(JO n° 60 du 12 mars 2014)
NOR : MAEJ1404874D

Vus

Le Président de la République,

Sur le rapport du Premier ministre et du ministre des affaires étrangères,

Vu la Constitution, notamment ses articles 52 à 55 ;

Vu le décret n° 53-192 du 14 mars 1953 modifié relatif à la ratification et à la publication des engagements internationaux souscrits par la France ;

Vu le décret n° 61-1300 du 30 novembre 1961 portant publication du traité sur l’Antarctique, signé le 1er décembre 1959 ;

Vu le décret n° 98-861 du 18 septembre 1998 portant publication du protocole au traité sur l’Antarctique, relatif à la protection de l’environnement, signé à Madrid le 4 octobre 1991 ;

Vu le décret n° 2005-1075 du 23 août 2005 portant publication de l’annexe V du protocole au traité de l’Antarctique relatif à la protection de l’environnement, protection et gestion des zones, adoptée à Bonn le 18 octobre 1991,

Décrète :

Article 1er du décret du 10 mars 2014

La mesure 9 (2013), zone spécialement protégée de l’Antarctique n° 143 (Plaine Marine, péninsule Mule, collines Vestfold, terre Princesse Elizabeth) (ensemble une annexe), adoptée à Bruxelles le 29 mai 2013 plan de gestion révisé, sera publiée au Journal officiel de la République française.

Article 2 du décret du 10 mars 2014

Le Premier ministre et le ministre des affaires étrangères sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait le 10 mars 2014.

FRANÇOIS HOLLANDE

Par le Président de la République :

Le Premier ministre,
JEAN-MARC AYRAULT

Le ministre des affaires étrangères,
LAURENT FABIUS

(1) La présente mesure est entrée en vigueur le 27 août 2013.

Mesure 9 (2013), zone spécialement protégée de l’Antarctique n° 143 (Plaine Marine, péninsule Mule, collines Vestfold, terre Princesse Elizabeth) - plan de gestion révisé

Les représentants,

Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l’annexe V du Protocole au Traité sur l’Antarctique relatif à la protection de l’environnement, qui prévoient la désignation de zones spécialement protégées de l’Antarctique (« ZSPA ») et l’approbation de plans de gestion de ces zones ;

Rappelant :
- la recommandation XIV-5 (1987), qui désignait la Plaine Marine sur la péninsule Mule, collines Vestfold, terre princesse Elizabeth, comme site présentant un intérêt scientifique particulier (« SISP ») no 25 et qui comportait en annexe un plan de gestion du site ;
- la résolution 3 (1996), qui prorogeait la date d’expiration du SISP ;
- la mesure 2 (2000), qui prorogeait la date d’expiration du plan de gestion du SISP ;
- la décision 1 (2002), qui rebaptisait et renumérotait le SISP n° 25 comme ZSPA n° 143 ;
- la mesure 2 (2003), qui adoptait un plan de gestion révisé de la ZSPA n° 143 ;

Rappelant que la résolution 3 (1996) a été désignée comme n’étant plus en vigueur par la décision 1 (2011) ;

Rappelant que la mesure 2 (2000) n’est pas entrée en vigueur et a été retirée par la mesure 5 (2009) ;

Notant que le Comité pour la protection de l’environnement a approuvé un plan de gestion révisé de la ZSPA n° 143 ;

Désireux de remplacer le plan de gestion de la ZSPA n° 143 actuel par le plan de gestion révisé ;

Recommandent à leurs Gouvernements d’approuver la mesure ci-après conformément au paragraphe 1 de l’article 6 de l’annexe V du Protocole au Traité sur l’Antarctique relatif à la protection de l’environnement :

Que :

1. Le plan de gestion révisé de la zone spécialement protégée de l’Antarctique n° 143 (Plaine Marine, péninsule Mule, collines Vestfold, terre princesse Elizabeth), qui figure en annexe à la présente mesure soit approuvé ; et que

2. Le plan de gestion de la ZSPA n° 143, qui figure en annexe à la mesure 2 (2003), cesse d’être en vigueur.

Annexe : Plan de gestion pour la zone spécialement protégée de l’Antarctique (ZSPA) n° 143 (Plaine Marine, péninsule Mule, collines Vestfold, terre Princesse Elizabeth)

Introduction

Plaine Marine se situe à environ 10 km au sud-ouest de la station Davis, collines Vestfold (68° 37_ 50,2_ de latitude sud, 78° 07_ 55,2_ de longitude est). Cette zone spécialement protégée de l’Antarctique (dénommée « la zone » dans le présent document) couvre une superficie de 23,4 km2 et donne sur un bras du fjord Crooked, dans la partie sud de la péninsule Mule qui est la plus méridionale de trois grandes péninsules qui abritent les collines Vestfold.

La zone est représentative de l’écosystème terrestre, libre de glace de l’Antarctique et a été initialement désignée dans le but de protéger une faune fossile remarquable et des propriétés géologiques rares. Cette zone présente un intérêt scientifique exceptionnel car elle contient des éléments clés de l’histoire paléoécologique et paléoclimatique de l’Antarctique.

La zone avait d’abord été désignée site d’intérêt scientifique particulier n° 25 conformément à la résolution XIV-5 (1987) suite à la proposition de l’Australie. Le site a été rebaptisé et renuméroté ZSPA n° 143 conformément à la décision 2 (2002). Un premier plan de gestion révisé pour la zone avait été adopté par le biais de la mesure 2 (2003).

