(JO n° 28 du 2 février 2014)
NOR : MAEJ1401105D

Vus

Le Président de la République,

Sur le rapport du Premier ministre et du ministre des affaires étrangères,

Vu la Constitution, notamment ses articles 52 à 55 ;

Vu le décret n° 53-192 du 14 mars 1953 modifié relatif à la ratification et à la publication des engagements internationaux souscrits par la France ;

Vu le décret n° 61-1300 du 30 novembre 1961 portant publication du traité sur l’Antarctique, signé le 1er décembre 1959 ;

Vu le décret n° 98-861 du 18 septembre 1998 portant publication du protocole au traité sur l’Antarctique, relatif à la protection de l’environnement, signé à Madrid le 4 octobre 1991 ;

Vu le décret n° 2005-1075 du 23 août 2005 portant publication de l’annexe V du protocole au traité de l’Antarctique relatif à la protection de l’environnement, protection et gestion des zones, adoptée à Bonn le 18 octobre 1991,

Décrète :

Article 1er du décret du 31 janvier 2014

La mesure 7 (2013), zone spécialement protégée de l’Antarctique no 137 (île Northwest White, détroit de McMurdo) (ensemble une annexe), adoptée à Bruxelles le 29 mai 2013 – plan de gestion révisé, sera publiée au Journal officiel de la République française.

Article 2 du décret du 31 janvier 2014

Le Premier ministre et le ministre des affaires étrangères sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait le 31 janvier 2014.

FRANÇOIS HOLLANDE

Par le Président de la République :

Le Premier ministre,
JEAN-MARC AYRAULT

Le ministre des affaires étrangères,
LAURENT FABIUS

(1) La présente mesure est entrée en vigueur le 27 août 2013.

Mesure 7 (2013), zone spécialement protégée de l’Antarctique n° 137 (île Northwest White, détroit de McMurdo) (ensemble une annexe) - plan de gestion révisé

Les représentants,

Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l’annexe V du Protocole au Traité sur l’Antarctique relatif à la protection de l’environnement qui prévoient la désignation de zones spécialement protégées de l’Antarctique (« ZSPA ») et l’approbation de plans de gestion de ces zones ;

Rappelant
- la recommandation XIII-8 (1985), qui désignait l’île Northwest White dans le détroit de McMurdo, comme site d’intérêt scientifique particulier (« SISP ») n° 18 et qui comportait en annexe un plan de gestion du Site ;
- la recommandation XVI-7 (1991) et la mesure 3 (2001), qui prorogeaient la date d’expiration du SISP n° 18 ;
- la décision 1 (2002), qui rebaptisait et renumérotait le SISP n° 18 comme ZSPA n° 137 ;
- la mesure 1 (2002), qui adoptait un plan de gestion révisé de la ZSPA n° 137 ;

Rappelant que la mesure 3 (2001) et la recommandation XVI-7 (1991) ne sont pas entrées en vigueur, et que la recommandation XVI-7 (1991) a été désignée comme n’étant plus en vigueur par la décision 1 (2011) ;

Notant que le Comité pour la protection de l’environnement a approuvé un plan de gestion révisé de la ZSPA n° 137 ;

Souhaitant remplacer le plan de gestion existant de la ZSPA n° 137 par le plan de gestion révisé ;

Recommandent à leurs Gouvernements d’approuver la mesure suivante, conformément au paragraphe 1 de l’article 6 de l’annexe V du Protocole au Traité sur l’Antarctique relatif à la protection de l’environnement :

Que :

1. Le plan de gestion révisé de la zone spécialement protégée de l’Antarctique n° 137 (île Northwest White, détroit de McMurdo), en annexe à la présente mesure, soit approuvé ;

2. Le plan de gestion de la ZSPA n° 137 en annexe à la mesure 1 (2002) cesse d’être en vigueur.

Annexe : plan de gestion  pou la zone spécialement protégée de l’Antarctique (ZSPA) n° 137 île Northwest White, détroit de McMurdo

Introduction

L’île White se situe à environ 25 km au sud-est de la pointe Hut, emplacement de la station McMurdo

(Etats-Unis d’Amérique) et de la base Scott (Nouvelle-Zélande) sur l’île de Ross. La zone comprend une bande de cinq kilomètres de large qui s’étend autour de la côte nord-ouest et nord de l’île White, se situe à 78° 02,5_ de latitude sud et 167° 18,3_ de longitude est, et occupe une superficie d’environ 141,6 km2. Le principal motif expliquant la désignation de cette zone réside dans le besoin de protéger la population de pinnipèdes identifiée comme se situant la plus au sud ; il s’agit d’une petite colonie de phoques de Weddell (LepionychoIes weddellii) totalement isolée et dont l’implantation est parfaitement naturelle, ce qui concourt à l’importance scientifique qui lui est témoignée. La colonie de phoques s’y était probablement établie entre le milieu des années 1940 et le milieu des années 1950 par des individus provenant de la baie d’Erebus, avant que la plateforme glaciaire de McMurdo ne coupe l’accès de la nouvelle colonie à l’eau libre à McMurdo Sound. Des crevasses sont présentes dans la plate-forme glaciaire à l’endroit où elle s’appuie sur la côte de l’île White, ce qui permet aux phoques d’avoir accès au fourrage situé en-dessous. Le nombre de phoques au sein de cette population qui compte 30 individus est demeuré modeste et le taux de survie des petits est faible. Les multiples visites sur un court laps de temps impactent fortement les petits qui sont sensibles aux perturbations. Le travail scientifique est habituellement mené durant la saison de reproduction. Une recherche continue est menée pour comprendre les incidences que l’isolement a pu avoir sur la génétique de la colonie de phoques de l’île White.

