, île Lagotellerie, baie Marguerite, se trouve à environ 11 km au sud de l'île Pourquoi Pas. La ZSPA n° 117, île Avian, baie Marguerite, se trouve à environ 0,25 km au sud de l'extrémité sud-ouest de l'île Adélaïde. L'emplacement de ces zones est indiqué sur la carte 1.

6 (v) Zones spéciales à l'intérieur de la ZSPA

Aucune.

7. Critères de délivrance des permis

7 (i) Critères généraux

L'accès à la zone est interdit sauf si un permis a été délivré par une autorité nationale compétente. Les critères de délivrance d'un permis pour entrer dans la zone sont les suivants :

- le permis n'est délivré que pour des raisons scientifiques indispensables qu'il est impossible de réaliser ailleurs ; ou afin d'y faire des travaux de gestion essentiels tels que l'inspection, l'entretien ou la révision ;

- les actions autorisées ne mettront pas en péril les valeurs scientifiques ou environnementales de la zone ;

- toutes les activités de gestion entreprises le seront à l'appui des objectifs du plan de gestion ;

- les activités autorisées sont conformes au présent plan de gestion ;

- le permis, ou une copie autorisée, sera emporté à l'intérieur de la zone ;

- tout permis sera délivré pour une durée donnée ;

- les autorités compétentes doivent être informées de toute activité ou mesure qui ne serait pas autorisée par le permis.

7 (ii) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur ou au-dessus de celle-ci

L'accès à la zone, et les déplacements à l'intérieur de celle-ci, se feront à pied.

Les véhicules terrestres sont interdits dans la zone.

L'atterrissage d'hélicoptères à l'intérieur de la zone est interdit.

Les déplacements se feront avec précaution, afin de perturber le moins possible le sol et la végétation.

Le survol de colonies d'oiseaux dans la Zone par des systèmes d'aéronef télépiloté (RPAS) n'est pas autorisé, sauf à des fins scientifiques ou opérationnelles, et en vertu d'un permis émis par une autorité nationale compétente.

7 (iii) Activités pouvant être menées dans la zone

Les activités suivantes peuvent être menées dans la zone :

- travaux de recherche scientifique ou de surveillance continue qui ne mettront pas en danger les écosystèmes de la zone ;

- activités de gestion essentielles.

7 (iv) Installation, modification ou démantèlement de structures

Aucune nouvelle structure ne sera installée dans la zone, ni aucun équipement scientifique, sauf pour des raisons scientifiques ou de gestion impératives, et uniquement pour une période prédéfinie, spécifiées dans un permis. L'installation (y compris le choix du site), l'entretien, la modification ou l'enlèvement des structures ou équipements doivent être menés de façon à limiter autant que possible les perturbations apportées aux valeurs de la zone. Toutes les structures ou le matériel scientifiques installés dans la zone doivent être clairement identifiés, indiquant le pays, le nom du chercheur principal et l'année d'installation. Ces objets ne doivent contenir aucun organisme, propagule (semence, œufs) ou terre non stérile, et doivent être composés de matériaux résistants aux conditions environnementales et présenter un risque de contamination minime pour la zone. Les structures ou le matériel spécifiques pour lesquels le permis a expiré seront enlevées, conformément aux conditions de délivrance du permis. Les structures ou installations permanentes sont interdites.

7 (v) Emplacement des camps

Il est interdit de camper dans la zone. Il est possible de trouver un lieu d'hébergement à la station de recherche Rothera.

7 (vi) Restrictions sur les matériaux et les organismes pouvant être introduits dans la zone

Aucun animal vivant et aucune forme de végétation ou microorganisme ne seront introduits délibérément dans la zone. Pour garantir la protection des valeurs de la zone, il conviendra d'être particulièrement vigilant contre l'introduction involontaire de microbes, d'invertébrés ou de plantes issus d'autres sites en Antarctique, y compris les stations, ou d'autres régions hors Antarctique. Tout le matériel d'échantillonnage et les balises introduits dans la zone doivent être nettoyés et stérilisés. Dans la mesure du possible, les chaussures et autres équipements utilisés ou introduits dans la zone (y compris les sacs et les sacs à dos) doivent être minutieusement nettoyés avant d'entrer dans la zone. Il est interdit d'introduire des produits issus de la volaille ou des œufs dans la zone. Le manuel sur les espèces non indigènes du CPE et les listes de vérification pour les gestionnaires de la chaîne d'approvisionnement des programmes Antarctiques nationaux pour la réduction du risque de transfert d'espèces non indigènes du COMNAP / SCAR offrent des orientations supplémentaires en la matière. Aucun herbicide ou pesticide ne doit être introduit dans la zone. Tous autres produits chimiques, y compris les radionucléides ou les isotopes stables, qui peuvent être introduits pour des raisons scientifiques ou de gestion visées dans le permis seront enlevés de la zone à la fin ou avant la fin de l'activité pour laquelle le permis a été délivré. L'émission directe de radionucléides ou d'isotopes stables dans l'environnement est interdite, si ceux-ci ne peuvent être récupérés. Les carburants, les produits alimentaires ou tout autre matériau ne doivent pas être stockés dans la zone, sauf à des fins scientifiques ou de gestion spécifiques pour lesquelles un permis a été délivré. Les dépôts permanents ne sont pas autorisés. Les matériaux introduits dans la zone pour une période prédéfinie seront retirés de la zone avant ou à la date de fin de la période définie. Ils seront manipulés et entreposés de manière à minimiser le risque de leur introduction dans l'environnement. En cas de déversement susceptible de mettre en péril les valeurs de la zone, leur enlèvement est encouragé, à condition que l'impact de celui-ci ne soit pas susceptible d'être supérieur à celui consistant à laisser le matériel sur le site. L'autorité compétente devra être notifiée des matériaux qui ont été libérés et non enlevés, alors qu'ils n'étaient pas inclus dans le permis approuvé.

7 (vii) Prélèvement de végétaux et capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore

Tout prélèvement ou intervention nuisible sur la faune et la flore indigène est interdit, sauf pour les titulaires d'un permis délivré conformément à l'annexe II du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement. Dans les cas de capture d'animaux ou de perturbations nuisibles, les prescriptions du Code de conduite du Comité scientifique pour la recherche en Antarctique (SCAR) pour l'utilisation d'animaux à des fins scientifiques constituent la norme minimale à respecter.

7 (viii) Ramassage ou enlèvement de tout matériau qui n'a pas été introduit dans la zone par le détenteur du permis

Les matières de nature biologique ou géologique ne peuvent être prélevées et / ou enlevées de la zone que conformément à un permis et cette activité doit être limitée au minimum nécessaire pour répondre aux besoins scientifiques ou de gestion. Le permis ne sera pas délivré s'il semble que l'échantillonnage proposé prélèverait, enlèverait ou endommagerait une quantité de terre, de sédiments, de faune ou de flore qui affecterait considérablement leur distribution ou abondance à l'intérieur de la zone. Les matières d'origine humaine qui n'ont pas été introduites sur le site par le titulaire du permis, ou avec une autorisation, et qui pourraient porter atteinte aux valeurs de la zone, doivent être enlevées de la zone à moins que l'impact de l'enlèvement soit supérieur à l'impact qu'aurait le fait de laisser les matières sur place. Dans ce dernier cas, l'absence d'enlèvement desdites matières devra être signalée à l'autorité compétente.

7 (ix) Elimination des déchets

Tous les déchets seront retirés de la zone conformément à l'annexe III (Elimination et gestion des déchets) du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement (1998). Tous les déchets solides et / ou liquides produits par l'homme seront enlevés de la zone.

7 (x) Mesures nécessaires pour continuer à atteindre les objectifs du plan de gestion

Des permis peuvent être délivrés pour entrer dans la zone afin d'y réaliser des travaux de recherche scientifique, de surveillance et d'inspection de site, qui font intervenir le prélèvement d'un petit nombre d'échantillons à des fins d'analyse, pour ériger ou entretenir des panneaux ou pour appliquer des mesures de protection.

Tout site dans lequel est conduite une surveillance à long terme sera convenablement balisé et les balises et panneaux seront entretenus de manière satisfaisante.

Les activités de nature scientifique seront menées conformément au code de conduite environnemental pour la recherche scientifique sur le terrain en Antarctique du SCAR.

7 (xi) Critères pour la rédaction des rapports

Pour chaque visite effectuée dans la zone, le principal titulaire du permis soumettra un rapport à l'autorité nationale compétente aussi rapidement que faire se peut, mais au plus tard dans les six mois qui suivent la visite. Ce rapport de visite doit inclure, s'il y a lieu, les renseignements identifiés dans le formulaire de rapport de visite recommandé (qui figure en Appendice du Guide pour la préparation des plans de gestion des zones spécialement protégées en Antarctique [disponible sur le site internet du Secrétariat du Traité sur l'Antarctique ; www.ats.aq]). Le cas échéant, l'autorité nationale doit également transmettre une copie du rapport de visite à la Partie qui a proposé le plan de gestion afin de contribuer à la gestion de la zone et à la révision du plan de gestion. Dans la mesure du possible, les Parties devraient déposer les originaux ou les copies des rapports de visite originaux dans une archive à laquelle le public pourra avoir accès en vue de préserver une archive d'usage, qui sera utilisée dans l'examen du plan de gestion.

8. Bibliographie

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Carte 1. - ZSPA n° 129 - pointe Rothera, carte de localisation.

Spécifications de la carte : Projection : WGS84, Projection stéréographique polaire Antarctique. Parallèles d'échelle conservée : 71°S. Méridien central 67°45'O.

Carte 2. - ZSPA n° 129 - pointe Rothera, carte topographique

Spécifications de la carte : Projection : WGS84, Projection stéréographique polaire Antarctique. Parallèles d'échelle conservée : 71°S. Méridien central 67°45'O.

Mesure 6 (2017)

Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 140 (parties de l'île de la Déception, îles Shetland du Sud) : plan de gestion révisé (ensemble quatre annexes)

Les Représentants,

Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement (« le Protocole ») qui disposent de la désignation des zones spécialement protégées de l'Antarctique (« ZSPA ») et de l'adoption des plans de gestion pour ces zones ;

Rappelant :

- la recommandation XIII-8 (1985), qui désignait les côtes de Port Foster, île de la Déception, îles Shetland du Sud, comme site présentant un intérêt scientifique particulier (« SISP ») n° 21 et annexait un plan de gestion pour le site ;

- la résolution 7 (1995) et la mesure 2 (2000), qui ont prorogé les dates d'expiration du SISP n° 21 ;

- la décision 1 (2002), qui a renommé et renuméroté le SISP n° 21 en ZSPA n° 140 ;

- la mesure 3 (2005) et la mesure 8 (2012), qui ont adopté des plans de gestion révisés pour la ZSPA n° 140 ;

Rappelant que la résolution 7 (1995) a été désignée comme caduque par la décision 1 (2011) et que la mesure 2 (2000) n'est pas entrée en vigueur et a été retirée par la mesure 5 (2009) ;

Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a approuvé un plan de gestion révisé pour la ZSPA n° 140 ;

Souhaitant remplacer le plan de gestion actuel pour la ZSPA n° 140 par le plan de gestion révisé ;

Recommandent à leurs Gouvernements d'approuver la mesure suivante conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement :

Que :

1. Le plan de gestion révisé pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 140 (parties de l'île de la Déception, îles Shetland du Sud), qui figure en annexe de la présente mesure, soit approuvé ; et

2. Le plan de gestion pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 140 qui figure en annexe de la mesure 8 (2012) soit abrogé.

Annexe

Plan de gestion de la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 140

Parties de l'île de la Déception, îles Shetland du Sud

Introduction

La principale raison ayant motivé la désignation de parties de l'île de la Déception (lat. 62'57'S, long. 060'38'O) dans les îles Shetland du Sud en tant que zone spécialement protégée de l'Antarctique (ZSPA) est de protéger ses valeurs environnementales, et en particulier la flore terrestre de la zone. La flore de l'île, notamment celle des zones géothermiques, est unique en son genre en Antarctique ; elle offre en outre des surfaces récemment formées constituant des habitats d'âge connu pour l'étude de la colonisation et les autres processus écologiques dynamiques des organismes terrestres (Smith 1988).

L'île de la Déception est un volcan actif. Des éruptions se sont produites en 1967, 1969 et 1970 (Baker et al. 1975) modifiant nombre des caractéristiques topographiques de l'île et créant des surfaces nouvelles, et localement transitoires, favorables à la colonisation par les plantes et les autres biotes terrestres (Collins 1969, Cameron & Benoit 1970, Smith 1984 a, b, c). On y trouve plusieurs sites d'activité géothermique dont certains présentent des fumerolles (Smellie et al. 2002).

Cinq petits sites autour de la côte de port Foster ont été désignés, aux termes de la Recommandation XIII-8 (XIIIe RCTA, Bruxelles, 1985), en tant que site présentant un intérêt scientifique particulier n° 21, au motif que "l'île de la Déception est exceptionnelle par son activité volcanique et les éruptions majeures qui s'y sont produites en 1967, 1969 et 1970. Plusieurs parties de l'île ont été entièrement détruites, de nouvelles zones ont été créées et d'autres ont été recouvertes par des couches de cendres de diverses épaisseurs. Quelques zones à l'intérieur des terres ont été épargnées. L'île présente des occasions uniques pour l'étude des processus de colonisation dans un environnement Antarctique. " Suite à une vaste enquête réalisée sur l'île, la protection des valeurs botaniques a été renforcée par la mesure 3 (2005), qui inclut désormais 11 sites au sein de la ZSPA présentant un intérêt botanique unique.

La ZSPA n° 140 contribue de façon substantielle au système des zones protégées de l'Antarctique puisqu'elle (a) contient une diversité d'espèces particulièrement large, (b) se distingue d'autres zones en raison des sols chauffés par géothermie présents à certains endroits de l'île, offrant ainsi des conditions propices à la création d'habitats de haute importance écologique tant ils sont spécifiques à la région de la péninsule Antarctique et (c) est particulièrement vulnérable aux perturbations anthropiques du fait de la répartition spatiale fortement restreinte des espèces de la flore, surtout celles qui nécessitent des sols chauffés. La ZSPA n° 140 est avant tout protégée en raison de ses valeurs environnementales exceptionnelles (plus précisément pour sa diversité biologique), mais elle l'est également pour les valeurs scientifiques qu'elle renferme (notamment en matière de biologie terrestre, de zoologie, de géomorphologie et de géologie). La recherche scientifique comprend des études de colonisation à long terme et des mesures de températures des sols.

Les 11 sites contenus dans la zone (environ 2,7 km2) englobent des habitats terrestres et lagunaires situés autour de sols chauffés par géothermie, des zones riches en flore et des surfaces dont l'âge est connu puisqu'elles sont apparues à la suite des éruptions de 1967, 1969 et 1970. Ces habitats présentent un éventuel intérêt pour les études de recolonisation. La zone compte une superficie jugée suffisante afin de protéger les valeurs identifiées comme il se doit, lesquelles peuvent être hautement susceptibles de subir des perturbations physiques directes en raison des activités menées par les visiteurs gouvernementaux et non gouvernementaux, et les limites identifiées constituent une zone tampon suffisante autour des caractéristiques sensibles.

Selon l'Analyse des domaines environnementaux du continent Antarctique (résolution 3 [2008] ), l'île de la Déception correspond, de manière prédominante, au domaine environnemental G (îles au large des côtes de la péninsule Antarctique). Le domaine environnemental G est rare, par rapport aux autres domaines environnementaux, et il convient de déployer des efforts conséquents afin de préserver les valeurs que l'on retrouve dans ce type d'environnement.

La ZSPA n° 140 se trouve dans la région de conservation biogéographique de l'Antarctique (RCBA) 3 - Nord-ouest de la péninsule Antarctique (résolution 6 [2012] ).

Aucune zone importante pour la conservation des oiseaux n'est à signaler (résolution 5 [2015] ).

1. Description des valeurs à protéger

Suite à une enquête botanique exhaustive réalisée sur l'île en 2002 (révisée en 2010 et en 2014-2015), 11 sites présentant un intérêt botanique unique ont pu être identifiés. Par conséquent, les valeurs initialement désignées ont été confirmées et considérablement élargies.

Ces valeurs sont les suivantes :

L'île abrite plus d'espèces végétales rares (c.-à-d. qui ne poussent qu'en certains endroits en Antarctique et souvent en quantité limitée) à extrêmement rares (c.-à-d. qui poussent en seulement un ou deux endroits en Antarctique) que n'importe quel autre site en Antarctique. Vingt-huit des 54 espèces de mousses signalées sur l'île, quatre des huit hépatiques et 14 des quelque 75 espèces de lichens sont considérées comme rares, voire extrêmement rares. On trouvera à l'annexe I la liste des espèces végétales considérées comme rares ou extrêmement rares dans la zone du Traité sur l'Antarctique et qui sont présentes sur l'île de la Déception. Ces espèces représentent respectivement 25 %, 17 % et environ 4 % du nombre total de mousses, d'hépatiques et de lichens connus en Antarctique (Aptroot & van der Knaap 1993, Bednarek-Ochyra et al. 2000, Ochyra et al. 2008 ; Øvstedal & Lewis Smith 2001). Treize espèces de mousses (dont deux sont endémiques), deux espèces d'hépatiques et trois espèces de lichens poussant sur l'île de la Déception n'ont été signalées nulle part ailleurs en Antarctique. Ce site est sans pareil dans la région. On peut conclure à un important dépôt de propagules apportées par le vent et les oiseaux de mer - notamment depuis le sud de l'Amérique du Sud - à travers tout le continent Antarctique et qui ne se développent que quand les conditions de germination sont favorables (par exemple grâce à la chaleur et à l'humidité générées par les fumerolles) (Smith 1984 b ; c). Ces sites sont uniques dans la zone du Traité sur l'Antarctique.

Les zones géothermiques plus stables, dont certaines abritent des Fumerolles émettant de la vapeur et des gaz sulfureux, ont donné lieu au développement de communautés de bryophytes de densité et de complexité variables présentant une flore distinctive et unique. La plupart de ces zones ont été créées à l'occasion de la série d'éruptions de 1967-1970, mais l'une d'elles au moins (mont Pond) est antérieure à cette période. Les espèces qui poussent à proximité des cheminées actives sont continuellement soumises à des températures de 30 à 50 °C, ce qui pose des questions importantes concernant leur tolérance physiologique.

Les cendres volcaniques, les coulées de boue, les scories et les lapilli qui se sont déposés entre 1967 et 1970 constituent des aires uniques d'âge connu. Elles sont à l'heure actuelle colonisées par la végétation et par d'autres biotes terrestres, ce qui permet un suivi de la dynamique des migrations et de la colonisation. Ces zones sont instables et soumises à l'érosion par l'eau et le vent, ce qui expose certaines d'entre elles à des changements de surface permanents et à un cycle de recolonisation.

Le lac Kroner, qui est le seul lagon intertidal présentant des sources chaudes en Antarctique, abrite une communauté unique d'algues d'eau saumâtre.

Plusieurs sites de la zone, qui ont été épargnés par les dépôts de cendres causés par les éruptions de 1967-1970, abritent des communautés matures établies de longue date et présentant diverses espèces végétales ; ils sont typiques des écosystèmes stables et plus anciens de l'île.

Le plus grand peuplement connu de sagine Antarctique (Colobanthus quitensis), l'une des deux seules plantes à fleurs de l'Antarctique, est situé dans la zone. Après avoir été quasiment enseveli par les cendres durant l'éruption de 1967, il s'est reconstitué et se propage aujourd'hui à une vitesse sans précédent sur son site d'origine et au-delà. Son évolution peut être corrélée avec la tendance actuelle des changements climatiques régionaux, notamment la hausse des températures.

La zone comprend plusieurs sites dans lesquels des recherches sont menées de manière permanente, notamment des expériences de colonisation à long terme (pointe Collins) et des mesures des variations de température des sols à long terme (colline Caliente).