1. Description des valeurs à protéger

Plaine Marine reflète un important écosystème terrestre libre de glace dont les particularités géologiques rares et la faune fossile sont exceptionnelles. Elle revêt un intérêt scientifique permanent remarquable et a fait l’objet de plusieurs études glaciologiques, géomorphologiques, paléontologiques et géologiques.

La zone est le berceau d’une remarquable faune fossile de vertébrés, notamment Australodelphis miros, le seul vertébré supérieur attribué à l’intervalle entre l’oligocène supérieur et le pleistocène inférieur, identifié sur terre, en Antarctique. Il s’agit également du premier cétacé fossile ayant eu pour habitat la limite polaire de l’Antarctique entourée par l’océan Austral, après l’éclatement du Gondwana. Plaine Marine est également le berceau de quatre autres espèces fossiles de cétacés, une espèce de poisson et une faune d’invertébrés très variée, composée de mollusques, gastropodes et diatomées marines. Le premier crustacé décapode de l’Antarctique, datant du pliocène, y a été également découvert.

On trouve à Plaine Marine une étendue de sédiments marins du pliocène, déterminant une ligne plus ou moins horizontale d’une épaisseur de 8 cm environ, connue sous le nom de formation Sørsdal (cf. carte C). La formation affleure à certains endroits mais est surtout enfouie sous des sédiments de l’holocène d’une épaisseur pouvant aller jusqu’à un mètre. Une biostratigraphie des diatomées a permis de placer la formation Sørsdal parmi les sédiments essentiellement composés de Fragilariopsis barronii, datant du pliocène inférieur (il y a environ 4,5 à 4,1 millions d’années). Les dépôts du début du pliocène constituent une source d’informations capitales sur l’environnement de cette période de l’histoire de l’Antarctique.

La faune fossile permet de mieux comprendre l’environnement antarctique du début du pliocène, notamment l’océanographie et le climat sous les hautes latitudes. L’examen des microfossiles de diatomées permet de reconstituer les conditions paléo-environnementales concernant la formation Sørsdal et de tester des modèles hypothétiques permettant de comparer l’évolution de l’Inlandsis avec les données géologiques recueillies. En outre, cet examen offre la possibilité d’explorer la réaction de l’Inlandsis antarctique aux changements climatiques.

Les collines Vestfold comportent une zone libre de glace d’environ 413 km2 et sont caractérisées par une basse altitude, en général inférieure à 180 mètres. Elles ont connu des périodes de glaciations intermittentes et les affleurements rocheux présentent un relief poli par endroit mais aussi des aspérités striées ou fracturées. Les stries glaciaires indiquent la direction des mouvements de la glace au cours de l’histoire. Ces particularités ainsi que les autres caractéristiques glaciaires et périglaciaires ont fait l’objet d’études approfondies afin de comprendre l’histoire glaciaire et géomorphologique de la région.

En outre, le plus grand thermokarst périglaciaire de l’Antarctique oriental se trouve à Plaine Marine. Les sédiments sont normalement cimentés par le pergélisol (en plus de tout autre ciment découlant de la diagenèse), mais la fonte peut entraîner leur fragilisation, voire leur effondrement. Les reliefs du thermokarst se sont constitués sous l’effet d’un processus d’usure des bas escarpements et sont caractérisés, entre autres, par des dépressions et des lacs thermokarstiques, des poches de glace, des dépressions linéaires et de minuscules rigoles. L’impact humain peut accélérer la fonte du pergélisol et, dès lors, perturber les importantes valeurs géomorphologiques ou porter atteinte aux fossiles présents dans les diatomées.

Des liens intrinsèques existent entre cette plaine géologique et le lac Burton contigu. A l’ouest de Plaine Marine, le lac Burton est un lagon sursalé qui rejoint l’océan selon un rythme saisonnier. Ce lagon représente une phase de l’évolution biologique et physico-chimique d’une masse d’eau terrestre (c’est-à-dire la formation géologique du lac).

Le lac Burton, salin et méromictique, ainsi que d’autres lacs plus petits de la ZSPA constituent des exemples représentatifs de la variété des lacs, allant du sursalé à l’eau douce, dans les collines Vestfold et offrent aux chercheurs un terrain propice à la conduite d’importantes études limnologiques et géochimiques. Les corrélations entre l’environnement et les communautés biologiques dans les lacs comme le lac Burton sont riches d’enseignement sur l’évolution des environnements lacustres et, plus généralement sur l’environnement antarctique. Il s’agit actuellement du seul lac méromictique protégé de l’Antarctique oriental.

En raison de la proximité de la station Davis (Australie), les valeurs scientifiques de la zone pourraient être endommagées ou perturbées involontairement. La zone, facile d’accès, se trouve sur un itinéraire piéton (cf. carte B) menant vers les lacs (Clear, Laternula et McCallum) de la péninsule Mule à partir d’Ellis Rapids.

La zone mérite d’être protégée étant donné que le risque de perturbations susceptibles de porter atteinte à la recherche scientifique est manifeste. Par conséquent, la protection de la faune fossile contre tout prélèvement, tout enlèvement et toute perturbation non autorisés est cruciale.