Cette colonie offre des opportunités uniques pour la compréhension scientifique des effets de la reproduction consanguine sur les petites populations isolées ainsi qu’une information de contrôle précieuse pour des études à plus grande échelle sur les dynamiques de population et la variabilité écologique des phoques de Weddell. Il est donc crucial que cette « expérience » naturelle ne soit pas perturbée, accidentellement ou intentionnellement, par des activités humaines.

A l’origine, sur proposition des Etats-Unis d’Amérique, la zone a été désignée comme site présentant un intérêt scientifique particulier (SISP) n° 18, adoptée comme telle par la recommandation XIII-8 (1985). La recommandation XIV-7 (1991) a prorogé la date d’expiration du SISP n° 18 au 31 décembre 2001. La mesure 3 (2001) a prorogé la date d’expiration du 31 décembre 2001 au 31 décembre 2005. La mesure 1 (2002) a révisé la limite initiale de la ZSPA en se fondant sur de nouvelles données enregistrant la répartition spatiale des phoques sur les plates-formes glaciaires. La décision 1 (2002) a rebaptisé et renuméroté le SISP n° 18 en tant que zone spécialement protégée de l’Antarctique n° 137. La mesure 9 (2008) a mis à jour le plan de gestion pour y inclure les dernières données de recensement obtenues sur la colonie de phoques, ce qui a conduit à une nouvelle révision de la limite pour y intégrer, au nord-est, une partie de la plate-forme glaciaire de Ross où des phoques avaient pu être observés. Des directives supplémentaires relatives au survol aérien et à l’accès avaient aussi été incluses. La révision effectuée en 2013 a donné lieu à la mise à jour de la documentation, confirmé que les valeurs demeuraient valides, a amélioré la carte de l’île White et apporté des ajustements mineurs aux dispositions ayant trait à l’accès des aéronefs.

La zone se situe dans l’Environnement P - plates-formes glaciaires de Ross et Ronne-Filchner, sur la base de l’Analyse des domaines de l’environnement en Antarctique, et également hors des zones couvertes par la classification des Régions de conservation biogéographique de l’Antarctique.

1. Description des valeurs à protéger

Une zone de banquise côtière d’une superficie de 150 km2 sur la côte nord-ouest de l’île White avait été désignée à l’origine sur proposition des Etats-Unis d’Amérique au motif qu’elle renferme une population reproductrice de phoques de Weddell (Leponychotes weddellii) pour le moins inhabituelle. Cette population, qui est la plus australe connue, a été physiquement isolée des autres populations par la progression des platesformes glaciaires de McMurdo et de Ross (carte 1). Les limites initiales ont été ajustées en 2002 (mesure 1), puis à nouveau en 2008 (mesure 9), à la lumière de nouvelles données enregistrant la répartition spatiale des phoques sur les plates-formes glaciaires. Au sud, la limite de la zone a été déplacée vers le nord et vers l’est pour exclure la région située au nord du détroit de White où aucune observation de phoques n’a été enregistrée.

Au nord, la zone a été élargie pour englober une partie additionnelle de la plate-forme glaciaire de Ross afin d’agrandir la région susceptible d’abriter les phoques. La zone couvre aujourd’hui une superficie d’environ 141,6 km2.

La colonie de phoques de Weddell semble incapable de se réimplanter dans une autre zone en raison de la trop grande distance qui la sépare de l’océan à McMurdo Sound et, à ce titre, elle est extrêmement vulnérable aux impacts humains qui pourraient survenir à proximité. Aucune preuve ne démontre la présence de cette colonie au début des années 1900 car les naturalistes qui, maintes fois, ont visité l’île White durant les expéditions de Scott en 1902, 1903 et 1910, n’ont jamais mentionné de phoques. Un effondrement glaciaire a eu lieu dans la région entre 1947 et 1956 et les deux premiers phoques observés à proximité de l’extrémité nord-est de Pile, l’ont été en 1958 (R. Garrott, communication personnelle, 2007). Des études menées toute l’année durant n’ont détecté aucune preuve de l’immigration ou de l’émigration de phoques, dont la population semble avoir augmenté pour passer de 11 dans les années 60 à environ 25 à 30. Les phoques n’ont pas la capacité respiratoire nécessaire pour parcourir sous l’eau les 20 km les séparant de l’océan et il n’existe qu’une seule archive témoignant d’un phoque de la colonie qui ait emprunté la surface de la plate-forme glaciaire pour effectuer ce voyage.