La zone recèle également des sites dont les surfaces remontent à l'éruption de 1967, ce qui permet d'opérer un suivi précis de la colonisation opérée par les plantes et d'autres biotes, et revêtent donc une grande importance au niveau scientifique.

2. Buts et objectifs

La gestion de la zone vise à :

- éviter toute détérioration ou tout risque substantiel de détérioration des valeurs de la zone en empêchant toute perturbation humaine inutile de ladite zone ;

- permettre d'effectuer des recherches scientifiques dans la zone, pour autant qu'elles soient indispensables, qu'elles ne puissent être menées ailleurs et qu'elles ne portent pas atteinte à l'écosystème naturel de la zone ;

- éviter ou minimiser l'introduction de plantes, d'animaux et de microbes non indigènes dans la zone ;

- veiller à ce que la flore de la zone ne soit pas détériorée par un échantillonnage excessif ;

- préserver l'écosystème naturel de la zone en tant que référence aux fins de futures études comparatives et du suivi des changements écologiques et floristiques, des processus de colonisation et du développement des communautés.

3. Activités de gestion

Les activités de gestion suivantes seront entreprises pour protéger les valeurs de la zone :

Des visites seront organisées le cas échéant afin de déterminer si la zone répond toujours aux objectifs pour lesquels elle a été désignée et de s'assurer que les mesures de gestion et d'entretien sont adéquates.

Les bornes, les panneaux ou autres structures (p. ex. clôtures, cairns) érigés dans la zone à des fins scientifiques et de gestion seront sécurisés et maintenus en bon état, puis enlevés lorsqu'ils ne seront plus nécessaires.

Conformément aux obligations figurant à l'annexe III du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, les sites devront, dans la mesure du possible, être débarrassés des équipements ou matériaux abandonnés, pour autant que cela n'ait pas d'incidence néfaste sur l'environnement et les valeurs de la zone.

Une carte indiquant l'emplacement de chacun des sous-sites de l'île de la Déception (et précisant les restrictions spécifiques qui s'y appliquent) sera exposée en évidence aux stations Gabriel de Castilla (Espagne) et Decepción (Argentine). Des exemplaires du plan de gestion seront fournis à tous et transportés à bord de tous les navires qui envisagent de visiter l'île.

Le cas échéant, les programmes Antarctiques nationaux sont incités à communiquer étroitement afin de garantir que les activités de gestion sont bien mises en œuvre (notamment par le biais du groupe chargé de la gestion de la zone spécialement gérée en Antarctique pour l'île de la Déception). Les programmes Antarctiques nationaux sont tout particulièrement encouragés à se consulter afin d'éviter l'échantillonnage excessif de matériaux biologiques au sein de la zone, surtout étant donné la lenteur de la repousse, la quantité limitée et la répartition d'une partie de la flore. En outre, ils sont invités à envisager la mise en œuvre conjointe des lignes directrices visant à limiter l'introduction et la dispersion d'espèces non indigènes dans la zone.

Au site K, colline Ronald au lac Kroner, tout débris porté par le vent à partir du SMH n° 71, au lac Kroner devra être retiré. Au site G, anse Pendulum, tout débris porté par le vent à partir du SMH n° 76 devra être retiré (cf. section 7 [viii] ).

Au site A, pointe Collins, les pieux existants doivent être entretenus afin de permettre un suivi continu des modifications de la végétation intervenues depuis 1969.

4. Durée de désignation

La zone est désignée pour une période indéterminée.

5. Cartes et photographies

Figure 1. - Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 140, île de la Déception, illustrant l'emplacement des sous-sites A à L (échelle 1:100 000).

Figures 1 a-d. - Cartes topographiques de la zone spécia lement protégée de l'Antarctique n° 140 indiquant l'emplacement des sous-sites A à L (échelle 1:25 000). L'effet représentant l'"ombre de la colline " a été ajouté afin de souligner la topographie des zones.

6. Description de la zone

6 (i) Coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques du milieu naturel

Description générale

Des recherches menées par Smith (1984 a) et Peat et al. (2007) décrivent les régions biogéographiques reconnues présentes au sein de la péninsule Antarctique. L'Antarctique peut être divisé en trois grandes provinces biologiques : maritime nord, maritime sud et continental. L'île de la Déception se trouve au sein de la zone maritime nord (Smith 1984 a).

Caractéristiques naturelles, limites, et valeurs scientifiques

La ZSPA n° 140 comprend 11 sites, représentés dans les figures 1.e ; 1.a ; 1.d. Les photographies annotées pour chaque site sont disponibles à l'annexe 2. Cette distribution fragmentée est caractéristique de la couverture végétale de l'île de la Déception. En raison de la nature sporadique des substrats stables et humides qui ne sont pas sujets à l'érosion, la répartition de la végétation est éparse, et par conséquent restreinte à très dispersée, et souvent composée de très petits habitats. L'utilisation de techniques de télédétection par satellite (indice différentiel normalisé de végétation) a permis de déterminer que la zone de végétation verte présente au sein des sites de la ZSPA représentait 0,10 km2, soit 4 % de la ZSPA.

Les sites sont désignés par des lettres, de A à L (à l'exception du I), attribuées selon le sens des aiguilles d'une montre en partant du sud-ouest de la caldera. Ces lettres sont associées à la principale caractéristique géographique de chaque site. Des photographies de chaque site sont reprises à l'annexe 2. Les coordonnées géographiques des limites sont reprises dans l'annexe 3 mais, puisque de nombreuses limites suivent les caractéristiques naturelles, la description des limites reprises ci-dessous devrait également être consultée.

Site A. - Pointe Collins :

Zone comprise. Les pentes orientées nord, entre la pointe Collins et le point sans nom situé à 1,15 km à l'est (0,6 km à l'ouest de la pointe Entrance) juste en face de la pointe Fildes, qui s'étendent depuis l'arrière de la plage jusqu'à une crête située à environ 1 km à l'intérieur des terres à partir du littoral.

Bornage. La limite orientale du site A court plein sud depuis le littoral à partir du point sans nom à 0,6 km à l'ouest de la point Entrance, en suivant le tracé d'une crête jusqu'à une altitude de 184 mètres. La limite occidentale s'étend depuis la pointe Collins, le long d'une crête orientée plein sud jusqu'à une altitude de 145 mètres. La limite méridionale suit l'arête de la crête arquée qui court d'est en ouest le long d'une ligne de sommets (172, 223 et 214 m) reliant les points situés à 184 mètres et 145 mètres. La zone de la plage - y compris la balise lumineuse de la pointe Collins (entretenue par la marine chilienne) - est exclue du site jusqu'à la courbe de niveau des 10 mètres.

Valeur scientifique. Aucun sol chauffé par géothermie n'est signalé dans les limites de la zone. Le site renferme certains des exemples les plus remarquables de la végétation la plus ancienne de l'île qui ont été globalement épargnés par les récentes éruptions et présentent une grande diversité biologique, ainsi que plusieurs plantes Antarctiques rares, parfois en très grande abondance. Quelques petits plants de Colobanthus quitensi se sont très récemment établis, tandis que la grande hépatique (Marchantia berteroana) se propage rapidement depuis une date assez récente. Des recherches portant sur les phoques ont été entreprises sur la plage située au nord du site. Le site comporte par ailleurs une colonie de goélands dominicains dans les basses falaises qui surplombent la plage. Six parcelles de 50 × 50 cm indiquées avec des pieux en bois disposés en leurs coins (lat. 62°60'00”S, long. 060°34'48”O) ont été établies par la British Antarctic Survey en 1969 afin de suivre les changements dans la végétation intervenus au cours des années suivantes (Collins 1969).

Incidence anthropique. Les collemboles non indigènes Hypogastrura viatica sont présents dans le site A.

Site B. - Lac Cratère :

Zone comprise. Le lac Cratère et ses rives, la plaine au nord et la langue de lave recouverte de scories au sud.

Bornage. Ce site s'étend du pied du versant septentrional de la vaste vallée située à environ 300 mètres au nord du lac Cratère (à environ 30 m d'altitude). La limite occidentale du site suit la ligne de crête située immédiatement à l'ouest du lac et à l'est du petit lac non nommé, à la lat. 62°59'00”S, long. 060°40'30”O. Les limites méridionales et sud-ouest suivent le sommet du versant (à une altitude d'environ 80 m) qui s'étend au sud-ouest et au sud du lac. La limite orientale passe à l'est de la langue de lave située au sud du lac Cratère, autour de la rive orientale du lac et environ 300 mètres à l'intérieur de la plaine située au nord du lac Cratère.

Valeur scientifique. Aucun sol chauffé par géothermie n'est signalé dans les limites de la zone. La principale zone d'intérêt botanique occupe une langue de lave recouverte de scories qui surplombe la zone sud du lac. Le site n'a pas été touché par les récentes éruptions. La végétation de la langue de scories est constituée d'une flore cryptogamique variée comprenant plusieurs espèces Antarctiques rares ainsi qu'un développement exceptionnel de mousses gazonnantes dominé par une espèce relativement commune (Polytrichastrum alpinum). Il est intéressant de noter qu'elle se reproduit ici par voie sexuée en grande abondance. On ne connaît aucun autre cas de pareille profusion de sporophytes de cette espèce, ou de toute autre mousse, en Antarctique. Le grand lit de mousse quasiment monospécifique (Sanionia uncinata) qui tapisse la vallée septentrionale est l'un des plus vastes peuplements continus de l'île.

Site C. - Colline Caliente, à l'extrémité sud de la baie des Fumerolles :

Zone comprise. Une étroite rangée de fumerolles qui s'étend sur environ 40 × 3 mètres le long de l'arête en pente douce du sommet, à une altitude d'environ 95 à 107 mètres sur la colline Caliente surplombant le versant nord-ouest du lagon Albufera qui s'étend au nord-ouest de la station Decepción (Argentine) à l'extrémité sud de la baie des Fumerolles.

Bornage. La zone comprend tous les sols situés au-dessus de la courbe de niveau de 90 mètres de la colline, à l'exception du terrain au sud-ouest d'une pointe située à 10 mètres au nord-ouest du cairn (lat. 62°58'27”S, long. 060°42'31”O) à l'extrémité sud-est de la crête. L'accès au cairn à l'extrémité sud-est de la crête est autorisé.

Valeur scientifique. Il y a un sol chauffé par géothermie sur le site. Plusieurs espèces de mousses rares, dont certaines sont uniques à cette île, colonisent la croûte chauffée du sol à proximité de l'enfilade de cheminées, dont seules deux ou trois sont visibles. La végétation est extrêmement sporadique et cachée, s'étendant au total sur moins de 1 m2 environ dans la zone. Elle est dès lors particulièrement vulnérable aux piétinements et à l'échantillonnage excessif. Les structures existantes au sein du site comprennent des appareils expérimentaux destinés au suivi à long terme des variations de température du sol (opérés par le programme Antarctique espagnol) et plusieurs petits piquets en métal placés le long de la ligne de crête à proximité du point culminant de la crête.

Incidence anthropique. Des collemboles non indigènes Proisotoma minuta sont signalés dans le site C. Au cours des dernières années, la végétation éparse, qui comprend des assemblages de bryophytes rares et très rares, a subi des piétinements humains à répétition, ce qui a eu pour conséquence une diminution de la couverture végétale dans la zone. Il est fortement conseillé de diminuer au minimum les nouvelles entrées et la collecte d'échantillons dans la zone en raison de la nature délicate et du statut menacé des communautés locales de plantes.

Site D. - Baie des Fumerolles :

Zone comprise. Les pentes d'éboulis humides et instables en contrebas des falaises de lave escarpées situées sur le versant oriental de l'extrémité sud de la crête Stonethrow jusqu'à la rupture de pente située au-delà de la plage, à l'ouest de la partie centrale de la baie des Fumerolles. Il n'y a aucune structure située à l'intérieur du site, bien que des débris de bois se trouvent à l'arrière de la plage, quelques mètres au-dessus de la marque de la marée. Le bois pourrait avoir été déposé à cet endroit à la suite d'un tsunami provoqué par une activité volcanique antérieure.

Bornage. La limite méridionale des falaises se termine en une crête proéminente qui descend en direction du sud-est jusqu'à la plage. La limite méridionale du site s'étend depuis la base de la crête (à une altitude d'environ 10 m) le long de la ligne de crête située à la base des falaises, à une altitude d'environ 50 mètres. La limite occidentale suit grossièrement la limite de l'éboulis situé à la base des falaises sur une distance de 800 mètres vers le nord, à une altitude d'environ 50 mètres. La limite orientale s'étend vers le nord le long de la rupture de pente à l'arrière de la plage sur 800 mètres, qui comprend tous les grands rochers. La limite septentrionale (environ 100 mètres de long) s'étend de la rupture de pente à l'arrière de la plage à l'éboulis situé au pied des falaises de coulées de lave. La zone plate de plage partant de la côte, qui inclut deux fumerolles intertidales situées au sud de la baie des Fumerolles, jusqu'à la rupture de pente, est exclue du site.

Valeur scientifique. Aucun sol chauffé par géothermie n'a été signalé dans les limites du site, bien que des fumerolles aient été observées dans la zone intertidale à l'est du site. Le site présente une géologie complexe et abrite la flore la plus diversifiée de l'île, notamment plusieurs espèces Antarctiques rares. Il n'a pas été touché par les récentes éruptions.

Site E. - Ouest de la crête Stonethrow :

Zone comprise. Le site comprend une zone d'activité de fumerolles, ainsi qu'un cône de scories rouges qui se trouve à environ 270 mètres d'altitude, sur le versant nord de la crête orientée d'est en ouest, à quelque 600 mètres au sud-sud-ouest du point le plus élevé de la crête Stonethrow (330 m), à l'ouest de la partie centrale de la baie des Fumerolles. Il comprend deux parties, présentant toutes deux des fumerolles, situées à 20 mètres d'écart. La fumerolle la plus orientale compte une végétation plus riche, composée de lichens, de mousses et d'hépatiques, et couvre une zone totale d'environ 15 × 5 mètres.

Bornage. La limite du site s'étend sur une distance de 10 mètres au-delà de tout signe d'activité géothermique et des sols non chauffés qui relient les deux fumerolles.

Valeur scientifique. Des zones comportant des sols chauffés par géothermie sont présentes sur le site. Le site abrite plusieurs espèces de mousses, d'hépatiques et de lichens très rares, dont les deux principales sont l'hépatique (Clasmatocolea grandiflora) et le lichen (Stereocaulon condensatum), qui n'ont pas été signalées ailleurs en Antarctique. Des photos prises au milieu des années 1980 témoignent de la propagation et de la diversification considérables de ce couvert végétal. La végétation du site abrite un nid de labbes qui avait déjà été signalé en 1993 et en 2002 et qui était occupé en 2010. Ces oiseaux sont peut-être responsables de l'introduction de certaines de ces plantes - notamment l'espèce d'hépatique dominante - depuis la Terre de Feu.

Site F. - Baie Telefon :

Zone comprise. Le site inclut plusieurs caractéristiques créées durant l'éruption qui s'est produite dans la baie Telefon en 1967 : la colline Pisagua, située du côté méridional du site, le petit lac Ajmonecat, peu profond, sur la plaine de cendres située au nord de l'anse Stancomb et la plaine plate de cendres qui s'étend du littoral de la baie Telefon jusqu'aux flancs abrupts et aux affleurements de lave, à quelque 0,5 km à l'intérieur des terres. La colline Pisagua est une nouvelle île, créée en 1967, mais elle est désormais reliée à l'île principale grâce à la plaine de cendres susmentionnée. A l'extrémité nord de la plaine se trouve l'anse Extremadura, qui était un lac jusqu'à que ce que le petit isthme (environ 2 m de large sur 50 m de long) qui le sépare de port Foster soit brisé, vers 2006. L'anse Extremadura est exclue du site.

Bornage. Le littoral septentrional du lagon (anse Stancomb), au sud-ouest de la baie Telefon, marque la limite méridionale du site, alors que la ligne allant de la côte sud-ouest de l'anse Extremadura jusqu'au nord de la baie Telefon marque la limite nord-est du site. La limite sud-est s'étend le long de la côte au sud de la colline Pisagua, vers le nord, jusqu'au littoral de l'anse Extremadura, à l'extrémité septentrionale de la baie Telefon. La limite nord-ouest est grossièrement délimitée par la courbe de niveau des 10 mètres autour de la crête Telefon, qui relie l'anse Stancomb à l'anse Extremadura. Le lac Ajmonecat (lat. 62°55'23”S, long. 060°40'45”O), y compris ses rives, est inclus dans le site. Le littoral de la baie Telefon est exclu du site en vue de conserver un accès aux zones situées au-delà du site. Les individus qui naviguent dans l'anse Extremadura sans permis afin d'entrer dans la ZSPA doivent faire attention à ne pas débarquer de passagers sur la côte sud-ouest de l'anse, puisqu'elle correspond à la limite du site F (cf. figure 1 c).

Valeur scientifique. Aucun sol chauffé par géothermie n'est signalé dans les limites de la zone. L'intérêt botanique du site tient principalement au fait que toutes les surfaces qu'il renferme datent de 1967, ce qui permet un suivi rigoureux de la colonisation par les espèces végétales et par d'autres biotes. Le site paraît globalement aride, mais on y trouve une abondance de mousses et de lichens peu visibles. Etant donné qu'il ne présente aucune activité géothermique, les processus de colonisation pourraient être reliés à la tendance actuelle des changements climatiques. En dépit de la faible diversité biologique, les communautés qui se développent sur le site sont typiques des habitats non chauffés présents sur l'ensemble de l'île.

Incidence anthropique. Des collemboles non indigènes de l'espèce Hypogastrura viatica sont présents sur le site F.

Site G. - Anse Pendulum :

Zone comprise. Le site comprend la pente douce et irrégulière constituée de scories grossières grises, cramoisies et rouges, ainsi que d'occasionnels blocs délités de tuf jaunâtre, à l'est-nord-est de la colline Cramoisie, à environ 0,4-0,8 km à l'est de l'anse Pendulum. Il s'étend d'ouest en est en amont sur environ 500 mètres, et mesure quelque 400 mètres de large du nord au sud. Il a été principalement créé durant l'éruption de 1969, qui a détruit la base chilienne abandonnée toute proche (site et monument historique n° 76). Le site renferme la pente et le "plateau " : ondulé situé derrière l'anse Pendulum.

Bornage. La limite occidentale suit la courbe de niveau des 40 mètres et la limite orientale suit quant à elle la courbe de niveau des 140 mètres à l'est-sud-est de l'anse Pendulum. Les limites septentrionale et méridionale suivent la crête de la couche de glace permanente couverte de débris qui longe le site.

Valeur scientifique. Une activité géothermique a été enregistrée durant une étude réalisée en 1987, avec d'importants dégagements de chaleur depuis les crevasses situées entre les scories. En 2002, aucune activité de ce type n'a été observée. Bien que la végétation soit très rare, ce site d'âge connu est colonisé par de nombreuses espèces de mousses et de lichens. Deux des espèces de mousses (Racomitrium lanuginosum et R. heterostichoides) sont uniques tant sur cette île qu'en Antarctique. Elles sont toutes les deux très rares sur ce site. Plusieurs autres espèces de mousses sont très rares en Antarctique.

Incidence anthropique. L'espèce non indigène de collembole Deuteraphorura cebennaria a été observée à l'anse Pendulum, mais juste en dehors du site G.

Site H. - Mont Pond :

Zone comprise. Le site est situé à environ 1,4-2 km au nord-nord-ouest du sommet du mont Pond. Cette vaste zone d'activité géothermique couvre une aire d'environ 150 × 500 mètres sur la partie supérieure d'une large crête en pente douce à une altitude d'environ 385 à 500 mètres (Smith 1988). A l'extrémité nord du site, on trouve de nombreuses cheminées de fumerolles peu visibles qui forment de petits amoncellements de sol recuit très fin et compacté. La partie supérieure du site, au sud, se trouve à proximité d'un vaste dôme givré, situé à 512 mètres, sous le vent duquel on trouve à environ 500-505 mètres de nombreuses fumerolles actives, également entourées de sol fin, recuit et compacté sur une pente abrupte, humide et abritée. Les vastes zones de sol chaud qui entourent les fumerolles sont constituées d'un sol fin dont la croûte fragile est extrêmement vulnérable aux piétinements. On y trouve plusieurs peuplements de végétation bryophyte dense et épaisse pouvant aller jusqu'à 10 cm d'épaisseur. Les affleurements de tuf jaunâtre à proximité abritent une autre communauté de mousses et de lichens.