2. Buts et objectifs

La gestion de la ZSPA Plaine Marine vise à :
- éviter la détérioration et réduire les menaces sérieuses pouvant peser sur les valeurs de la zone en empêchant les interventions humaines superflues ;
- autoriser les recherches scientifiques géologique, paléo-climatique, paléontologique, géomorphologique et limnologique tout en protégeant la zone du suréchantillonnage ;
- autoriser d’autres recherches scientifiques impérieuses ne pouvant être menées ailleurs ;
- minimiser les risques de destruction des reliefs, en particulier ceux de Plaine Marine, la plaine située au sud du lac Poséidon et à l’est de la crête Pickard (68° 37_ 22,8_ latitude sud, 78° 07_ 9,9_ longitude est), des formations glaciaires et périglaciaires et des sites susceptibles de contenir des fossiles ; et
- autoriser des visites dans le cadre de la gestion et notamment pour faciliter la réalisation des objectifs du plan de gestion.

3. Activités de gestion

Afin de protéger les valeurs de la zone, les activités de gestion décrites ci-dessous seront menées :
- une signalisation géographique facilitant l’accès à la zone (et mentionnant les restrictions particulières applicables) sera installée bien en évidence ; une copie du plan de gestion sera disponible :
   - à la station Davis, qui est adjacente à la zone ;
   - au refuge de Plaine Marine ; et
   - à bord des embarcations se rendant dans les environs de la zone ;
- des bornes indiquant les angles de la ligne de démarcation seront installées ;
- une signalisation facilitant l’identification de l’emplacement et de ses limites et mentionnant clairement les restrictions applicables à l’accès à la zone sera installée aux endroits appropriés au niveau des limites de la zone afin d’empêcher toute entrée par inadvertance ;
- les repères, panneaux de signalisation et structures érigées à l’intérieur de la zone pour des besoins scientifiques ou de gestion devront être fixés solidement et maintenus en bon état puis enlevés lorsqu’ils ne seront plus nécessaires ;
- les équipements ou matériels abandonnés devront être enlevés dans la mesure du possible à condition que l’impact de l’opération d’enlèvement sur les valeurs de la zone soit moindre que celui de laisser le matériel sur place ;
- les visites seront effectuées au besoin, et au moins une fois tous les cinq ans, dans le but d’évaluer la conformité de la zone protégée au statut qui lui a été conféré et de vérifier que les dispositions appropriées concernant la gestion et la maintenance ont été prises ; et
- le plan de gestion sera révisé au moins tous les cinq ans et mis à jour si nécessaire.

4. Durée de la désignation

La zone est désignée pour une période indéterminée.

5. Cartes

Carte A. Collines Vestfold, Antarctique oriental. Cette carte indique l’emplacement de la ZSPA Plaine Marine, de la station Davis et des refuges environnants. Encart : emplacement des collines Vestfold en Antarctique. Caractéristiques de la carte : projection : UTM fuseau 44. Datum horizontal : WGS84.

Carte B. Cette carte illustre la région à proximité immédiate de la ZSPA Plaine Marine. Elle indique les caractéristiques liées à la topographie et à la répartition de la faune. Caractéristiques de la carte : projection :

UTM fuseau 44. Datum horizontal : WGS84. Equidistance des courbes de niveau : 20 mètres.

Carte C. Carte géologique de la ZSPA Plaine Marine illustrant la formation Sersdal. Caractéristiques de la carte : projection : UTM fuseau 44. Datum horizontal : WGS84.

6. Description de la zone

6(i) Coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques du milieu naturel

Caractéristiques générales

Plaine Marine (latitude sud 68° 37_ 50,2_, longitude est 78° 07_ 55,2_, 23,4 km2) est située à environ 10 km au sud-est de la station Davis dans les collines Vestfold. Elle s’ouvre sur un bras du fjord Crooked sur le versant méridional de la péninsule Mule, la plus méridionale des trois péninsules qui abritent les collines Vestfold.

Les collines Vestfold forment une oasis pratiquement dépourvue de glace posée sur un soubassement de quelque 512 km2 de superficie. Son relief est également composé de débris glaciaires, de lacs et de lagunes, à l’extrémité orientale de la baie Prydz, terre Princesse Elizabeth.

La ZSPA n° 143 abrite Plaine Marine (environ 3 km2), qui occupe son centre selon une orientation nord-sud.

La crête Pickard (d’une altitude maximale de 70 mètres) sépare la zone du bassin Poséidon au nord-est.

Ces deux espaces sont situés en basse altitude, à moins de 20 mètres au-dessus du niveau de la mer. On y observe une série de moraines de retrait dont la concavité est orientée vers le sud. A Plaine Marine, à l’est du lac Burton, se trouve une succession de pentes sablonneuses orientées sud-ouest. Les espaces plus en hauteur ne dépassent cette altitude que très légèrement et sont composés de collines accidentées faites de roches du Précambrien. La base de ces collines se distingue particulièrement par sa composition caractéristique d’un littoral de l’holocène.

