(JO n° 183 du 9 août 2014)
NOR : MAEJ1418428D

Vus

Le Président de la République,

Sur le rapport du Premier ministre et du ministre des affaires étrangères et du développement international,

Vu la Constitution, notamment ses articles 52 à 55 ;

Vu le décret n° 53-192 du 14 mars 1953 modifié relatif à la ratification et à la publication des engagements internationaux souscrits par la France ;

Vu le décret n° 61-1300 du 30 novembre 1961 portant publication du traité sur l'Antarctique, signé le 1er décembre 1959 ;

Vu le décret n° 98-861 du 18 septembre 1998 portant publication du protocole au traité sur l'Antarctique, relatif à la protection de l'environnement, signé à Madrid le 4 octobre 1991 ;

Vu le décret n° 2005-1075 du 23 août 2005 portant publication de l'annexe V du protocole au traité de l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, protection et gestion des zones, adoptée à Bonn le 18 octobre 1991,

Décrète :

Article 1er du décret du 7 août 2014

La mesure 17 (2013), zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 173 (cap Washington et baie Silverfish, baie de Terra Nova, mer de Ross) (ensemble une annexe), adoptée à Bruxelles le 29 mai 2013 - plan de gestion, sera publiée au Journal officiel de la République française.

Article 2 du décret du 7 août 2014

Le Premier ministre et le ministre des affaires étrangères et du développement international sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'application du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait le 7 août 2014.

François Hollande

Par le Président de la République :

Le Premier ministre,
Manuel Valls

Le ministre des affaires étrangères et du développement international,
Laurent Fabius

Nota : La présente mesure est entrée en vigueur le 27 août 2013.

Mesure 17 (2013) : Zone spécialement protégée de l'Antartique n° 173

(Cap Washington et baie Silverfish, baie de terra nova, mer de Ross) (ensemble une annexe) adoptée à Bruxelles le 29 mai 2013 - plan de gestion

Les représentants,

Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, qui prévoient la désignation de zones spécialement protégées de l'Antarctique (« ZSPA ») et l'approbation de plans de gestion de ces zones ;

Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a approuvé une proposition visant à créer une nouvelle ZSPA pour le cap Washington et la baie Silverfish en baie de Terra Nova, mer de Ross, et a approuvé le plan de gestion, qui figure en annexe à la présente mesure ;

Notant également l'approbation de la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l'Antarctique, lors de sa trente et unième réunion, du projet de plan de gestion d'une nouvelle ZSPA sur le cap Washington et dans la baie Silverfish en baie de Terra Nova, mer de Ross ;

Reconnaissant que cette zone comprend des valeurs environnementales, scientifiques, historiques, esthétiques ou liées à son état naturel exceptionnel, ou des travaux de recherche scientifique en cours ou en projet, et devrait bénéficier d'une protection spéciale ;

Désireux de désigner le cap Washington et la baie Silverfish en baie de Terra Nova, mer de Ross, comme ZSPA et d'approuver le plan de gestion de cette zone ;

Recommandent à leurs Gouvernements d'approuver la mesure ci-après conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement :

Que :
1. Le cap Washington et la baie Silverfish en baie de Terra Nova, mer de Ross, soient désignés zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 173 ; et que
2. Le plan de gestion, qui figure en annexe à la présente mesure, soit approuvé.

Annexe : Plan de gestion pour la zone spécialement protégée de l'antarctique (ZSPA) N° 173 Cap Washington et baie Silverfish, baie de terra nova, mer de Ross

Introduction

Le cap Washington et la baie Silverfish sont situés dans le nord de la baie Terra Nova, Terre Victoria, mer de Ross, zone approximative et coordonnées : 286 km2 (centrée à 74° 37,1 S ; 164° 57,6' E), comprenant une composante marine de 279,5 km2 (98 %) et une composante terrestre de 6,5 km2 (2 %). Les raisons principales de désignation de la zone correspondent à ses valeurs écologiques et scientifiques exceptionnelles. L'une des plus grandes colonies de manchots empereurs (Aptenodytes forsteri) de l'Antarctique se reproduit sur une étendue de glace marine adjacente au cap Washington, avec environ 20 000 couples nicheurs correspondant à environ 8 % de la population mondiale de manchots empereurs et environ 21 % de la population de la mer de Ross. Plusieurs facteurs, tels que l'emplacement, les conditions de la glace, le climat et l'accessibilité, permettent des opportunités relativement stables et constantes d'observation fiable des poussins de manchots empereurs en phase d'envol. La présence d'une variété d'autres espèces rend le lieu idéal pour l'étude des interactions entre les écosystèmes. L'ampleur des observations recensées de la colonie de manchots empereurs du cap Washington présente une valeur scientifique exceptionnelle. A environ 20 km à l'ouest du cap Washington, la première zone de frayère et d'alevinage documentée pour la calandre antarctique (Pleuragramma antarcticum) est située dans la baie Silverfish. Des recherches récentes montrent que les concentrations d'œufs s'étendent parfois sur toute la baie jusqu'au cap Washington. Les premières études innovantes concernant le cycle biologique de cette espèce ont été réalisées sur le site, et son accessibilité relative aux stations de recherche à proximité rend la zone importante en matière de recherche biologique. La zone présente également des valeurs géoscientifiques essentielles, car elle comporte de vastes affleurements rocheux volcaniques provenant du volcan actif à proximité, le mont Melbourne.

La zone se trouve dans l'Environnement U - Géologique du nord de Terre Victoria, selon l'analyse des domaines environnementaux du continent antarctique (résolution 3 [2008]) et dans la région 8 - Terre Northern Victoria, selon le système des régions de conservation biogéographiques de l'Antarctique.