Les phoques parviennent à accéder à la mer par des crevasses de pression que forment les mouvements marémoteurs des plates-formes glaciaires de McMurdo et de Ross. L’ensemble des fissures et la zone hummoquée forment un système complexe et dynamique, et bien que la plupart des phoques se situent le long de la crevasse de marée côtière, il est probable qu’ils utilisent les crevasses d’eau libre des hummocks qui s’étendent depuis la côte et les parcourent tout au long de l’année.

Les phoques de Weddell à l’île White sont en moyenne plus grands et plus lourds que leurs homologues de McMurdo Sound et il est prouvé qu’ils plongent à une moindre profondeur. L’île Northwest White est un des très rares sites où l’on sait que les phoques de Weddell s’alimentent en dessous de la plate-forme glaciaire.

Leur population a une valeur scientifique exceptionnelle du fait de la durée estimée de 60 à 70 ans de son isolement physique et de l’absence d’interactions avec d’autres phoques. Des études sont en cours pour déterminer si le groupe peut être considéré comme une population génétiquement distincte. Des techniques génétiques ont été utilisées pour établir un pédigrée complet de la population de l’île Northwest White. Les résultats de ces études confirment que cette colonie a été fondée il y a une soixantaine d’années comme en attestent également les observations historiques. Cette colonie offre des opportunités uniques pour la compréhension scientifique des effets de la reproduction consanguine sur les petites populations isolées ainsi qu’une information de contrôle précieuse pour des études à plus grande échelle sur les dynamiques de population et la variabilité écologique des phoques de Weddell. Il est donc crucial que cette « expérience » naturelle ne soit pas perturbée, accidentellement ou intentionnellement, par des activités humaines.

Il est relativement facile d’accéder à l’île Northwest White par la banquise depuis les stations de recherche américaine et néo-zélandaise situées à la pointe Hut sur l’île de Ross. En outre, une route d’accès balisée entre ces stations et l’île Black passe dans un rayon d’environ 2 km de la zone (carte 1).

La zone doit durablement bénéficier d’une protection spéciale en raison de l’importance exceptionnelle de la colonie de phoques de Weddell, de ses valeurs scientifiques remarquables et des possibilités de recherche qu’elle offre, sans oublier sa vulnérabilité aux perturbations que pourraient engendrer des activités scientifiques et logistiques menées dans la région.

2. Buts et objectifs

Le plan de gestion de l’île Northwest White vise à :
- éviter la dégradation des valeurs de la zone et les préjudices éventuels, en empêchant les perturbations humaines injustifiées à la zone ;
- permettre des travaux de recherche scientifique sur l’écosystème, en particulier sur les phoques de Weddell, tout en veillant à ce qu’ils soient protégés de perturbations excessives, de prélèvements excessifs ou d’autres impacts scientifiques potentiels ;
- permettre d’autres travaux de recherche scientifique à condition, d’une part, qu’ils résultent de raisons impérieuses qui ne pourraient être satisfaites ailleurs et, d’autre part, qu’ils ne portent pas atteinte au système écologique naturel de la zone ;
- limiter ou empêcher l’introduction dans cette zone d’animaux, de végétaux et de microbes non indigènes ;
- réduire les risques d’introduction d’agents pathogènes qui pourraient être une source de maladies pour les populations faunistiques de la zone ;
- permettre que soient effectuées des visites de gestion venant appuyer les objectifs du plan de gestion.

3. Activités de gestion

Les activités de gestion à entreprendre pour protéger les valeurs de la zone :
- des panneaux désignant l’emplacement de la zone (énonçant les restrictions applicables) doivent être affichés bien en vue et une copie de ce plan de gestion sera tenue à disposition en des endroits appropriés, en particulier à la station McMurdo, à la base Scott et dans les installations de Pile Black ;
 tous les pilotes opérant dans cette région, le personnel voyageant jusqu’à l’île Black via l’itinéraire balisé qui traverse la Plate-forme McMurdo ainsi que tout autre membre du personnel qui voyagerait par voie terrestre dans un rayon inférieur à 2 km de la limite de la zone, devront être informés des emplacements, des délimitations et des restrictions appliqués aux droits d’entrée, aux survols et aux atterrissages dans le périmètre de la zone ;
- les programmes nationaux doivent prendre des mesures pour s’assurer que les limites de la zone et les restrictions qui s’y appliquent, sont inscrites sur les cartes terrestres et aéronautiques correspondantes ;
- les bornes, panneaux ou structures érigés à l’intérieur de la zone à des fins scientifiques ou de gestion doivent être solidement attachés, maintenus en bon état et enlevés lorsqu’ils ne sont plus nécessaires ;
- tous les matériaux ou équipements abandonnés doivent, autant que possible, être ramassés, dans la mesure où cela n’impliquerait pas d’impacts négatifs sur l’environnement et les valeurs de la zone ;
- des visites doivent être effectuées selon que de besoin (au moins une fois tous les cinq ans) pour déterminer si la zone continue satisfait toujours les buts pour lesquels elle a été désignée et pour s’assurer que les mesures de gestion et d’entretien sont adéquates ;
- les Programmes antarctiques nationaux en cours dans la région doivent se consulter pour veiller à la mise en œuvre des dispositions relatives aux activités de gestion ci-dessus.

4. Durée de la désignation

La zone est désignée pour une durée indéterminée.