En partant de la limite septentrionale, les limites et coordonnées géographiques de la zone se présentent comme suit :

Le point de départ du périmètre est situé à une latitude sud de 68° 36_ 34_ et une longitude est de 78° 09_ 28_. A partir de ce point la ligne descend, direction sud-est, jusqu’à un point de latitude sud 68° 36_ 45_ et de longitude est 78° 10_ 30_, puis toujours vers le sud-est jusqu’à un autre point de latitude sud 68° 37_ 30_ et de longitude est 78° 12_ 30_, puis pratiquement à la verticale le long d’un méridien de longitude est 78° 12_ 30_ jusqu’au point de contact avec le littoral septentrional du lac Pineapple. Ensuite, la ligne repart vers l’ouest le long de ce littoral jusqu’au bord du glacier Sørsdal, puis toujours dans la même direction le long de la crête septentrionale de ce même glacier jusqu’au point de contact – au niveau de la mer à marée basse – avec le littoral nord-est du fjord Crooked, puis vers l’ouest le long du littoral septentrional à marée basse de ce même fjord (traversant l’estuaire du lac Burton se jetant dans le fjord Crooked) jusqu’à son intersection avec le méridien de longitude est 78° 03_ 0_, puis vers le nord le long du méridien de longitude est 78° 03_ 0_ jusqu’à son intersection avec le parallèle de latitude sud 68° 37_ 30_, puis vers le nord-est jusqu’à la latitude sud 68° 36_ 56_ et la longitude est 78° 05_ 39_ et à nouveau vers le nord-est jusqu’au point de départ.

Géologie et paléontologie

Les trois grands ensembles lithologiques constituant les collines Vestfold (cf. carte C) sont (par ordre chronologique) : le paragneiss Chelnock, le gneiss Mossel et le gneiss du lac Crooked. Elles se reproduisent en unités selon une orientation est - nord-est vers ouest - sud-ouest. Ces lithologies présentent des rangées de filons (dykes) mafiques suivant un axe plus ou moins droit orienté nord-sud (cf. carte C). Ces filons constituent une des caractéristiques dominantes du relief de collines Vestfold.

Dans les espaces situés en basse altitude (environ 10 à 17 mètres au-dessus du niveau de la mer), la moitié supérieure de la couche de roche précambrienne est recouverte de près de 8 mètres de diatomées du début du pliocène (4,5 à 3,5 millions d’années) contenant également des lentilles calcaires. Le calcaire abrite des fossiles de mollusques, y compris des lamellibranches, Chlamys tuftsensis (Turner). Des débris glaciaires de l’holocène (il y a environ 6,49 milliers d’années) couvrent de manière inégale le dépôt marin (0,5 à 1 mètre) s’étendant sur une superficie de 8 à 10 km2. Une couche de calcaire lenticulaire sépare les unités du pliocène et de l’holocène.

Les bas escarpements des sédiments marins du pliocène ont révélé une variété de fossiles marins composés de vertébrés et d’invertébrés. Les fossiles de cétacés retrouvés apparaissent comme un ensemble d’ossements notamment des colonnes vertébrales et des crânes, ou parfois sous la forme de spécimens entiers mesurant à peu près 2 mètres de long voire plus. Ils ont été retrouvés dans la couche supérieure sur 2 mètres de la section située dans Plaine Marine. Les fossiles les plus grands ont été retrouvés sur les marges du lieu appelé « le Grand fossé », à proximité du lac Burton, et dans l’escarpement du côté oriental de Plaine Marine. Un fossile cétacé notoire est Australodelphis mirus qui illustre la remarquable convergence entre les dauphins d’aujourd’hui (famille Delphinidae) et la baleine à bec (genre Mesoplodon). Plaine Marine a également révélé la présence du premier crustacé décapode du pliocène en Antarctique. Le spécimen est incomplet et, dès lors, difficile à identifier avec précision, mais il appartient sans doute à la famille Palinuridae. Parmi les autres espèces fossiles identifiées on note une baleine à bec et une baleine à fanons ainsi que d’autres espèces (qui n’ont pas encore été étudiées), probablement des manchots, des poissons, des lamellibranches, des gastropodes, des vers Serpulidae, des bryozoaires, des astérides, des ophiurides, des échinides et d’abondantes Iéiosphères d’origine planctonique.

Cette plaine a connu une importante activité fluviale depuis le milieu de l’holocène qui a entraîné la formation de petites nappes de sédiments lacustres sur son flanc oriental. Des vallées fluviatiles et des lacs de source (aujourd’hui pratiquement asséchées) ont été identifiés.

La diatomée du pliocène que l’on observe à Plaine Marine semble être le seul dépôt de la sorte dans les collines Vestfold. A certains endroits, le till et les dépôts glaciaires de l’holocène sont très fins et, par conséquent, très vulnérables. En effet, la mince croûte sur une surface poudreuse instable peut être facilement écrasée par un simple marcheur, dégageant un panache de diatomées et de poussières riches en sable, et laissant une trace de pas parfaitement claire et contrastée.

Du pergélisol a été observé à environ un mètre de profondeur, et les particularités du relief local ont évolué en raison de la fonte lente et progressive de la glace de surface. Le terrain résultant de ce processus est appelé thermokarst périglaciaire, car les dépressions obtenues confèrent à la topographie un aspect semblable à celui du karst calcaire classique.

Le glacier Sørsdal (situé à proximité de la crête de la plate-forme glaciaire antarctique) constitue la limite méridionale des collines Vestfold libres de glace. A 800 mètres de la limite méridionale de Plaine Marine, c’est-à-dire à son intersection avec le bord septentrional du glacier Sørsdal, ce dernier s’est retiré d’un kilomètre, en l’espace de quarante ans, à compter de 1947. Ce retrait est dû aux mouvements de la glace provenant du glacier, vers l’intérieur du canal profond ainsi qu’aux crêtes glaciaires qui se forme sur le glacier et qui s’effondrent ensuite dans le fjord Crooked.