1. Description des valeurs à protéger

La zone située dans la partie nord de la baie Terra Nova comprenant le cap Washington et la baie Silverfish (carte 1) a été proposée par l'Italie et les Etats-Unis d'Amérique parce qu'elle contient l'une des plus importantes colonies de manchots empereurs (Aptenodytes forsteri) connues, et que la colonie et l'écosystème qui lui est associé font l'objet d'études scientifiques menées depuis 1986. De nombreux œufs de calandre antarctique (Pleuragramma antarcticum) ont récemment été trouvés sous la glace marine dans le nord de la baie Terra Nova, ce qui en fait la première zone de frayère et d'alevinage documentée pour cette espèce. Cette découverte a permis une bien meilleure connaissance du cycle biologique de cette espèce et la proximité de ce site aux stations scientifiques avoisinantes lui confère une valeur scientifique exceptionnelle pour une étude permanente. Le site où les œufs de calandre antarctique ont été trouvés à l'origine a été nommé baie Silverfish (carte 2), et des études plus récentes ont montré que, certaines années, la forte concentration d'œufs de P. antarcticum qu'on y trouve existe dans toute la baie jusqu'au cap Washington. La surface totale de la zone est de 286 km2, avec une composante marine d'environ 279,5 km2 (98 %) et une composante terrestre de 6,5 km2 (2 %). La colonie de manchots empereurs du cap Washington, qui se concentre généralement à un kilomètre au nord-ouest du cap (à 74° 38,8 S ; 165° 22 E), était la plus importante colonie connue en Antarctique durant les campagnes 1993 et 1994, avec des recensements s'élevant à environ 24 000 poussins, soit un peu plus que le nombre recensé à la même époque sur l'île Coulman voisine. D'autres années où des recensements ont été faits, la colonie de l'île Coulman était un peu plus nombreuse. Il semble que la population de la colonie soit relativement stable, avec environ 17 000 poussins dénombrés. Cette relative stabilité fait que la colonie se prête particulièrement bien à la recherche et au suivi scientifiques, les tendances à long terme y étant plus faciles à étudier et à détecter. D'autre part, il existe une série chronologique de données scientifiques sur une période relativement longue pour la colonie de manchots empereurs du cap Washington. En raison de sa situation géographique, des conditions de la glace, des conditions météorologiques et de son accessibilité, le cap Washington est l'une des deux seules colonies de la mer de Ross que l'on peut étudier du mois d'octobre au mois de décembre et où l'observation de l'envol des jeunes manchots empereurs est assurée. Toutes ces qualités font de la colonie de manchots empereurs du cap Washington un site ayant une valeur écologique et scientifique exceptionnelle.

La zone du cap Washington et de la baie Silverfish présente aussi un intérêt scientifique considérable en raison de la diversité des espèces présentes dans la zone, qui en font un lieu idéal pour étudier les interactions de l'écosystème et les relations entre proies et prédateurs. Le cap Washington même est une zone de nidification pour les labbes de McCormick (Catharacta maccormicki) et les pétrels des neiges (Pagodroma nivea). Des manchots d'Adélie (Pygoscelis adeliae) sont présents au sein de la colonie de manchots empereurs et peuvent être observés tous les jours de novembre à mi-janvier à la lisière de la glace marine. D'importants groupes d'épaulards (Orcinus orca) et d'autres cétacés comme les petits rorquals (Balaenoptera bonaerensis) peuvent être régulièrement observés s'alimentant dans cette zone ainsi que des phoques de Weddell (Leptonychotes weddellii) et des léopards de mer (Hydrurga leptonyx).

La baie est un site d'échouerie et de reproduction important pour les phoques de Weddell, plusieurs centaines d'entre eux se rassemblant généralement le long des chenaux dans la glace marine et près de l'île Markham tout au long de la saison. Des phoques crabiers (Lobodon carcinophagus) et des bérardies d'Arnoux (Berardius arnuxii) sont parfois repérés à la lisière de la glace marine dans cette région. Le cap Washington est le seul site connu où l'observation des interactions entre les léopards de mer et les manchots empereurs peut avoir lieu de manière aussi fiable.

La zone présente une valeur exceptionnelle en ce qu'elle permet l'observation des interactions et des relations prédateurs/proies entre un grand nombre d'organismes différents de l'écosystème marin dans une zone relativement compacte, accessible à des scientifiques bénéficiant de l'assistance de stations de recherche à proximité. Les limites sont définies par l'application d'une approche intégrée qui tient compte de tous les éléments de l'écosystème local.

La zone présente des valeurs géoscientifiques importantes, car elle comporte de vastes affleurements rocheux volcaniques provenant du volcan actif à proximité, le mont Melbourne. La zone sert de région repère clé pour l'évaluation de la jeune évolution néotectonique de la partie occidentale de la mer de Ross. Elle délimite les eaux les plus profondes de la mer de Ross et comprend l'île Markham, un affleurement volcanique situé au-dessus d'une anomalie magnétique négative, dont l'origine n'est pas encore connue.

Le cap Washington est relativement accessible par la glace marine, par voie maritime et par voie aérienne depuis les stations scientifiques voisines de la baie Terra Nova. Le trafic aérien dans cette région est fréquent durant toute la saison estivale, avec des aéronefs à voilure fixe opérant depuis la piste de glace marine de l'anse Gerlache (carte 2), et des vols d'hélicoptères réguliers dans la région du mont Melbourne.

La zone nécessite une protection spéciale à long terme compte tenu de l'importance de ses valeurs écologiques et scientifiques exceptionnelles et de la vulnérabilité potentielle de cette zone aux perturbations découlant des activités scientifiques, logistiques et touristiques menées dans la région.

2. Buts et objectifs

La gestion dans la zone du cap Washington et de la baie Silverfish vise à :
- éviter la dégradation des valeurs de la zone et toute atteinte substantielle qui pourrait leur être portée, en empêchant les perturbations humaines inutiles dans la zone ;
- permettre la réalisation dans la zone de travaux de recherche scientifique sur l'écosystème, en particulier sur les manchots empereurs et les interactions de l'écosystème, tout en évitant tout prélèvement excessif d'échantillons ou tout autre impact scientifique éventuel ;
- permettre d'autres travaux de recherche scientifique, activités d'assistance scientifique et visites à des fins pédagogiques et de vulgarisation (telles que les reportages documentaires, visuels, audio ou écrits, ou la production de ressources ou de services pédagogiques), sous réserve que ces activités aient lieu pour des raisons indispensables qu'il n'est pas possible de mettre en œuvre ailleurs et qu'elles ne portent pas atteinte à l'écosystème naturel de la zone ;
- éviter ou minimiser l'introduction de plantes, d'animaux et de microbes non indigènes dans la zone ;
- minimiser les possibilités d'introduction de pathogènes qui pourraient apporter des maladies aux populations fauniques dans la zone ;
- permettre des visites à des fins de gestion appuyant les objectifs du plan de gestion.

3. Activités de gestion

Les activités de gestion suivantes sont à mettre en œuvre afin de protéger les valeurs de la zone :
- des panneaux indiquant l'emplacement de la zone (et spécifiant les restrictions spéciales qui s'y appliquent) doivent être disposés bien en évidence, et une copie du présent plan de gestion doit être disponible à toutes les stations scientifiques situées dans un rayon de 75 km autour de la zone ;
- des copies de ce plan de gestion doivent être mises à disposition de tous les navires et aéronefs qui visitent la zone et/ou qui opèrent aux alentours des stations adjacentes.