Bornage. La limite septentrionale se situe à la lat. 62°55'51”S, la limite méridionale à la lat. 62°56'12”S, et la limite orientale est la long. 060°33'30”O. La limite occidentale suit la ligne de crête de la large crête qui descend vers le nord-nord-ouest à partir du sommet de mont Pond entre la long. 060°33'48”O et la long. 060°34'51”O.

Valeur scientifique. Ce site revêt un intérêt botanique considérable et sans pareil en Antarctique. Il abrite plusieurs espèces de mousses qui sont soit uniques soit extrêmement rares en Antarctique. Le développement de mousses gazonnantes (Dicranella hookeri et Philonotis polymorpha) dans la partie supérieure du site est exceptionnel et deux espèces au moins ont largement colonisé la zone depuis la dernière visite effectuée en 1994. La grande hépatique (Marchantia berteroana) colonise rapidement la croûte de sol chaud et humide située à la périphérie des peuplements de mousses. Au moins une espèce d'agaricacée est également présente parmi les mousses, constituant le plus important relevé de cette espèce en Antarctique. Une communauté totalement distincte de mousses et de lichens peuple les affleurements rocheux, dont plusieurs espèces extrêmement rares, en particulier les Schistidium andinum et S. praemorsum.

Site J. - Cône Perchué :

Zone comprise. Ce cône de cendres se trouve à environ 750 mètres au nord-est de la colline Ronald et comprend une rangée très étroite de fumerolles ainsi que les sols chauds situés à proximité sur la pente orientée à l'ouest à quelque 160-170 mètres d'altitude (lat. 62º58'00,9”S ; long. 060º33'39,7”O). L'aire géothermique couvre une surface d'à peu près 25 × 10 mètres ; la fine surface de cendres et de lapilli de l'ensemble de la pente est extrêmement vulnérable aux piétinements.

Bornage. La limite septentrionale se trouve à la lat. 62°57'50”S, la limite méridionale à la lat. 62°58'05”S, la limite orientale à la long. 060°33'25”O et la limite occidentale à la long. 060°33'50”O. Le site J, cône Perchué, a été désigné zone interdite afin de protéger la végétation vulnérable et les structures de sol à cet endroit. L'accès au site J, cône Perchué, est strictement interdit.

Valeur scientifique. Le site renferme plusieurs espèces de mousses extrêmement rares en Antarctique. Des photos laissent à penser que la colonisation par les mousses a diminué depuis le milieu des années 1980.

Site K. - Colline Ronald au lac Kroner :

Zone comprise. Ce site comprend la plaine circulaire du cratère située immédiatement au sud de la colline Ronald et s'étend le long d'une ravine de délavage large et peu profonde flanquée de part et d'autre par une berge de faible hauteur, puis vers le sud jusqu'au lac Kroner. Dans l'ensemble de la zone, le substrat est composé de boues, de cendres fines et de lapilli consolidés déposés par le lahar de l'éruption de 1969. Une partie du site, en particulier la ravine, conserve une activité géothermique. Le site comprend également le lagon géothermique intertidal (lac Kroner) qui relève de la même caractéristique volcanologique. Ce petit lac de cratère circulaire d'eau saumâtre et peu profonde a été envahi par la mer durant les années 80 et c'est aujourd'hui le seul lagon Antarctique chauffé géothermiquement.

Bornage. La ligne de démarcation du site court autour du bassin du cratère, d'une ravine et du lac Kroner ainsi que d'une zone d'environ 100-150 mètres autour du lac. Un corridor en contrebas de la colline Ronald, depuis la rupture de pente jusqu'aux rochers massifs les plus bas à quelque 10 à 20 mètres de là, est exclu des limites pour permettre d'accéder au-delà de la zone.

Valeur scientifique. Ce site présente des surfaces d'âge connu colonisées par de nombreuses espèces de mousses, d'hépatiques et de lichens, dont certaines sont extrêmement rares en Antarctique (comme les mousses Notoligotrichum trichodon et Polytrichastrum longisetum, de même qu'un lichen rare, Peltigera didactyla, qui colonise plus d'1 ha de la surface du cratère). Le littoral géothermique intertidal au nord du lac Kroner présente une communauté unique d'algues.

Incidence anthropique. Des espèces non indigènes de collemboles (Hypogastrura viatica, Mesaphorura macrochaeta et Proisotoma minuta) et de mites (Speleorchestes sp., Terpnacarus gibbosus et Coccotydaeolus cf. krantzii) sont présentes sur différents sites autour de la baie des Baleiniers et peuvent être présentes sur le site K. Des espèces de collamboles non indigènes (Protaphorura fimata et Folsom, a candida) ont été observées à la baie des Baleiniers dans les années 1960 mais pas lors des études suivantes.

Site L. - Pointe Sud-est :

Zone comprise. Une crête rocheuse orientée est-ouest à environ 0,7 km au nord de la pointe Sud-est, qui s'étend du sommet de la falaise maritime (à environ 20 mètres d'altitude) sur environ 250 mètres à l'ouest, jusqu'à un point situé à quelque 80 mètres d'altitude. Le versant nord de la crête est un affleurement vertical de lave de faible hauteur menant à une pente raide et instable qui descend jusqu'au fond d'une ravine parallèle à la crête. Le versant sud du site est constitué par la crête de la dorsale en pente douce recouverte de cendres et de lapilli.

Bornage. Le site s'étend sur 50 mètres au nord et au sud de l'affleurement de lave.

Valeur scientifique. Ce site abrite la plus vaste population de sagine Antarctique (Colobanthus quitensis) connue en Antarctique. Avant l'éruption de 1967 (Longton 1967), c'était la plus grande population connue. Elle couvrait environ 300 m2 avant d'être presque totalement ensevelie par les cendres. Elle s'est progressivement rétablie et, depuis environ 1985-1990, on a constaté une augmentation massive de nouvelles plantules et la population s'est propagée sous le vent (vers l'ouest et en amont). La sagine est désormais très abondante sur une surface d'environ 2 ha. Le site est également remarquable par l'absence de l'autre plante vasculaire indigène, la canche Antarctique (Deschampsia antarctica), qui est quasiment toujours associée à la sagine. Des photos du site prises immédiatement après l'éruption attestent de la disparition quasi totale des lichens qui ont de nouveau rapidement et massivement colonisé la zone ; la grande espèce buissonnante Usnea antarctica est particulièrement abondante et a atteint une taille considérable durant la période relativement courte de recolonisation. La flore cryptogamique du site est généralement clairsemée et typique de la majeure partie de l'île. Le site est particulièrement important pour le suivi de la reproduction et de la propagation de la sagine dans un site d'âge connu.

6 (ii) Accès à la zone

L'accès au site se fait à pied ou par une petite embarcation.

L'atterrissage d'hélicoptères est interdit dans la zone. Le plan de gestion pour l'île de la Déception, ZGSA 4, indique les sites recommandés pour l'atterrissage d'hélicoptères sur l'île de la Déception. Ceux-ci se retrouvent également sur la figure 1. Les sites permettant l'atterrissage pour les hélicoptères et pouvant être utiles pour accéder aux sites sont situés aux endroits suivants : station Decepción (Argentine ; lat. 62°58'30”S, long. 060°42'00”O), nord de la baie des Fumerolles (lat. 62°57'18”S, long. 060°42'48”O), le sud de la colline Cross (lat. 62°56'39”S, long. 060°41'36”O), est de la baie Telefon (lat. 62°55'18”S, long. 060°38'18”O), anse Pendulum (lat. 62°56'12”S, long. 060°35'45”O) et la baie des Baleiniers (lat. 62°58'48”S, long. 060°33'12” O).

Les déplacements vers les sites devront se faire en toute diligence afin de minimiser les perturbations au sol et à la végétation en chemin.

Les opérations de survol de la zone doivent être réalisées conformément aux Lignes directrices pour l'exploitation d'aéronefs à proximité des concentrations d'oiseaux dans l'Antarctique, inscrites dans la résolution 2 (2004). Le survol du site A, pointe Collins, nécessite une attention toute particulière. Ce site comprend en effet une colonie de goélands dominicains, située dans les basses falaises surplombant la plage.

6 (iii) Emplacement des structures à l'intérieur de la zone et adjacentes à celle-ci

Deux stations de recherche se trouvent à proximité des sites de la ZSPA : station Decepción (Argentine ; lat. 62°58'30”S, long. 060°41'54”O) et la station Gabriel de Castilla (Espagne ; lat. 62°58'36”S, long. 060°40'30” O). Deux sites et monuments historiques se trouvent à proximité des sites de la ZSPA : la baie des Baleiniers (SMH 71 ; lat. 62°58'42”S, long. 060°33'36”O) et les ruines de la station Base Pedro Aguirre Cerda (SMH 76 ; lat. 62°56'12”S, long. 060°35'36” O). La balise de navigation de la pointe Collins se situe à la lat. 62°59'42”S, long. 060°35'12”O. Au site A, la pointe Collins, on trouve six parcelles de 50 × 50 cm signalées aux angles par des pieux en bois, dont certains manquent (lat. 63°00'00”S, long. 060°34'48” O). Ces parcelles ont été créées par la British Antarctic Survey en 1969 pour mesurer l'évolution de la végétation (Collins 1969) ; des données ont été relevées en 1969 et en 2002. Ces repères doivent être laissés en place.

Les structures existantes au sein du site comprennent des appareils expérimentaux destinés au suivi à long terme des variations de température du sol (opérés par le programme Antarctique espagnol) et plusieurs petits piquets en métal placés le long de la ligne de crête à proximité de la crête près du point culminant.

D'autres structures situées à proximité de la zone sont reprises dans le plan de gestion de la ZGSA de l'île de la Déception.

6 (iv) Emplacement d'autres zones protégées à proximité directe de la zone

La ZSPA 145 comprend deux sites présentant une importance benthique au sein du port Foster. L'île de la Déception et le port Foster sont gérés par la ZGSA 4, île de la Déception.

6 (v) Aires spéciales à l'intérieur de la zone

Le site J, cône Perchué a été désigné zone interdite afin de protéger la végétation vulnérable et les structures de sol à cet endroit. L'accès au site J, cône Perchu?, est strictement interdit.

7. Critères de délivrance des permis

7 (i) Critères généraux

L'accès à la zone est interdit sauf si un permis a été délivré par une autorité nationale compétente. Les critères de délivrance d'un permis pour entrer dans la zone sont les suivants :

- le permis n'est délivré que pour un objectif scientifique impérieux qui ne peut être servi ailleurs ; ou

- pour opérer des tâches de gestion essentielles, comme l'inspection, l'entretien ou l'examen ;

- les actions autorisées ne mettront pas en péril les valeurs scientifiques ou écologiques ou floristiques de la zone ;

- toutes les activités de gestion entreprises le seront à l'appui des objectifs du plan de gestion ;

- les activités autorisées sont conformes au présent plan de gestion ;

- le permis, ou une copie autorisée, sera emporté à l'intérieur de la zone ;

- tout permis sera délivré pour une durée déterminée ;

- les autorités compétentes doivent être informées de toute activité ou mesure qui ne serait pas autorisée par le permis.

7 (ii) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur ou au-dessus de celle-ci

Les véhicules terrestres sont interdits dans la zone.

L'atterrissage d'hélicoptères est interdit dans la zone. Le plan de gestion pour l'île de la Déception, ZGSA 4, indique les sites recommandés pour l'atterrissage d'hélicoptères sur l'île de la Déception. Ceux-ci se retrouvent également sur la figure 1.

Les petites embarcations sont autorisées aux fins d'échantillonnage dans les lacs des sites B (lac Cratère) et F (baie Telefon) ainsi que dans le lagon du site K (colline Ronald au lac Kroner). Avant d'être utilisées dans les sites, ces embarcations doivent être nettoyées afin de réduire le risque d'introduction d'espèces non indigènes provenant de l'extérieur de la zone du Traité et d'autres endroits de l'Antarctique, notamment d'autres sites au sein de la ZSPA 140. Les bateaux à moteur sont proscrits.

Les déplacements à l'intérieur des sites de la zone doivent s'effectuer à pied.

Les déplacements à l'intérieur de la zone seront effectués en gardant à l'esprit le "Code de conduite pour les activités en environnement géothermique continental en Antarctique du SCAR ".

Tous les déplacements à l'intérieur de la zone seront entrepris avec diligence de manière à perturber le moins possible le sol et la végétation.

La végétation du site C (colline Caliente) étant sporadique et cachée, elle est particulièrement vulnérable aux piétinements et à l'échantillonnage excessif. Il convient de faire extrêmement attention afin d'éviter de piétiner la végétation lors de la visite de ce site.

Le sol situé autour du site J, cône Perchué est extrêmement friable et particulièrement vulnérable aux dégâts générés par les piétinements. Comparé à d'autres fumerolles de l'île de la Déception, le cône Perchu? a été peu visité par l'homme et a donc été peu touché par des piétinements. Il peut dès lors servir de site de référence pour de futures études scientifiques. Par conséquent, le site J a été désigné zone interdite et il est strictement interdit d'y pénétrer.

7 (iii) Activités pouvant être menées dans la zone

Les activités incluent :

- des travaux de recherche scientifique indispensables qui ne peuvent être entrepris ailleurs et ne risquent pas de mettre en péril l'écosystème de la zone ;

- les activités de gestion et de surveillance indispensables ;

- des études, à entreprendre en fonction des besoins, visant à déterminer l'état des valeurs botaniques pour lesquelles chaque site a été désigné, en appui aux objectifs du présent plan de gestion.

7 (iv) Installation, modification ou démantèlement de structures

D'autres structures ou installations ne seront pas érigées dans la zone, sauf si le permis l'autorise. Tous les équipements scientifiques, bornes ou structures installés dans la zone doivent être approuvés par un permis et identifier clairement le pays, le nom du principal chercheur et l'année de l'installation. Tous ces éléments doivent avoir été fabriqués avec des matériaux qui présentent un risque minimum de contamination de la zone (cf. section 7 [vi] ).

7 (v) Emplacement des camps

Il est interdit de camper à l'intérieur de la zone. Le plan de gestion de la ZGSA de l'île de la Déception recommande à cet effet divers sites situés à l'extérieur de la ZSPA n° 140. Les campements qui peuvent être utilisés pour accéder aux sites sont situés aux endroits suivants : nord de la baie des Fumerolles (lat. 62°57'18”S, long. 060°42'42”O), le sud de la colline Cross (lat. 62°56'36”S, long. 060°41'30”O), est de la baie Telefon (lat. 62°55'18”S, long. 060°38'12”O), anse Pendulum (lat. 62°56'12”S, long. 060°35'42”O) et la baie des Baleiniers (lat. 62°58'54”S, long. 060°33'0”O) (cf. figure 1). Lors de la planification des lieux de campements et des activités, il convient de tenir compte, le cas échéant, des recommandations émises dans le Code de conduite pour les activités en environnement géothermique continental en Antarctique du SCAR.

7 (vi) Restrictions concernant les matériaux et organismes pouvant être introduits dans la zone

L'introduction délibérée d'animaux, de matières végétales, de micro-organismes et de terre non stérile dans la zone ne sera pas autorisée. Des mesures de précaution draconiennes doivent être prises pour éviter l'introduction accidentelle de tout animal, forme végétale, micro-organisme et terre non stérile provenant de régions biologiques distinctes (comprises à l'intérieur ou à l'extérieur de la zone du Traité sur l'Antarctique) et ce afin de préserver les valeurs floristiques et écologiques de la zone. La prudence est de mise afin d'éviter de transférer des espèces entre différents sites de la ZSPA. Les visiteurs doivent tenir compte des recommandations émises dans les lignes directrices relatives à la biosécurité reprises à l'annexe 11 au plan de gestion de la zone gérée spéciale de l'Antarctique n° 4, île de la Déception, ainsi que du "Code de conduite pour les activités en environnement géothermique continental en Antarctique du SCAR ", le cas échéant (les deux documents sont disponibles à l'adresse http://www.scar.org/codes-of-conduct). Les visiteurs sont également priés de consulter et de suivre, le cas échéant, les recommandations formulées dans le "Manuel sur les espèces non indigènes du CPE " (disponible à l'adresse : http://www.ats.aq/f/ep_faflo_nns.htm). Tout le matériel d'échantillonnage et les balises introduits dans la zone doivent être nettoyés et stérilisés. Dans la mesure du possible, les chaussures et autres équipements utilisés ou introduits dans la zone (y compris les sacs et les sacs à dos) doivent être minutieusement nettoyés avant d'entrer dans la zone. Aucun produit alimentaire à base d'œufs ou de volaille ne sera emmené dans la zone.

Aucun herbicide ou pesticide ne doit être introduit dans la zone. Tous les autres produits chimiques, y compris les radionucléides ou les isotopes stables susceptibles d'être introduits pour des raisons scientifiques ou de gestion visées dans le permis, seront enlevés de la zone à la fin ou avant la fin de l'activité pour laquelle le permis a été délivré. Il est interdit de libérer des radionucléides ou des isotopes stables directement dans l'environnement si ceux-ci ne sont pas récupérables par la suite.

Il est interdit d'entreposer des combustibles, des aliments ou d'autres matériels sur le site, sauf autorisation expresse à cet effet mentionnée dans le permis à des fins scientifiques ou de gestion. Les dépôts permanents ne sont pas autorisés. Tous les matériaux seront introduits dans la zone pour une période déterminée et en seront enlevés au plus tard à la fin de cette période. Ils seront en outre manipulés et entreposés de manière à minimiser le risque de leur introduction dans l'environnement. En cas de déversement susceptible de mettre en péril les valeurs de la zone, leur enlèvement est encouragé à condition que l'impact de celui-ci ne soit pas susceptible d'être supérieur à celui consistant à laisser le matériel in situ. L'autorité compétente devra être notifiée des matériaux qui ont été libérés et non enlevés, alors qu'ils n'étaient pas inclus dans le permis approuvé.

7 (vii) Prélèvement de végétaux et capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et à la flore

Le prélèvement de végétaux et la capture d'animaux, ou les interférences nuisibles avec la faune et la flore, sont interdits, hormis sur délivrance d'un permis conformément à l'annexe II au Protocole relatif à la protection de l'environnement du Traité sur l'Antarctique. Dans le cas de captures ou de perturbations nuisibles d'animaux, le "Code de conduite du SCAR pour l'utilisation d'animaux à des fins scientifiques dans l'Antarctique " doit être utilisé comme norme minimale.

7 (viii) Prélèvement ou enlèvement de matériel non introduit dans la zone par le détenteur de permis

Des matériaux biologiques, géologiques (y compris des échantillons de sol et de sédiments lacustres) ou hydrologiques ne peuvent être prélevés ou retirés de la zone qu'en conformité avec un permis et uniquement dans les limites nécessaires pour répondre aux besoins de la recherche scientifique ou de la gestion de la zone. Un permis ne sera pas délivré s'il y a lieu de croire que l'échantillonnage envisagé impliquerait de prélever, d'enlever ou d'endommager de telles quantités de sol, de sédiments, de faune et de flore que la distribution ou l'abondance à l'intérieur de la zone en serait gravement affectée. Les éléments d'origine humaine susceptibles de porter atteinte aux valeurs de la zone, et qui n'y ont pas été introduits par le titulaire du permis ou dont l'introduction n'a pas été autorisée, pourront être retirés à moins que leur enlèvement soit plus préjudiciable que leur maintien in situ. Dans ce cas, l'autorité compétente devra en être notifiée. Tout débris porté dans la zone par le vent sera retiré. Les débris en plastique doivent être éliminés conformément aux dispositions de l'annexe III (Elimination et gestion des déchets) du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement (1998). Les autres matériaux portés par le vent doivent être rendus au site ou monument historique dont ils proviennent et attachés de manière à éviter qu'ils soient à nouveau emportés par le vent. Un rapport détaillant la nature des matériaux retirés de la ZSPA et l'emplacement où ils ont été attachés au sein du site ou monument historique devrait être présenté au groupe chargé de la gestion de la zone gérée spéciale de l'Antarctique (ZGSA) de l'île de la Déception, par le biais du président, en vue de déterminer la manière la plus adéquate de gérer ces débris (les conserver pour préserver une valeur historique ou les éliminer comme il se doit) (cf. le site web de la ZGSA de l'île de la Déception : http://www.deceptionisland.aq/contact.php).