5. Cartes et photographies

Carte : ZSPA n° 137, île Northwest White : carte topographique

Spécifications de la carte : projection : conique conforme de Lambert ; parallèles de référence : 1er 78° 00_ 00_ S ; 2e 78° 12_ 00_ S ; méridien central : 167° 05_ 00_ E : latitude d’origine : 77° 30_ 00_ S ; sphéroïde et datum : WGS84.

Encart 1 : région de la mer de Ross.

Encart 2 : région de l’île de Ross, principales caractéristiques et stations avoisinantes.

Notes sur la carte : les positions des côtes et de la plate-forme glaciaire de la carte 1 sont issues de la base de données numérique antarctique (version 5.0, SCAR, 2007). Ce cadre a une position inexacte dans la région de l’île de Ross/île White. Un contrôle au sol précis disponible pour la péninsule de la pointe Hut a été utilisé pour ajuster la position géographique du cadre d’environ + 240 m (direction x) et + 100 m (direction y). Ce changement améliore l’exactitude de la carte 1 mais le résultat obtenu n’est qu’une approximation. Les contours topographiques sur l’île White ont été obtenus par Environmental Research & Assessment (2013) en utilisant un LiDAR. 4 m dans un Modèle numérique d’élévation (MNE) (précision estimée d’environ 10 m horizontalement et 1 ni verticalement) élaboré par l’Université d’Etat de l’Ohio (OSU), la NASA et l’Institut d’études géologiques des Etats-Unis (USGS) (Schenk et al., 2004). Les marqueurs de positions sont fournis par le Land Information New Zealand (LINZ) (2000) et Denys & Pearson (2000). Les observations de phoques fournies par R. Garrott (communication personnelle, 2008) ont été réalisées à l’aide d’un système de positionnement universel (GPS) portatif ; ces données sont estimées exactes à hauteur d’environ 200 m de leurs véritables positions. Les observations de phoques fournies par M. La Rue (communication personnelle, 2012) sont estimées exactes à hauteur d’environ 50 m de leurs véritables positions.

6. Description de la zone

6(i) Coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques du milieu naturel

Description générale

L’île White, qui fait partie du complexe volcanique McMurdo, se trouve à environ 20 km au sud-est du bord de la plate-forme glaciaire McMurdo et à 25 km au sud-est de la pointe Hut, qui abrite la station McMurdo (Etats-Unis d’Amérique) et la base Scott (Nouvelle-Zélande) sur l’île de Ross (encart 2, carte 1). De forme plus ou moins triangulaire, l’île mesure environ 30 km de long et au maximum 15 km de large ; elle atteint en plusieurs endroits une altitude maximale de 762 m (carte 1). Les rives nord et ouest de l’île descendent abruptement dans la mer de sorte que la profondeur d’eau peut atteindre 600 m dans un rayon de 5 km autour de l’île. Elle est presque totalement recouverte de neige et la plupart des affleurements rocheux se trouvent dans le nord. L’île est entourée d’une banquise permanente (d’une épaisseur allant de 10 m à 100 m) des plates-formes glaciaires de McMurdo et de Ross. L’île Black se trouve à 2,5 km à l’ouest de l’île White et en est séparée par la banquise du détroit de White. Les points d’entrée et de sortie GPS pour la route d’accès de McMurdo à l’île Black sont 78° 12_ 00_ de latitude sud, 166° 50_ 00_ de longitude est et 78° 14_ 283_ de latitude sud et 166° 45_ 05_ de longitude est, respectivement.

Le déplacement vers l’ouest de la plate-forme glaciaire McMurdo est le plus prononcé à l’extrémité nord de l’île White et le mouvement d’éloignement de la glace de la côte nord-ouest garantit la présence toute l’année d’eau libre dans les fissures que contient la plate-forme en cet endroit. La population de phoques de Weddell utilise ces fissures pour accéder à l’eau de mer et aux aires d’alimentation sous la banquise et habite et se reproduit dans la région à environ 5 km de leurs positions. Les crevasses se produisent parallèlement à quelques centaines de mètres de la côte de l’île White et s’étendent de façon intermittente le long de la côte de l’extrémité nord de l’île jusqu’à 15 km vers le sud.

Limites et coordonnées

La zone comprend 141,6 km2 de banquise et de crevasses d’eau libre des plates-formes de Ross et de McMurdo et s’étend jusqu’à 5 km au large au nord-est, nord et ouest de la côte de l’île White. La limite nord-est s’étend de la côte nord-est du cap Spencer-Smith (78° 00_ 717_ S, 167° 32_ 07_ E) à 5 km vers l’est jusqu’au 78° 00_ 717_ S, 167° 46_ 617_ E. Elle s’étend ensuite vers le nord-ouest et suit une ligne parallèle à la côte à 5 km de distance de celle-ci, autour du cap Spencer Smith pour ensuite se diriger au sud-ouest vers 78° 05_ 00_ de latitude sud et 167° 00_ 00_ de longitude est, après quoi elle continue vers le sud sur 7,8 km jusqu’à 78° 09_ 02_ S, 167° 00_ 00_ E, puis sur 1,5 km est vers l’affleurement rocheux le plus significatif sur la côte ouest de l’île White (78° 09_ 02_ S, 167° 05_ 00_ E). La limite s’étend ensuite vers le nord en suivant le littoral autour du cap Spencer Smith jusqu’à la limite nord-est de la zone. La côte de l’île White se caractérise par une modification du niveau de la pente en surface à l’endroit où se produit la transition entre la plate-forme glaciaire flottante et la terre ; la transition est en certains endroits progressive et imprécise car la position exacte de la côte n’est, en effet, pas connue avec précision. C’est pour cette raison qu’il est estimé que la limite côtière (en général est) de la zone suit le littoral comme en atteste l’élévation de la surface de deux mètres au-dessus de la hauteur moyenne de la plate-forme glaciaire de McMurdo adjacente, vers la terre.