Tous les pilotes et capitaines de navires opérant dans la région doivent être informés de l'emplacement, des limites et des restrictions qui s'appliquent à l'entrée dans la zone et au survol de celle-ci ;
- les programmes nationaux doivent prendre des mesures pour s'assurer que les limites de la zone et les restrictions qui s'appliquent à l'intérieur de celle-ci soient marquées sur les cartes concernées et sur les cartes nautiques/aéronautiques ;
- les repères, les panneaux ou les structures installés à l'intérieur de la zone à des fins scientifiques ou de gestion doivent être solidement fixés et maintenus en bon état et enlevés lorsqu'ils ne sont plus nécessaires ;
- tout équipement ou matériel abandonné doit être enlevé dans toute la mesure possible, sous réserve que cette action n'ait pas un impact négatif sur l'environnement et les valeurs de la zone ;
- des visites sont à effectuer selon que de besoin (au moins une fois tous les cinq ans) pour déterminer si la zone continue de répondre aux objectifs pour lesquels elle a été désignée et pour veiller à ce que les mesures de gestion et d'entretien soient adéquates ;
- les Programmes antarctiques nationaux opérant dans la région sont tenus de se consulter pour veiller à ce que les dispositions susmentionnées soient mises en œuvre.

4. Durée de la désignation

La zone est désignée pour une durée indéterminée.

5. Cartes et photographies

Carte 1 : ZSPA n° 173 : cap Washington et baie Silverfish - carte régionale. Projection : conique conforme de Lambert ; parallèles de référence : 1er : 74° 20 S ; 2e : 75° 20 S ; méridien central : 164° 00 E ; latitude d'origine : 74° 00 S ; sphéroïde et datum horizontal : WGS84 ; intervalle de contour 200 m ; bathymétrie 200 m le long de la côte, puis intervalles de 500 m.

Encadré : emplacement de la baie Terra Nova dans la région de la mer de Ross.

Carte 2 : ZSPA n° 173 : cap Washington et baie Silverfish - carte topographique. Projection : conique conforme de Lambert ; parallèles de référence : 1er : 74° 35 S ; 2e : 74° 45 S ; méridien central : 164° 42 E ; latitude d'origine : 74° 00 S ; sphéroïde et datum horizontal : WGS84 intervalle de contour 200 m ; bathymétrie intervalles de 100 m.

Carte 3 : ZSPA n° 173 : cap Washington et baie Silverfish - Orientations relatives à l'accès. Détails de la carte conformes à la carte 2.

Carte 4 : ZSPA n° 173 : cap Washington et baie Silverfish - zone restreinte. Détails de la carte conformes à la carte 2, sauf pour le méridien central : 165° 20 E. Image satellite Ikonos obtenue le 30 décembre 2011, ® GeoEye (2011), offerte par le programme d'imagerie commercial de la NGA.

6. Description de la zone

6 (i) Coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques du milieu naturel

Description générale

Le cap Washington est situé dans la partie nord de la baie Terra Nova, à 40 km à l'est de la station Mario Zucchelli (Italie) (carte 1). La surface de la zone est de 286 km2, avec une composante marine d'environ 279,5 km2 (98 %) et une composante terrestre de 6,5 km2 (2 %).

La glace marine qui recouvre la baie Silverfish et la baie Closs jusqu'au cap Washington persiste de mars à janvier, formant une plate-forme stable et fiable pour la reproduction des manchots empereurs et créant des conditions propices à la frayère des calandres antarctiques. La péninsule du cap Washington fournit un abri à la colonie de manchots empereurs ainsi relativement protégé contre les vents catabatiques violents qui s'abattent sur d'autres parties de la baie Terra Nova. La côte est de la péninsule du cap Washington comporte des falaises abruptes de plusieurs centaines de mètres de haut, tandis que le côté ouest présente des pentes plus douces alternant neige et zones libres de glace, avec quelques affleurements rocheux descendant jusqu'à la mer. La baie Closs est ininterrompue jusqu'à la langue du glacier Campbell, ponctuée par la petite île solitaire Markham, près de la pointe Oscar (carte 2).

Limites et coordonnées géographiques

La limite orientale de la zone dans la partie nord-est s'étend depuis les coordonnées géographiques 74° 37 S, 165° 27 E sur la côte est de la péninsule du cap Washington direction plein sud, sur environ 5,6 km jusqu'aux coordonnées 74° 40 S, 165° 27 E (carte 2). Elle continue ensuite plein ouest à travers la baie Closs, suivant la courbe de latitude 74° 40 S sur environ 26,8 km jusqu'à la langue du glacier Campbell. Elle suit ensuite, en direction du nord, la frange orientale de la langue du glacier Campbell sur à peu près 11,2 km pour atteindre la côte au nunatak Shield. La limite continue alors vers l'est le long de la côte, contournant le glacier Vacchi Piedmont, jusqu'à la côte ouest de la péninsule du cap Washington, à environ 23 km en ligne directe du nunatak Shield. La limite continue ensuite vers le sud en suivant la côte sur à peu près 7,5 km jusqu'au premier affleurement rocheux évident situé à la latitude 74° 37,03 S sur la côte ouest de la péninsule du cap Washington. A partir de cette côte, la limite se poursuit vers l'est le long de la courbe de latitude 74° 37 S sur environ 2,8 km jusqu'au point de la limite dans la partie nord-est situé sur la côte est de la péninsule du cap Washington.

Climat

Il existe quatre stations météorologiques dans la baie Terra Nova, dont l'« Enéide », située à la station Mario Zucchelli (74° 41,750 S ; 164° 05,533 E) à environ 25 km du centre de la zone, qui a recueilli la plus longue série chronologique de données. La température moyenne annuelle de l'air relevée à la station Mario Zucchelli pendant la période 1987-2009 était de - 14,1 °C, le mois le plus froid étant juillet, avec une température minimale moyenne de - 28,2 °C, alors que le mois le plus chaud était décembre, avec une température maximale moyenne de 0 °C. La vitesse moyenne annuelle du vent relevée à la station Mario Zucchelli était de 6,56 m/s (23,6 km/h ; 1987-2009) avec une vitesse maximale moyenne de 11,6 m/s (41,8 km/h) au mois de juin, et une vitesse minimale moyenne de 2,6 m/s (9,4 km/h) en décembre.

La vitesse moyenne annuelle du vent la plus élevée dans la zone de la baie Terra Nova a été relevée près de l'île Inexpressible entre février 1988 et 1989, avec une valeur de 12,3 m/s (44,3 km/h) (Bromwich et al., 1990). Cette vitesse est nettement supérieure à celle des vents catabatiques ordinaires (< 10 m/s), en raison des caractéristiques topographiques locales qui canalisent l'air dans les « zones de confluence » des glaciers Reeves et Priestley (Bromwich et al., 1990 ; Parish & Bromwich, 1991). Ces vents catabatiques au large des côtes jouent un rôle important dans la formation de la polynie de la baie Terra Nova.