7 (ix) Elimination des déchets

Tous les déchets seront retirés de la zone, conformément à l'annexe III (Elimination et gestion des déchets) du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement (1998). Afin d'éviter tout enrichissement des sols par des nutriments ou des microbes d'origine anthropique, aucun déchet humain, solide ou liquide, ne sera déposé au sein de la zone. Les déchets humains peuvent être éliminés dans le port Foster, à condition d'empêcher qu'ils pénètrent dans la ZSPA 145.

7 (x) Mesures nécessaires pour continuer d'atteindre les objectifs du plan de gestion

Des permis peuvent être délivrés pour entrer dans la zone afin d'y réaliser des activités de surveillance biologique et d'inspection.

Les sites dans lesquels s'opèrent des suivis à long terme seront signalés de manière adéquate et les bornes ou panneaux feront l'objet d'un entretien.

Des permis peuvent être délivrés afin de permettre le suivi dans la zone ou d'opérer des activités de gestion, comme indiqué dans la section 3.

7 (xi) Rapports de visite

Pour chaque visite dans la zone, le principal détenteur du permis soumet, dès que possible et au plus tard dans les six mois suivant la visite, un rapport à l'autorité nationale compétente. Ces rapports doivent contenir, le cas échéant, les catégories d'informations mentionnées dans le formulaire de rapport de visite repris dans le Guide pour l'élaboration des plans de gestion des zones spécialement protégées de l'Antarctique, disponible sur le site du secrétariat du Traité sur l'Antarctique : www.ats.aq. Le cas échéant, l'autorité nationale doit également transmettre une copie du rapport de visite à la Partie qui a proposé le plan de gestion, afin de contribuer à la gestion de la zone et à la révision du plan de gestion. Les Parties doivent, dans la mesure du possible, déposer les originaux ou les copies de ces rapports dans une archive à laquelle le public pourra avoir accès afin de conserver une archive d'usage qui sera utilisée pour toute révision du plan de gestion et pour l'organisation de l'utilisation scientifique de la zone.

8. Bibliographie

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Baker, P.E., McReath, I., Harvey, M. R., Roobol, M. , & Davies, T.G. 1975. The geology of the South Shetland Islands : V. Volcanic evolution of Deception Island. British Antarctic Survey Scientific Reports, No. 78, 81 pp.

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Collins, N.J. 1969. The effects of volcanic activity on the vegetation of Deception Island. British Antarctic Survey Bulletin, 21, 79-94.

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Ochyra, R., Bednarek-Ochyra, H. and Smith, R.I.L. The Moss Flora of Antarctica. 2008. Cambridge University Press, Cambridge. p. 704.

Øvstedal, D.O. and Smith, R.I.L. 2001. Lichens of Antarctica and South Georgia : A Guide to their Identification and Ecology. Cambridge University Press, Cambridge, p. 411.

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Smellie, J.L., López-Martínez, J., Headland, R.K., Hernández-Cifuentes, Maestro, A., Miller, I.L., Rey, J., Serrano, E., Somoza, L. and Thomson, J.W. 2002. Geology and geomorphology of Deception Island, 78 pp. BAS GEOMAP Series, Sheets 6-A and 6-B, 1 : 25,000, British Antarctic Survey, Cambridge.

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Smith, R.I.L. 1984b. Colonization and recovery by cryptogams following recent volcanic activity on Deception Island, South Shetland Islands. British Antarctic Survey Bulletin, 62, 25-51.

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Smith, R.I.L. 1988. Botanical survey of Deception Island. British Antarctic Survey Bulletin, 80, 129-136.

Figure 1. - Carte de l'île de la Déception représentant les 11 sites qui composent la ZSPA 140, parties de l'île de la Déception, îles Shetland du Sud.

Figure 1.a. - Carte représentant l'emplacement des sites A, J, K et L de la ZSPA n° 140.

Figure 1.b. - Carte représentant l'emplacement des sites B, C, D et E de la ZSPA n° 140.

Figure 1.c. - Carte représentant l'emplacement du site F de la ZSPA n° 140.

Figure 1.d. - Carte représentant l'emplacement des sites G et H de la ZSPA n° 140.

Annexe 1

Liste des espèces de plantes présentes sur l'île de la Déception et classées selon les catégories « rare » ou « très rare » dans la zone du Traité sur l'Antarctique.

A. - Bryophytes (H = hépatique) :

Espèces

Sites où est présente l'espèce

Notes

Brachythecium

D

Plusieurs autres sites Antarctiques

B. fuegianum

G

Seul site Antarctique connu

Bryum amblyodon

C, D, G, K

Plusieurs autres sites Antarctiques connus

B. dichotomum

C, E, H, J

Seul site Antarctique connu

B. orbiculatifolium

H, K

Un autre site Antarctique connu

B. pallescens

D

Plusieurs autres sites Antarctiques connus

Cryptochila grandiflora (H)

E

Seul site Antarctique connu

Dicranella hookeri

C, E, H

Seul site Antarctique connu

Didymodon brachyphillus

A, D, G, H

Plus abondant localement que dans tout autre site Antarctique connu

Ditrichum conicum

E

Seul site Antarctique connu

D. ditrichoideum

C, G, J

Seul site Antarctique connu

D. heteromallum

C, H

Seul site Antarctique connu

D. hyalinum

G

Plusieurs autres sites Antarctiques

D. hyalinocuspidatum

G

Plusieurs autres sites Antarctiques connus

Grimmia plagiopodia

A, D, G

Une espèce Antarctique continentale

Hymenoloma antarcticum

A, C, D, E, G, K

Plusieurs autres sites Antarctiques

H. crispulum

G

Plusieurs autres sites Antarctiques

Notoligotrichum trichodon

K

Un autre site Antarctique connu

Philonotis polymorpha

E, H

Seul site Antarctique connu

Platyneurum
jungermannioides

D

Plusieurs autres sites Antarctiques connus

Polytrichastrum longisetum (H)

K

Un autre site Antarctique connu

Pohlia wahlenbergii

A, E, H

Un autre site Antarctique connu

Racomitrium eterostichoides

G

Seul site Antarctique connu

R. lanuginosum

G

Seul site Antarctique connu

R. subsecundum

C

Seul site Antarctique connu

R. amblyophyllum

C, D, G, H

Plusieurs autres sites Antarctiques

S. andinum

H

Plusieurs autres sites Antarctiques

S. deceptionensis sp. nov.

C

Endémique sur Déception

S. leptoneurum sp. nov.

D

Endémique sur Déception

Schistidium praemorsum

H

Un autre site Antarctique connu

Syntrichia andersonii

D, L

Seul site Antarctique connu

B. - Lichens :

Espèces

Sites où est présente l'espèce

Notes

Acarospora austroshetlandica

A

Un autre site Antarctique connu

Caloplaca johnstonii

B, D, F, L

Plusieurs autres sites Antarctiques connus

Catapyrenium lachneoides

?

Plusieurs autres sites Antarctiques connus

Cladonia galindezii

A, B, D

Plus abondante que sur tout autre site connu

Degelia sp.

K

Seul site Antarctique connu

Ochrolechia parella

A, B, D

Plus abondante que sur tout autre site connu

Peltigera didactyla

B, K

Très rare sur le site B ; très petite forme colonisante abondante sur le site K

Pertusaria excludens

D

Plusieurs autres sites Antarctiques connus

P. oculae-ranae

G

Seul site Antarctique connu

Placopsis parellina

A, B, D, G, H

Plus abondante que sur tout autre site connu

Protoparmelia loricata

B

Plusieurs autres sites Antarctiques

Psoroma saccharatum

D

Seul site Antarctique connu

Stereocaulon condensatum

E

Seul site Antarctique connu

S. vesuvianum

B, G

Plusieurs autres sites Antarctiques

Annexe 2

Photographies des sites qui composent la ZSPA 140. Les photographies ont été prises entre le 19 et le 26 janvier 2010 (K. Hughes : A, B, C, E, F, G, J, K, L ; P. Convey : D, H).

Annexe 3

Coordonnées géographiques des limites des sites qui composent la ZSPA 140, parties de l'île Déception. De nombreuses limites suivent les caractéristiques naturelles et les descriptions détaillées de ces limites se trouvent à la section 6. Les coordonnées des limites sont numérotées, le numéro 1 correspondant aux coordonnées les plus septentrionales et les suivantes étant numérotées de manière séquentielle dans le sens des aiguilles d'une montre autour de chaque site.

Site

Numéro

Latitude

Longitude

A : pointe Collins

1

62°59'50”S

060°33'55”O

 

2

63°00'06”S

060°33'51”O

 

3

63°00'16”S

060°34'27”O

 

4

63°00'15”S

060°34'53”O

 

5

63°00'06”S

060°35'15”O

 

6

62°59'47”S

060°35'19”O

 

7

62°59'59”S

060°34'48”O

 

8

62°59'49”S

060o34'07”O

       

B : lac Cratère

1

62°58'48”S

060°40'02”O

 

4

62°59'01”S

060°39'37”O

 

5

62°59'11”S

060°39'47”O

 

6

62°59'18”S

060°39'45”O

 

7

62°59'16”S

060°40'15”O

 

8

62°59'04”S

060°40'31”O

 

9

62°58'56”S

060°40'25”O

       


C : colline Caliente

1

62°58'33”S

060°42'12”O

 

2

62°58'27”S

060°42'28”O

 

3

62°58'29”S

060°42'33”O

 

4

62°58'25”S

060°42'51”O

       


D : baie des Fumerolles

1

62°57'42”S

060°43'05”O

 

2

62°58'04”S

060°42'42”O

 

3

62°57'53”S

060°43'08”O

 

4

62°57'43”S

060°43'13”O

       

E : ouest de la crête Stonethrow

1

62°57'51”S

060°44'00”O

 

2

62°57'54”S

060°44'00”O

 

3

62°57'54”S

060°44'10”O

 

4

62°57'51”S

060°44'10”O

       

F : baie Telefon

1

62°55'02”S

060°40'17”O

 

2

62°55'11”S

060°39'45”O

 

3

62°55'35”S

060°40'43”O

 

4

62°55'30”S

060°41'13”O

 

5

62°55'21”S

060°41'07”O

       

G : anse Pendulum

1

62°56'10”S

060o35'15”O

 

2

62°56'20”S

060°34'41”O

 

3

62°56'28”S

060°34'44”O

 

4

62°56'21”S

060°35'16”O

       

H : mont Pond

1

62°55'51”S

060°33'30”O

 

2

62°56'12”S

060°33'30”O

 

3

62°56'12”S

060°33'48”O

 

4

62°55'57”S

060°34'42”O

 

5

62°55'51”S

060°34'42”O

       

J : cône Perchué

1

62°57'50”S

060°33'50”O

 

2

62°57'50”S

060°33'25”O

 

3

62°58'05”S

060°33'25”O

 

4

62°58'05”S

060°33'50”O

       

K : colline Ronald au lac Kroner

1

62°58'25”S

060°34'22”O

 

2

62°58'32”S

060°34'20”O

 

3

62°58'34”S

060°34'27”O

 

4

62°58'41”S

060°34'30”O

 

5

62°58'44”S

060°34'18”O

 

6

62°58'50”S

060°34'18”O

 

7

62°58'58”S

060°34'38”O

 

8

62°58'49”S

060°34'53”O

 

9

62°58'41”S

060°34'40”O

 

10

62°58'24”S

060°34'44”O

       

L : pointe sud-est

1

62°58'53”S

060°31'01”O

 

2

62°58'56”S

060°30'59”O

 

3

62°58'57”S

060°31'13”O

 

4

62°58'55”S

060°31'14”O

Annexe 4

Accès recommandés aux sites qui composent la ZSPA 140.

Site

Dénomination

Itinéraire d'accès préféré

A

Pointe Collins

Par bateau : accoster sur le littoral au nord du site (port Foster)

B

Lac Cratère

Par voie terrestre : traverser la partie ouest de la crête qui s'élève sur 500 mètres au sud de la station Gabriel de Castilla, puis parcourir 200 mètres vers l'est jusqu'à atteindre la limite occidentale des zones.

C

Colline Caliente

Par voie terrestre : accéder au site par la baie des Fumerolles, au nord du site, ou le long de la crête proéminente qui se trouve au sud-ouest du sommet de la colline Caliente.

D

Baie des Fumerolles

Par bateau : accès par la côte de la baie des Fumerolles.

E

Ouest de la crête Stonethrow

Par voie terrestre : depuis la baie des Fumerolles, se diriger vers le sud-ouest au-delà du lagon Albufera et continuer ensuite vers le nord, en traversant le flanc occidental de la crête Stonethrow. Le site se situe sur le versant nord de la crête orientée est-ouest qui se trouve à environ 600 mètres au sud-sud-ouest du point culminant de la crête Stonethrow.

F

Baie Telefon

Par bateau : accéder au site soit par la baie Telefon, soit par l'anse Stancomb.

G

Anse Pendulum

Par bateau : accéder au site via l'anse Pendulum, le port Foster, puis par voie terrestre au-delà du SMH n° 76.

H

Mont Pond

Par voie terrestre : accéder prudemment à partir de l'anse Pendulum par la crête libre de glaces proéminente située à l'ouest du site.

J

Cône Perchu?

Zone interdite : NE PAS Y PÉNÉTRER

K

Colline Ronald au lac Kroner

Par bateau : accoster dans la baie des Baleiniers, au sud du site - ne pas naviguer dans le lac Kroner pour accéder au site (cf. section 7 (ii) pour davantage de détails).
Par voir terrestre : accéder par la baie des Baleiniers, à l'est du site.

L

Pointe sud-est

A pied : Accéder prudemment par voie terrestre, soit par la baie des Baleiniers (à l'ouest du site), soit par Bailey Head (au nord du site).

Mesure 7 (2017)

Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 165 (Pointe Edmonson, Baie de Wood, mer de Ross) : plan de gestion révisé (ensemble trois annexes)

Les Représentants,

Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement qui disposent de la désignation des zones spécialement protégées de l'Antarctique (« ZSPA ») et de l'adoption des plans de gestion pour ces zones ;

Rappelant la mesure 1 (2006), laquelle désigne comme ZSPA n° 165 la pointe Edmonson, baie de Wood, mer de Ross, et contient en annexe un plan de gestion pour la zone ;

Rappelant la mesure 8 (2011), qui a adopté un plan de gestion révisé pour la ZSPA n° 165 ;

Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a approuvé un plan de gestion révisé pour la ZSPA n° 165 ;

Souhaitant remplacer le plan de gestion actuel pour la ZSPA n° 165 par le plan de gestion révisé ;

Recommandent à leurs Gouvernements d'approuver la mesure suivante conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement :

Que :

1. Le plan de gestion révisé pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 165 (pointe Edmonson, baie de Wood, mer de Ross), qui figure en annexe de la présente mesure, soit approuvé ; et

2. Le plan de gestion pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 165 qui figure en annexe de la mesure 8 (2011) soit abrogé.

Annexe

Plan de gestion pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 165

Pointe Edmonson, Baie Qood, Terre Victoria, mer de Ross

1. Description des valeurs à protéger

Si l'Italie a proposé que la Pointe Edmonson (74°20' S, 165°08' E, 5,49 km2), Baie Wood, Terre Victoria, mer de Ross, soit désignée en tant que zone spécialement protégée de l'Antarctique (ZSPA), c'est parce qu'elle possède des valeurs écologiques et scientifiques exceptionnelles qui doivent être protégées d'une interférence que pourrait causer un accès non réglementé. La zone présente un sol libre de glace et une petite zone adjacente à la mer au pied des versants est du mont Melbourne (2 732 m), dont l'étendue limitée est l'objet de recherches scientifiques en cours et à long terme.

L'écosystème terrestre et d'eau douce de la Pointe Edmonson est l'un des systèmes les plus remarquables qui existent dans la Terre Victoria du nord. On y trouve une diversité exceptionnelle d'habitats d'eau douce, avec de nombreux cours d'eau, lacs, étangs et aires de filtration, révélant des conditions de nutriments allant de l'eutrophique à l'oligotrophique. Un tel éventail d'habitats d'eau douce est rare à Terre Victoria. Par conséquent, ils abritent une grande diversité d'espèces d'algues et de cyanobactéries, avec plus de 120 espèces ayant déjà été répertoriées, tandis que son réseau de cours d'eau est le plus vaste et le plus important de la partie septentrionale de la Terre Victoria. La lithologie volcanique, les substrats enrichis localement (par des nutriments d'oiseaux), conjugués à l'abondance d'eau localisée, fournissent un habitat pour le développement relativement étendu de bryophytes. Les communautés végétales sont très sensibles aux changements de régime hydrologique et les gradients environnementaux produisent des limites de démarcation très bien définies. En conséquence, l'éventail de plantes est variée et comprend des communautés de lichens épilithiques, dont quelques-uns dépendent de l'apport en azote élevé des oiseaux, des communautés associées aux bancs de neige persistants et des communautés dominées par les mousses, qui favorisent de manière continue des habitats toujours humides. Le site est l'un des exemples les plus caractéristiques de ce dernier type de communauté à Terre Victoria. On y trouve des invertébrés en abondance inhabituelle et répartis sur de vastes étendues pour cette partie de l'Antarctique.

La nature et la diversité des habitats terrestres et d'eau douce offrent des possibilités scientifiques exceptionnelles, en particulier pour l'étude des variations et processus biologiques le long de gradients d'humidité et de nutriment. Le site est considéré comme l'un de ceux qui se prêtent le mieux dans l'Antarctique aux études de l'écologie des algues. Ces caractéristiques ont été au nombre de celles qui ont abouti à la sélection de la pointe Edmonson comme l'un des sites clés du programme des études biologiques des systèmes Antarctiques terrestres (BIOTAS) du Comité scientifique pour la recherche en Antarctique 1995-96. Un programme multinational coordonné de recherches connu sous le nom de BIOTEX-1 a établi des sites d'étude et procédé à de vastes prélèvements de sol, de roche, d'eau, de neige, de guano, de bactéries, de végétation (tapis de cyanobactéries, champignons, algues, lichens, bryophytes) et d'invertébrés terrestres.

La valeur scientifique de pointe Edmonson est également considérée comme exceptionnelle pour les études consacrées à l'impact des changements climatiques sur les écosystèmes terrestres. Son emplacement à mi-chemin environ d'un gradient de latitude nord-sud qui s'étend le long de Terre Victoria vient compléter d'autres sites qui sont protégés pour leurs valeurs écologiques terrestres importantes comme cap Hallett (ZSPA n° 106) et baie Botany, cap Géologie (ZSPA n° 154), qui sont situés à grosso modo 300 km au nord et au sud respectivement. Cet emplacement géographique est considéré comme important dans un réseau continental de recherche écologique (par exemple, le programme « RiSCC » du Comité scientifique pour la recherche en Antarctique). En outre, les lacs sont au nombre de ceux qui se prêtent le mieux, dans la partie septentrionale de Terre Victoria, à des études de processus biogéochimiques avec des variations de courte et longue durée.

Combinées aux propriétés uniques en leur genre de la couche active de pergélisol, dont l'épaisseur est inhabituelle en cet endroit, ces caractéristiques sont considérées comme particulièrement utiles en tant qu'indicateurs sensibles d'un changement écologique provoqué par les niveaux de rayonnements UV et de changements climatiques.