La colonie de phoques de Weddell

En 1981, la population de phoques de Weddell était estimée entre 25 et 30 individus résidents (Castellini et al., 1984). Une étude similaire effectuée en 1991 a corroboré cette estimation (Gelatt et al., 2010). Des études réalisées en 1991 ont estimé que 26 phoques avaient plus d’un an et que 25 d’entre eux étaient en âge de se reproduire (4 ans) (Gelatt et al., 2010). Depuis 1991, 17 femelles différentes ont mis bas des bébés phoques sur l’île White (R. Garrott, communication personnelle, 2008). Entre 2003 et 2007, onze femelles ont été aperçues sur l’île White, dont six seulement ont eu une progéniture (R. Garrott, communication personnelle, 2008). Entre deux et quatre bébés phoques vivants ont été enregistrés entre 1963 et 1968 (Heine, 1960 ; Caughley, 1959), en 1981 et en 1991. Les recensements annuels effectués depuis 1991 ont permis de répertorier entre quatre et dix petits de 1991 à 2000, puis seulement entre deux et quatre chaque année de 2000 à 2007. Le taux de mortalité des petits est élevé, à cause sans doute de la consanguinité, tandis que le taux de natalité est faible par rapport à celui de la population dans la baie d’Erebus (R. Garrott, communication personnelle, 2008).

Les phoques sont physiquement isolés par la banquise et ils sont dans l’incapacité de parcourir à la nage et sous la glace les 20 km qui les séparent des eaux libres de McMurdo Sound. Il a été estimé que les phoques de Weddell sont capables de nager, en une seule inspiration, sur une distance d’environ 4,6 km (2,5 milles marins). L’isolement manifeste de la colonie est confirmé par les observations des données des étiquettes placées sur les phoques de Weddell à McMurdo Sound où, sur plus de 100 000 observations réalisées en l’espace de 20 ans, aucun phoque marqué de l’île White n’a été observé à McMurdo Sound (Stirling, 1967, 1971 ; Ward, Testa & Scotton, 1999). Ces données semblent indiquer que les phoques de l’île White ne parcourent en général pas la distance de 20 km qui les sépare de l’océan par la surface de la banquise.

Toutefois, il existe au moins une archive témoignant d’un jeune phoque de la colonie de l’île White qui a fait le voyage jusqu’à l’aérodrome Williams proche de la station McMurdo (G. Kooyman, communication personnelle, 2007).

Les femelles adultes commencent à faire leur apparition sur la banquise au début du mois de novembre, soit un mois plus tard que dans les autres aires de reproduction de la partie australe de la mer de Ross. Elles donnent le jour à l’extrémité nord-ouest de l’île, période durant laquelle on peut trouver des phoques immatures ainsi que des adultes ne se reproduisant pas jusqu’à 15 km au sud-ouest de l’île près de crevasses ouvertes du côté occidental de l’île (Gelatt et al., 2010). Il n’y a pas à cette époque de mâles adultes sur la glace de mer car ils restent dans l’eau pour y établir leurs territoires et les défendre. Les femelles demeurent sur la glace jusqu’au sevrage des nouveau-nés vers l’âge de 6 à 8 semaines. Après le mois de décembre, phoques adultes et immatures se mélangent dans l’aire de reproduction et le long des crevasses qui se sont formées dans le coin nord-ouest de l’île.

Probablement, durant les mois d’hiver, les phoques restent dans l’eau. En raison des conditions extrêmement difficiles où les températures à la surface peuvent en effet chuter à – 60o C, les phoques semblent passer la majeure partie de leur temps à maintenir ouverts des trous d’air dans les crevasses. C’est probablement l’un des principaux facteurs limitant la taille de la population (Yochem et al., 2009), les petits et les phoques immatures étant probablement exclus d’accès aux trous de respiration (peu nombreux) par des adultes dominants et agressifs. Certains petits incapables de conserver leurs propres trous de respiration ouverts risquent d’être bloqués à la surface de la glace si les phoques dominants les empêchent d’entrer dans l’eau (Castellini et al., 1992 ; Harcourt et al., 1998).