Lacs

Le lac Burton est un élément très important du relief de la partie occidentale de la zone. Il existe plusieurs petits lacs et lagunes anonymes dans la zone. Le lac Burton, méromictique et sursalé, d’une profondeur maximale de 18 mètres devient une lagune séparée de la mer selon la saison. Il est couvert de glace 10 à 11 mois de l’année et relié au fjord Crooked selon la marée et la saison, par un canal d’environ 20 mètres de large et 2 mètres de profondeur. Le lac est isolé du fjord Crooked par la glace pendant 6 à 7 mois de l’année.

Le lac contient plusieurs types de bactéries photosynthétiques. Les espèces dominantes sont Chlorobium vibriofome et C. Limiola tandis que les espèces secondaires sont Thiocapsa roseopersicina et Rhodopseudomonas palustris. Le lac abrite également des bactéries psychrophiliques qui sont relativement inhabituelles dans les zones glaciaires côtières de l’Antarctique et qui s’épanouissent grâce à la disponibilité croissante d’éléments nutritifs d’origine continentale, de la prolifération d’algues pélagiques ainsi que de la décomposition de ces dernières dans les colonnes d’eau de fonte observées au printemps et en été. Une nouvelle espèce de bactéries est Psychroserpens burtonensis qui n’a été, ni cultivée, ni recensée dans aucun autre environnement.

Les eaux du lac Burton abondent en algues marines. Une étude floristique portant sur les diatomées a révélé la présence de 41 genres.

L’ultrastructure de Posigaardi mariagerensis a été observée pour la première fois lors de recherches menées dans le lac Burton. Cet organisme très inhabituel n’est pas un euglénide, il fait plutôt partie du clade Euglenozoa Euglenozoa incertae redis. En outre, le lac Burton est un des deux lacs de l’Antarctique où des choanoflagellés (notamment Diaphanoeca grandis, Diaphanoeca sphaerica et Saepicula leadbeateri) ont été observés pour la première fois. Il s’agit aussi d’un habitat particulièrement propice au développement du genre Spiraloecion didymocostatum (cf. Gen. et Sp. Nov.)

Quatre espèces de métazoaires ont été régulièrement recensées dans le zooplancton du lac Burton :

Drepanopus bispinosus et Paralabidocera antarctica (copépodes), Rathkea lizzioides (anthoméduse) et un cydippe (cténophore) qui n’a pas encore été baptisé. En outre, de nombreuses holotriches, au moins deux espèces de nématodes et un grand amphipode marin ont été recensés dans la communauté benthique. On observe également la présence de tardigrades.

L’espèce de poisson Pagothenia borchgrevinki a été observée une fois dans le lac. Elle est répandue dans les zones côtières et les fjords des Collines Vestfold, toutefois, elle ne semble pas habiter le lac en permanence. En raison des interactions marines saisonnières, il est probable que d’autres algues, zooplancton et poissons pénètrent dans le lac mais ne survivent pas à l’hiver.

Végétation

Des mousses et des lichens ont été observés à proximité de quelques petits cours d’eau éphémères caractérisés par une évacuation radiale le long des talus entourant les collines précambriennes. De nombreuses petites crevasses et fissures du pinacle en saillie à l’extrémité septentrionale du lac Burton forment un site riche en lichens tandis que l’extrémité septentrionale du lac Poséidon est riche en mousses. La flore de lichens et de mousses de la zone n’a pas été documentée mais les Collines Vestfold abritent au moins 6 genres de mousses et au moins 23 genres lichens.

Vertébrés

Plusieurs vertébrés viennent sporadiquement dans la zone au cours des mois d’été, de novembre à février.

Deux espèces d’oiseaux, l’océanite de Wilson (Oceanites oceanicus) et le pétrel des neiges (Pagodroma nivea), nichent dans les roches du Précambrien supérieur tandis que le labbe antarctique (Catharacta maccormicki) se retrouve sur Plaine Marine et parfois au bord de l’eau. Le phoque de Weddell (Leptonychotes weddellii) et l’éléphant de mer (Mirounga leonina) ainsi que le manchot Adélie (Pygoscelis adeliae) et le manchot empereur (Aptenodytes forsteri) se retrouvent en petits groupes dans la zone, mais n’ont fait l’objet d’aucune étude particulière.

Climat

Les informations disponibles sur le climat de la zone dépendent entièrement des observations réalisées à la station Davis à 10 km au nord-ouest de la zone. Les collines Vestfold ont un climat marin polaire qui est froid, sec et venteux. Les jours d’été sont en général ensoleillés avec des températures à la mi-journée variant de – 1 °C à 3 °C. La température maximale en été est de 5 °C. La majeure partie de l’année les températures se situent sous la barre de 0 °C et elles peuvent même atteindre – 40,7 °C en hiver. La température maximale enregistrée à la station Davis entre 1957 et 2001 a été de 13 °C. Ces données d’archive sont représentatives du climat saisonnier propre aux hautes latitudes mais, en général, la station Davis connaît un climat plus doux que les autres stations situées à la même latitude. Cette différence a été attribuée à l’« oasis rocheux » qui est un phénomène né du fait que l’albédo des surfaces rocheuses est plus faible que celui de la glace (ainsi l’énergie solaire est absorbée par ces surfaces moins enneigées et renvoyée sous forme de chaleur).

Analyse des domaines environnementaux

Selon la classification relative à l’analyse des domaines environnementaux de l’Antarctique (résolution 3 (2008), Plaine Marine est située dans l’environnement D Géologique du littoral de l’Antarctique de l’Est.