Océanographie

La baie Terra Nova consiste en un bassin profond allant jusqu'à environ 1 100 m de profondeur et représentant la région la plus profonde de la mer de Ross (Buffoni et al., 2002) (carte 1). La circulation océanique dans la baie en été est dominée par le déplacement de la couche supérieure vers le nord, parallèlement à la côte, et la rotation horaire des eaux à mesure qu'elles gagnent en profondeur (Vacchi et al., 2012, sous presse). Des eaux plus chaudes et plus salées sont observées à proximité de la côte, tandis que des eaux plus froides sont présentes dans la partie centrale de la baie. Des phénomènes localisés de revolins et de remontée des eaux froides sont fortement influencés par les vents catabatiques (Budillon & Spezie, 2000 ; Buffoni et al., 2002).

Une polynie hivernale perpétuelle se forme dans la baie sous l'effet combiné des vents catabatiques soufflant en permanence la nouvelle glace au large des côtes et de la langue de glace Drygalski, formant une barrière empêchant la banquise de se déplacer vers le nord (Bromwich & Kurtz, 1984 ; Van Woert, 1999) (carte 1). La polynie prend généralement une forme qui s'étire au maximum en direction est-ouest, et qui semble étroitement liée à la longueur de la langue de glace Drygalski (Kurtz & Bromwich, 1983). Les observations montrent que la polynie recouvre une surface moyenne d'à peu près 1 300 km2 (65 km N/S sur 20 km E/0), quoiqu'elle puisse être totalement absente certaines années, et que d'autres années elle puisse atteindre une surface maximum d'environ 5 000 km2 (65 km N/S sur 75 km E/O) (Kurtz & Bromwich, 1983).

Cette polynie joue un rôle important dans la production d'eaux de plateau très salées (HSSW) dans la baie Terra Nova (Buffoni et al., 2002). Le rejet de saumure durant la formation de glace augmente la salinité et la densité de l'eau, entraînant une circulation thermohaline et des mouvements convectifs. Les HSSW dans cette zone ont le taux de salinité le plus élevé de l'Antarctique, atteignant 34,87, et une température potentielle proche du point de congélation des eaux de surface de la mer, à savoir - 1,9 °C.

Biologie marine

La calandre antarctique (Pleuragramma antarcticum) est le poisson pélagique dominant dans les eaux du plateau continental de la mer de Ross. Cette espèce clé est l'un des principaux liens entre les niveaux trophiques inférieurs et supérieurs (Bottaro et al., 2009 ; La Mesa et al., 2010 ; Vacchi et al., 2012). La calandre antarctique représente la principale forme de nourriture pour l'ensemble des vertébrés marins, à savoir mammifères, oiseaux marins et autres poissons (La Mesa et al., 2004), et est le principal poisson de proie des manchots empereurs et des phoques de Weddell (Burns & Kooyman, 2001).

Jusque récemment, très peu d'éléments étaient connus concernant les premiers stades du cycle biologique de la calandre antarctique (Guglielmo et al., 1998 ; Vacchi et al., 2004). Des relevés marins effectués dans la baie Terra Nova vers la fin des années 1980 ont recueilli des échantillons qui indiquaient la présence, dans le nord de la baie, d'une zone de frayère pour les alevins de l'espèce P. antarcticum (Guglielmo et al., 1998). Entre fin octobre et début décembre 2002, de grandes quantités d'œufs embryonnés de P. antarcticum ont été trouvés flottant parmi les plaquettes de glace présentes sous la glace marine dans le nord de la baie Terra Nova (Vacchi et al., 2004). Il s'agissait de la première zone de frayère et d'alevinage documentée pour la calandre antarctique. Des études menées durant les années suivantes ont révélé que les concentrations d'œufs étaient toujours plus élevées dans la partie de la baie située à l'est de la langue du glacier Campbell (ainsi cette zone a été nommée baie Silverfish), les quantités les plus importantes étant relevées dans les zones où la profondeur de la mer dépassait 300 m (Vacchi et al., 2012, sous presse) (cartes 1 et 2). Des observations récentes ont indiqué des nombres importants d'œufs de Pleuragramma sous la glace marine située entre la pointe Oscar et le cap Washington, signalant des fluctuations annuelles de l'abondance et de la distribution spatiale des œufs de poisson dans la zone (Vacchi, comm. pers., 2012).

Ces observations ainsi que d'autres études indiquent que les habitats comprenant des combinaisons particulières de caractéristiques et de conditions géographiques et océanographiques (par exemple, plate-forme de glace ou langues de glace à proximité, canyons, stratification de la masse d'eau, polynies, vents catabatiques et couverture de glace marine) sont favorables aux premiers stades du cycle biologique de la calandre antarctique (Vacchi et al., 2012, sous presse, et références qui y figurent).

Oiseaux

La colonie de manchots empereurs du cap Washington est l'une des deux plus grandes colonies connues ; l'autre est la colonie de l'île Coulman, à 200 km au nord. Même si la population du cap Washington a, certaines années, dépassé celle de l'île Coulman, les données disponibles indiquent que la population de cette dernière est généralement la plus importante (Barber-Meyer et al., 2008). La population varie normalement entre environ 13 000 et 25 000 couples se reproduisant (tableau 1 ; Barber-Meyer et al., 2008). Les données recueillies au cours des années précédentes montrent que le nombre de poussins vivants s'est maintenu à peu près à ces niveaux depuis le début de ces études en 1986 (Kooyman et al., 1990).

Tableau 1. Population de manchots empereurs du cap Washington 2000-2005 et 2010

ANNÉE NOMBRE
de poussins vivants (1)
NOMBRE DE COUPLES
en phase de reproduction
(approx.)
2000 17 397 20 000
2001 18 734 20 000
2002 11 093 13 000
2003 13 163 15 000
2004 16 700 20 000
2005 23 021 25 000
2010 17 000 (2) 20 000
(1) Barber-Meyer et al., 2008.
(2) Kooyman, comm. pers., 2012.

La colonie de manchots empereurs se reproduit sur la glace marine qui s'étend depuis le cap Washington jusqu'à la langue du glacier Campbell, dans le nord de la baie Terra Nova. La glace marine commence à se former en mars et la baie est généralement recouverte de glace marine jusqu'à la rupture de la glace vers la mi-janvier. En général, la polynie de la baie Terra Nova permet à la colonie d'accéder à la pleine mer tout au long du cycle de reproduction.

La glace marine à proximité du site de reproduction des manchots empereurs peut être recouverte d'une épaisseur de neige pouvant atteindre 25 centimètres près de la lisière de la glace, tandis que la côte sud-ouest de la péninsule du cap Washington est recouverte d'environ 1 mètre de neige (Kooyman et al., 1990). Cette zone est relativement bien protégée des vents de sud-ouest et de nord-ouest. D'après les observations, ce site bénéficie de conditions sous un ciel relativement dégagé entre octobre et janvier, et donc de niveaux élevés de rayonnement solaire direct. L'amollissement et la fonte de neige et de glace sales couvertes de guano s'ensuivent, donnant lieu à des mares qui sont difficiles voire impossibles à traverser pour les manchots comme pour les humains. Par conséquent, les oiseaux se voient contraints de déplacer leurs sites de reproduction régulièrement au cours de l'été. Les oiseaux en période d'incubation se regroupent souvent le long de la côte sud-ouest du cap Washington jusqu'en septembre, après quoi ils s'éloignent du cap, se dispersant en formant un demi-cercle sans cesse grandissant.