Des études indiquent que les phoques de Weddell de l’île White ont un régime alimentaire similaire à celui de leurs congénères à McMurdo Sound (Castellini et al., 1992). Des études d’otolithes de poisson prélevés sur des échantillons de matières fécales de phoques de Weddell ont révélé un régime alimentaire composé essentiellement de notothénioïdes, Pleuragramma antarcticuni, mais également de poissons issus du genre Trematornus (Burns et al., 1998). On pense que le reste du régime alimentaire des phoques de Weddell se compose d’invertébrés ainsi que d’un céphalopode appartenant à la famille des mastigoteuthidés (Burns et al., 1998). On a constaté que la consommation de ces derniers était beaucoup plus élevée chez les phoques de l’île White que chez ceux vivant à McMurdo Sound (Castellini et al., 1992).

D’autres aspects de la physiologie et du comportement des phoques de l’île White semblent différer de ceux des populations avoisinantes de McMurdo Sound et de la baie de Terra Nova. Les phoques à l’île White semblent en effet être beaucoup plus gras (Stirling, 1972 ; Castellini et al., 1984), leur poids enregistré pouvant atteindre 686 kg contre pas plus de 500 kg à McMurdo Sound ou dans la baie de Terra Nova (Proffitt et al., 2008). Les femelles adultes sont en moyenne plus grandes qu’à McMurdo Sound et les jeunes phoques à l’île White ont, d’après les observations, des taux de croissance plus rapides que leurs homologues à McMurdo. Les profondeurs d’immersion à l’île White sont en moyenne moins grandes qu’à McMurdo Sound (Castellini et al., 1992).

Les observations de phoques fournies par M. La Rue (PGC, communication personnelle, 2012) sont le résultat d’une analyse visuelle de six images satellitaires de haute résolution (Quickbird, WorldView 1 & 2, et GeoEye : imagery © 2011 Digital Globe ; avec l’aimable autorisation du Programme d’imagerie satellitaire de l’Agence nationale de renseignement géospatial des Etats-Unis (National Geospatial Agency [NGA]) acquises en novembre 2010 et 2011. Les phoques de Weddell semblent avoir un comportement d’échouerie plus stable à cette période de l’année. Les images satellitaires ont été prises entre 9 heures et 11 heures, heure locale, heures auxquelles la présence des phoques sur les zones d’échouerie est à son plus bas. Les images de phoques ont été recherchées sur une large zone allant jusqu’à environ 10 km au-delà de la limite de la ZSPA. Au total, en associant les différents phoques détectés sur trois des six images, 9 individus ont pu être dénombrés (carte 1).

Aucun phoque n’a été découvert à l’extérieur des limites de la ZSPA. Aucun phoque n’a été détecté sur les images acquises au début du mois de novembre ; en revanche, ils étaient présents sur celles de mi- et fin novembre. Il n’a pas été possible, au cours de l’analyse, de déterminer si un même individu avait été compté plusieurs fois ou de faire la distinction entre les adultes et les jeunes phoques. Les observations confirment toutefois la présence continue de la colonie.

6(ii) Accès à la zone

Le chemin d’accès piéton et motorisé à la zone s’effectue par la route balisée qui relie la pointe Hut à l’île Black, via l’itinéraire balisé qui passe à environ deux kilomètres de la limite de la zone. L’accès à cette zone depuis la route balisée se fait via la plate-forme glaciaire. L’accès par aéronef est interdit, sauf si un permis a été délivré. Ils doivent, en outre, tous respecter les restrictions de limites de survol et d’atterrissage présentées en détail au sein de la section 7(ii).

6(iii) Emplacement des structures situées à l’intérieur et près de la zone

Il n’y a aucune structure à l’intérieur de la zone. Plusieurs marqueurs (LINZ, 2000 ; Denys & Pearson, 2000) sont installés sur l’île White à proximité immédiate de la zone (carte 1). La station WTEO du Réseau de mesure de déformation des monts transantarctiques (TAMDEF), est installée par 78° 11_ 385_ de latitude sud et 167° 29_ 755_ de longitude est, à une altitude de 453,5 m. Le marqueur comprend une tige filetée en acier inoxydable fixée dans un rocher et peut être identifié grâce à un disque en plastique jaune. Un repère du Réseau d’unification du système de référence géodésique antarctique du Land Information New Zealand (LINZ) baptisé « HEIN », prenant la forme d’une tige en laiton fixée dans la roche, est implanté par 78° 04_ 561_ de latitude sud et 167° 27_ 042_ de longitude est, à une altitude de 737,7 m sur le mont Heine.

6(iv) Emplacement d’autres zones protégées à proximité de la zone

Les zones protégées les plus proches de l’île Northwest White se trouvent sur l’île de Ross. Hauteurs Arrival (ZSPA n° 122) adjacente à la station McMurdo et à la cabane Discovery (ZSPA n° 158) sur la péninsule de la pointe Hut en sont les plus proches à 20 km au nord : le cap Evans (ZSPA n° 155) et le cap Royds (ZSPA n° 121) se trouvent à 47 et 55 km au nord-ouest respectivement, et Crête Tramway (ZSPA n° 130) près du sommet du mont Erebus, se trouve pour sa part, à 60 km au nord.

6(v) Zones spéciales au sein de la zone

Il n’y a aucune zone spéciale à l’intérieur de la zone.