Une colonie de quelque 2 000 couples de manchots Adélie (Pygoscelis adeliae) a fait l'objet de recherches depuis 1994-95, de même qu'une colonie d'environ 120 couples de labbes de l'Antarctique (Catharacta maccormicki). La colonie de manchots Adélie de pointe Edmonson fait partie du réseau de surveillance des écosystèmes de la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l'Antarctique (CCAMLR). Le site est considéré comme un bon exemple de cet assemblage d'espèces qui est représentatif de ceux que l'on trouve ailleurs. Il est cependant inhabituel, de par l'éventail très divers des habitats en territoire de reproduction dont disposent les labbes bruns, mais aussi parce que le nombre de labbes par rapport à celui des manchots est extrêmement élevé (1 : 20). L'emplacement géographique, la taille des colonies, les caractéristiques de terrain et d'habitat du site ainsi que sa proximité avec la station Mario Zucchelli à la baie de Terra Nova (qui protègent la colonie contre les perturbations causées par la station de recherche mais permettent l'apport du soutien logistique nécessaire) font de la pointe Edmonson un endroit qui se prête particulièrement bien aux travaux de recherche sur ces oiseaux. Ces travaux ont contribué au programme de contrôle de l'écosystème de la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l'Antarctique (CCAMLR), axés qu'ils sont sur le contrôle de la population, le succès en matière de reproduction, les stratégies d'alimentation, les mouvements migratoires et le comportement. Ils sont importants pour des études plus vastes sur la manière dont les variations naturelles et humaines de l'écosystème Antarctique peuvent influer sur le succès en matière de reproduction des manchots Adélie de même que pour la compréhension de l'impact potentiel de la capture de krill de l'Antarctique (Euphausia superba).

Le milieu marin proche du littoral est un bon exemple représentatif de l'habitat de glace de mer qu'utilisent les phoques de Weddell en phase de reproduction pour mettre au monde et sevrer leur progéniture au début de la saison d'été. Une seule autre ZSPA dans la région de la mer de Ross a été désignée pour protéger les phoques de Weddell (ZSPA n° 137, nord-ouest de l'île Blanche, détroit de McMurdo) mais si ce site a été désigné, c'est parce que le petit groupe de phoques en phase de reproduction dans cette localité est totalement inhabituel ; par contre, son inclusion ici l'est à titre d'exemple représentatif similaire aux sites de reproduction d'un bout à l'autre de la région.

En dehors des valeurs biologiques exceptionnelles du site, on y trouve également diverses caractéristiques géomorphiques, y compris une série de moraines de tourbe qui renferment des dépôts marins, des plages surélevées, un sol bigarré, une saillie cuspidée et des colonies de manchots fossilisés. La saillie cuspidée de la Pointe Edmonson est une caractéristique rare à Terre Victoria, et l'un des meilleurs exemples en son genre. Elle est rare en ce sens que ne l'occupe pas une colonie de manchots reproducteurs comme c'est le cas au cap Hallett et au cap Adare. Les moraines de glace qui renferment des dépôts marins, y compris des os de phoque et des coquillages des bivalves Laternula elliptica et Adamussium colbecki, sont très utiles pour la datation des fluctuations régionales des glaciers. Les séquences sédimentaires dans le nord-ouest de pointe Edmonson contiennent des fossiles d'anciennes colonies de manchots. Elles sont utiles pour faire la datation de la persistance de reproduction d'oiseaux sur le site, ce qui contribue à la reconstruction des phases glaciaires et du paléoclimat de l'ère Holocène.

La large représentation et la qualité des phénomènes à pointe Edmonson ont suscité l'intérêt de diverses disciplines et des travaux de recherche ont été effectués sur le site pendant plus de 20 ans. Durant cette période, des bases de données scientifiques considérables ont été établies, renforçant la valeur que représente pointe Edmonson pour les travaux de recherche actuels, en cours et futurs. Il est important que les pressions exercées par les activités humaines dans la zone soient gérées de telle sorte que rien ne vienne par inadvertance mettre en péril les investissements effectués dans ces séries de données à long terme. Ces facteurs font également de ce site un site d'une valeur scientifique exceptionnelle pour les études pluridisciplinaires.

Compte tenu de la durée et de l'éventail des activités qui y ont été menées dans le passé, pointe Edmonson ne peut pas être considérée comme une zone vierge. On y a constaté quelques impacts sur l'environnement tels que des dommages occasionnels causés aux sols et aux communautés de mousse par piétinement, la dispersion de matériaux issus de matériels scientifiques par le vent et l'altération de l'habitat par la construction d'installations. En revanche, la zone libre de glace de la colline Ippolito qui s'étend sur une superficie de 1,67 km2, à quelque 1,5 km au nord-ouest, n'a guère été visitée et les perturbations humaines en cet endroit sont jugées minimes. En tant que telle, la colline Ippolito est considérée comme revêtant une importance toute particulière comme aire de référence possible pour des études comparatives de la pointe Edmonson principale et il est primordial que cette valeur scientifique potentielle soit préservée. Si les effets précis de la recherche scientifique et de la présence humaine sur les deux sites sont incertains en raison de l'absence d'études détaillées sur l'impact humain, les polluants dans l'écosystème marin local demeurent d'un niveau très bas et les impacts humains sur l'écosystème dans son ensemble, en particulier dans la zone de la colline Ippolito, sont en général considérés comme mineurs.

Les valeurs biologiques et scientifiques à pointe Edmonson sont vulnérables aux perturbations humaines. La végétation, les sols gorgés d'eau et les habitats d'eau douce sont vulnérables aux dommages par piétinement, à l'échantillonnage et à la pollution. Les études scientifiques pourraient être compromises par la perturbation de phénomènes ou d'équipements installés. Il est important que les activités humaines soient gérées de telle sorte que les risques d'impact sur les valeurs exceptionnelles de la zone soient réduits au maximum.

La superficie totale de 5,49 km2 comprend l'aire libre de glace de pointe Edmonson (1,79 km2), l'aire plus petite mais libre de glace similaire de la colline Ippolito (1,12 km2) à environ 1,5 km au nord qui est désignée en tant que zone à accès limité et le milieu marin adjacent (2,58 km2) s'étendant sur 200 mètres au large des côtes à partir de pointe Edmonson et de la colline Ippolito comprenant baia Siena (la baie de Sienne) (carte 1).

2. Buts et objectifs

La gestion de Pointe Edmonson vise à :

- éviter toute détérioration ou tout risque de détérioration des valeurs de la zone en empêchant toute perturbation inutile ;

- permettre des recherches scientifiques tout en protégeant la zone de toute interférence et/ou de tout échantillonnage excessif mutuel ;

- permettre des recherches scientifiques, pour autant que ces recherches ne puissent être menées ailleurs ;

- protéger les sites d'études scientifiques de longue durée d'éventuelles perturbations ;

- préserver une partie de l'écosystème naturel en tant que zone de référence potentielle aux fins de futures études comparatives ;

- minimiser les risques d'introduction de plantes, d'animaux et de microbes endogènes dans la zone ;

- permettre des visites à des fins de gestion à l'appui des buts du Plan de gestion.

3. Activités de gestion

Les activités de gestion suivantes devront être entreprises pour protéger les valeurs de la zone :

- des copies de ce plan de gestion, y compris des cartes de la zone, seront disponibles à la station Mario Zucchelli dans la baie de Terra Nova (Italie), à la station Gondwana (Allemagne) et à toute autre station permanente qui se trouve dans un rayon de 100 km de la zone ;

- les structures, bornes, panneaux, clôtures ou tout autre matériel mis en place dans la zone à des fins de gestion ou à des fins scientifiques devront être solidement fixés et soigneusement entretenus puis enlevés lorsqu'ils ne sont plus nécessaires ;

- des indicateurs durables de direction du vent devront être érigés à proximité des sites désignés d'atterrissage pour hélicoptères chaque fois qu'il est prévu qu'auront lieu plusieurs atterrissages pendant une saison donnée ;

- des balises, qui devront être clairement visibles depuis les airs et ne poser aucun risque majeur pour l'environnement, devront être placées pour indiquer les sites réservés à l'atterrissage des hélicoptères ;

- des bornes, comme une série de piquets définitifs, devront être placés pour indiquer les chemins recommandés que doivent emprunter à pied les visiteurs entre la colonie de manchots Adélie et les sites réservés à l'atterrissage des hélicoptères ;

- des visites seront organisées en fonction des besoins (une fois tous les cinq ans au moins) afin de déterminer si la zone répond toujours aux buts et objectifs pour lesquels elle a été désignée et de s'assurer que les mesures de gestion et d'entretien sont adéquates ;

- les programmes Antarctiques nationaux qui opèrent dans la région se consulteront en vue de veiller à la bonne mise en oeuvre de ces mesures.

3 (i) Enjeux de gestion

Les principaux enjeux de gestion sont liés à la protection de valeurs potentiellement délicates, en particulier : les sols humides pouvant être facilement perturbés ; la couverture végétale vaste mais fragile ; de nombreux lacs et cours d'eaux ; deux espèces d'oiseaux en phase de reproduction et une espèce de phoque en phase de reproduction.

Les questions prioritaires ont aussi trait à la gestion d'activités pouvant nuire ou perturber la faune et la flore, comme le passage d'aéronefs, les déplacements à l'intérieur de la zone, les campements, les structures, l'installation ou l'enlèvement d'équipements, l'utilisation de matériaux et la coordination d'activités scientifiques pluridisciplinaires.

Les contraintes logistiques ont imposé des restrictions aux saisons de travail, qui commençaient souvent après l'arrivée des manchots dans la colonie. La nécessité de réduire les impacts sur les manchots et labbes en nidification a empêché la mise en œuvre du camp de recherche du CEMP (cartes 2 et 4). De plus, l'enneigement et l'éloignement de la colonie ont rendu difficile le recours à l'autre site de campement (site A, carte 2). Pour cette raison, pour la campagne d'été de 2011, un nouveau site de campement convenant aux activités de recherche et ayant des impacts moindres sur les oiseaux, fut identifié. Sa position, 74°19'44,58”S 165° 8'4,99”E, se trouve près de l'aire d'atterrissage des hélicoptères B (cartes 2 et 4). Le campement comportait une grande « pomme », une tente sanitaire et un générateur, ainsi que des fûts de carburant permettant 40 jours d'autonomie qui furent retirés à la fin de la saison de travail. Nous conseillons d'utiliser ce même emplacement pour des activités de recherche futures du CEMP.

4. Durée de désignation

La zone est désignée pour une période indéterminée.

5. Cartes et photographies

Carte 1. - ZSPA Pointe Edmonson n° 165, baie Wood, Terre Victoria, mer de Ross Spécifications de la carte : Projection : Zone UTM 58S ; sphéroïde : WGS84 ; zones libres de glace et côte issues d'une image satellite Quickbird rectifiée avec une résolution en pixels au sol de 70 cm, acquise le 4/01/04 par le Programma Nazionale di Ricerche in Antartide (PNRA, Programme national italien pour la recherche Antarctique), Italie. Précision horizontale d'environ ± 10 mètres ; données d'altitude non disponibles. Encart 1 : emplacement de la baie Wood en Antarctique. Encart 2. Emplacement de la carte 1 par rapport à la baie Wood et à la baie Terra Nova. L'emplacement de la station Mario Zucchelli (Italie), de la station Gondwana (Allemagne), et des zones protégées les plus proches sont indiqués.

Carte 2. - Pointe Edmonson, ZSPA n° 165, caractéristiques physiques / humaines et modalités d'accès. Carte dérivée d'une orthophotographie numérique avec une résolution pixel au sol de 25 cm, à partir de recensements GPS et d'observations et d'une image satellite Quickbird (4/01/04).

Spécifications de la carte : Projection : conique conforme de Lambert ; parallèles types : 1er 72° 40' 00" S ; 2e 75° 20' 00"S ; Méridien central : 165° 07'00'E ; latitude d'origine : 74° 20' 00" S ; Sphéroïde : WGS84 ; datum vertical : Niveau moyen de la mer. Equidistance des courbes de niveau verticales 10 mètres. Précision horizontale : ± 1 mètre ; précision verticale censée être supérieure à ± 1 mètre.

Carte 3. - Zone restreinte, Colline Ippolito : Pointe Edmonson ZSPA n° 165. Carte tirée d'une image satellite Quickbird (4/01/04). Spécifications de la carte identiques à la carte 2, à l'exception de la précision horizontale, qui est d'environ ± 10 mètres ; données d'altitude non disponibles. Le niveau de la mer est évalué à partir de la bande côtière visible sur l'image satellite.

Carte 4. - Pointe Edmonson ZSPA n° 165, topographie, faune sauvage et végétation. Spécifications de la carte identiques à la carte 2, à l'exception des courbes de niveau qui sont espacées de 2 mètres.

Données cartographiques et préparation : PNRA, Dipartimento di Scienze Ambientali (Università di Siena), Environmental Research & Assessment (Cambridge), Gateway Antarctica (Christchurch).

6. Description de la zone

6 (i) Coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques naturelles

Description générale

Pointe Edmonson (74°20' de latitude sud, 165°08' de longitude est) est une zone côtière libre de glace d'une superficie de 1,79 km2 située à la baie Wood, à 50 km au nord de la baie de Terra Nova, et à 13 km à l'est du sommet et au pied du mont Melbourne (2 732 m), Terre Victoria. La zone s'étend au total sur 5,49 km2, y compris le sol entièrement libre de glace de pointe Edmonson (1,79 km2), la zone séparée libre de glace de colline Ippolito (1,12 km2) à environ 1,5 km au nord-ouest de pointe Edmonson, ainsi que le milieu marin proche du littoral et la mer de Baia Siena (la baie de Sienne) située entre ces zones libres de glace (2,58 km2), qui se trouvent à l'est et au pied de la plate-forme de glace permanente s'étendant à partir du mont Melbourne (carte 1). Une partie du glacier du mont Melbourne sépare les deux zones libres de glace sur terre. Une grande plage de galets couvre la longueur du littoral de pointe Edmonson, au-dessus duquel s'élèvent des falaises qui peuvent atteindre 128 mètres vers le sud de la zone. La topographie de la zone est accidentée, avec plusieurs collines d'origine volcanique d'une hauteur maximale de 134 mètres et des pentes libres de glace s'élevant jusqu'à environ 300 m adjacentes à la plate-forme de glace, bien que l'on ne dispose pas à l'heure actuelle d'informations précises quant à l'élévation de ces secteurs. Des moraines de glace ondulantes, des champs de galets et des affleurements rocheux sont séparés par des petites plaines de cendres et des vallées peu profondes. La zone est découpée par de nombreuses vallées et des cours d'eau de fonte, avec de nombreux petits lacs, ainsi que des zones de filtration qui représentent des particularités que l'on retrouve dans toute la zone. Dans la région centre de la zone se trouvent plusieurs bassins de faible profondeur, à environ 25 mètres d'altitude, qui sont couverts de fines scories et de sable épais, en conjonction avec de vastes couches de végétation et de zones striées. La côte septentrionale de pointe Edmonson forme une saillie cuspidée abritant plusieurs plages surélevées.

La nature environnementale de la colline Ippolito est similaire à celle de pointe Edmonson. Cette zone renferme une étroite plage de galets soutenue par une crête qui longe la côte. De petites rivières d'eau de fonte traversent des ravines peu profondes et des plans avant de déboucher dans deux lacs situés derrière la crête côtière dans le nord. Les crêtes et les cônelets s'élèvent à environ 200 mètres avant de fusionner avec des champs de neige et des glaciers du mont Melbourne dans le sud.

Lignes de démarcation

Le bord de la plate-forme de glace permanente qui s'étend du mont Melbourne est défini comme étant la ligne de démarcation à l'ouest, au nord et au sud de la zone (cartes 1 à 3). La ligne de démarcation est marine. Dans la moitié sud de la zone, elle suit le littoral sur 200 mètres au large des côtes à partir des extrémités de sud en nord des zones libres de glace de pointe Edmonson. Partant de l'extrémité nord de pointe Edmonson, la ligne de démarcation est s'étend vers le nord-ouest à travers la baie de Sienne sur une distance de 2 km jusqu'à un endroit situé à 200 mètres plein est à partir de la côte de la colline Ippolito. La baie de Sienne est donc confinée à l'intérieur de la zone. Des bornes n'y ont pas été installées car le bord de la plateforme de glace et la côte sont des repères de démarcation évidents.

Climat

On ne dispose pas pour pointe Edmonson de fichiers météorologiques sur le long terme mais les données annuelles pour la station McMurdo, la base Scott et le cap Hallett semblent indiquer que la température moyenne dans les environs de pointe Edmonson tournerait autour de - 16 ºC et que l'accumulation annuelle moyenne de neige atteindrait entre 20 et 50 cm, soit l'équivalent de 10 à 20 cm d'eau (Bargagli et al., 1997). Des données de court terme sont disponibles pour la période qui va de décembre 1995 à janvier 1996, rassemblées durant l'expédition BIOTEX 1. Pendant cette période, les températures ont varié entre - 7 ºC et 10 ºC, dépassant le seuil de 0 ºC tous les jours. L'humidité relative était basse (15 à 40 % le jour, 50 à 80 % la nuit), les précipitations occasionnelles avec de légères chutes de neige et des vents ne soufflant la plupart du temps que légèrement. A partir de la fin janvier, les conditions atmosphériques se sont détériorées, la température tombant fréquemment à moins de zéro durant la journée, le tout accompagné de chutes de neige et de vents violents. Les données disponibles pour les campagnes d'été en 1998-99 et 1999-2000, recueillies auprès d'une station météorologique installée à proximité de la colonie de manchots semblent indiquer que les vents d'été à pointe Edmonson soufflent de l'est, du sud-est et du sud. Les vents atteignent en moyenne une vitesse quotidienne qui fluctue entre 3 et 6 nœuds, avec des maximums de 6 à 10 nœuds chaque jour, pour atteindre de temps à autre pas moins de 25 à 35 nœuds. Les températures moyennes quotidiennes de l'air étaient d'environ - 15 °C en octobre, - 6 °C en novembre, - 2,5 °C en décembre et - 1 °C en janvier pour ensuite tomber à - 3,5 °C de nouveau en février (Olmastroni, communication personnelle, 2000). La température quotidienne la plus élevée durant les deux périodes estivales a été de 2,6 °C le 25 décembre 1998. La température moyenne de l'air enregistrée au cours des deux étés a été d'environ - 4 °C, alors que la vitesse moyenne du vent était, elle, de 4,5 nœuds. Enfin, le taux quotidien d'humidité relative moyenne variait entre 40 et 60 %.

Géologie des sols

La géologie de pointe Edmonson est issue de l'activité volcanique cénozoïque du mont Melbourne province volcanique de Melbourne), qui fait partie du groupe volcanique de McMurdo (Kyle, 1990), et associée aux dépôts glaciaires de la calotte de glace marine qui couvrait la plus grande partie du littoral de Terre Victoria au cours de la dernière période glaciaire la plus intense (7 500 à 25 000 ans avant le Paléocène) (Baroni et Orombelli, 1994). Le complexe volcanique à pointe Edmonson est constitué d'un grand anneau de tourbe phréatique, de cônelets de scories, de coulées de lave et de séquences de laves subaquatiques (mégapillow) (Wörner et Viereck, 1990). La composition de la roche est principalement basaltique et/ou trachytique, et inclut plusieurs produits volcaniques supplémentaires tels que les accumulations de tourbe, les ponces et les dépôts de débris (Simeoni et al., 1989 ; Bargagli et al., 1997). La surface du sol est principalement composée de matières volcaniques sèches à texture grossière avec une faible proportion de boue et d'argile (Bargagli et al., 1997). Ces surfaces exposées, ainsi que les faces non exposées de pierres et de galets, sont souvent recouvertes d'incrustations blanches ou d'efflorescences de sels solubles. La majeure partie du sol est de couleur foncée avec des nappes brunâtres et jaunâtres de scories et de tuffite. Des éboulis instables se rencontrent fréquemment sur les versants des collines qui sont secs et souvent dépourvus de végétation. Les lits des vallées et bassins sont recouverts de fines scories et de sable grossier (Bargagli et al., 1999).