Régions de conservation biogéographiques de l’Antarctique

La Plaine Marine se situe dans la région 7 Antarctique est, conformément à la classification relative aux régions de conservation biogéographiques de l’Antarctique.

6(ii) Accès à la zone

Il est possible de se rendre dans les environs de la zone à pied, à bord d’une petite embarcation ou en hélicoptère. Les déplacements doivent se faire conformément aux dispositions présentées en section 7 (i) du présent plan de gestion.

6(iii) Structures à l’intérieur et à proximité de la zone

Il n’y a pas de refuges dans la zone, cependant deux refuges se trouvent dans les environs. Le refuge de Plaine Marine (68° 36_ 54_ latitude sud, 78° 65_ 30_ longitude sud) se trouve à environ 150 mètres au nord de la limite septentrionale de la zone. Un site d’atterrissage réservé aux hélicoptères se trouve à proximité immédiate du refuge Watts Hut (68° 35_ 54_ latitude sud, 78° 13_ 48_ longitude sud) est situé à l’extrémité orientale de Ellis Fjord, à environ 5 km du refuge de Plaine Marine dans une orientation est-nord-est et à 2,9 km de l’extrémité septentrionale de la zone dans une orientation est-nord-est.

A Plaine Marine, on trouve des traces de recherches antérieures. Deux lignes parallèles constituées de galets délimitent un site d’atterrissage réservé aux hélicoptères, à 30 mètres au nord d’un site de fossiles (68° 37_ 37_ latitude sud, 78° 08_ 11_ longitude est). A cet endroit, un morceau de polythène de couleur noire (3 m × 1,7 m) maintenu par des rochers recouvre actuellement un site d’excavation. Au nord-ouest de cette échancrure formée dans la plaine, se trouvent environ 10 piquets en bois d’une hauteur d’un mètre délimitant une ligne dessinée à main levée, dans un axe nord-sud. A l’échancrure suivante vers le nord, trois cairns réalisés avec des rochers peints en rouge forment un espace triangulaire (d’environ 50 mètres de côté).

On trouve également à Plaine Marine, une toile de jute enduite couvrant des os fossiles, cinq trous béants peu profonds, un autre trou béant plus large (près du lac Burton), une excavation de taille importante sur le haut flanc d’une dépression naturelle (appelé localement « Grand fossé ») et plusieurs vieilles tranchées remblayées. Dans la partie nord-ouest du lac Burton, on retrouve sur le sol un tuyau et une corde (ayant sans doute servi pour la surveillance du lac).

Il est prévu d’installer des bornes aux angles du périmètre de la zone.

6(iv) Existence d’autres zones protégées à proximité de la zone

La zone spécialement protégée de l’Antarctique no 167, île Hawker (68° 38_ de latitude sud, 77° 51_ de longitude est) est située à environ 8 km à l’est de Plaine Marine.

Deux sites et monuments historiques sont situés sur les collines Vestfold à au moins 25 km au nord de Plaine Marine :

1. Sur la plus grande des îles Tryne (68° 18_ 29_ de latitude sud, 78° 23_ 44_ de longitude est) à la Baie Tryne (à 29 km au nord-est de Davis). Le SMH no 72 est composé d’un cairn et d’un pylône en bois érigés en 1935 par le capitaine Klarius Mikkelsen. Ce repère marque le premier atterrissage à collines Vestfold ;

2. Le SMH n° 6, Cairn de roches à Walkabout Rocks (68° 22_ 14_ de latitude sud, 78° 32_ 19_ de longitude est) situé à 40 km au nord-ouest de Davis est un cairn de roches érigé en 1939 par Sir Hubert Wilkins. Le cairn renferme une « cartouche » contenant un support mentionnant sa visite.

6(v) Sites spécifiques à l’intérieur de la zone

Il n’y a pas de sites spécifiques à l’intérieur de la zone.

7. Critères de délivrance d’un permis d’accès

7(i) Critères généraux

L’accès à la zone est interdit sauf autorisation dûment mentionnée sur un permis délivré par l’autorité nationale compétente. Les conditions de délivrance de permis d’accès à la zone sont les suivantes :
- le permis doit porter sur des recherches scientifiques (paléontologiques, paléoclimatiques, géologiques, géomorphologiques, glaciologiques, biologiques et limnologiques) ou d’autres activités scientifiques, éducatives et culturelles impérieuses ou pour des raisons liées à la gestion de la zone conformément au plan de gestion ;
- les actions autorisées ne doivent pas porter atteinte aux valeurs de la zones ni à d’autres activités autorisées ;
- les actions autorisées doivent être conformes au présent plan de gestion ;
- le détenteur du permis doit être en possession du permis ou de sa copie conforme lorsqu’il est à l’intérieur de la zone ;
- un rapport de visite doit être remis à l’autorité ayant délivré le permis dès que possible à l’issue de la visite de la ZSPA et au plus tard six mois après la visite ;
- le permis doit être délivré pour une durée déterminée ;
- le détenteur du permis doit informer l’autorité compétente de toute activité menée ou mesure prise qui n’aurait pas été dûment autorisée par le permis.