7. Critères de délivrance des permis d’accès

7(i) Conditions générales de délivrance de permis

L’accès à la zone est interdit sauf si un permis est délivré par les autorités nationales compétentes. Les conditions de délivrance d’un permis pour entrer dans la zone sont les suivantes :
- un permis est délivré pour faire l’étude scientifique de l’écosystème des phoques de Weddell ou pour répondre à des buts scientifiques ne pouvant être effectués ailleurs, ou pour des raisons de gestion de la zone ;
- les actions permises sont conformes à ce plan de gestion ;
- les activités autorisées le sont si, via le processus d’évaluation d’impact sur l’environnement, elles sont considérées comme concourant à la protection continue des valeurs environnementales, écologiques et scientifiques de la zone ;
- les permis doivent être délivrés pour une durée donnée ;
- le permis, ou une copie, doit être emporté à l’intérieur de la zone.

7(ii) Accès à la zone et déplacements à l’intérieur de celle-ci

L’accès à la zone peut se faire à pied, en véhicule ou par aéronef.

Accès à pied ou en véhicule

Il n’existe pas de routes d’accès spécifiques, reliant la banquise à la zone, qui soient réservées aux piétons et aux conducteurs. Les véhicules ont le droit de circuler sur la plate-forme glaciaire mais il leur est fortement déconseillé de s’approcher à moins de 50 m des phoques ; passé ce cap, les déplacements doivent se faire à pied. La circulation des véhicules et des piétons doit être maintenue à son strict minimum, demeurer compatible avec les objectifs de toutes les activités autorisées et il devra être redoublé d’efforts pour limiter au maximum les perturbations.

Accès par aéronef

Les atterrissages d’aéronefs à l’intérieur de la zone sont interdits, exception faite pour les permis délivrés pour des motifs autorisés par le plan de gestion ;

Les survols en aéronef à une altitude inférieure à environ 610 m sont interdits, exception faite pour les permis délivrés pour des motifs autorisés par le plan de gestion ;

Lors de leur approche et à leur départ, les aéronefs doivent éviter de survoler le littoral de l’île White et les crevasses de marée dans la zone où se trouvent le plus fréquemment les phoques ;

Les atterrissages à moins d’environ 930 m des phoques de Weddell sont interdits. Les pilotes devraient, avant d’amorcer leur descente et de passer en dessous d’une altitude d’environ 610 m, reconnaître les zones d’atterrissage possibles. Les aéronefs pourront atterrir à au moins 930 m du littoral de l’île et des crevasses de marée lorsque les phoques ne sont pas visibles.

7(iii) Activités pouvant être menées au sein de la zone

Les travaux de recherche scientifique qui ne mettront pas en danger les valeurs de la zone ;

Les activités de gestion essentielles comprenant la surveillance et l’inspection.

7(iv) Installation, modification ou enlèvement de structures ou d’équipements

Aucune structure ne doit être érigée dans la zone sauf si un permis l’autorise, et, à l’exception de panneaux, de structures ou d’installations permanentes, qui sont interdites ;

Toutes les structures, les équipements scientifiques ou les bornes installés au sein de la zone doivent être autorisés par un permis et clairement identifiés en mentionnant le pays, le nom du principal chercheur, l’année d’installation et la date prévue d’enlèvement. Tous ces articles doivent être exempts d’organismes, de propagules (par ex. graines et oeufs) ou de terre non stérile ; ils doivent être constitués de matériaux pouvant résister aux conditions environnementales et présentent un risque minime de contamination de la zone ;

L’installation (y compris le choix du site), l’entretien, la modification ou l’enlèvement des structures ou équipements doivent être menés de façon à limiter autant que possible les perturbations apportées aux valeurs de la zone.

L’enlèvement de structures et d’équipements spécifiques dont le permis a expiré incombe à l’autorité qui a, en premier lieu, délivré le permis et doit en outre être l’un des critères de délivrance du permis.

7(v) Emplacement des camps

Les camps permanents sont interdits à l’intérieur de la zone. Les camps temporaires y sont en revanche autorisés. Il n’y a pas de restrictions particulières à l’installation en un endroit précis d’un camp temporaire à l’intérieur de la zone, bien que les sites retenus doivent se trouver à plus de 200 m des crevasses de la plateforme glaciaire qu’occupent les phoques, sauf si un permis délivré à cette fin l’autorise, lorsque cela est jugé nécessaire, pour répondre à des objectifs de recherche spécifiques.

7(vi) Restrictions sur les matériaux et organismes pouvant être introduits dans la zone

Outre les exigences du Protocole au Traité sur l’Antarctique relatif à la protection de l’environnement, les restrictions concernant l’apport de matériaux ou d’organismes au sein de la zone sont les suivantes :
- l’introduction délibérée d’animaux (y compris des phoques de Weddell ne faisant pas partie de cette colonie), de végétaux, de micro-organismes et de terre non stérile dans la zone est interdite. Il est nécessaire de prendre des précautions pour éviter l’introduction accidentelle d’animaux, de végétaux, de micro-organismes et de terre non stérile provenant d’autres régions biologiquement distinctes (au sein ou en dehors de la zone couverte par le Traité sur l’Antarctique) ;
- une attention toute particulière est portée à l’introduction de microbes et virus issus d’autres populations de phoques. Les visiteurs doivent s’assurer que le matériel d’échantillonnage, les dispositifs de mesure, ou les bornes à utiliser sont propres avant d’être introduits dans la zone.