Le centre de la zone d'incubation se situait à peu près à 74° 38,8 S/165° 22,0 E en 1996. Les observations faites en 1986-1987 révélaient que la colonie s'était dispersée, avant la fin du mois d'octobre, en plusieurs groupes contenant chacun entre 1 000 et 2 000 poussins accompagnés des adultes correspondants (Kooyman et al., 1990). Les observations ont aussi montré qu'il existe un gradient de développement des poussins, allant du cap vers le nord le long de la côte ouest de la péninsule, les poussins les plus gros faisant partie des groupes les plus rapprochés de la lisière de la glace à proximité du cap. Au moment de l'envol, certains groupes de poussins s'étaient éloignés de 5 ou 6 km du site de reproduction initial. En 1986-1987, l'envol a eu lieu soudainement sur une période de dix jours à la fin du mois de décembre et début janvier.

Les données indiquent que la colonie du cap Washington est une population comparativement stable avec un taux de succès de reproduction relativement élevé, affichant en moyenne près de 95 % des poussins qui réussissent à s'envoler, sur une période d'observations de six ans (Barber-Mayer et al., 2008). Par contraste, le taux de succès de reproduction des colonies à la pointe Géologie, au glacier Taylor, et des colonies d'Auster dans l'Antarctique de l'Est, n'était que de 60-70 %. La colonie du cap Washington est particulièrement importante pour la recherche scientifique, en raison de la variabilité relativement faible de son succès de reproduction, qui dépend peut-être en partie de sa grande taille, les colonies plus petites présentant de plus fortes fluctuations de leur population (Barber-Mayer et al., 2008). En outre, la colonie est relativement accessible depuis les stations scientifiques avoisinantes, ce qui facilite également les travaux de recherche.

Une colonie de labbes de McCormick (Catharacta maccormicki) forte d'environ 50 couples se situe sur les versants libres de glace du cap Washington, surplombant la colonie de manchots empereurs. Des pétrels des neiges (Pagodroma nivea) en phase de reproduction ont été recensés, nichés dans les falaises du cap Washington (Greenfield & Smellie, 1992) et se nourrissant le long de la lisière de la glace. Il s'agit de l'espèce d'oiseau volant la plus abondante dans cette zone pendant les mois d'été (Kooyman et al., 1990). Des manchots d'Adélie (Pygoscelis adeliae) ont été observés pendant les mois d'été le long de la lisière de la glace et au sein de la colonie de manchots empereurs, et des océanites de Wilson (Oceanites oceanicus) ont fréquemment été observés de la mi-novembre à la fin novembre le long de la lisière de la glace. Des pétrels géants (Macronectes giganteus) ont été observés survolant et se posant dans la zone (Kooyman et al., 1990).

Mammifères (phoques, baleines)

On observe régulièrement de grands groupes d'épaulards (Orcinus orca), certains atteignant une centaine d'individus, se nourrissant dans cette zone (Kooyman et al., 1990 ; Lauriano et al., 2010). L'écotype « C », qui se nourrit habituellement de poissons (par exemple, la légine antarctique [Dissostichus mawsoni]) et peut-être la calandre antarctique (Pleuragramma antarcticum), est l'écotype de l'épaulard qui a le plus souvent été observé. Une série d'autres cétacés ont également été observés, notamment le petit rorqual (Balaenoptera bonaerensis), d'autres espèces de Balaenoptera, la bérardie d'Arnoux (Berardius arnuxii) et d'autres espèces non identifiées (Lauriano et al., 2010). L'étude menée par Lauriano et al. (2010) en janvier 2004 a le plus souvent recensé des épaulards, suivis de petits rorquals. Le taux d'observation des cétacés dans la région située entre la pointe Edmonson et la langue du glacier Campbell, considérablement plus élevé que dans la région située plus au sud allant de la station Mario Zucchelli à la langue de glace Drygalski, confirme l'importance de la baie Terra Nova pour ces espèces.

Trois espèces de phoques sont communes dans cette zone : le phoque de Weddell (Leptonychotes weddellii), le léopard de mer (Hydrurga leptonix) et le phoque crabier (Lobodon carcinophagus). La baie est un site d'échouerie et de reproduction important pour les phoques de Weddell, qui se rassemblent généralement le long des chenaux dans la glace marine et des brèches qui se forment dynamiquement tout au long de la saison. Plus de 200 phoques de Weddell ont été recensés dans la baie à l'ouest du cap Washington en 1986-1987, dont 31 bébés phoques près de l'île Markham (Kooyman et al., 1990), et un nombre semblable d'adultes a été recensé dans la même région à partir d'images satellites obtenues en novembre 2011 (La Rue, comm. pers., 2012).

Des léopards de mer (Hydrurga leptonyx) ont été recensés dans la zone entre mi-novembre et fin décembre, en 1986-1987, et observés prenant pour proie des manchots empereurs près de la lisière de la glace. Kooyman et al. (1990) ont estimé que les trois individus qu'ils avaient surveillés au cours de cette période auraient saisi environ 150-200 oiseaux adultes, soit à peu près 0,5 % des manchots empereurs adultes en phase de reproduction de la colonie. Des phoques crabiers ont parfois été observés au cours de la même saison, à la lisière de la glace ou sur des écoulements glaciaires à proximité (Kooyman et al., 1990).

Activités et impacts humains

Deux stations scientifiques permanentes et une autre en cours de construction sont situées à proximité, dans l'anse Gerlache. La station Mario Zucchelli (74° 41,650' S, 164° 06,917 E), établie en 1987 et qui n'est exploitée que l'été, a une capacité d'accueil d'environ 90 personnes, qui peut être excédée lorsque le navire de soutien Italica est présent dans la région. La station Gondwana (74° 38,133 S, 164° 13,317 E ; Allemagne), établie en 1983, avec une capacité d'accueil d'environ 25 personnes, n'est exploitée que certains étés. La station Jang Bogo (74° 37,250 S, 164° 11,950 E ; République de Corée) sera une nouvelle station permanente, conçue pour fonctionner toute l'année avec un effectif de 15 personnes l'hiver et jusqu'à 60 personnes l'été, lorsque la construction sera terminée en 2014. La Chine a récemment annoncé son projet d'établissement d'une nouvelle station sur l'île Inexpressible à proximité, environ à la position 74° 55 S, 163° 42 E (China Daily USA, 2013).