Géomorphologie

On peut voir une série de dépôts marins sur la saillie cuspidée à l'extrémité nord de pointe Edmonson. Les plages surélevées de la saillie qui s'inclinent doucement se composent de différentes proportions de sable, de cailloux et de roches distribués au-dessus des coulées de lave (Simeoni et al., 1989). On peut observer juste au-dessus de la ligne de niveau à marée haute en cet endroit de nombreux petits puits en forme de cratère dont un grand nombre contient de l'eau ou de la glace fondue, encore qu'ils auraient été constitués par des marées extrêmes et la fonte d'accumulations de glace côtières. Au sud de la saillie cuspidée, on peut fréquemment apercevoir une roche mère volcanique sur la majeure partie du sol sur pas moins de 800 mètres à l'intérieur des terres, le plus en évidence dans les collines prééminentes d'environ 120 mètres de hauteur dans la partie centre-nord de pointe Edmonson. Une série de moraines de la fin du Pléistocène et de tills connexes est située du côté ouest de ces affleurements, avec des bandes de moraine de glace du Holocène, des talus et pentes de débris adjacentes à la glace du glacier qui s'étend du mont Melbourne (Baroni et Orombelli, 1994).

Cours d'eau et lacs

Il y a à pointe Edmonson six lacs dont la longueur peut atteindre pas moins de 350 mètres et dont la superficie s'étend environ de 1 600 m2 à 15 000 m2 (carte 2). Deux autres lacs sont situés derrière la crête côtière à la colline Ippolito, dont le plus grand est de l'ordre de 12 500 m2 (carte 3). En outre, il y a à pointe Edmonson près de 22 étangs plus petits dont le diamètre est inférieur à 30 mètres (Broady, 1987). Les étangs plus grands sont toujours couverts de glace, des douves périphériques se formant durant l'été. Le détail des caractéristiques physico-chimiques et la limnologie des lacs de pointe Edmonson est donnée dans Guilizzoni et al. (1991). Il y a d'un bout à l'autre de la zone de nombreux cours d'eau dont certains sont alimentés en eau de fonte qui tire sa source de la plate-forme de glace adjacente tandis que d'autres sont alimentés par des lacs et de la neige/glace fondue. Plusieurs lits de cours d'eau ont des plaines d'inondation de sol fin que recouvrent des cailloux de type ponce d'un diamètre de 5 à 10 mm. Bon nombre des cours d'eau et des mares sont temporaires, s'asséchant peu après que les dernières concentrations de neige dans leurs bassins versants disparaissent.

Biologie végétale

Si on la compare à plusieurs autres sites du centre de Terre Victoria, pointe Edmonson ne possède pas une flore particulièrement variée puisqu'il n'y existe que quelques grandes concentrations fermées de végétation. Six espèces de mousse, un hépatique et au moins 30 espèces de lichen ont été répertoriés dans la zone (Broady, 1987 ; Lewis Smith, 1996, 1999 ; Lewis Smith communication personnelle, 2004 ; Castello, 2004). Cavacini (communication personnelle, 2003) a constaté que de récentes analyses avaient permis d'identifier au moins 120 espèces d'algues et de cyanobactéries à pointe Edmonson. Ces espèces sont présentes sous diverses formes comme par exemple des concentrations d'algues au sol et des concentrations épiphytes sur les mousses ainsi que dans de nombreux habitats tels que des lacs, des cours d'eau et le manteau neigeux, sans oublier l'humidité ornithogénique et les sols minéraux bruts. Au début de l'été, la fonte des neiges laisse apparaître de petites concentrations d'algues et de mousses dans les lits des vallées, même si la plupart sont enterrées sous une couche pouvant aller jusqu'à 5 cm de fines particules minérales balayées par les vents et nettoyées par les eaux de fonte. Cette communauté est capable d'afficher une croissance rapide au mois de décembre lorsqu'il y a de l'humidité et que les températures au sol sont relativement élevées, ce qui entraîne des pointes jusqu'à un centimètre au-dessus de la surface alors que l'accumulation de sable en surface est nettoyée ou soufflée par les vents. Un débit plus élevé de l'eau ou des vents plus forts peuvent facilement enterrer ces concentrations sans toutefois empêcher la lumière de pénétrer de 1 à 2 cm sous la surface afin de permettre la croissance (Bargagli et al., 1999). Les principales communautés de mousse se rencontrent sur des substrats plus stables qui ne risquent pas d'être enterrés par le sable, par exemple, dans des dépressions situées à l'abri ou le long des berges d'étangs et de cours d'eau de fonte, ainsi que dans les zones de filtration situées sous le manteau neigeux tardif où l'humidité perdure pendant plusieurs semaines. Certaines de ces concentrations comptent parmi les plus importantes de l'Antarctique continental puisqu'elles couvrent une superficie de 3 000 m2. Il s'agit notamment de concentrations de Bryum subrotundifolium (= B. argenteum) à plusieurs centaines de mètres à l'ouest de la principale colonie de manchots Adélie (carte 4). D'autres concentrations, moins importantes, se rencontrent près du lac situé à proximité de la colonie de manchots Adélie (carte 4) ainsi que de plus petites concentrations plus localisées de Ceratodon purpureus (avec des couches relativement épaisses de matières organiques mortes) dans une vallée au nord de pointe Edmonson et dans la partie supérieure du principal cours d'eau dans la zone septentrionale libre de glace. Greenfield et. al. (1985) ont indiqué que, à l'exception du cap Hallett, aucune région de la mer de Ross n'abrite une telle abondance de plantes même si en 1996 une zone de même dimension, presque exclusivement colonisée par Bryum subrotundifolium (= B. argenteum) a été découverte sur l'île Beaufort (ZSPA n° 105), à environ 280 km au sud de pointe Edmonson.

Les communautés dominées par les mousses comprennent jusqu'à sept espèces de bryophytes, plusieurs algues et cyanobactéries et, à l'extrémité la plus sèche du gradient humidité, plusieurs lichens logés dans la mousse moribonde (Lewis Smith, 1999 ; Bargagli et al., 1999). Il existe des communautés ou zones de Bryum subrotundifolium (= B. argenteum), B. pseudotriquetrum et Ceratodon purpureus. Dans certains sites plus humides, l'hépatique Cephaloziella varians se retrouve parmi C. purpureus. Les communautés de mousse sèches et très ouvertes, souvent incrustées de lichens, contiennent en général Hennediella heimii, et se rencontrent souvent dans des cavités contenant de petites nappes de neige tardive. Sarconeurum glaciale a été observé sur un éboulis stable au-dessus du grand lac situé au sud de la zone (Lewis Smith, 1996). Les portions les plus élevées des colonies de mousses sont souvent recouvertes d'incrustations blanches de sels solubles (Bargagli et al., 1999).

Les communautés de lichens sont relativement variées, puisque 24 espèces ont été identifiées et au moins six espèces crustacées restent à identifier, même si elles sont peu abondantes (Castello, 2004 ; Lewis Smith, communication personnelle, 2004). Les lichens épilithiques sont généralement rares et peu répandus ; il s'agit principalement d'espèces crustacées et microfeuillues qui se retrouvent uniquement sur les rochers utilisés par les labbes et, occasionnellement, sur les affleurements stables des éboulis, les ravines humides et les zones de filtration temporaire. Les macrolichens sont rares, Umbilicaria aprina et Usnea sphacelata se retrouvant à de très rares endroits. La première de ces deux espèces est plus abondante dans les dépôts d'épandage des canaux légèrement inclinés et inondés par intermittence de la colline Ippolito, en association avec Physcia spp. et des petites touffes de Bryum subrotundifolium (= B. argenteum) (Given, 1985, 1989), B. pseudotriquetrum et Ceratodon purpureus (Lewis Smith, communication personnelle, 2004). Buellia frigida est le lichen crustacé le plus répandu sur les laves durcies mais une communauté d'espèces nitrophiles se rencontre sur les rochers utilisés comme perchoir par les labbes (Caloplaca, Candelariella, Rhizoplaca, Xanthoria). Dans les dépressions pierreuses, sous les manteaux neigeux tardifs, les tourbes de mousses sont souvent colonisées par des cyanobactéries croûteuses et des lichens ornithocoprophages (Candelaria, Candelariella, Lecanora, Xanthoria) et, lorsqu'il n'existe aucune influence aviaire, par Leproloma cacuminum blanc (Lewis Smith, 1996).

Les premiers travaux consacrés à la flore algale de pointe Edmonson ont permis de dénombrer 17 cyanophyta, 10 chrysophyta et 15 chlorophyta (Broady, 1987). Des analyses plus récentes (Cavacini, communication personnelle, 2003) ont permis d'identifier 120 espèces d'algues et de cyanobactéries, un nombre nettement plus important que les cyanophyta (28), chlorophyta (27), bacillariophyta (25) et xanthophyta (5) répertoriées précédemment (Cavacini, 1997, 2001 ; Fumanti et al., 1993, 1994a, 1994b ; Alfinito et al., 1998). Broady (1987) a observé peu d'endroits abritant de la végétation algale au niveau de sol ; la plus importante sont les couches oscillatoriales dans les dépressions humides dans les zones de sable de plage qui ont peut-être été des lagunes d'eau de fonte temporaire avant que l'étude ne soit réalisée. Des couches similaires ont été observées à proximité d'une zone de mousse dont Gloeocapsa sp. représentait un associé abondant. Prasiococcus calcarius a été observé dans les environs de la colonie de manchots Adélie, sous forme de petites zones de riches croûtes vertes au sol et de touffes de mousses moribondes. D'autres algues épiphytiques incluent l'oscillatoriale, Nostoc sp., les chlorophytes unicellulaires y compris Pseudococcomyxa simplex, et le desmide Actinotaenium cucurbita. Une quantité importante d'algues d'eau douce a été observée, avec des couches oscillatoriales sur les lits des cours d'eau, des trames de filaments verts attachées à la surface de pierre (principalement Binuclearia tectorum et Prasiola spp.), des petits rubans de Prasiola calophylla sur la face inférieure des pierres et des croûtes épilithiques brunes foncées (dominées par Chamaesiphon subglobosus et Nostoc sp.) recouvrant les moraines. Les lagunes présentes dans le sable de plage contenaient Chlamydomonas sp. et cf. Ulothrix sp., tandis que les lagunes fertilisées par le guano de manchots et de labbes contenaient Chlamydomonas sp. et des couches oscillatoriales benthiques noires. D'autres lagunes abritaient également de riches communautés benthiques oscillatoriales fréquemment associées à Nostoc sphaericum. Parmi les autres algues en abondance, citons Aphanothece castagnei, Binuclearia tectorum, Chamaesiphon subglobosus, Chroococcus minutus, C. turgidus¸ Luticola muticopsis, Pinnularia cymatopleura, Prasiola crispa (notamment en association avec les colonies de manchots et autres habitats enrichis par l'azote), Stauroneis anceps, plusieurs chlorophytes unicellulaires et - dans la lagune à conductivité élevée - cf. Ulothrix sp.

On trouve en abondance des algues et des cyanobactéries dans les sols humides tandis qu'ont été recensés des filaments et des tapis feuillus de Phormidium spp. (surtout sur des parcelles de sol humide et au fond des lacs de faible profondeur), des agrégats de Nostoc commune et une population de diatomées (Wynn - Williams, 1996 ; Lewis Smith communication personnelle, 2004). L'espèce fongique Arthrobotrys ferox a été isolée sur les espèces de mousse Bryum pseudotriquetrum (= B. algens) et Ceratodon purpureus. A. ferox produit une sécrétion adhésive qui, comme on a pu l'observer, capture des collemboles de l'espèce Gressittacantha terranova (1,2 mm de longueur environ) (Onofri et Tosi, 1992).

7. Valeurs scientifiques

7 (i) Invertébrés

Par rapport à d'autres zones décrites de Terre Victoria, on trouve une vaste gamme de nématodes dans les sols humides à pointe Edmonson. Les nématodes découverts à pointe Edmonson comprennent Eudorylaimus antarcticus, Monhysteridae sp., Panagrolaimus sp., Plectus antarcticus, P. frigophilus, et Scottnema lyndsayea (Frati, 1997 ; Wall communication personnelle, 2000). Connue jadis pour exister uniquement dans les McMurdo Dry Valleys, cette espèce a été découverte à pointe Edmonson en 1995-96 (Frati, 1997). En quantités moins abondantes sont les collemboles, le plus souvent de l'espèce Gressittacantha terranova, qui ont été trouvés en dessous de roches et sur le sol et les mousses dans un certain nombre de micro-habitats humides (Frati, 1997). On trouve couramment des acariens rouges (vraisemblablement Stereotydeus sp. ou Nanorchestes, bien que les espèces n'aient pas été identifiées) dans des agrégations en dessous de pierres dans les habitats humides mais on a également trouvé des collemboles, des rotifères, des tardigrades et une variété de protozoaires (Frati et al., 1996 ; Lewis Smith, 1996 ; Wall communication personnelle, 2000 ; Convey communication personnelle, 2003).

7 (ii) Oiseaux en phase de reproduction

Les manchots Adélie (Pygoscelis adeliae) se reproduisent en deux groupes près de la côte dans la partie la plus centrale et orientale de pointe Edmonson, occupant un territoire global de quelque 9000 m2 (carte 4). On trouvera au tableau 1 un état récapitulatif du nombre des couples en phase de reproduction qui y ont été enregistrés entre 1981 et 1995, la moyenne durant cette période s'inscrivant à 2 080. En 1994-95 la plupart des oiseaux sont, d'après le recensement effectué, arrivés aux environs du 30-31 octobre tandis que la plupart des jeunes avaient pris leur envol dès le 12 février, cette période se terminant le 21 février (Franchi et al., 1997). Un site de nidification abandonné (il avait été occupé il y a quelque 2 600 à 3 000 ans) se trouve à environ 1 km au nord-ouest de la colonie actuelle, sur une roche de fond adjacente à la saillie cuspidée (Baroni et Orombelli, 1994).

Tableau 1 : Manchots Adélie (couples en phase de reproduction) à pointe Edmonson 1981-2005 (données Woehler, 1993 ; Olmastroni, 2005, communication personnelle).

Année

Nombre de couples en phase de reproduction

1981

1 300

1984

1 802

1987

2 491

1989

1 792

1991

 316

1994

1 960

1995

1 935

1996

1 824

1997

1 961

1999

2 005

2001

1 988

2003

2 588

2005

2 385

2007

2 303

2010

2 112

2016

2 704

Entre 2005 et 2010 selon les procédés CEMP, trois recensements ont eu lieu à pointe Edmonson, la colonie comptant 2385, 2303 et 2112 nids occupés en 2005, 2007 et 2010 respectivement.

Le nombre moyen depuis le début du programme de recherche est de 2112. Ainsi, la population totale semble stable en ce qui concerne la valeur moyenne de 2080 entre 1994 et 2005.

La colonie, lors du dernier recensement effectué en novembre 2016, comptait 3066 couples reproducteurs répartis en 11 sous-colonies (données envoyées à la CCAMLR en juin 2016).

La population de labbes (Stercorarius maccormicki) a été estimée à environ 100 couples nicheurs pour l'ensemble de la région, un peu moins que ce qui avait été rapporté par Pezzo et al. (2001), bien que suffisamment conforme avec le rapport de Piece et al. (2001) pour ce qui est de la proportion entre labbes et manchots d'environ 1 : 20.

La proportion entre labbes et manchots est restée élevée (1 : 20), comme ce qui avait été rapporté par Pezzo et al. (2001). La population de labbes de pointe Edmonson, près de la colonie de manchots, est restée stable pendant cette période, avec environ 130 couples nicheurs pendant la saison d'été de 2010. Dans le nord et le sud de pointe Edmonson, 55 et 61 couples nicheurs ont été comptés lors de la saison d'été de 2010.

Une colonie de labbes Antarctiques (Catharacta maccormicki) en phase de reproduction est l'une des plus nombreuses de Terre Victoria, avec plus de 120 couples, dont 36 couples occupent la colline Ippolito (CCAMLR, 1999 ; Pezzo et al., 2001 ; Volpi, communication personnelle, 2005). En outre, la zone comprend deux sites de rassemblement, à proximité de vastes étangs d'eau douce, qui sont utilisés pendant toutes la saison de la reproduction par des groupes hors âge de 50 à 70 individus (Pezzo 2001 ; Volpi 2005 communication personnelle). Des troupes de pétrels des neiges (Pagodroma nivea) ont été observés survolant la zone, et des océanites de Wilson (Oceanites oceanicus) sont fréquemment visibles. Pour autant qu'on le sache, aucune de ces deux espèces ne se reproduit à l'intérieur de la zone.

Caméra d'observation des nids de manchots (NC49) :

Le système d'images numériques PNC49 (Division Antarctique australienne) a été installé à la Pointe Edmonson lors de la campagne Antarctique de 2014-15. En obtenant des images à distance, cet outil permet de surveiller une zone comportant environ 30 nids de contrôle, externes à la zone du SSAM. La salle de nids de manchots, qui est réactivée de façon autonome à la fin de l'hiver grâce à un panneau solaire et à des piles, nous a permis d'observer la première arrivée dans la zone de reproduction depuis le 20/10/2015.

Toutes les images ont été recueillies et envoyées à nos collègues de la Division Antarctique australienne et seront intégrées à une base de données internationale sur la phénologie reproductive des manchots Adélie.

7 (iii) Mammifères en phase de reproduction

A pointe Edmonson, des phoques de Weddell (Leptonychotes weddellii) (> 50) se reproduisent régulièrement dans le milieu marin proche de la côte (sur la banquise côtière) à l'intérieur de la zone. Les femelles viennent y mettre bas et élèvent leurs petits sur la banquise côtière. Plus tard en été, ces phoques viennent souvent s'établir sur des plages dans la zone.

8. Recherches scientifiques

8 (i) Etudes du programme de contrôle de l'écosystème de la CCAMLR

1. La présence à pointe Edmonson de colonies de manchots en phase de reproduction et l'absence de pêcheries de krill dans leur zone d'alimentation renforcent l'importance de ce site pour les études comparatives et son inclusion parmi les autres sites CEMP du réseau de surveillance des écosystèmes mis sur pied pour atteindre les objectifs de la CCAMLR. La désignation de « zone protégée » a pour objet de permettre la poursuite des activités de recherche et de surveillance planifiées tout en évitant ou en éliminant dans toute la mesure du possible les activités susceptibles de perturber ou d'affecter les résultats des programmes de recherche et de surveillance, ou de modifier les caractéristiques naturelles du site.

2. Le manchot Adélie est une espèce qui revêt un intérêt particulier pour les activités de surveillance de routine et de recherche dirigée du CEMP sur ce site. C'est la raison pour laquelle le programme de surveillance des manchots Adélie (APMP), un projet de recherche que mènent conjointement des biologistes italiens et australiens, est en cours d'exécution à pointe Edmonson depuis 1994-95. Outre un système automatisé de surveillance des manchots (APMS), les observations sur place des chercheurs constituent la base d'une étude de 500 à 600 nids dans le secteur nord de la colonie, dans le cadre du programme de contrôle de l'écosystème de la CCAMLR (CCAMLR, 1999 ; Olmastroni et al., 2000). Des clôtures ont été installées pour diriger les manchots vers un pont qui enregistre leur poids, leur identité et le sens de leurs déplacements alors qu'ils vont et viennent entre la mer et leur colonie de reproduction.

3. Parmi les paramètres observés sur une base régulière figurent les tendances d'évolution démographique, la démographie, la durée des excursions d'alimentation, le succès de la reproduction, le poids des poussins à l'envol, l'alimentation des poussins et la chronologie de la reproduction.