7(ii) Accès à la zone et déplacements à l’intérieur de la zone

Les déplacements à l’intérieur de la zone doivent être réduits au minimum et aucun effort ne doit être épargné pour minimiser les impacts sur la zone. La croûte superficielle très friable est vulnérable au piétinement, peut endommager les matières fossiles et causer des impacts anthropiques durables. Lorsque cela est possible, il est recommandé de se déplacer sur la partie caractérisée par la roche précambrienne et d’éviter les escarpements. Lors des déplacements, il est essentiel de prendre toutes les précautions nécessaires afin d’éviter de perturber les sols, la végétation, les diatomées, le thermokarst, les affleurements sédimentaires ainsi que les autres éléments géographiques naturels qui confèrent à la zone ses valeurs scientifiques et environnementales. L’atterrissage d’aéronefs, l’utilisation de véhicules et l’installation de camps sont interdits sur la formation Sørsdal.

Il convient d’utiliser le site d’atterrissage à proximité du refuge de Plaine Marine, réservé aux hélicoptères.

Afin de minimiser l’impact des déplacements à pied à l’intérieur de Plaine Marine, l’atterrissage sur un autre site à l’intérieur de la zone peut être autorisé lors d’une visite spécifique. Ce site devra présenter les caractéristiques suivantes :
- le site sera évalué en fonction de l’ensemble des aspects liés à son utilisation et en tenant compte des dispositions de protection relatives au statut de la zone ;
- la surface rocheuse (soubassement) du site devra être dépourvue de roches détritiques le site devra être situé dans un endroit choisi avec le souci de minimiser les perturbations pouvant être causées par les aéronefs notamment sur les cours d’eau, la végétation et les sédiments ; et
- il sera également sélectionné dans le souci de minimiser l’impact des déplacements pour se rendre sur le site de recherche.

Les embarcations à moteur sont interdites sur le lac Burton.

Le survol des lacs doit être limité au strict minimum. Il doit être lié à la réalisation d’activités de recherches spécifiques ou effectué dans le cadre de la gestion de la zone.

Tout déplacement dans la zone en véhicule est interdit.

7(iii) Activités menées ou pouvant être menées dans la zone

Les activités suivantes peuvent être menées à l’intérieur de la zone sous réserve du respect des conditions d’accès :
- réalisation d’activités de recherche scientifique impérieuses ne pouvant être menées ailleurs, et qui ne portent pas atteinte aux valeurs de la zone ;
- prélèvement d’échantillons géologiques limité au minimum requis pour la réalisation des activités du programme de recherche autorisé ;
- prélèvement d’échantillons hydrologiques à partir d’un matériel soigneusement nettoyé avant d’être introduit dans la zone afin de prévenir tout risque de contamination par des substances provenant d’autres lacs ; et
- activités de gestion essentielles, notamment la surveillance.

7(iv) Installation, modification ou enlèvement de structures

Les structures et installations à caractère permanent sont interdites dans la zone.

Les structures, installations, repères et équipements à caractère temporaire seront mis en place dans la zone uniquement pour des motivations scientifiques impérieuses ou à des fins de gestion conformément aux dispositions stipulées par le permis.

Les structures, installations, repères et équipements à caractère temporaire mis en place dans la zone doivent être :
- clairement identifiables par les mentions du pays, nom du principal chercheur, année d’installation et date prévue de l’enlèvement ;
- exempts d’organismes, de propagules (ex : semences, oeufs) et de sol non stérile ;
- réalisés à partir de matériaux résistant aux conditions environnementales de l’Antarctique ;
- constitués de matériaux présentant le moins de risque de contamination possible pour la zone ; et
- enlevés le plus tôt possible, lorsqu’ils ne sont plus nécessaires ou dès l’expiration de la durée de validité du permis.

Les descriptions ainsi que les coordonnées géographiques de l’emplacement des structures, installations, repères et équipements à caractère temporaire doivent être communiquées à l’autorité qui délivre le permis.

7(v) Emplacement des camps

Il est interdit d’installer des camps sur la formation Sørsdal.

L’installation de camps ailleurs dans la zone est autorisée uniquement si l’utilisation du refuge de Plaine Marine (68° 36_ 54_ de latitude sud, 78° 6_ 30 de longitude est) implique des risques plus importants pour les valeurs de la zone.

7(vi) Restrictions sur les matériaux et organismes pouvant être introduits dans la zone

Il convient de se conformer aux restrictions suivantes :
- aucun animal, matériel végétal, micro-organisme ou sol non stérile ne doit être délibérément introduit dans la zone. Toutes les précautions nécessaires doivent être prises afin d’empêcher toute introduction involontaire ;
- aucun herbicide ou pesticide ne doit être introduit dans la zone. Toute autre substance chimique notamment les radionucléides ou isotopes stables dont l’introduction est autorisée à des fins scientifiques ou de gestion, doit être enlevée de la zone avant la fin et au plus tard à l’issue de l’activité pour laquelle son utilisation a été autorisée ;
- les matières biologiques (bois, coton, toile de jute, etc.) ne doivent pas être utilisés dans l’élaboration de repères ou dans le cadre des recherches sauf si leur utilisation est indispensable. Il convient d’utiliser des matières non biologiques (acier inoxydable, polythène etc.) ;
- les combustibles ne doivent pas être entreposés dans la zone sauf pour une utilisation indispensable dans le cadre d’activités dûment autorisées par un permis. Ils doivent être enlevés de la ZSPA si possible avant la fin et au plus tard à la fin de l’activité autorisée ; et
- tout matériel doit être introduit dans la zone pour une durée déterminée et doit être enlevé si possible avant et au plus tard à l’issue de la période indiquée. Le matériel doit être conservé et manipulé avec précaution afin de minimiser les impacts potentiels sur l’environnement.