Dans la mesure du possible, les chaussures et autres équipements utilisés ou introduits dans la zone (y compris les sacs à dos, les sacs de transport et les tentes) doivent être minutieusement nettoyés avant de pénétrer au sein de la zone. Les visiteurs devraient également consulter et se conformer aux recommandations appropriées figurant dans le « Manuel sur les espèces non indigènes » du Comité pour la protection de l’environnement (CPE, 2011) et dans le « Code de conduite environnemental pour la recherche scientifique terrestre de terrain dans l’Antarctique » (SCAR, 2009) ;
- aucun herbicide ou pesticide ne doit être introduit dans la zone ;
- l’utilisation d’explosifs est interdite au sein de la zone ;
- les carburants, la nourriture, les produits chimiques et autres matériaux, ne doivent pas être entreposés dans la zone, sauf s’ils ont fait l’objet d’une autorisation spécifique ; dans ce cas, ils doivent être stockés et manipulés de façon à minimiser le risque d’introduction accidentelle dans l’environnement ;
- tous les matériaux introduits dans la zone le seront pour une période donnée uniquement, et seront enlevés à, ou avant la conclusion de ladite période, et ;
- si un déversement de matériaux susceptible de compromettre les valeurs de la zone survient, son élimination est encouragée dans la mesure où l’impact de son retrait ne sera pas plus grand que celui de le laisser sur place.

7(vii) Prélèvement de végétaux et capture d’animaux ou perturbations nuisibles à lu faune et la flore

Le prélèvement de végétaux et la capture d’animaux ou toutes perturbations nuisibles à la faune et la flore sont interdits, sauf s’ils sont conformes à l’annexe 11 du Protocole sur la protection environnementale relatif au Traité sur l’Antarctique.

Toutes propositions de prélèvements, ou perturbations nuisibles aux phoques de Weddell au sein de cette zone qui pourraient être réalisés de manière toute aussi efficace hors de la zone sur d’autres populations de phoques, ne doivent pas être autorisées.

Tous prélèvements ou toutes perturbations nuisibles doivent se dérouler au minimum conformément aux dispositions du « Code de conduite pour l’utilisation d’animaux à des fins scientifiques dans l’Antarctique » établi par le SCAR, et lorsque cela est rendu possible, ces prélèvements doivent avoir lieu en respectant les normes strictes de recherche et de soin aux animaux ou les directives des procédures nationales.

7(viii) Ramassage ou enlèvement de toute chose n’ayant pas été apportée dans la zone par le détenteur du permis

Le ramassage ou l’enlèvement de matériaux dans la zone ne peut se faire que sur délivrance d’un permis et doivent se limiter au minimum requis pour les activités menées à des fins scientifiques ou de gestion ;

Tous matériaux d’origine anthropique susceptibles d’avoir un impact sur les valeurs de la zone et n’ayant pas été introduits par le titulaire du permis ou toute autre personne autorisée, peuvent être enlevés dans la mesure où cet enlèvement n’entraînera pas de conséquences plus graves que de les laisser in situ. Dans ce cas, les autorités compétentes devront en être informées et donner leur accord.

7(ix) Elimination des déchets

Tous les déchets, y compris les déchets humains, doivent être retirés de la zone.

7(x) Mesures nécessaires pour faire en sorte que les buts et objectifs du plan de gestion continuent à être atteints

Les permis d’accès à la zone peuvent être accordés pour :
- mener des activités de contrôle et d’inspection dans la zone ; celles-ci peuvent comprendre la collecte d’un petit nombre d’échantillons ou de données pour en effectuer l’analyse ou l’examen ;
- installer ou entretenir des panneaux de signalisation, des bornes, des structures ou des équipements scientifiques ;
- mener à bien des mesures de protection.

7(xi) Rapports de visite

Le principal titulaire de chaque permis délivré soumet dès que possible à l’autorité nationale compétente, un rapport décrivant les activités menées dans la zone lors de chaque visite réalisée.

Ces rapports doivent inclure les renseignements identifiés dans le formulaire du rapport de visite inclus dans le « Guide pour la préparation des plans de gestion de zones spécialement protégées en Antarctique ». Si nécessaire, l’autorité nationale doit également transmettre une copie du rapport de visite à la Partie étant à l’initiative du plan de gestion, afin de l’aider à la gestion de la zone et dans la révision du plan de gestion ;

Les Parties doivent, dans la mesure du possible, déposer les originaux ou les copies de ces rapports dans une archive à laquelle le public pourra avoir accès afin de maintenir ainsi une archive d’usage. Cette archive pourra être utilisée à la fois lors de tout réexamen du plan de gestion et dans le cadre de l’organisation de l’utilisation scientifique du site ;

Il convient de notifier l’autorité compétente de toutes activités/mesures entreprises, et/ou de tous matériaux rejetés et non enlevés qui n’auraient pas été inclus au permis accordé.

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Carte 1. Zone spécialement protégée de l’Antarctique n° 137, île Northwest White : carte topographique

 

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