4. Les études des manchots Adélie font également intervenir le contrôle de la population, des expériences avec des émetteurs satellitaires et des enregistreurs de température/profondeur installés sur des manchots pour en étudier l'emplacement et la durée de leur alimentation. Conjugué au lavage de l'estomac pour enregistrer le régime alimentaire des manchots soumis à un contrôle, ce programme permet de se faire une très bonne idée de l'écologie d'alimentation des manchots Adélie (Olmastroni, 2002). Les données alimentaires (Olmastroni et al., 2004) ont confirmé les résultats de la répartition du krill en mer de Ross (Azzali and Kalinowski, 2000 ; Azzali et al., 2000) et indiquent que cette colonie se trouve à un point de transition de la disponibilité de E. superba entre des colonies au nord et d'autres plus au sud où cette espèce ne figure que rarement dans le régime alimentaire des manchots (Emison, 1968 ; Ainley, 2002). Par ailleurs, ces études ont mis en exergue l'importance du poisson dans l'alimentation du manchot Adélie qui, certaines années, a représenté jusqu'à 50 % du contenu de l'estomac.

Les données météorologiques et glaciaires locales permettent également de mieux comprendre les facteurs susceptibles d'affecter la biologie de la reproduction de l'espèce (Olmastroni et al., 2004). Qui plus est, les études de comportement font également partie des activités de recherche (Pilastro et al., 2001).

Les travaux de recherche consacrés à la colonie adjacente de labbes Antarctiques portent sur la biologie de reproduction (Pezzo et al., 2001), la dynamique de population et les schémas de migration. Depuis 1998-1999, plus de 300 labbes Antarctiques ont été bagués avec des bagues de métal de couleur pour faciliter les activités de recherche sur le terrain qui exigent le repérage d'oiseaux particuliers et permettront l'identification des oiseaux en migration de la zone.

8 (ii) Activités scientifiques depuis 2005

Ecologie des oiseaux marins et Etudes du programme de contrôle de l'écosystème de la CCAMLR

Les études sur la population de manchots Adélie ont porté sur des paramètres démographiques estimés en fonction de caractéristiques individuelles (sexe, âge), des variables environnementales de grande ampleur (anomalies liées à l'étendue de la glace hivernale de la mer de Ross et IOA) et d'une échelle locale (disponibilité de la nourriture). Alors que les facteurs environnementaux de grande échelle ont eu une incidence sur la survie des adultes, le succès en matière de reproduction était surtout variable en fonction de paramètres locaux. Le succès de reproduction était particulièrement faible lorsque des facteurs stochastiques locaux (tempêtes) avaient lieu à des périodes sensibles du cycle de reproduction (Olmastroni et al., 2004 ; Pezzo et al., 2007 ; Ballerini et al., 2009). Des variations de l'étendue des banquises devant la zone de reproduction ont influencé les temps de transit des reproducteurs adultes entre la colonie et l'aire d'alimentation, tandis que la durée des excursions d'alimentation des femelles s'est allongée et que leurs temps et nombre de plongées étaient supérieurs à ceux des mâles. Les paramètres de plongée n'étaient affectés ni par le sexe, ni par l'année, mais ont fait apparaître des différences selon les stades de reproduction (Nesti et al., 2010). La probabilité de survie adulte annuelle à pointe Edmonson (0,85, plage entre 0,76 et 0,94) était semblable à l'estimation d'autres populations de manchots Adélie, où des individus étaient équipés de transpondeurs passifs. Un taux de survie moyen annuel de 0,85 semble être typique pour cette espèce et correspond à une durée de vie moyenne d'environ 11 ans (6,6 ans après l'âge adulte) (Ballerini et al., 2009).

Certains aspects de la biologie de la reproduction des labbes Antarctiques pendant cinq saisons seront étudiés dans le cadre d'une thèse doctorale de l'Université de Sienne (A. Franceschi, Aspetti della Biologia riproduttiva dello Stercorario di McCormick, Stercorarius maccormicki).

Projets liés à la végétation

Pointe Edmonson a vu le lancement de plusieurs projets de recherche en matière de végétation au cours des cinq dernières années.

1) Suivi à long terme : installation de la parcelle permanente n° 3 pour le suivi de la végétation, du permafrost et du régime thermique du sol (installation de la parcelle en 2002).

2) Analyse des flux de CO2 : les analyses ont été effectuées à l'aide d'analyseurs portables de CO2 (IRGA), en sélectionnant plusieurs types de couverture végétale dans les sites de surveillance à long terme.

3) Pendant la campagne de 2014/2015, nous avons posé des expériences de manipulation [climatique] pour étudier les impacts potentiels des changements climatiques. Ces expériences ont eu lieu (et sont toujours en cours) le long d'un gradient latitudinal de la pointe Finger (77 ° S) à Apostrophe Island (73 ° S). Pour ces expériences, la Pointe Edmonson est le site principal et comporte le plus grand nombre d'expériences complexes et de répliques. Dans tous les sites, une parcelle de traitement a été établie, ainsi qu'une parcelle de contrôle (vierge).

Types de manipulation :

a) augmentation de la température à l'aide d'enceintes ouvertes (EO), conformément au protocole ITEX (International Tundra EXperiment) ;

b) déflecteurs pour exclure la précipitation ;

c) barrières permettant de redistribuer l'accumulation de neige due au vent (barrières pare-neige).

Outre ces manipulations liées à l'environnement physique, des manipulations du régime de l'eau / de la neige / des nutriments ont été mises en œuvre. Parmi les ajouts, on note en particulier : A) la neige ; B) de l'eau liquide ; C) N-NO3 ; D) N-Urée ; E) P-PO4 ; F) du guano.

4) D'autres analyses moléculaires sont en cours pour la phylogénie et la phylogéographie de mousses Bryum au niveau pan-Antarctique qui utilisent aussi des échantillons de matériel biologique de la Pointe Edmonson.

8 (iii) Autres activités scientifiques

Les premières études de l'écologie terrestre à Pointe Edmonson ont commencé dans les années 80, bien que des scientifiques italiens en particulier se soient livrés de façon plus intensive à ce type de recherche et d'autres formes d'activité scientifique dans les années 90. C'est à pointe Edmonson qu'en décembre 1995 et janvier 1996 s'est installé BIOTEX 1, la première expédition de recherche du SCAR sur les études biologiques et les écosystèmes terrestres Antarctiques (BIOTAS). C'est ainsi que dix chercheurs de trois pays ont participé à plusieurs projets scientifiques qui comprenaient des études écologiques, physiologiques et biogéographiques taxonomiques sur les cyanobactéries, les algues, les bryophytes, les lichens (y compris les communautés chasmolithiques et endolithiques), les nématodes, les collemboles et les acariens, des études de la biogéochimie des sols et de l'eau douce, des études sur l'activité métabolique microbienne et la colonisation ainsi que des études sur les réactions photosynthétiques aux conditions ambiantes et contrôlées des mousses, des lichens et des pigments végétaux qui peuvent agir comme agent photoprotecteur (Bargagli, 1999). Le programme BIOTAS a pris officiellement fin mais on s'attend à ce que d'autres études de ce genre se poursuivent à pointe Edmonson.

9. Activités et impacts humains

C'est vraisemblablement le 6 février 1990 que pointe Edmonson a reçu sa première visite lorsque Carsten Borchgrevink a débarqué juste au nord du mont Melbourne sur « un promontoire quasiment libre de neige d'une superficie d'environ 100 acres » et gravi les pentes sur environ 200 mètres (Borchgrevink, 1901 : 261). La région de la baie Wood a rarement été mentionnée durant les 70 années suivantes et elle n'a sans doute été visitée qu'à des intervalles peu fréquents. Les activités dans la zone ont augmenté dans les années 80, tout d'abord avec les premières visites des expéditions GANOVEX (Allemagne). Des travaux de recherche botanique y ont été entrepris en décembre 1984 (Given, 1985 ; Greenfield et. al., 1985 ; Broady, 1987) ainsi qu'en janvier 1989, époque à laquelle les premières propositions portant protection spéciale du site ont été faites (Given, communication personnelle 2003). Avec l'installation en 1986-87 par l'Italie d'une station à proximité de la baie de Terra Nova, l'intérêt pour la recherche dans le site s'est intensifié.

L'ère moderne des activités humaines à pointe Edmonson s'est en grande partie limitée à la science. Leurs impacts n'ont pas été décrits mais ils sont considérés comme mineurs et limités à des questions telles que les campements, les traces de pas, les repères de diverses sortes, les déchets humains, l'échantillonnage scientifique, la gestion de nombres restreints d'oiseaux (par exemple, l'installation de dispositifs permettant de suivre les oiseaux, le lavage d'estomac et les mesures biométriques), et quelques impacts associés à l'accès par hélicoptère ainsi qu'à l'installation et au bon fonctionnement des installations de campement et de recherche à la colonie de manchots comme sur la saillie cuspidée nord. Un déversement au moins d'hydrocarbures d'environ 500 ml, et deux autres déversements de quantités moins élevées ont été déclarés en 1996 qui avaient été causés par des opérations de ravitaillement au générateur et d'entreposage du carburant à proximité des colonies de manchots (voir les sites perturbés qui sont indiqués sur la carte 4). En outre, des déchets marins viennent de temps à autre s'échouer sur des plages à l'intérieur de la zone. La zone à accès limité de la colline Ippolito a fait l'objet de moins d'activités humaines qu'à pointe Edmonson et les impacts dans cette zone sont censés être négligeables.

9 (i) Aires à accès limité et aires gérées à l'intérieur de la zone

Aire à accès limité

L'aire libre de glace de la colline Ippolito (1,12 km2) à environ 1,5 km au nord-ouest de pointe Edmonson est désignée en tant qu'aire à accès limité afin de préserver une partie de cette aire comme site de référence pour de futures études comparatives alors que le reste de l'aire terrestre (qui a une biologie, des caractéristiques et un caractère similaires) est en règle plus générale disponible pour des programmes de recherche et le prélèvement d'échantillons. Les lignes de démarcation nord, ouest et sud de la zone à accès limité sont définies comme étant les marges de la glace permanente qui s'étendent du mont Melbourne et coïncident avec la ligne de démarcation de la zone (cartes 1 et 3). La ligne est de l'aire à accès limité est l'étale de basse mer moyen le long du littoral de cette aire libre de glace.

L'accès à l'aire à accès limité est autorisé uniquement pour des raisons scientifiques essentielles ou à des fins de gestion (comme une inspection ou un examen) auxquelles il n'est pas possible de satisfaire ailleurs dans l'aire.

9 (ii) Structures à l'intérieur et à proximité de la zone

Site du CEMP : Une cabane en fibre de verre destinées à l'observation sur le terrain, équipée d'un appareillage scientifique et d'un panneau APMS et deux cabanes du type Nunsen (capacité d'accueil : quatre personnes) ont été mises en place par le PNRA en 1994-1995 à l'appui des travaux de recherche du CEMP. Ces structures sont installées sur une colline rocheuse à une hauteur de 16 mètres, à 80 mètres de la côte et à 40 mètres au sud de la sous-colonie nord de manchots (cartes 2 et 4). Au début de chaque saison de travail sur le terrain, un générateur et un certain nombre de fûts de carburant sont entreposés temporairement à environ 20 mètres du camp, puis enlevés à la fin de la saison. Adjacentes à la sous-colonie nord de manchots, des clôtures en mailles métalliques (30 à 50 cm) ont été installées pour diriger les manchots vers le pont bascule APMS.

Autres activités : En 1995-1996, quelque 50 cloches de plastique ont été installées en 10 endroits partout dans la zone au titre du programme BIOTEX-1 (cartes 2 et 4). Plusieurs cloches additionnelles avaient été installées l'année précédente en quatre endroits (Wynn-Williams, 1996). On ne connait pas exactement le nombre de cloches se trouvant encore à l'intérieur de la zone. Des campements temporaires ont été installés pour la durée du programme BIOTEX-1 à l'endroit du site de campement désigné ; elles ont maintenant été enlevées.

Lors de la trentième expédition Antarctique italienne, une grande partie de la clôture entourant la colonie D (carte 4) et parties sous-jacentes ont été enlevées. La barrière dans la vallée située sous le Système de surveillance automatique de manchots (SSAM) avait été complètement éliminée, ne laissant que la clôture entourant le SSAM. Nous avons amélioré cette installation et dégagé la partie se trouvant à quelques mètres de la clôture, retirant plus de 40 boulons en fer (carte 4).

Le 28 octobre 2016, lors de la XXXIIe campagne Antarctique, l'ancienne clôture a été récupérée : deux fûts de carburant ont été enlevés, ainsi que la cabane Nansen près de l'abri « Apple ». Il reste l'abri « Apple », le SSAM et ses constructions annexes, la station météorologique et la caméra d'observation de nids de manchots au niveau des points d'observation AB (carte 4).

Les stations permanentes les plus proches sont la station Mario Zucchelli à la baie de Terra Nova (Italie) et la station Gondwana (Allemagne), qui se trouvent à environ 50 km et 45 km au sud respectivement.

9 (iii) Emplacement des autres zones protégées à proximité directe de la zone

Les zones protégées les plus proches de pointe Edmonson sont les suivantes : mont Melbourne (ZSPA n° 118) située à 13 km à l'ouest ; et une zone marine à la baie de Terra Nova (ZSPA n° 161) située à environ 52 km au sud (carte 1, encart 2).

10. Critères de délivrance des permis

L'accès à la zone est interdit sauf si un permis a été délivré par les autorités nationales compétentes. Les critères de délivrance d'un permis pour entrer dans la zone sont les suivants :

- un permis est délivré uniquement pour effectuer des travaux de recherche scientifiques indispensables dans la zone, ou pour des raisons scientifiques qui ne peuvent pas être appliquées ailleurs ; ou

- un permis est délivré pour des raisons de gestion essentielles conformes aux objectifs du plan telles que des activités d'inspection, d'entretien ou de révision ;

- l'accès à l'aire d'accès limité est autorisé uniquement pour des raisons scientifiques ou de gestion impératives (inspection ou évaluation) qui ne peuvent pas être effectuées ailleurs à l'intérieur de l'aire ;

- les actions autorisées ne viendront pas mettre en péril les valeurs écologiques ou scientifiques de la zone ;

- toutes les activités de gestion visent la réalisation des buts du plan de gestion ;

- les actions autorisées sont conformes au plan de gestion ;

- la détention du permis ou d'une copie certifiée conforme est impérative dans la zone ;

- un rapport de visite devra être soumis à l'autorité nommée dans le permis ;

- tout permis sera délivré pour une durée donnée.

- l'autorité compétente devra être notifiée de toutes les activités et/ou mesures qui n'ont pas été inclues dans le permis autorisé.

10 (i) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur de la zone

L'accès à la zone sera autorisé en petite embarcation, à pied ou en hélicoptère. Les déplacements terrestres dans la zone se feront à pied ou en hélicoptère. L'accès à la zone en véhicule est limité aux conditions qui sont décrites ci-dessous.

Accès par petite embarcation

L'accès à la partie de la zone où se trouve la pointe Edmonson est interdit partout où se trouvent des colonies de pinnipèdes ou d'oiseaux de mer ou sur la plage. Tout accès pour des raisons autres que les activités de recherche au titre du CEMP doit être effectué de manière à ne pas perturber les pinnipèdes et les oiseaux de mer (cartes 1 et 2). Aucune restriction ne s'applique aux débarquements à partir de la mer mais, lorsqu'ils pénètrent dans la principale zone libre de glace de pointe Edmonson, les visiteurs devront de préférence débarquer à la saillie cuspidée septentrionale et éviter de le faire à proximité de colonies d'oiseaux reproducteurs (carte 2).

Accès limité des véhicules

L'utilisation de véhicules à l'intérieur de la zone est interdite sauf à la limite sud de la zone où ils peuvent être utilisés sur la glace de mer pour accéder à la côte d'où les visiteurs devront poursuivre leur chemin à pied. Par conséquent, elle doit éviter toute interférence avec les sentiers d'alimentation des animaux et la colonie de manchots Adélie. Dans l'utilisation de véhicules sur la glace de mer, il faut prendre soin d'éviter les phoques de Weddell en phase de reproduction qui pourraient s'y trouver ; les véhicules doivent rouler à basse vitesse et ne pas s'approcher à moins de 50 mètres. L'accès terrestre au site est autorisé jusqu'à la ligne de démarcation de la zone. La circulation devra être maintenue au minimum nécessaire pour la conduite des activités autorisées.

Accès en aéronef et survol

Toutes les restrictions imposées à l'accès en aéronef et au survol décrites dans ce plan devront être appliquées durant la période qui va du 15 octobre au 20 février compris. Le mouvement et l'atterrissage d'aéronefs dans la zone sont autorisés sous réserve que les conditions suivantes soient strictement réunies :

(i) Tous les survols de la zone à des fins autres que l'accès à la zone seront réalisés en tenant compte des restrictions figurant dans le tableau ci-dessous en matière d'altitude :

Altitudes minimales de survol dans la zone en fonction du type d'aéronef


Type d'aéronef


Nombre


Altitude minimale par rapport au sol


Pieds


Mètres


Hélicoptère


1


2 461


750


Hélicoptère


2


3 281


1 000


Voilure fixe


1 ou 2


1 476


450


Voilure fixe


4


3 281


1 000

(ii) L'atterrissage d'hélicoptères est autorisé en trois endroits spécifiques (cartes 1 à 4). Les sites d'atterrissage répondent aux coordonnées suivantes :

(A) Ils seront utilisés pour la plupart des buts recherchés, situés sur la saillie cuspidée septentrionale de pointe Edmonson (carte 2) (74°19'24"S, 165°07'12"E) ;

(B) L'atterrissage est autorisé à l'appui du programme de surveillance des manchots lorsque l'hélicoptère est nécessaire pour le transport de matériel lourd et de fournitures (carte 2) (74°19'43"S, 165°07'57"E) ; et

(C) L'atterrissage est autorisé pour accéder à la zone à accès limité qui est située dans l'aire nord libre de glace (colline Ippolito, carte 3) (74°18'50"S, 165°04'29"E).

(iii) Dans des circonstances exceptionnelles, l'accès par hélicoptère peut être spécifiquement autorisé ailleurs à l'intérieur de la zone pour appuyer des activités scientifiques ou des activités de gestion et ce, en fonction des conditions imposées par le permis aux sites et à la programmation d'accès. L'atterrissage des hélicoptères sur des sites de mammifères et des sites d'oiseaux de mer et où la végétation est considérable devra être évité en tous temps (cartes 2 à 4).

(iv) L'itinéraire d'accès désigné des aéronefs suit une direction ouest et nord-ouest de la zone, à partir des pentes de glace est inférieures du mont Melbourne (cartes 1 à 3). Les aéronefs devront aborder le principal site d'atterrissage désigné (A) sur la saillie cuspidée en provenance du nord-ouest au-dessus et à proximité de la baie de Sienne. Le cas échéant, l'accès au site d'atterrissage (B) devrait suivre le même itinéraire et parcourir une distance additionnelle de 700 mètres vers le sud-est, l'itinéraire de départ étant identique mais à l'envers.

(v) S'il y a lieu, l'accès au site d'atterrissage (C) devra se faire à partir des pentes de glace est inférieures du mont Melbourne et les hélicoptères devront se diriger directement vers le site d'atterrissage depuis le sud en survolant la terre ou, lorsque cela est impossible, en survolant la baie de Sienne en évitant les sites de nidification des labbes qui se trouvent au nord du site atterrissage ;

(vi) L'utilisation de grenades fumigènes pour déterminer la direction des vents est interdite dans la zone sauf pour des raisons de sécurité impérieuses. Ces grenades doivent être récupérées.

Accès à pied et déplacements dans la zone

Tout déplacement sur la terre ferme dans la zone ne peut être effectué qu'à pied. Les visiteurs doivent prendre toutes les précautions d'usage pour minimiser les perturbations des oiseaux en phase de reproduction, des sols, des caractéristiques géomorphologiques et des surfaces de végétation et ils doivent, dans la mesure du possible, éviter d'endommager les plantes délicates et les sols souvent gorgés d'eau. Les déplacements à pied doivent être réduits au minimum en fonction des objectifs de toute activité autorisée et il convient à tout moment de veiller à minimiser tout effet nuisible du piétinement. Les piétons qui ne se livrent pas à des travaux de recherche ou à des activités de gestion portant sur les manchots n'entreront pas dans les colonies et devront rester en tout temps à une distance d'au moins 15 mètres des oiseaux en phase de reproduction. Il faudra veiller à ce que les dispositifs de surveillance, les clôtures et autres installations scientifiques ne soient pas perturbés.