La colonie de manchots empereurs du cap Washington attire les touristes depuis environ vingt ans, avec en moyenne environ 200 visiteurs par an au cap Washington au cours de la dernière décennie. La colonie a également attiré la visite des membres du personnel de la station voisine Mario Zucchelli, à titre de loisir, depuis qu'elle a été établie. Une zone fréquentée par les manchots empereurs se trouve immédiatement au sud de la limite sud de la zone à 74° 40 S (cartes 3 et 4). Cette région se situe à l'intérieur de la zone tampon qui s'étend sur environ 6 km à partir du centre nominal de la colonie d'oiseaux en phase de reproduction, où ces derniers ont été régulièrement observés lorsque la glace marine est présente. Cette région située en dehors de la zone protégée permet la réalisation de visites touristiques ou ludiques en continu pour observer les manchots empereurs dans les environs du cap Washington ; d'autres possibilités existent également auprès de colonies dans d'autres endroits de la mer de Ross et en Antarctique plus globalement.

6 (ii) Accès à la zone

La zone est accessible en traversant des étendues de terre ou de glace marine, par voie marine ou aérienne. Il n'y a pas de voies d'accès spécifiques désignées par la terre ou la glace marine, ni pour les navires pénétrant dans la zone par la mer. L'accès au cap Washington par hélicoptère doit se faire par la voie d'accès désignée au-dessus de la partie nord de la péninsule du cap Washington. Des restrictions d'accès par navire, d'atterrissage en aéronef et de survol s'appliquent à l'intérieur de la zone, dont les conditions spécifiques sont décrites dans la section 7 (ii) ci-dessous.

6 (iii) Emplacement des structures à l'intérieur de la zone et à proximité de celle-ci

Il n'existe aucune structure à l'intérieur de la zone. Plusieurs bornes géodésiques ont été installées par le programme antarctique italien sur des sols libres de glace de l'île Markham et du cap Washington, ce sont les seules bornes permanentes connues de la zone. La station Mario Zucchelli (74° 41,650 S, 164° 06,917 E ; Italie) est située à environ 13 km au sud-ouest de la limite occidentale de la zone sur la rive sud de l'anse Gerlache (carte 2). La station Gondwana (74° 38,133 S, 164° 13,317 E ; Allemagne) se trouve à 8,7 km à l'ouest de la limite occidentale de la zone, également dans l'anse Gerlache, et à 7,2 km au nord de la station Mario Zucchelli. La station Jang Bogo (74° 37,25 S, 164° 11,95 E ; Corée du Sud, en cours de construction) se trouvera à peu près à 9 km à l'ouest de la limite occidentale de la zone, à environ 1,8 km au nord-ouest de la station Gondwana. Plusieurs structures liées aux opérations des programmes nationaux sont situées à proximité, notamment les installations de communication aménagées près du sommet du mont Melbourne, et plusieurs balises radar et balises non directionnelles pour assister le trafic aérien pendant l'été, bien que toutes se situent en dehors de la zone.

6 (iv) Emplacement d'autres zones protégées à proximité de la zone

Les zones protégées les plus proches du cap Washington sont le mont Melbourne (ZSPA n° 118), à 23 km au nord de la limite nord de la zone, la pointe Edmonson (ZSPA n° 165), à 24 km au nord de la limite nord de la zone, et la baie Terra Nova (ZSPA n° 161), à 13 km de la limite occidentale de la zone.

6 (v) Zones spéciales à l'intérieur de la zone

Le présent plan de gestion établit une zone restreinte à l'intérieur de la zone, pour laquelle les restrictions s'appliquent du 1er avril au 1er janvier inclus.

Zone restreinte

La zone restreinte est désignée à l'est de la courbe de longitude 165° 10 E et au sud de la courbe de latitude 74° 35,5 S (carte 3), englobant le site de reproduction principal des manchots empereurs et considérée comme la partie la plus écologiquement sensible de la zone. La zone restreinte occupe une surface de 62,5 km2. L'accès à la zone restreinte n'est autorisé que dans des objectifs indispensables, qu'il n'est pas possible de réaliser ailleurs dans la zone, et les conditions d'accès détaillées sont décrites dans la section 7 (ii) ci-après.

7. Critères de délivrance des permis

7 (i) Conditions générales des permis

L'accès à la zone est interdit sauf si un permis a été délivré à cet effet par les autorités nationales compétentes. Les critères de délivrance des permis d'accès à la zone sont les suivants :
- les permis sont uniquement délivrés pour la conduite de recherches scientifiques sur l'écosystème, dans des objectifs scientifiques ou pédagogiques (tels que les reportages documentaires ou la production de ressources ou de services pédagogiques) indispensables, qu'il n'est pas possible de réaliser ailleurs, ou pour des raisons essentielles à la gestion de la zone ;
- les actions autorisées sont conformes au présent plan de gestion ;
- les activités autorisées respecteront, comme il convient, la protection continue des valeurs environnementales, écologiques et scientifiques de la zone, par le biais de l'étude de l'impact sur l'environnement ;
- l'accès à la zone restreinte n'est autorisé que dans des objectifs indispensables, qu'il n'est pas possible de réaliser ailleurs dans la zone ;
- le permis est délivré pour une période déterminée ;
- la détention du permis, ou d'une copie, est impérative dans la zone.

7 (ii) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur ou au-dessus de celle-ci

L'accès à la zone est autorisé à pied ou en véhicule, par navire ou par petite embarcation, ou par aéronef à voilure fixe ou à voilure-rotor.

Accès à pied ou en véhicule

Aucune voie spéciale d'accès n'est désignée pour l'accès à la zone à pied ou en véhicule sur la glace marine ou par la terre. Les véhicules peuvent être utilisés sur la glace marine et les glaciers, toutefois ils sont interdits sur les sols libres de glace dans la zone. Les déplacements de piétons et de véhicules doivent se limiter au strict nécessaire, conformément aux objectifs de toute activité autorisée, et tout doit être mis en œuvre pour minimiser les perturbations.

L'utilisation de véhicules à moins de 100 m des concentrations de manchots empereurs ou de phoques de Weddell doit être évitée, et les visiteurs autorisés dans la zone doivent éviter de pénétrer dans les sous-groupes de manchots ou de s'approcher des phoques sauf, selon que de besoin, pour répondre à des objectifs scientifiques, pédagogiques ou de gestion essentiels.