7(vii) Prélèvement de végétaux, capture d’animaux ou perturbations nuisibles à la faune et à la flore

Il est interdit de prélever des végétaux, de capturer des animaux ou d’entreprendre des interventions nuisibles à la faune et à la flore, sauf autorisation dûment mentionnée sur un permis. Lorsqu’une opération impliquant la capture d’animaux ou une intervention nuisible à la faune ou à la flore est nécessaire, elle doit être au moins conforme au code de conduite du SCAR pour l’utilisation d’animaux à des fins scientifiques en Antarctique. Le respect de ce code est la norme minimale.

7(viii) Récupération ou enlèvement de toute chose qui n’a pas été apportée dans la zone par le détenteur du permis

Le prélèvement ou l’enlèvement d’échantillons de la zone doit faire l’objet d’une autorisation dûment mentionnée sur un permis et doit être limité au minimum requis pour satisfaire aux besoins scientifiques ou de gestion.

Aucun permis ne doit être délivré en cas de crainte justifiée concernant le déplacement, l’enlèvement, la destruction de la roche, du sol, de l’eau, de la flore ou de la faune indigène lors de l’échantillonnage envisagé.

De même aucune activité susceptible de porter atteinte à la répartition ou à l’abondance d’une espèce à Plaine Marine ne doit être autorisée à l’exception de l’excavation de fossiles.

Tout matériel introduit par l’homme et susceptible de porter atteinte aux valeurs de la zone, lorsqu’il n’a pas été introduit par un visiteur détenteur de permis conformément aux dispositions mentionnées sur le permis ou conformément à tout autre moyen d’autorisation, doit être enlevé si l’impact de l’opération d’enlèvement est moindre que celui de laisser le matériel sur place.

7(ix) Elimination des déchets

Tous les déchets, y compris les déchets humains doivent être enlevés de la zone.

7(x) Mesures nécessaires à la pérennisation des résultats du plan de gestion

Un permis d’accès à la zone peut être délivré pour la réalisation d’activités de surveillance ou d’inspection dans la zone pouvant donner lieu au prélèvement d’un nombre limité d’échantillons ou à la collecte de données à étudier ou à analyser.

Tout site spécifique devant faire l’objet d’une surveillance à long terme doit être clairement balisé et sa position GPS déterminée et consignée au Système de répertoire de données de l’Antarctique par le biais de l’autorité nationale compétente.

Afin de préserver les valeurs géologiques, paléontologiques, géomorphologiques, biologiques, limnologiques et les autres valeurs spécifiques de Plaine Marine, toute personne se trouvant dans la zone doit prendre toutes les précautions possibles lorsqu’elle se déplace dans la zone, notamment à pied, sur les moraines, les surfaces rocheuses et les sols à diatomées et lorsqu’elle skie sur les pentes. Tout déplacement à pied en provenance et en direction de Plaine Marine ainsi que de la plaine située au sud du bassin Poséidon et à l’est de la crête Pickard doit être réduit au strict minimum dans le but de minimiser le risque de destruction des valeurs de la zone.

Afin de maintenir la bonne conservation des valeurs écologiques et scientifiques de la zone qui est très peu touchée par les impacts anthropiques, des précautions particulières doivent être prises pour prévenir tout risque d’introduction d’espèces non indigènes. Pour minimiser ce risque, il convient avant d’entrer à l’intérieur de la zone, de nettoyer méticuleusement les chaussures ainsi que tout matériel qui sera utilisé dans la zone.

L’intégrité de la stratigraphie et des communautés endolithiques de la zone doit être préservée notamment à travers la fermeture et la protection des sites d’excavation. Il conviendrait de prendre les mesures suivantes :
- de déposer le sol excavé sur une bâche en polythène d’une épaisseur suffisante ;
- de redéposer le sol et les sédiments par couches successives et dans leur ordre initial ;
- de replacer les plus grands clastes en respectant leur orientation initiale ;
- de supprimer les irrégularités artificielles apportées au relief lors de l’activité d’excavation ; et
- de réorienter la roche et le tilt lors de la fermeture.

Le matériel scientifique abandonné sur le site doit être enlevé et les sites d’excavations réhabilités dans les meilleures conditions possibles.

7(xi) Rapports de visite

Le détenteur principal d’un permis doit soumettre un rapport à l’autorité nationale compétente dès que possible après chaque visite sur le site, et au plus tard six mois à compter de la date de fin de la visite.

Les rapports de visites doivent inclure, s’il y a lieu, les renseignements mentionnés dans le formulaire du rapport de visite contenu dans l’annexe 4 du guide pour la préparation des plans de gestion des zones spécialement protégées en Antarctique.

Le cas échéant, l’autorité nationale compétente doit également adresser une copie du rapport de visite à la Partie ayant soumis le plan de gestion. En effet les informations contenues dans ces rapports sont utiles à la gestion de la zone et à la révision du plan de gestion correspondant.

Les Parties doivent à chaque fois que cela est possible, déposer les originaux ou copies des rapports de visites dans un lieu d’archivage accessible au public et fournissant des relevés de consultation qui pourraient être utilisés à des fins de révision du plan de gestion et pour l’organisation de l’utilisation scientifique qui est faite de la zone.

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