Les piétons qui se déplacent entre les sites d'atterrissage (A) et (B) des hélicoptères jusqu'à la colonie de manchots Adélie devront suivre les itinéraires de marche privilégiés qui sont indiqués sur les cartes 2 et 4 ou suivre un itinéraire le long de la plage.

10 (ii) Activités qui sont ou peuvent être menées dans la zone, y compris les restrictions de durée et de lieu

Le programme de recherche associé au CEMP de la CCAMLR.

Des études scientifiques qui ne portent pas atteinte aux valeurs scientifiques et à l'écosystème de la zone.

Des activités de gestion essentielles, y compris la surveillance.

10 (iii) Installation, modification ou enlèvement des structures

Aucune structure ne peut être installée dans la zone sauf autorisation stipulée dans le permis. Tout le matériel scientifique installé dans la zone doit être autorisé par un permis et identifier clairement le pays, le nom du principal chercheur et l'année de l'installation. Tous les articles doivent être fabriqués avec des matériaux qui posent un risque minimum de pollution de la zone. L'enlèvement de matériel spécifique pour lequel le permis est arrivé à expiration sera une des conditions de la délivrance de ce permis. Les structures permanentes sont interdites.

10 (iv) Emplacement des camps

Des campements semi-permanents et temporaires sont autorisés dans la zone à l'endroit primaire désigné qui est situé sur la saillie cuspidée de pointe Edmonson (carte 2). Les campements au camp de recherche du CEMP (cartes 2 et 4) sont réservés exclusivement aux activités relevant du programme de surveillance des manchots Adélie. Selon les besoins, à l'intérieur de la zone à accès limité et à des fins décrites avec précision dans le permis, des campements temporaires sont autorisés sur le site désigné (C) (74°18'51" de latitude sud, 165°04'16" longitude est) à une centaine de mètres à l'ouest du site d'atterrissage des hélicoptères (carte 3).

10 (v) Restrictions sur les matériaux et organismes pouvant être introduits dans la zone

L'introduction délibérée d'animaux, de végétaux ou de micro-organismes est interdite et les précautions visées au point 7 (ix) seront prises en cas d'introductions accidentelles. Compte tenu de la présence de colonies d'oiseaux reproducteurs à pointe Edmonson, aucun produit de volaille, y compris les produits contenant des œufs en poudre ainsi que les déchets de tels produits, ne sera introduit dans la zone. Aucun herbicide ni pesticide ne doit être introduit dans la zone. Tout autre produit chimique, y compris les radionucléides ou isotopes stables, susceptibles d'être introduits à des fins scientifiques ou de gestion en vertu du permis, seront retirés de la zone au plus tard dès que prendront fin les activités prévues par le permis. Aucun combustible ne sera entreposé dans la zone sauf autorisation prévue par le permis pour les activités menées à des fins scientifiques ou de gestion. Des dispositifs de nettoyage des déversements d'hydrocarbures devront être placés dans les endroits où du combustible est régulièrement utilisé. Tous les matériaux introduits dans la zone pour une période déterminée uniquement en seront enlevés au plus tard à la fin de ladite période, et ils seront entreposés et manipulés de manière à minimiser les risques pour l'environnement. En cas de déversement susceptible de porter préjudice aux valeurs de la zone, ils en seront retirés dans la mesure où ce retrait n'a pas des conséquences plus graves que de les laisser in situ. L'autorité compétente devra être notifiée de tout déversement ou non enlèvement qui n'a pas été inclus dans le permis autorisé.

10 (vi) Prélèvement de végétaux et capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore

Toute capture ou perturbation nuisible à la faune et la flore est interdite sauf avec un permis délivré conformément à l'annexe II du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement. Dans le cas de prélèvements ou de perturbations nuisibles d'animaux, le SCAR Code of Conduct for the Use of Animals for Scientific Purposes in Antarctica [Code de conduite du SCAR pour l'utilisation d'animaux à des fins scientifiques dans l'Antarctique] devra être utilisé comme norme minimale.

10 (vii) Ramassage ou enlèvement de toute chose qui n'a pas été apportée dans la zone par le détenteur du permis

Le ramassage ou l'enlèvement de toute chose qui n'a pas été apporté dans la zone par le détenteur du permis ne peut se faire qu'en conformité avec le permis, mais il doit se limiter au minimum requis pour les activités menées à des fins scientifiques ou de gestion. Un permis ne sera pas délivré si l'on craint à juste titre que l'échantillonnage proposé prélèverait, enlèverait ou endommagerait de telles quantités de roche, de sol, de flore ou de faune sauvages que leur distribution ou abondance sur pointe Edmonson serait sérieusement affectée. Tout matériau d'origine humaine susceptible de nuire aux valeurs de la zone, qui n'a pas été introduit par le titulaire du permis ou toute autre personne autorisée, doit être enlevé dans la mesure où cet enlèvement n'entraînera pas de conséquences plus graves que de le laisser in situ. Dans ce cas, les autorités compétentes devront en être informées.

10 (viii) Elimination des déchets

Tous les déchets, à l'exception des déchets humains, seront retirés de la zone. Les déchets humains seront soit enlevés de la zone soit incinérés en recourant à des technologies conçues à cette fin comme une toilette au propane ou, dans le cas des déchets humains liquides, ils pourront être évacués en mer.

10 (ix) Mesures nécessaires pour faire en sorte que les buts et objectifs du plan de gestion continuent à être atteints

1. Des permis peuvent être délivrés pour entrer dans la zone afin d'y réaliser des activités de surveillance et d'inspection du site qui peuvent impliquer le prélèvement de petits échantillons à des fins d'analyse, de révision ou de protection.

2. Tous les sites spécifiques dont le suivi sera de longue durée seront correctement balisés.

3. Les visiteurs devront prendre des précautions spéciales contre toute introduction afin de préserver les valeurs scientifiques et écologiques de pointe Edmonson. Il conviendra de ne pas introduire de plantes, de microbes et d'invertébrés issus d'autres sites Antarctiques, y compris de stations, ou provenant d'autres régions hors de l'Antarctique. Les visiteurs devront veiller à ce que tout le matériel d'échantillonnage et de balisage introduit dans la zone soit propre. Les chaussures et autres équipements à utiliser dans la zone (sacs à dos, tentes, etc.) devront aussi, dans la mesure du possible, être soigneusement nettoyés avant de pénétrer dans la zone.

10 (x) Rapports de visites

Les Parties doivent s'assurer que le principal détenteur de chaque permis délivré soumet aux autorités compétentes un rapport décrivant les activités menées dans la zone. Ces rapports doivent inclure, s'il y a lieu, les renseignements identifiés dans le formulaire du rapport de visite suggéré par le Guide pour la préparation des plans de gestion des zones spécialement protégées en Antarctique. Les Parties doivent conserver une archive de ces activités et, lors de l'échange annuel d'informations, fournir une description synoptique des activités menées par les personnes relevant de leur juridiction, avec suffisamment de détails pour permettre une évaluation de l'efficacité du plan de gestion. Les Parties doivent, dans la mesure du possible, déposer les originaux ou les copies de ces rapports dans une archive à laquelle le public pourra avoir accès, et ce, afin de conserver une archive d'usage qui sera utilisée et dans l'examen du plan de gestion et dans l'organisation de l'utilisation scientifique de la zone.

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Taylor, R.H., Wilson, P.R. and Thomas, B.W. 1990. Status and trends of Adélie Penguin populations in the Ross Sea region. Polar Record 26 : 293-304.

Woehler, E.J. (ed) 1993. The distribution and abundance of Antarctic and sub-Antarctic penguins. SCAR, Cambridge.

Wörner, G. and Viereck, L. 1990. A.I0. Mount Melbourne. In Le Masurier, W.E. and Thomson, J.W. (eds) Volcanoes of the Antarctic Plate and Southern Oceans. Antarctic Research Series 48 : 72-78.

Wynn-Williams, D.D. 1996. BIOTEX 1, first BIOTAS expedition : field report : Taylor Valley LTER Dec 1995, Terra Nova Bay Dec 1995 - Jan 1996 : microbial colonisation, propagule banks and survival processes. Unpublished field report in BAS Archives AD6/2/1995/NT2.

Zucconi L., Pagano S., Fenice M. , Selbmann L., Tosi S., and Onofri S. 1996. Growth temperature preference of fungal strains from Victoria Land. Polar Biology 16 : 53-61.

Annexe 1

Nouvelle bibliographie et autres publications intéressantes pour les activités de recherche à pointe Edmonson (mer de Ross) :

D. Ainley, V. Toniolo, G. Ballard, K. Barton, J. Eastman, B. Karl, S. Focardi, G. Kooyman, P. Lyver, S. Olmastroni, B.S. Stewart, J. W. Testa, P. Wilson, 2006. Managing ecosystem uncertainty : critical habitat and dietary overlap of top-predators in the Ross Sea. WG-EMM 06/29.

Tosca Ballerini, Giacomo Tavecchia, Silvia Olmastroni, Francesco Pezzo, Silvano Focardi 2009. Nonlinear effects of winter sea ice on the survival probabilities of Adélie penguins. Oecologia 161 : 253-265.

Ballerini T, Tavecchia G, Pezzo F, Jenouvrier S and Olmastroni S 2015. Predicting responses of the Adélie penguin population of Edmonson Point to future sea ice changes in the Ross Sea. Front.Ecol.Evol. 3 : 8. Doi : 10.3389/fevo.2015.00008

F. Borghini, A. Colacevich, S. Olmastroni 2010. Studi di ecologia e paleolimnologia nell'area protetta di Edmonson Point (Terra Vittoria, Antartide). Etruria Natura Anno VII : 77-86.

Cincinelli A., Martellini T. and Corsolini S., 2011. Hexachlorocyclohexanes in Arctic and Antarctic Marine Ecosystems, Pesticides - Formulations, Effects, Fate, Edited by : Margarita Stoytcheva, ISBN : 978-953-307-532-7, Publisher : InTech, Publishing, Janeza Trdine 9, 51000 Rijeka, Croatia, January 2011,453-476, available at http://www.intechopen.com/articles/show/title/hexachlorocyclohexanes-in….

Corsolini S., 2011. Contamination Profile and Temporal Trend of POPs in Antarctic Biota. In Global contamination trends of persistent organic chemicals. Ed. B. Loganathan, P.K.S. Lam, Taylor & Francis, Boca Raton, FL, USA, in press.

Corsolini S., 2011. Antarctic : Persistent Organic Pollutants and Environmental Health in the Region. In : Nriagu JO (ed.) Encyclopedia of Environmental Health, volume 1, pp. 83-96 Burlington : Elsevier, NVRN/978-0-444-52273-3.

Corsolini S., Ademollo N., Mariottini M. , Focardi S., 2004. Poly-brominated diphenyl-ethers (PBDEs) and other Persistent Organic Pollutants in blood of penguins from the Ross Sea (Antarctica). Organohalogen Compd., 66 : 1695-1701.

Corsolini S, Covaci A, Ademollo N, Focardi S, Schepens P., 2005. Occurrence of organochlorine pesticides (OCPs) and their enantiomeric signatures, and concentrations of polybrominated diphenyl ethers (PBDEs) in the Adelie penguin food web, Antarctica. Environ Pollut., 140 (2) : 371-382.

Corsolini S., Olmastroni S., Ademollo N., Minucci G., Focardi S., 2003. Persistent organic pollutants in stomach contents of Adélie penguins from Edmonson Point (Victoria Land, Antarctica). In : Antarctic Biology in a global context, Ed. A.H.L. Huiskes, W.W.C. Gieskes, J. Rozema, R.M.L. Schorno, S.M. van der Vies, W.J. Wolff. Backhuys Publishers, Leiden, The Netherlands. pp. 296-300.

Fuoco, R. ; Bengtson Nash, S. M. ; Corsolini, S. ; Gambaro, A. ; Cincinelli, A. POPs in Antarctica ; A Report to the Antarctic Treaty in Kiev 2-13 June, 2008; Environmental Contamination in Antarctica (ECA) Pisa, 2008.

Lorenzini. S., Olmastroni S., Pezzo. F., Salvatore M. C., Baroni C. 2009. Holocene Adélie penguin diet in Victoria Land, Antarctica. Polar Biology 32 : 1077-1086.

Irene Nesti, Yan Ropert-Coudert, Akiko Kato, Michael Beaulieu, Silvano Focardi, Silvia Olmastroni 2010. Diving behaviour of chick-rearing Adélie Penguins at Edmonson Point, Ross Sea. Polar Biology 33 : 969-978.

S. Olmastroni, F. Pezzo, V. Volpi, S. Focardi 2004a. Effects of weather and sea ice on Adélie penguin reproductive performance. CCAMLR Science 11 : 99-109

F. Pezzo, S. Olmastroni, V. Volpi, S. Focardi 2007. Annual variation in reproductive parameters of Adélie penguins at Edmonson Point, Victoria Land, Antarctica. Polar Biology 31 : 39-45.

Bibliographie après 2011 :

Cannone N., Wagner D., Hubberten H. W., Guglielmin M. (2008). Biotic and abiotic factors influencing soil properties across a latitudinal gradient in Victoria Land, Antarctica. Geoderma, 144 : 50-65

Cannone N., Seppelt R. (2009). A preliminary floristic classification of Northern and Southern Victoria Land vegetation (Continental Antarctica). ANTARCTIC SCIENCE, vol. 20, pp. 553-62.

Cannone N., Guglielmin M. (2009). Influence of vegetation on the ground thermal regime in continental Antarctica. GEODERMA, vol. 151, pp. 215-223.

Guglielmin M. , Cannone N. 2012. A permafrost warming in a cooling Antarctica ? Climatic Change, Climatic Change, 111 pp. 177-195.

Guglielmin M. , Dalle Fratte M. , Cannone N. (2014). Permafrost warming and vegetation changes in continental Antarctica. Environ. Res. Lett. 9 : 045001.

Singh S.M., Olech M. , Cannone N., Convey P. (2015). Contrasting patterns in lichen diversity in the continental and maritime Antarctic. Polar Science, 9 (3) : 311-318.

Annexe 2

Permis émis

Pendant la campagne Antarctique italienne de 2011-2016, les permis suivants, permettant de perturber ou de prendre des échantillons des organismes vivants suivants dans la ZSPA n° 165, la Pointe Edmonson, ont été émis :

Campagne de 2006/2007

Dénomination de l'organisme


Quantité ou kg


Système d'échantillonnage


Pygoscelis adeliae


2 000


Recensement visuel



10


Marquage



10


Collecte de plumes


Stercorarius maccormicki


200


Recensement

Echantillonnage de l'eau de lacs. Permis d'accès à la ZSPA n° 165 pour une durée de 40 jours dans le campement.

Campagne de 2007/2008

Dénomination de l'organisme

Quantité ou k

Système d'échantillonnage

Emission de permis d'accès à la ZSPA n° 165 uniquement pour deux contrôles de la station météorologique, d'une durée de 3 heures à chaque visite.

Campagne de 2008/2009

Dénomination de l'organisme

Quantité ou k

Système d'échantillonnage

Aucune activité n'a eu lieu à pointe Edmonson ZSPA n° 165 au cours de la campagne de 2007/2008.

Campagne de 2009/2010

Dénomination de l'organisme

Quantité ou kg

Système d'échantillonnage

Pygoscelis adeliae

2 000

Recensement visuel


18

Echantillonnage de plumes et de sang

Stercorarius maccormicki

120

Recensement visuel


10

Echantillonnage de plumes et de sang

Mousses

200 g

Echantillonnage manuel

Algues

200 g

Echantillonnage manuel

Echantillonnage de l'eau, de mousses et d'algues des lacs. Permis d'accès à la ZSPA n° 165 pour 31 jours dans le campement et pour 3 heures d'échantillonnage supplémentaire.

Campagne de 2010/2011

Dénomination de l'organisme

Quantité ou kg

Système d'échantillonnage

Mousses

600 g

Echantillonnage manuel

Algues

400 g

Echantillonnage manuel

Lichens sur roches et sols

600 g

Echantillonnage manuel

Roches et sols colonisés par des micro-organismes et des lichens

2 kg

Echantillonnage manuel

12 missions d'échantillonnage et de recherche dans la zone de la ZSPA, pour une durée totale de 28 heures de travail.

Annexe 3

Permis émis

Pendant la Campagne Antarctique italienne de 2011-2016, les permis suivants permettant la perturbation ou la collecte d'échantillons d'organismes vivants dans la ZSPA n° 165, Pointe Edmonson, ont été émis :

Campagne de 2011/2012

Dénomination de l'organisme

Quantité ou kg

Système d'échantillonnage

Mousses

0,005 kg

Système manuel

Lichens

0,002 kg

Système manuel

L'accès au campement de la ZSPA n° 165 a été autorisé 4 fois pour une durée de 3 heures à chaque visite, et 3 fois pour des activités météorologiques pour une durée de 1 heure à chaque visite. 15 heures au total.

Campagne de 2012/2013

Dénomination de l'organisme

Quantité ou kg

Système d'échantillonnage

Mousses

0,008 kg

Système manuel

Lichens

0,005 kg

Système manuel

Emission de permis d'accès à la ZSPA n° 165 à des fins de recherche et pour contrôler la station météorologique. La durée totale dans la ZSPA au cours de la campagne de 2012-13 est d'environ 27 heures.

Campagne de 2013/2014

Dénomination de l'organisme

Quantité ou kg

Système d'échantillonnage

Lacustrine algae

1 kg

Système manuel

Mousses

1,2 kg

Système manuel

Lichens

0,1 kg

Système manuel

Excréments et guano

Quantité requise

Système manuel

Fossiles bivalves

3 espèces dans la couche

Système manuel

Emission de permis d'accès à la ZSPA n° 165 uniquement pour deux contrôles de la station météorologique, d'une durée de 3 heures à chaque visite. La durée totale dans la ZSPA au cours de la campagne de 2013-14 est d'environ 25 heures.

Campagne de 2014/2015

Dénomination de l'organisme

Quantité ou kg

Système d'échantillonnage

Projet sur la conservation d'une espèce de mésoprédateur polaire dans un écosystème changeant

3 000 Pygoscelis adeliae

Recensement

 

20 échantillonnage de plumes et de sang

Système manuel

 

Stercorarius maccormicki 120

Recensement visuel

 

10 échantillonnage de plumes et de sang

Système manuel

Un camp a été mis en place dans la ZSPA n° 165 (pointe Edmonson) pour une période d'environ 60 jours. Emission de permis d'accès à la ZSPA uniquement pour deux contrôles de la station météorologique, d'une durée de 3 heures à chaque visite. La durée totale dans la ZSPA pendant la campagne de 2014-15 est d'environ 6 heures et 60 jours.

Campagne de 2015/2016

Dénomination de l'organisme

Quantité ou kg

Système d'échantillonnage

Surface comportant une croûte biologique

1,5 kg

Utilisation d'une pelle stérile

Emission de permis d'accès à la ZSPA uniquement pour deux contrôles de la station météorologique, d'une durée de 3 heures à chaque visite. La durée totale dans la ZSPA au cours de la campagne de 2015-16 est d'environ 21 heures.

Campagne de 2016/2017

Dénomination de l'organisme

Quantité ou kg

Système d'échantillonnage

Collecte de téphra
Aucun organisme vivant ne sera étudié

 

Utilisation d'une spatule

Algues, invertébrés planctoniques ; poissons

5 espèces

Filet à plancton, ligne de pêche

Emission de permis d'accès à la ZSPA uniquement pour deux contrôles de la station météorologique, d'une durée de 3 heures à chaque visite. La durée totale dans la ZSPA au cours de la campagne de 2016-17 est d'environ 43 heures.

Pointe Edmoson ZSPA n° 165 Cartes.

 


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