Accès par aéronef

La résolution 2 (2004), les directives pour l'exploitation d'aéronefs à proximité de concentrations d'oiseaux dans l'Antarctique, doit être observée à tout moment. Les restrictions imposées aux opérations aériennes s'appliquent du 1er avril au 1er janvier inclus, période pendant laquelle le mouvement et l'atterrissage d'aéronefs dans la zone sont autorisés sous réserve que les conditions suivantes soient strictement respectées :
- l'atterrissage d'aéronefs à l'intérieur de la zone est interdit sauf s'il est autorisé par un permis pour répondre à des objectifs prévus par le plan de gestion ;
- le survol de la zone restreinte en dessous de 2 000 pieds (~ 610 m) est interdit, sauf s'il est autorisé par un permis pour répondre à des objectifs prévus par le plan de gestion 
- les atterrissages d'aéronefs sur la glace marine sont interdits dans un rayon d'un demi-mille nautique (~ 930 m) par rapport à une colonie de manchots empereurs. Les pilotes des aéronefs doivent tenir compte du fait que la colonie de manchots empereurs peut se déplacer sur une distance pouvant atteindre 6 km par rapport aux coordonnées du centre nominal de la colonie, soit 74° 38,8 S, 165° 22 E (carte 3), tout au long de la saison de reproduction, et qu'il est possible que la colonie se subdivise en un certain nombre de groupes plus petits dans la zone ;
- les atterrissages d'aéronefs sur la glace marine sont interdits dans un rayon d'un demi-mille nautique (~ 930 m) par rapport à une concentration de phoques de Weddell. Les pilotes des aéronefs doivent tenir compte du fait que les phoques de Weddell peuvent être présents dans l'ensemble de la zone, bien qu'ils aient tendance à se regrouper le long des chenaux dans la glace marine et autour de l'île Markham (carte 3). Dans le cadre de la gestion de cette zone, une concentration se définit par un groupe de cinq animaux ou plus, à moins de 300 m d'écart les uns des autres ;
- les pilotes doivent veiller à ce que les aéronefs maintiennent la distance minimale par rapport à toute partie d'une colonie de manchots empereurs et/ou à toute concentration de phoques, en tout temps lorsqu'ils sont en vol au-dessus de la glace marine, sauf dans le cas où cette opération serait impraticable si les animaux se sont approchés volontairement de l'aéronef après son atterrissage ;
- les pilotes effectuant des atterrissages autorisés au-delà d'un rayon d'un demi-mille nautique (~ 930 m) par rapport à la colonie de manchots empereurs et/ou de concentrations de phoques peuvent choisir les aires d'atterrissage en fonction des besoins de la visite, des conditions locales et de sécurité. Les pilotes doivent effectuer une reconnaissance des aires d'atterrissage appropriées, depuis une altitude excédant 2 000 pieds (~ 610 m), avant de descendre à la terre ;
- l'atterrissage d'hélicoptères sur la terre est autorisé dans la zone restreinte, au cap Washington. La voie d'approche du cap recommandée pour les hélicoptères consiste à venir du nord au-dessus de la péninsule du cap Washington, en évitant le survol de la colonie de manchots empereurs, des territoires de reproduction des labbes situés immédiatement à l'ouest de la voie d'accès et des sites de reproduction des oiseaux marins le long des falaises de la péninsule du cap Washington (carte 3). Les pilotes qui volent jusqu'au cap doivent suivre la voie d'approche désignée dans toute la mesure possible et doivent interrompre le trajet si les conditions sont telles qu'elles obligeraient à prendre une voie d'approche qui pourrait entraîner le survol de la colonie de manchots empereurs ;
- l'approche en aéronef à voilure fixe des sites d'atterrissage sur la glace marine de la baie Terra Nova à proximité de la station Mario Zucchelli (Italie) (carte 2) doit se tenir aux voies d'approche et aux altitudes désignées, telles que stipulées dans l'édition la plus récente du Manuel d'information de vol en Antarctique (AFIM). Dans le cas où les conditions de visibilité ou d'autres conditions empêcheraient de se tenir à ces voies et/ou altitudes, les pilotes doivent s'assurer que les approches alternatives choisies évitent de dépasser les hauteurs minimales de survol qui s'appliquent dans la zone restreinte.

Accès par navire ou par petite embarcation

Les restrictions imposées aux opérations par navire et/ou par petite embarcation s'appliquent du 1er avril au 1er janvier inclus, période pendant laquelle le déplacement de navires et/ou de petites embarcations dans la zone est autorisé sous réserve que les conditions suivantes soient strictement respectées :
- les navires et/ou les petites embarcations sont interdits dans la zone, y compris leur accès à la glace marine dans la zone, sauf si un permis a été délivré à cet effet dans des objectifs autorisés par le présent plan de gestion ;
- les navires sont interdits dans la zone restreinte ;
- il n'existe pas de restrictions spéciales relatives au choix de la voie à emprunter pour accéder à la zone par petite embarcation, toutefois les débarquements par petite embarcation doivent éviter les zones où les manchots accèdent à la mer, sauf si ce choix est nécessaire pour des raisons autorisées par un permis.

7 (iii) Activités pouvant être menées à l'intérieur de la zone

Travaux de recherche scientifique qui ne portent pas atteinte aux valeurs de la zone.

Activités de gestion essentielles, y compris la surveillance et l'inspection.

Activités à des fins pédagogiques ou de vulgarisation (telles que les reportages documentaires [visuels, audio ou écrits] ou la production de ressources ou de services pédagogiques) qu'il n'est pas possible de réaliser ailleurs.

7 (iv) Installation, modification ou enlèvement de structures/de matériel

Aucune structure ne peut être installée dans la zone sauf autorisation stipulée dans un permis. A l'exception des bornes de surveillance et des panneaux permanents, les structures ou installations permanentes sont interdites.

Tous les repères, matériels scientifiques et structures installés dans la zone doivent être autorisés par un permis et identifier clairement le pays, le nom du chercheur principal, l'année d'installation et la date d'enlèvement prévue. Tous ces éléments ne doivent comporter aucun organisme, propagule (par exemple, semences, œufs...) ni aucune particule de terre non stérile, et doivent être faits de matériaux qui puissent résister aux conditions environnementales et constituer un facteur de risque minimal de contamination de la zone.

L'installation (y compris le choix du site), l'entretien, la modification ou l'enlèvement de structures ou de matériel doivent être réalisés de manière à minimiser la perturbation des valeurs de la zone.

L'enlèvement de structures/de matériel spécifiques dont le permis a expiré relève de l'autorité qui a délivré le permis originel et doit constituer l'un des critères de délivrance du permis.

7 (v) Emplacement des campements

Les campements permanents sont interdits à l'intérieur de la zone. Des sites de campement temporaires sont autorisés dans la zone. Il n'existe pas de restrictions spécifiques s'appliquant à l'emplacement précis des campements temporaires dans la zone, toutefois, il est recommandé que les sites soient initialement choisis dans un rayon supérieur à 1 000 m par rapport aux concentrations de manchots empereurs en phase de reproduction. Il est reconnu que les oiseaux s'éloignent de leur site de reproduction initial au cours de la saison. Etant donné que les oiseaux définissent, par la suite, leurs propres limites de distance par rapport à un campement déjà établi, le déplacement du campement en fonction des changements de position de la colonie de manchots empereurs n'est pas considéré comme une nécessité. Il est recommandé que les sites de campement soient positionnés à environ 500 m au large de la côte ouest de la péninsule du cap Washington, car la zone proche du rivage peut faire l'objet d'un excès de neige et d'une inondation due aux eaux de fontes qui s'ensuivent. Le campement sur la partie terrestre de la zone n'est pas limité à un emplacement particulier, toutefois, les sites de campement doivent, autant que possible, être installés sur des aires recouvertes de neige.

7 (vi) Restrictions sur les matériaux et organismes pouvant être introduits dans la zone

Outre les critères du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, les restrictions sur les matériaux et organismes pouvant être introduits dans la zone sont les suivantes :
- l'introduction délibérée d'animaux, de matières végétales, de micro-organismes et de terre non stérile à l'intérieur de la zone est interdite. Des précautions doivent être prises pour éviter l'introduction accidentelle d'animaux, de matières végétales, de micro-organismes et de terre non stérile qui proviennent d'autres régions différentes en termes biologiques (faisant partie de la zone du Traité sur l'Antarctique et au-delà) ;
- les visiteurs sont tenus de veiller à ce que le matériel d'échantillonnage et de balisage introduit dans la zone soit propre. Dans toute la mesure du possible, les chaussures et autres matériels utilisés ou apportés dans la zone (y compris les sacs à dos, les sacs à provisions et les tentes) doivent être nettoyés scrupuleusement avant d'y accéder. Les visiteurs sont également tenus de consulter et de suivre, comme il convient, les recommandations comprises dans le Manuel sur les espèces non indigènes du Comité pour la protection de l'environnement (CEP, 2011) et dans le Code de conduite environnemental pour la recherche scientifique terrestre en Antarctique (SCAR, 2009) ;
- les volailles parées doivent être dépourvues de maladies ou d'infections avant leur expédition dans la zone et, lorsqu'elles y sont introduites à des fins alimentaires, toutes les parties et les déchets de volailles doivent être intégralement retirés de la zone ou incinérés, ou encore bouillis suffisamment longtemps pour éliminer toutes les bactéries ou tous les virus potentiellement infectieux ;
- aucun herbicide ou pesticide ne doit être introduit dans la zone ;
- aucun combustible, produit alimentaire, produit chimique ou autre matériel ne doit être entreposé dans la zone, sauf si une autorisation spécifique a été donnée par le biais d'un permis. Ils doivent être stockés et traités de manière à minimiser les risques de leur introduction accidentelle dans l'environnement ;
- tous les matériaux sont introduits dans la zone pour une période déterminée uniquement et doivent en être retirés au plus tard lorsque cette période donnée est échue ;
- en cas de déversement susceptible de porter atteinte aux valeurs de la zone, il est conseillé de retirer les matériaux uniquement lorsque l'impact de leur enlèvement ne risque pas d'être plus conséquent que celui de les maintenir in situ.

7 (vii) Prélèvement de végétaux et capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la flore et à la faune

Tout prélèvement ou toute perturbation nuisible à la flore et à la faune est interdite. Sauf si un permis a été délivré à cet effet conformément à l'annexe II du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement.

Dans le cas de prélèvements ou de perturbations nuisibles d'animaux, le Code de conduite du SCAR pour l'utilisation d'animaux à des fins scientifiques dans l'Antarctique doit être utilisé comme norme minimale.

7 (viii) Ramassage ou enlèvement de toute chose qui n'a pas été apportée dans la zone par le détenteur d'un permis

Des matériaux peuvent être ramassés ou enlevés de la zone uniquement avec un permis, cette action devant se limiter au strict nécessaire pour répondre à des besoins d'ordre scientifique ou de gestion.

Tout matériau d'origine humaine qui est susceptible de porter atteinte aux valeurs de la zone et qui n'a pas été introduit dans la zone par le détenteur du permis, ou dont l'introduction n'a pas été autorisée, peut être enlevé de la zone dans la mesure où son enlèvement ne soit pas plus préjudiciable que son maintien in situ. Si tel est le cas, les autorités compétentes doivent en être informées et une approbation doit être reçue.

7 (ix) Elimination des déchets

Tous les déchets autres que les déchets humains doivent être retirés de la zone. De petites quantités de déchets d'origine humaine, telles que celles provenant de groupes de moins de 10 personnes au cours d'une saison déterminée, peuvent être jetées sur la glace marine annuelle ou directement dans la mer à l'intérieur de la zone ; à défaut, elles doivent être retirées de la zone.

7 (x) Mesures pouvant être nécessaires pour faire en sorte que les buts et objectifs du plan de gestion continuent à être atteints

Des permis peuvent être délivrés pour entrer dans la zone dans les cas suivants :
- mener des activités de surveillance et d'inspection de la zone, pouvant impliquer le prélèvement d'une faible quantité d'échantillons ou de données pour leur analyse ou leur examen ;
- installer ou entretenir les panneaux, repères, structures ou matériels scientifiques ;
- appliquer des mesures de protection.

7 (xi) Critères pour les rapports

Le détenteur principal d'un permis, pour chaque visite dans la zone, doit soumettre un rapport à l'autorité nationale compétente dès que possible et pas plus de six mois suivant la réalisation de la visite.

Ces rapports doivent inclure, comme il convient, les informations identifiées dans le formulaire du rapport de visite compris dans le Guide pour l'élaboration des plans de gestion des zones spécialement protégées de l'Antarctique. S'il y a lieu, l'autorité nationale est également tenue de transmettre un exemplaire du rapport de visite à la Partie ayant proposé le plan de gestion, afin de contribuer à la gestion de la zone et à la révision du plan de gestion.

Dans la mesure du possible, les Parties sont tenues de déposer les originaux ou les copies de ces rapports de visite originels dans une archive accessible au public, afin de conserver une archive d'usage qui sera utilisée dans l'examen du plan de gestion et dans l'organisation de l'usage scientifique de la zone.

L'autorité compétente doit être informée de toute activité/mesure mise en œuvre et/ou de tout matériau rejeté et non enlevé qui ne figuraient pas dans le permis autorisé.

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Carte 1. - ZSPA n° 173, cap Washington et baie Silverfish : carte régionale.

Carte 2. - ZSPA n° 173, cap Washington et baie Silverfish : carte topographique.

Carte 3. - ZSPA n° 173, cap Washington et baie Silverfish : orientations relatives à l'accès.

Carte 4. - ZSPA n° 173, cap Washington et baie Silverfish : zone restreinte.

 

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